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  • La première étoile

    C'est un déferlement de comédies françaises qui débarquent sur nos écrans avec La première étoile qui vient de sortir, Safari le 1er avril et Le missionnaire le 8 avril. Cela manquait et pas qu'à la cérémonie des Césars. Alors, La première étoile avec Lucien Jean-Baptiste et Firmine Richard, ouvre le bal. Annoncé comme une comédie, le film comporte quelques scènes mélo et tendres, ce qui ne gâche rien d'ailleurs. Tout d'abord, une parenthèse sur le générique de début. Assez bizarre, il donne l'impression d'un documentaire et le doute s'installe : suis-je dans la bonne salle ? Oui, dès que l'on arrive dans la banlieue de Créteil, le doute est vite dissipé.

    Un père de famille au chômage promet d'emmener sa famille au ski. La mère de famille en a marre de ces promesses et ne souhaite pas y aller mais désire réfléchir sur son couple. Le père emmène donc ses enfants et la grand-mère. Toutes les économies sont réalisées : voiture prêtée par un copain, vêtements et chaussures données par les habitants de l'immeuble, forfait et ski partagé. La location du chalet reste un problème mais il faut aller voir pour connaître le dénouement. Alors, cette petite famille à la neige amène avec elle tout son lot de questionnement, notamment sur l'accès aux sports d'hiver pour les familles modestes des cités. Tous leurs amis se sont d'ailleurs moqués d'eux, sur le fait que des noirs sur des pistes de ski ça ne court pas les rues. Est-ce qu'un réalisateur blanc aurait pu se permettre de tourner la même comédie ?

    Je dirais que l'impression à la sortie est tout à fait positive. Les moments de franches rigolades sont présents et permettent de ne pas ressortir avec une impression mitigée. Le personnage de la grand-mère, jouée par Firmine Richard (vue dans Romuald et Juliette), est le plus drôle : scènes du tire-fesses puis de la luge notamment. On ne peut évidemment pas s'empêcher de penser aux Bronzés font du ski. Mais, c'est vite oublié car rien ne permet de s'y rattaché. A part peut-être le Scrabble où excelle la grand-mère, ou le principe de la phrase prononcée pendant les leçons de ski, je vous laisse découvrir laquelle.

    Ce film réunit tout : comédie, drame, tendresse et crise.

  • Emoi et moi

    Ce midi, j'ai été remué, pour ne pas dire bouleversé. Le petit bonhomme était rouge et j'attendais donc sagement qu'il passe au vert. Sur le trottoir d'en face, une jeune femme arriva devant le passage piéton. Le marquage en relief au sol lui indiquait qu'elle se trouvait au bon endroit. La voix de la signalisation n'avait pas parlé pour lui dire que la traversée était possible. Oui, cette jeune femme était malvoyante. Cette scène m'a ému. D'abord, parce que la ville a grandement amélioré pour ses personnes en difficulté. Marquage au sol, feux de signalisation qui parlent, ascenseurs, etc. Ensuite, parce que perdre la vue c'est ce que je redoute le plus. C'est ma hantise. Quand on ne voit plus, on n'est comme paralysé. On va moins vite, on n'apprécie plus les choses de la même façon et on perd de son autonomie. Sauf si les villes investissent. En un quart de seconde, je me suis mis à la place de cette personne. Qu'éprouvait-elle ? Comment percevait-elle ces bruits si familiers mais invisibles ? L'avenue était large et j'ai failli aller à sa rencontre pour l'aider mais je me suis dit qu'il ne valait mieux pas. Elle a l'habitude de se débrouiller toute seule et elle l'aurait peut-être mal pris.

  • Le patron ne prend pas la mesure

    Et l'Etat couturier tente les reprises… en main. Le droit du travail encadre tous les éléments attachés au salarié, la loi encadre également la participation et l'intéressement. Lorsque l'entreprise produit des bénéfices, ces dispositifs permettent de verser aux salariés des primes si l'entreprise a mis en place ce système. Cela équivaut à des sortes de bonus. Alors, personne ne comprend pourquoi les grands actionnaires et les grands patrons reçoivent des bonus ou des dividendes même quand l'entreprise va mal. C'est d'autant plus scandaleux quand l'entreprise bénéficie d'aides de l'Etat et qu'elle licencie.

    Le Medef et ses membres s'insurgent à l'idée d'une législation sur les salaires des grands patrons. Qu'est-ce qui justifie que le simple salarié soit enfermé dans un carcan légal et pas son chef d'entreprise ? Trois millions par ci, 51 millions par là, de l'argent est trouvé pour récompenser les mauvais gestionnaires mais pas pour revaloriser les bas salaires. Vous n'avez pas atteint les objectifs de rentabilité, alors recevez en guise de remerciement ces quelques millions ! Barack Obama n'a pas hésité et a imposé des plafonds rondelets aux patrons (390 000 euros par an). Nos voisins européens ont pris des mesures de limitation et l'un d'eux a même plafonné pour que les patrons ne gagnent pas plus que le Premier ministre du pays.

    Le problème est que si vous n'imposez pas des règles, les décideurs continueront à agir comme ils l'ont toujours fait. On le voit récemment avec ces bonus de 3 millions et de 51 millions : si personne n'avait réagi, ce serait passé incognito. Les grands patrons n'ont pas assimilé cette notion d'intérêt général. Les intérêts sont situés seulement au niveau des investisseurs et des parts. Ce qu'il y a en dessous n'a pas d'importance étant donné que l'entreprise fonctionne toujours, et c'est leur seul souci. La correction de trajectoire et la régularisation se fait toujours par le bas. Et puis, si ça tourne plus, on s'attribue des parachutes dorés et vogue la galère : les actionnaires et les patrons trouveront une autre entreprise pour continuer leurs "activités".

    Alors, oui, il faut légiférer sur les revenus des patrons et des membres de conseil d'administration ou de comité de surveillance. C'est possible puisque l'on détermine bien un salaire minimum, cela doit être possible de fixer un salaire maximum. Ces gens vivent protégés sur une autre planète. Ne craignant pas les risques, ils ne prennent pas leur responsabilité quand il y a besoin. Je me demande même s'ils s'en rendent compte. Pour eux, cela doit paraître normal. Alors sous la pression, il leur prend de soudains remords : ils abandonnent (momentanément) ces parties de revenus ou ils rendent ce qu'ils ont déjà reçu comme 15 responsables américains d'AIG qui ont dit adieu à 50 millions de dollars.

    Ce n'est pas la mer à boire que de faire des sacrifices pour cette année au moins. Au lieu de partir à Bora Bora, ils iront à l'Ile de Ré, ça leur fera le plus grand bien !

  • Vous aimez les yaourts ?

    Et bien vous allez pouvoir rouler dans les pots ! Après le succès de la Logan, qui ressemble encore à une voiture, le constructeur Tata propose sa Nano, les Indiens en sont baba. C'est la course chez les producteurs de véhicules. Les grosses berlines ne font plus recette ou ont plus de mal à se vendre, alors il faut trouver une alternative. Il faut à tout prix que le consommateur consomme. Smart commence à percer mais ce produit reste extrêmement cher pour ce que c'est. Vendue 1 800 euros en Inde, la Nano n'est équipée que de l'essentiel : un volant et quatre roues. Pour l'Europe, il ne faut pas s'attendre au même bijou de simplicité. Pour répondre aux normes européennes, la voiture va prendre quelques eurokilos. Les équipements de sécurité et quelques équipements électriques de base, voici une Nano qui devient Giga avec malgré tout un prix inférieur à la Logan.

    Mais sommes-nous tous condamnés à rouler dans des petites voitures riquiqui ? Les variations du prix du baril de pétrole, les élans de conscience soudaine de nos gouvernants pour l'environnement et les menaces qui pèsent sur notre santé vont finir par nous faire aimer les pots de chambre à roulette. C'est de la même taille, ça a presque la même couleur et il y a une poignée mais ce n'est pas un pot, c'est bien une voiture. La différence c'est que la voiture rejette la merde, elle ne la stocke pas.

    Les industrielles sont en train de nous trouver des solutions pour sauver leurs dividendes et en même temps continuer à s'abreuver des puits des émirs. Autant vous dire que les solutions électriques vont connaître le chemin de croix pour venir jusqu'à nous. "Cela coûte cher à produire", "On n'a pas trouvé la pile longue durée", "Il faut développer un réseau de recharge", bref, les Carlos Ghosn et autre Christian Streiff ont encore des arguments pour nous vendre de belles voitures qui ne rejettent que très peu dans l'atmosphère, mais qui rejette. Remarquez, une petite voiture taille Barbie c'est pratique pour se garer ou se faufiler en ville mais dans les terrains escarpés cela devient la randonnée : prévoyez un sac de rangement, comme la tente qui s'ouvre en deux secondes.

    Ceci étant dit, nous ne savons pas si ce genre de voiturette aura du succès sur notre continent mais ce qui est sûr c'est que nous vivons un tournant dans nos conceptions et nos visions des choses. Il faut mettre un frein à notre frénésie automobile. La location de vélo et de voiture pour dix ou vingt minutes prend de l'ampleur et c'est peut-être ça qui va concurrencer nos véhicules de demain.

  • Des comptes à dormir debout

    Le comptage de manifestants me semble quelque peu abracadabrant. Quand la police annonce 20 000, les responsables syndicaux en annoncent 100 000. Qui croire ? C'est la guerre des chiffres qui porte sur les nerfs. Cette divergence met la confusion dans nos esprits. Nous ne sommes finalement pas plus avancés sur l'ampleur d'une manifestation ou d'une journée de grève. La police essaye peut-être de minimiser les contestataires pour faire plaisir au gouvernement qui se sentira mieux. Les syndicats ont eux peut-être plus intérêt à grossir les chiffres pour appuyer de tout leur poids leurs revendications.

    Mais le résultat est le même. Nous n'avons aucune idée de la vérité. Les chiffres ainsi donnés n'ont aucune valeur et personne ne peut s'en servir pour argumenter un propos. Il y a pourtant le même nombre de personnes qui défilent. Le problème vient peut-être de la méthode. Est-ce que la police compte le matin et les syndicats l'après-midi ? Est-ce que les uns ne comptent que les plus de 1,70 mètre ? Est-ce que sont comptés tout le monde ou seulement une personne sur deux ? 

    Quoi qu'il en soit, ces écarts n'apportent rien au débat. Je dirais même que d'un côté comme de l'autre, cela décrédibilise les discours. Car il n'y pas trente-six solutions : ou l'un des deux ment ou aucun ne sait compter. Il suffit de lire les journaux ou de regarder les informations à la télévision, même les journalistes ne savent pas à qui se fier et sont obligés d'annoncer les chiffres de la police et ceux des syndicats. Le summum a été quand la police a du compter les manifestants qui se trouvaient être des policiers : pas de consensus, la police n'était pas d'accord avec leur propre syndicat !

    En ce qui me concerne, je fais une moyenne pour me donner une idée. Ce qu'il fait retenir c'est que ça mobilise du monde et qu'il y ait 10 000 ou 50 000 personnes, le message doit être entendu par les élus et le gouvernement. Si les gens manifestent c'est qu'il y a un problème.

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