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21 septembre 2013

Top con-tributeurs

Cela ne vous a peut-être pas échappé, les grandes marques, les commerces et les sites de commerce ont recours de plus en plus au comportement participatif des consommateurs. Que ce soit dans la grande distribution (Auchan, Carrefour, Ikea, ...), les services (La Poste) ou la téléphonie (Orange, Sosh, Nokia, ...), ils mettent à disposition des clients des forums, des foires à questions, des boites à idées ou du "self-service". Vous vous doutez bien que s'ils pratiquent ceci c'est surtout un intérêt majeur pour eux : des économies sur le personnel.

Demander aux acheteurs de scanner eux-mêmes les produits de leurs courses légitime de remplacer quatre ou cinq hôtes(ses) de caisse par un(e) seul(e). Ce qui est formidable c'est que personne ne s'en inquiète et travaille gratuitement pour l'enseigne. Sous couvert de vous faire gagner du temps, jusqu'à scanner ses produits dans les rayons avec une douchette portative, l'entreprise économise de la masse salariale et donc des charges sociales et donc fait augmenter les dividendes. C'est donc d'un intérêt hautement financier.

A La Poste, les machines de vente de timbre et de pesée du courrier sont des exemples flagrants de cette métamorphose. Si vous avez le malheur d'aller à un guichet pour acheter des timbres, l'employé va vous rediriger automatiquement sur le distributeur de carnets de timbres. Et vous aurez beau insister, rien n'y fera. Si les salariés des Postes contribuent eux-mêmes à la destruction de l'emploi en France et à la baisse des effectifs de La Poste, pourquoi devrions-nous nous en émouvoir ? Et bien parce que cela rentre dans un système qui impacte directement tous les Français.

Vous allez me dire, mais quel rapport avec la téléphonie. La méthode est différente mais le résultat est le même. Il y a les forums où chacun exprime un problème technique, un mécontentement ou un point de satisfaction. Et là, ça ne loupe pas, il y a d'autres client qui vont répondre ou réagir à la place des collaborateurs de la marque. Ces clients bénévoles vont même jusqu'à orienter, conseiller ou résoudre les problèmes à la place de ceux qui sont censés le faire. Pourquoi ils ne le font pas ? Parce qu'ils ne sont pas assez nombreux. Pourquoi ils ne sont pas assez nombreux ? Parce que la marque en appelle aux bonnes volontés de ses clients. C'est un cercle vicieux mais tellement lucratif ! Le résultat est à l'identique des distributeurs.

Des gens qui travaillent gratuitement entraîne inévitablement des économies de personnel et donc de charges salariales et au final, c'est le chiffre d'affaires et l'actionnaire ou l'État qui est gagnant (quoique... il faut verser les indemnités chômages...). Ce n'est pas voir tout en noir que d'en arriver à de telles conclusions. C'est malheureusement une réalité. Ce genre de pratiques ne va certainement pas contribuer à la baisse du chômage et inverser la courbe chère à notre président François Hollande.

Ne vous en prenez pas à la crise, c'était inéluctable, elle n'y est pour rien puisque de toute façon, tout le monde cherche à faire des économies même quand la croissance est là. Comment lutter contre ça ? C'est très simple, laisser les marques et autres enseignes se débrouiller toutes seules. Ne participez pas aux forums, ne donnez pas d'idée, dirigez-vous vers une caisse "humaine" et achetez de jolis timbres dits "de collection". Cela fera sûrement réfléchir les patrons.

A bon entendeur, à bientôt.

 

24 décembre 2012

Pour gagner, vous pouvez gratter longtemps

En ces temps de fêtes, les Français ont tendance à jouer encore plus aux jeux de hasard, et particulièrement aux jeux de grattage qui se font désirer dans ces publicités amusantes et pleines de jeux de mots. Mais il faut bien garder à l'esprit qu'il y a jeu de hasard et jeu de hasard. La Française des Jeux vous fait miroiter des milliers d'euros à empocher rien qu'en grattant ces petits bouts de papier cartonnés et colorés. Vous êtes-vous déjà penchés sur la problématique des probabilités (sans tomber) ?

Même si la société détenue à 76% par l'Etat redistribue aux gagnants un peu plus de 50% le montant du chiffre d'affaires, il n'en est pas moins que les chances de gagner sont faibles. Prenons quelques exemples. Pour le Black Jack, sur 1.500.00 tickets imprimés pour chaque série, vous avez 100.000 gagnants à 2€, soit 1 chance sur 15 d'avoir 2€ (environ 6% de chance). Dans cette même série, il y a 2 gagnants à 20.000€, soit 1 chance sur 750.000 (environ 0,00013%). Au Millionnaire, vous avez 1.200.000 tickets gagnants à 10€ sur les 12.000.000 que compte la série. Cela fait une chance sur 10 de gagner 10€ (10%). A ce jeu, il y a aussi 1 chance sur 6.000.000 de gagner 1 million d'euros (au grattage, avant la roue), soit 0,00002%. Au Goal, il y a 37.800 tickets gagnants à 1€ sur les 360.000 de la série, soit 21 chances sur 200 de gagner 1€ (environ 10,5%).

Je vais m'arrêter là pour les exemples, car le but de cette démonstration n'est pas de faire un état des lieux exhaustif des chances de gagner. En fait, tous ces calculs de probabilités ne sont que théoriques. Car tous ces résultats ne sont valables que si, et seulement si, tous les tickets sont vendus dans un seul et même endroit. Or, il n'en est rien. Les tickets de grattage sont répartis sur tout les territoires et départements français et d'outre-mer. Ce qui, vous l'aurez compris, réduit encore plus les chances de gagner, ne serait-ce qu'un ou deux euros.

Pour illustrer mon propos, faites une expérience. Mettez dans un sac, un jeu de 32 cartes. Vous avez donc 1 chance sur 32 de tirer l'as de cœur. Répartissez maintenant ces 32 cartes dans 4 sacs. En choisissant un sac au hasard, quelle est maintenant la probabilité de tirer ce même as de cœur, étant donné qu'il peut être dans l'un des 4 sacs ? Et bien, avec les jeux de grattage c'est pareil : les cartes sont les tickets de jeu et les sacs les détaillants revendeurs. Et comme la répartition des lots dans notre pays se fait "au hasard", certaines régions ont plus de tickets à 2€ et d'autres en ont plus à 20.000€.

Vous aurez donc compris que les calculs des probabilités sont vains et trompeurs. Ce qu'il faudrait savoir pour calculer, c'est combien de tickets à 2€ a votre détaillant habituel. Si sur 1.000 tickets, il a 950 perdants et 50 gagnants à 2€ (soit 5% de chances de gagner), vous avez 0% de chances de gagner 20.000€ !

Ce qui est certain et indiscutable, c'est que 100% des gagnants auront tenté leur chance et 100% des joueurs auront rêvé 5 secondes.

11 août 2012

Scénario(s)(ii)

Il y a parfois des mots sur lesquels je butte et pour lesquels je ne sais jamais comment les employer sans faire d'erreur. Parmi ses mots, il y a "scénario". Je viens encore de l'entendre par des commentateurs sportifs des jeux olympiques de Londres. Mais cette fois-ci j'ai mené mon enquête. Alors, pas sur Internet, car c'est un champ vaste où l'on peut lire tout et son contraire. Je suis allé voir tout simplement dans le dictionnaire papier, plus fiable. Et qu'est-ce que j'y ai trouvé. Et bien, que le pluriel d'un scénario peut prendre les deux formes, tout dépend en quelle langue on parle. En effet, un scénario à la Française peut donner des scénarios. En revanche, j'apprends qu'il y a une forme savante pour ce mot : scenario. Et justement, cette graphie vient de l'Italien. Ainsi, si vous parlez à l'Italienne, le pluriel de scenario est scenarii. N'ayez donc pas de retenue ni de gêne à parler Français !

23 juillet 2012

Un couple peut en cacher dix-huit autres

J'ai soudainement ouvert les yeux et je me suis posé la question : pourquoi faut-il légaliser le mariage entre personnes de même sexe ? Tout simplement parce que dans les faits, cela existe, c'est en place. Oui, en France, des personnes qui préfèrent des personnes du même sexe sont mariés légalement mais pas avec une personne du même sexe. Pour s'en rendre compte, il suffit d'élargir son esprit et de ne pas considérer les unions entre personnes avec un sexe, mais de considérer les unions entre personnes avec une orientation sexuelle. C'est là que réside la nuance. On peut donc schématiser les orientations comme ci-dessous.

hétérosexuel, bisexuel, homosexuel, transsexuel, symbole homme, symbole femme

Avec la pensée sacro-sainte du schéma classique, un seul couple est possible : un homme avec une femme.

hétérosexuel, symbole homme, symbole femme

Maintenant, au lieu de voir dans ce schéma deux êtres avec un sexe, voyez plutôt deux êtres avec une orientation sexuelle : hétérosexuel, bisexuel et transsexuel. Cela donne soudainement neuf possibilités d'unions légales :

hétérosexuel,bisexuel,homosexuel,transsexuel,symbole homme, symbole femme

Voilà pourquoi, il ne serait pas incohérent de permettre à des personnes aimant d'autres personnes du même sexe de se marier devant monsieur le maire. Légalement, sur le papier, c'est toujours un monsieur et une madame que l'on unit. Mais dans la pratique, cela peut être aussi bien un homme qui aime les hommes (ou les femmes) qui épouse une femme. Et vice-versa. Vous me suivez ? Il ne manque plus que la légalisation du mariage entre personnes du même sexe pour voir monter le nombre de possibilités à dix-neuf. En plus des neufs possibilités précédentes, on ajoute celles-ci :

hétérosexuel,bisexuel,homosexuel,transsexuel,symbole homme, symbole femme

Avec quatre orientations sexuelles, à savoir hétérosexuel, bisexuel, homosexuel et transsexuel, tout est possible. Si vous n'êtes pas convaincu, la prochaine fois que vous croiserez des couples mariés, posez-vous la question : sont-ils seulement hétéro ? Cet homme voit-il d'autres hommes ? Cette femme couche-t-elle avec la voisine ? Est-ce madame s'appelait monsieur avant ? Il n'est point question ici d'être effrayé, mais simplement de prendre conscience des réalités et des pratiques.

18 juin 2012

La tête de l'emploi visuel

A la télévision, il faut aussi avoir la tête de l'emploi. Vous avez remarqué comment la majorité des animateurs et présentateurs du petit écran sont bien assortis avec la chaîne pour laquelle ils travaillent ?

Par exemple, on ne pourrait pas concevoir de voir Claire Chazal ailleurs que sur TF1, cela serait surprenant. Son image ne fait qu'un avec la chaîne, on sent qu'elle est bien dans la politique de l'entreprise. Elle colle avec la ligne directrice. C'est pareil avec Carole Rousseau, Jacques Legros ou Arthur.

Sur le service public, on retrouve le même principe. Laurent Delahousse ou Marie Drucker sont des personnalités complètement en phase avec la chaîne et les valeurs qu'elle représente. Laurent Delahousse était pressenti pour partir sur la Une mais je n'y croyais pas une seconde, il n'est pas fait pour cette chaîne.

Sur Canal+, Michel Denisot est son digne représentant. Il était d'ailleurs là au début de la chaîne dans les années 80. Ce serait une trahison de sa part de partir vers d'autres horizons. Il est désormais un pilier de la chaîne. Sur M6, autre "grande" chaîne, l'exemple typique c'est Mac Lesgy. Il ne pourrait quitter la petite chaîne qui monte sans provoquer l'étonnement, voire même la déception. Il est l'un de ceux qui font le succès de la sixième chaîne.

Il y aurait plein d'exemples comme ça. Mais, ces constats ne se mettent en place qu'après plusieurs années. La communion entre l'identité d'une chaîne de télévision et l'identité d'un présentateur se construit avec le temps. On ne pourrait pas par exemple constater ce principe avec les jeunes animateurs qui font leur apparition de temps en temps. N'ayant pas encore fait leur trou, ils peuvent à tout moment changer. C'est d'ailleurs à ça, entre autres, que le mercato de l'été sert. Il sert aux vedettes du petit écran à trouver leur voie.

On ne peut pas rester à un endroit si on ne s'y plait pas, si on est en désaccord avec les objectifs fixés. Il y a un bel exemple pour illustrer mon propos, c'est le cas Julien Courbet. Pendant des années, il a aidé des gens sur la première chaîne avec des affaires complexes entre voisins ou victimes d'arnaques et autres litiges épineux. Et un jour, il en a eu marre de cette pression du chiffre et de l'audimat. Il est parti sur la Deux. Pourtant, je suppose qu'il gagne un peu moins, mais son éthique a été plus forte. Maintenant, il doit se sentir plus apaisé, plus à l'aise et plus libre de ses actes et paroles. D'ailleurs, il fait beaucoup plus le guignol qu'avant, il se lâche, son bonheur est visible.

En fait, nos présentateurs préférés sont comme la plupart des salariés, il faut avoir l'esprit "corporate" pour rester dans une entreprise, aimer y travailler et être fier d'en faire partie. Mais c'est aussi un luxe. Nombre de nos concitoyens ont un travail alimentaire, ils n'ont pas le choix et le mercato, en dehors du sport et du showbiz est beaucoup plus casse-gueule.

07 juin 2012

Photo synthèse

Ce qui est clair avec cette photo de président, c'est qu'elle ne laisse pas indifférent. Il y a toujours du monde pour lui trouver des défauts et la critiquer généreusement. Il faut tout de suite relativiser : ce n'est qu'une photo. Elle ne fera pas le tour du monde, à part peut-être dans les ambassades et les consulats, elle ne sert que de décoration principalement aux mairies. Donc autant vous dire que la plupart de nos concitoyens ne la verront qu'à la télévision ou sur Internet, juste au moment de sa sortie.

photo-pdt-sarkozy.jpgToutes les photos présidentielles ont de toute façon été critiquées. Rappelez-vous celle de Nicolas Sarkozy, c'est frais encore, il n'y a que cinq ans. Les drapeaux sont trop grands, il pose devant la bibliothèque, comme Mitterrand, Pompidou et de Gaulle, son grand modèle, et son corps est en oblique alors qu'il regarde l'objectif, manque de franchise ?

Pour ce qui est de son contenu, je ne vois pas ce qui pourrait faire polémique. François Hollande est dehors, sûrement déjà pour casser avec son prédécesseur. Ensuite, je trouve que c'est moins guindé d'être dans un parc que devant une bibliothèque pour faire croire que c'est davantage sérieux. Jacques Chirac l'avait fait et pourtant à droite, personne n'avait trouvé à redire. Comme quoi, on polémique pour le plaisir de polémiquer.

Certains reprochent au président d'être loin de l'Elysée, et alors ? Je vois ça comme une présentation de la maison de la France, voire une invitation à y entrer. Je suppose qu'en outre, il est fier d'avoir été élu, il faut donc que l'on voit bien le palais derrière. Enfin, d'autres se sont moqués de la posture tordue de l'homme, un bras qui semble plus court que l'autre. C'est tout simplement parce que le photographe a fait ses clichés pendant que M. Hollande marchait, et comme il l'a expliqué, c'est la douzième prise qu'il a choisit. A part Giscard ou Mitterrand, aucun président ne se tient véritablement droit devant l'objectif, et pire même, de Gaulle et Pompidou ne le regardent même pas. 

Sur une photo, chacun voit et ressent comme il veut, c'est selon sa bonne foi et son honnêteté intellectuelle. Le problème, c'est quand on y fait intervenir ses convictions politiques. A droite on critiquera toujours les photos de la gauche et à gauche on critiquera toujours les photos de la droite.

Comme le photographe, soyez objectif et arrêtez de temps en temps de vouloir viser méchamment !

o-HOLLANDE-570.jpg


04 juin 2012

Pas de quoi jubiler

Ah que c'était beau tout ce défilé sur la Tamise, tous ces bateaux de toute taille, de toute couleur. Mais de France, tout ça parait bien folklorique tellement il y a bien longtemps que nous ne vivons pas de fêtes royales. Cela semble d'un autre temps. D'un autre côté, j'ai l'impression que ça nous manque inconsciemment. Nous changeons de chef d'Etat tous les cinq ou dix ans, nous connaissons de nombreux gouvernements, on ne peut pas dire que la stabilité de la Nation soit ce qui nous caractérise. Il nous manque un fil rouge politique, quelquechose qui nous rassure dans les tourments, qui nous rassemble dans les moments difficiles. La dernière chose qui nous ait fait communier tous ensemble était une certaine victoire à la coupe du monde 98.

Après cette journée de jubilée, j'ai eu le sentiment que de nombreux Français avaient suivi cette journée avec assiduité. Je ne connais pas encore le nombre de téléspectateurs de France 2 scotchés à leur poste de 14h à 17h30 (je gage qu'ils seront quelques millions), mais déjà, quelques uns de nos compatriotes s'étaient rendus sur place, et même l'un de nos plus beaux bateaux à voiles, le Belem. On pourrait se consoler en pensant que nos présidents de la République se comportent comme des souverains mais on ne peut pas dire qu'une cérémonie d'investiture à l'Elysée ne soit vraiment équivalent à un couronnement à Westminster. Et puis, que la reine nous laisse indifférent ou non, soixante ans de règne, inflexible, contre vents et marées, ça force le respect.

Au final, je ne sais pas trop quoi penser d'un système monarchique comme le connaissent nos amis outre-manches. Est-ce aussi bien ou moins bien qu'un système avec président, allez savoir. Un anglais anti-reine était interrogé par l'un des envoyés spéciaux, Loic de la Mornais, il avançait l'argument qu'un souverain était imposé aux citoyens par la règle de succession séculaire et donc non élu par un peuple, ce qu'il n'acceptait pas. Il y a 20% de britanniques qui souhaitent passer à un système présidentiel. Ce n'est pas encore la déferlante anti Windsor mais cela fait un certain nombre d'habitants.

Tout cela étant dit, pouvons-nous prendre comme modèle un système monarchique ? En Espagne, on ne peut pas dire que l'ambiance soit la même entre les Espagnols et leur roi, surtout après les quelques affaires qui ont remué la péninsule. Je pense personnellement que ce n'est pas encore demain que le trône de Guillaume le conquérant vacillera. Imaginez, cela fait 946 ans que les souverains se succèdent sur ce mythique balcon de Buckingham à remuer nonchalamment leur mimine.

Elisabeth II - Avril 2011


08:00 Publié dans Analyse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jubilée, reine

28 mai 2012

Le neurone du hamburger

Vous allez dire que je me répète mais oui, j'assume, j'ai encore regardé l'émission Cash investigation sur France 2 vendredi dernier. Je vous promets que c'est sans le vouloir. Le sujet était la pratique du neuromarketing.

Le neuromarketing consiste à tester les consommateurs via des épreuves simples ou directement en IRM pour savoir ce qui leur fait plaisir et ensuite d'adapter sa stratégie d'entreprise pour "aider" les consommateurs à choisir vos produits plutôt que ceux des concurrents. L'entreprise qui mène ses études montre des images ou émet des odeurs et observe les zones du cerveau qui réagissent. En gros, ça travaille votre cerveau pour que vos habitudes d'achat s'orientent vers là où les industriels et autres entreprises veulent que vous alliez.

Cela ressemble à de la manipulation. Il faut savoir qu'en France, les études neurologiques à des fins autres que scientifiques ou médicales sont interdites. Alors, les études se font en Belgique pour la plupart ou alors sont déclarées comme scientifiques mais c'est seulement sur le papier. Comme cette grosse boite de cosmétiques mondialement connue qui a eu l'autorisation du ministère pour procéder à ces recherches. Encore une histoire de conflits d'intérêts ? Aucune idée, mais le doute s'installe.

Les méthodes ont évolué. Il y a quelques années, la grande distribution jouait sur la disposition des articles ou la diffusion de musique, et aujourd'hui ça influence directement certaines zones de votre cerveau comme celle qui diffuse la dopamine, la molécule du plaisir. Concrètement, comment ça se traduit. Et bien, par exemple, toujours ce fabricant célèbre de cosmétiques qui fabrique des crèmes qui vont procurer du plaisir rien qu'en pénétrant la peau, une chaîne de restauration rapide qui va diffuser des odeurs dans ses établissements pour activer l'acte d'achat. Et vous savez comment ? Par les produits d'entretien ! Car en fait, si cette enseigne de restauration tient à toujours avoir des salles propres, ce n'est pas qu'une question d'hygiène mais c'est aussi une question de marketing. Quand la serpillière s'active c'est pour vous pousser vers les caisses. Cela se traduit aussi par le petit cadeau en plastique offert avec un repas pour votre enfant qui évidemment va être le déclencheur et faire aller les adultes dans son restaurant préféré.

En fait, le neuromarketing est une recette vieille comme le monde. Pour dresser les animaux, on ne fait pas autrement. Quand le chien a obéi à son maître, il lui donne un sucre : il sait donc qu'à chaque fois qu'il agira de la sorte il sera récompensé. Le neuromarketing est tellement répandu que des conférences sont régulièrement organisées pour les entreprises ou les commerciaux désireux de faire monter la courbe du chiffre d'affaires. Mais le neuromarketing est aussi un tabou et quand vous essayez de mettre les pieds dans le plat en mettant les responsables des sociétés devant des faits avérés, cela les pousse dans l'embarras, et le mot est faible.

Comment savoir si vous êtes victimes de cette vaste intoxication ? Si je vous dit "vous le valez bien", si je vous parle d'un gros M jaune sur fond vert ou sur fond rouge, si je vous parle d'une pomme, vous pensez à quoi ? Bien voilà, vous avez tout compris, vous êtes conditionnés.

Et l'éthique dans tout ça ? La pauvre est complètement mise en second plan, ou alors sur les jolies plaquettes commerciales pour se donner une bonne image. Mais en réalité l'éthique est aux oubliettes, les sociétés et les fabricants s'assoient dessus comme de leur première lessive. C'est donc à nous, consommateurs, de veiller et de rester maître de ses envies et de ses pensées, agir dans notre intérêt avec discernement et raison.

21 mai 2012

Un drachme en trois actes

1er acte, les mesures économiques. En quelques mois, les partenaires européens et les Institutions européennes imposent aux Grecs des mesures d'austérité drastiques. Après dix plans, le pays n'a toujours pas sorti la tête de l'eau et s'enfonce jour après jour dans les profondeurs. Il faut dire que la dette est colossale et avale le peu de PIB subsistant. Gel ou non versement des salaires, vente du patrimoine plusieurs fois millénaire, bradage des entreprises publiques, tout y passe. En parallèle, le pays parvient à se faire effacer des parties d'ardoises mais dont les effets semblent se disperser. L'argent n'arrive pas à entrer dans les caisses de l'Etat et les économies demandées n'arrivent pas.

2ème acte, la situation politique. Depuis les élections législatives, le président grec ne réussit pas à retenir un chef de gouvernement qui ne reste même pas une journée en place faute de pouvoir réunir un gouvernement de rassemblement. Personne ne s'entend et surtout personne ne se met d'accord sur les mesures à prendre pour sauver les Grecs de la faillite qui menace. Des élections sont réorganisées pour le 17 juin mais sans certitude sur une possible stabilité politique. Ces élections se transforment en un référendum pour une sortie de la zone euro.

3ème acte, la panique des habitants. Les Grecs, craignant pour leurs maigres économies, se précipitent chaque jour aux distributeurs pour retirer leurs ressources. Ils sont inquiets, on peut les comprendre. Comment peut-on avoir confiance en son propre pays si celui-ci n'assure pas un minimum. Comment ne pas être inquiet quand des déclarations de hauts responsables évoquent la banqueroute ? Ce sont des centaines de millions, voire des milliards, qui sont sortis régulièrement des banques malades, fragilisant encore plus la situation de ces dernières.

Alors quel sera le prochain acte ? Celui de la sortie de la zone euro ? Cet acte n'est pas encore joué mais il pend au nez et à la barbe des statues d'Aristote ou de Socrate. Faut-il revenir à une monnaie nationale afin de repartir sur une base saine. Il est vrai qu'une sortie de l'euro permettrait en premier lieu de déclarer le pays en faillite et de ce fait d'effacer purement et simplement la dette. Ensuite, cela permettrait de proposer une monnaie dévaluée et de réactiver l'activité économique. Une monnaie faible attire les investisseurs, les entrepreneurs mais aussi les touristes. Le dernier exemple est l'Argentine qui a pu repartir du bon pied et après quelques années, connaître à nouveau la stabilité économique. Mais l'Argentine n'est pas la Grèce.

Le problème est que cette sortie de l'euro coûterait cher aux autres Etats : rien que pour la France, les spécialistes avancent un coût de mille euros par Français. Mais combien coûterait un maintien dans la zone à long terme ? Il y a en outre les traités et les accords qui nous lient tous : chaque Etat membre de cette zone euro ne doit pas laisser tomber un autre Etat membre. C'est la solidarité qui joue.

Comme on peut le voir, et pas besoin d'être un expert en économie ou en géopolitique pour le comprendre, la situation de la Grèce est complexe et son avenir influencera notre avenir. Les prochaines décisions seront des plus importantes et graves : soit elles redonnent confiance et refont partir la machine, soit elles sonnent le glas et la fin de la partie.

17 mai 2012

Le roi n'est pas mort !

Je suis toujours étonné, presque interloqué, à chaque fois que j'entends que le prince William, fils de Charles et Diana, petit-fils de la reine, est le prochain roi d'Angleterre. C'est enterré bien vite le prince Charles ! Petit rappel sur l'ordre de succession au trône d'Angleterre, je n'y indique que les trois premiers de la liste, la liste complète étant trop longue (presque 5000 noms), et il est peu probable que les suivants aient leur chance d'y arriver.

1. le prince Charles

2. le prince William

3. le prince Harry OU le futur enfant de William

Que remarquez-vous ? Et bien, qu'entre Elizabeth II et le prince William il y a une personne, et non des moindres : le prince Charles ! Personne ne peut bousculer cette règle de succession, ni perturber le protocole. Ce ne sont pas les journalistes qui posent la couronne sur la tête du successeur. Il ne faudrait pas enterrer trop vite le fils de la reine.

Avant que son fils, jeune marié avec Kate Middleton, ne monte sur le trône et ne soit investit sur la chaise du couronnement vieille de 704 ans, il y a quelques obstacles. Il faut d'abord que la reine abdique ou décède. Ce qui n'est pas gagné étant donné la forme qu'elle tient et elle a déjà fait savoir qu'elle tiendra son rôle jusqu'au bout. Une fois cette formalité effectuée, il faut qu'à son tour Charles abdique ou décède, ce qui n'est là aussi pas gagné, étant donné sa forme et je doute qu'il veuille laisser sa place.

Donc la reine n'est pas morte, et le roi non plus. Il faut même envisager que William ne monte jamais sur le trône ou alors à un âge avancé, l'avenir nous le dira !

 
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