16 mai 2012
Deux petits tours et puits sans fond
Voilà, maintenant Nicolas Sarkozy n'est plus notre président mais un ancien président parmi tant d'autres. Vivant de plus en plus vieux et le mandat étant court, à ce rythme le Conseil constitutionnel manquera de chaises dans cinq ans. Il fait partie désormais des sages et obtient en même temps le statut très convoité d'ancien président. Oui, un statut. Je n'ai pas peur d'employer ce terme.
Que remarque-t-on à chaque fois que l'élu quitte le palais de l'Elysée ? Il devient soudainement plus sympathique. Ce fut flagrant avec Jacques Chirac qui n'a jamais été autant aimé depuis qu'il ne fait plus de bêtises au pouvoir. Il a même été regretté lorsque son successeur Nicolas Sarkozy a pris sa place et plus encore après un an ou deux de réformes impopulaires de celui-ci. Mais voilà maintenant ce dernier subit le même sort. Ces derniers jours, il nous est apparu comme par magie plus humain, davantage digne d'occuper la fonction. Il est devenu présidentiable ! J'avais presque de la peine à le voir partir, c'est vous dire. C'est tout juste si on oublie ce qui s'est passé avant.
Arrêtons-nous un instant sur le cas Charles de Gaulle. Aujourd'hui, tout le monde le prend en référence, en modèle. De Gaulle par ci, de Gaulle par là, et voilà qu'untel de droite est gaulliste, qu'untel de gauche est gaulliste. Bref, le créateur de la cinquième république passe presque pour un saint. Mais, dans la réalité, est-il si exempt de taches ? N'y a t'il pas ça et là quelques sombres affaires ou maladresses de sa part ?
Quant à Valéry Giscard d'Estaing, dont le mandat est mainte et mainte fois moqué, il n'est pas épargné non plus par un regain de sympathie alors que l'affaire des bijoux de Bokassa refait de temps en temps surface sous forme de plaisanterie. Il est maintenant très apprécié pour ces analyses politiques et économiques aussi bien au niveau national que sur la scène internationale. Son avis vaut quasiment parole d'évangile auprès des journalistes et autres analystes politiques. Cela a été très marquant pendant les évènements européens, les frasques du couple franco-allemand ou le début de la crise économique.
Au vu de tout ça, je pense au final que le Français n'est pas aussi intolérant que l'on veuille bien nous faire croire. Il aime râler ou polémiquer mais c'est pour se donner de la constance et prouver que nous sommes en République. Cela fait partie de la bonne marche de la démocratie. Mais tout ça c'est du spectacle. Le Français finit par éprouver de la sympathie sinon de l'empathie aux grands retraités de ce monde. Le Français est un bon vivant qui s'intéresse toujours au côté prestigieux, voire "people", de la fonction de président de la République. Le Français est friand d'anecdotes et aime voir nos anciens élus comme des humoristes en herbe.
C'est aussi bien comme ça : gardons une bonne image de ceux que l'on a aimé détester car ça leur permet d'entrer dans la postérité, le but ultime de ces hommes.
08:00 Publié dans Analyse, Politique, Santé et comportement, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : président sortant, président de la république, statut président
15 mai 2012
Des Roses, des Verts, des Rouges et des Bleus en poste ministériel
Cela fait des mois qu'ils se préparent tous à investir les salons dorés de nos ministères. Même s'ils nient tous en bloc, ils ne faut pas les croire. C'est des négociations à foison, commencées depuis des mois, qui se sont amplifiées depuis le 6 mai 2012. Alors, concrètement, qui va-t-on voir autour de la table du salon Murat le jeudi 17 mai à 10h30 ? Voilà qui je vois bien, par ordre alphabétique, les premiers ministrables étant mis en évidence en couleur.
Martine Aubry,
Clémentine Autin (qui soigne de plus en plus sa tenue vestimentaire...),
Jean-Marc Ayrault,
Claude Bartolone,
Jean-Louis Borloo (silencieux depuis un moment et difficilement étiquetable),
Malek Boutih,
Jérôme Cahuzac (aux Finances),
Jean-Christophe Cambadélis,
Harlem Désir,
Aurélie Filippetti,
Benoît Hamon,
Robert Hue (qui est réapparu sur scène à la Bastille…),
Bruno Julliard (Jeunesse et/ou sport ?),
Anne Lauvergeon (pourquoi pas, elle s'est fâchée avec Nicolas Sarkozy !),
Arnaud Montebourg,
Pierre Moscovici (aux Affaires européennes ou à l'étranger),
Vincent Peillon (à l'Education),
François Rebsamen (mais voudra-t-il quitter sa mairie de Dijon ?),
Marielle de Sarnez,
Michel Sapin (que les journalistes voient même à Matignon),
Claude Serillon (à la Culture),
Najat Vallaud-Belkacem,
Manuel Valls (à l'intérieur),
Hubert Védrine (une pointure au niveau international),
Rama Yade (outsider).
Concernant le Front de Gauche, leur présence dans un gouvernement est difficile à deviner. Ils veulent garder cette image de résistance, leur indépendance et leur liberté de parole qu'ils savent bridée dans un ministère. Et puis, cela dépend beaucoup des résultats des législatives.
Concernant François Bayrou, je doute qu'il veuille donner l'impression d'avoir négocié son vote en échange d'un poste. D'ailleurs François hollande l'a déclaré. C'est un homme qui préfère garder son indépendance et de toute façon cela alterait l'image lisse d'homme sans reproches que veut se donner le nouveau président.
Concernant les Verts, on sait qu'il y en aura un ou une. S'agira-t-il d'Eva Joly ? De Cécile Duflot ? De Jean-Vincent Placé ? Voire même de Dominique Voynet ou Noël Mamère ? Tout est scellé avec le pacte qu'a passé cette formation politique pendant la campagne. Ce fameux "traité qui a tant fait polémique.
Quant à Jean-Paul Huchon, qui doit trop aimer sa région Ile-de-France, Ségolène Royal, qui vise le perchoir de l'Assemblée nationale, Anne Hidalgo, que l'on a pas vu pendant la campagne, Marie-Noëlle Lienemann, Elisabeth guigou et Catherine Trautmann, qui font trop rappeler les années 80-90 de Mitterrand, il est peu probable de les voir passer le perron de l'Elysée.
J'en ai sûrement oublié mais c'est ces noms là qui me viennent à l'esprit. Sachant que François Hollande a promis un gouvernement resserré et respectant la parité. J'espère en tout cas ne pas y voir Jack Lang, Henri Emmanuelli ou Laurent Fabius qui devraient se mettre en retraite, ils ont assez sévit ! Quelque soit le résultat final, c'est toujours marrant d'y mettre son grain de sel en jouant au pronostiqueur.
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14 mai 2012
Sapeurs et sans reproches
Cette histoire de bizutage au sein des sapeurs-pompiers de Paris est vraiment très regrettable. Cette élite n'avait vraiment pas besoin d'une telle publicité alors qu'elle effectue un travail exemplaire chaque jour, comme toutes les unités de pompiers sur nos territoires. Déjà qu'elle se fait caillasser dans les quartiers chauds, ce n'est pas ce genre d'incident qui va arranger les choses. Ce viol présumé a cependant mis le feu aux poudres de la polémique.
D'abord, on prend conscience que nos soldats du feu sont avant tout des êtres humains et pas des super héros dignes des comics de Marvel. Je ne veux pas leur faire injure en disant cela. Quand vous les écoutez, ce sont des hommes et des femmes qui restent modestes et qui ne la ramènent pas à chaque fois qu'ils sauvent des vies. Evidemment pour les victimes, ils deviennent Robin des bois ou Superman mais ce sont avant tout des passionnés de leur métier qui font preuve d'un don de soi exemplaire. Mais voilà, il arrive que ça dérape, dans le feu de l'action ai-je envie de dire. Ce viol, s'il est avéré, est inadmissible, quelque soit la qualité des personnes mises en cause. Mais il ne faut surtout pas généraliser. Cela resterait un cas très isolé et qui ne remet sûrement pas en cause cette profession, ces hommes et ces femmes qui agissent au quotidien pour notre sécurité.
Ensuite, on prend conscience, si ce n'était déjà fait, que les lois sont difficiles à appliquer et surtout à contrôler. Nous savons tous que le bizutage est encore pratiqué, et plus encore chez les notables ou les meilleurs : en fac de médecine par exemple. Tous les ans ou presque, une affaire d'humiliation, d'atteinte à la dignité ou de viol ressort dans l'actualité. Mais quelles sont les moyens d'y mettre fin ? Nous ne pouvons pas mettre un représentant des forces de l'ordre derrière chaque nouvel étudiant ou chaque nouvelle recrue. Nous ne pouvons compter que sur la responsabilité des uns et des autres.
Nos lois ont des limites, les limites du genre humain. D'ailleurs, ces lois ne sont pas là pour empêcher mais elles arrivent après coup pour réparer les dégâts, si tant est que l'on puisse le faire, je pense surtout au préjudice moral. Car nos législateurs aiment faire des lois. Dès qu'il y a un évènement qui exacerbe nos émotions de manière naturelle voire quasi automatique, l'exécutif ou le législatif pond une loi magique censée tout résoudre. Seulement, comme je l'ai dit, les lois ont leur limite. On se retrouve ainsi avec des centaines de lois inapplicables concrètement et qui viennent saturer le code pénal déjà bien complexe. Remarquez, les avocats sont bien servi. Avec un tel arsenal juridique, ils ont de quoi contester pour défendre leur client. Car finalement, c'est ça au final qui se passe. Les lois interviennent après coup et la plupart ne protègent a priori en rien les concitoyens que nous sommes.
Allez, tout ça pour dire que nous devons continuer à aimer et chouchouter nos pompiers. Ce sont eux les vrais héros.
08:00 Publié dans Humeur, Santé et comportement, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bizutage, pompier
28 février 2012
Les dessous d'un film passés sous silence
Je ne voudrais pas être rabat-joie ou jouer l'oiseau de mauvaise augure mais il y a quelque chose qui me chiffonne dans cet épisode des Oscars. Très bien, le film avec Jean Dujardin en vedette était nommé dans dix catégories et il a récolté cinq Oscars (dont un pour le costumier américain). Soit. Mais si on analyse bien objectivement la situation, on remarque deux ou trois choses.
- le film a un titre anglais The artist, ce qui vous en conviendrez ne fait pas très français,
- le film a été entièrement tourné à Hollywood, dans les célèbres studios qui ont vu défiler les plus grands acteurs. Il paraîtrait même que la maison et le lit de Bérénice Bejo dans le film ont appartenu à Mary Pickford,
- des acteurs américains font partie de la distribution : John Goodman, James Cromwell, Penelope Ann Miller, Missi Pyle, Beth Grant, Joel Murray, Malcolm McDowell, Ed Lauter, Jen Lilley, Beau Nelson, Ben Kurland, Ken Davitian, Stuart Pankin, etc… En fait, il n'y a que deux acteurs français présents à savoir Jean Dujardin et Bérénice Bejo. Même le costumier et le chien sont américains !
- le film est distribué en France par Warner Bros. France,
- Michel Hazanavicius a la double nationalité franco-américaine,
- l'action du film se situe à Hollywood en 1927 et relate les mésaventures d'un acteur américain de muet,
- les mois qui ont précédé la sortie du film et la cérémonie, l'équipe du film a sillonné les Etats-Unis pour en faire la promotion et pour cirer les bottes aux professionnels du cinéma.
En outre, la plupart de nos amis étatsuniens qui ont visionné le film croient que le film est américain, il y a légèrement tromperie sur la marchandise. Je trouve dommage d'en arriver là. Il est vrai que je n'ai pas vu le film et ce n'est d'ailleurs pas le contenu que je remets en cause mais la manière dont il est vendu. Il est sûrement très bien, sinon il n'aurait pas obtenu autant de prix à travers le monde.
Je n'irai pas le voir car j'évite d'aller voir un film qui a été surmédiatisé. Je ne veux pas donner l'impression d'avoir été influencé par la communication. Il ne suffit pas que deux millions de personnes aient vu un film pour que je m'y précipite.
Bref, tout ça pour dire que le prix a payer pour avoir un oscar est de passer pour un américain. Le cinéma français s'exporte bien... mais au fait que reste-t-il de français dans The artist ?
07:30 Publié dans Arts et histoire, Critique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : the artist, jean dujardin, bérénice bejo, oscar














