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  • Le salon où l'on cause

    Le Chêne, Dialogue & initiative, Génération France, Mouvement Européen-France. Ces noms ne vous disent peut-être pas grand-chose. C'est tout à fait normal. Ce sont des noms de clubs politiques qui réunissent les gens passionnés de politique, c'est-à-dire des élus, des intellectuels ou des philosophes. Ils discutent des heures et des heures pour refaire le monde autour d'un croissant ou d'un toast, tout dépend de l'heure.

    Ces clubs politiques me rappellent les salons littéraires du XVIIIème siècle où les artistes, écrivains et philosophes se réunissaient chez les dames de la haute noblesse pour discuter de langue française, de littérature et d'art. Ces salons étaient très prisés au cours du siècle des Lumières mais n'étaient pas accessibles au commun des mortels. Un peu comme aujourd'hui. Cela dit, vu les noms illustres que certains rassemblaient, on ne devait pas être loin de critiquer le pouvoir ou de parler de la condition humaine à l'époque.

    Les clubs politiques sont apparus après. Le premier club politique en France est fondé le 30 avril 1789, c'est le club Breton. Dès le début, les clubs politiques ont comme but de discuter et réfléchir à la politique de la France et à dessiner les projets de demain. Alors, au cours de la Révolution puis de la Terreur, les clubs politiques changent de format, se multiplient, deviennent obligatoires, font même l'enjeu de coups bas, sont dissous. Mais ils survivent et de nos jours, de nombreux clubs sont actifs et certains ont même à leur tête des élus, voire même des ministres.

    Aujourd'hui, qu'en est-il ? Et bien, les clubs politiques, comme je le disais un peu plus haut, sont toujours en activité et continuent toujours à parler de la France et de la manière d'aborder les grands sujets de société. Il y a, dans l'ordre alphabétique, le club Changer la gauche de François Hollande, Le Chêne, avec Michèle Alliot-Marie, le Club Villepin avec Dominique de Villepin (vous l'auriez deviné), Dialogue & initiative avec Jean-Pierre Raffarin, ou bien Génération France avec Jean-François Copé, le Mouvement Européen-France de Pierre Moscovici, etc...

    Alors, on est en droit de se demander si tous ces clubs sont utiles et s'ils font avancer le schmilblik puisqu'ils réunissent des personnes qui, a priori, sont du même bord et donc rarement en désaccord, ou alors pour amuser les média. La plupart de ceux que j'ai cité ont un site Internet et vous pouvez donc vous rendre compte par vous-même de la pertinence de ces clubs. On ne peut pas leur enlever le fait qu'ils discutent des sujets d'actualité, mais dans quel but ? On pourrait penser que quelques uns de ces rassemblements servent de soutien au pouvoir en place. On pourrait penser aussi qu'ils sont un tremplin pour la carrière de leur chef. En tous les cas, les politiques et leurs amis aiment discuter et débattre pendant des heures, ça les occupe, ça occupe leurs membres et les sympathisants, et pendant ce temps...

    Quoiqu'il en soit, ces clubs ont gardé l'esprit originel des tout premiers de l'histoire : un regroupement d'hommes et de femmes qui aiment parler politique à longueur de journée et plutôt bien situés socialement. Il est difficile de savoir combien de personnes adhèrent à ces clubs mais étant donné le peu de publicité faite autour de ces associations, on ne peut pas imaginer qu'ils soient des millions, c'est plus intime que ça à mon avis. Tout cela pour dire que ces clubs sont à l'image des amateurs et amoureux de la politique : on se réunit pour discuter, on débat, on se passionne pour des discussions abstraites et sans effet sur le concret.

    Car, on est loin des activités des clubs de la Révolution. Le club Breton, par exemple, inquiétait beaucoup la cour et elle y envoyait des espions et à juste titre, pour elle : menaces sur les députés, éloignement des troupes étrangères permettant ainsi la prise de la Bastille, abolition des privilèges. Plus tard, ce club devint le club des Jacobins qui fit chuter Robespierre. Il y eut aussi le club des Girondins ou le club des Cordeliers qui soumis l'idée de déchéance de Louis XVI après sa fuite. Comme ces quelques exemples le démontrent, les club politiques à l'origine avaient du poids et de l'influence sur la politique française et sur sa gouvernance.

    Aujourd'hui, les clubs ont perdu leur côté révolutionnaire et s'apparentent plus à des salons littéraires (d'où mon rappel des salons littéraires en début d'article) où l'on discute entre amis.

  • Coup de projecteur sur l'anonymat du blog

    Qu'est-ce qu'un blog ? C'est la délicate question que les députés devront se poser pour savoir si le blogueur doit rendre son identité publique. Un blog c'est avant tout, je crois, un recueil de pensées et de réactions, de coups de cœur comme de coups de gueule.

    Le commun des mortels n'ayant pas accès aux tribunes et ayant peu de chance d'être sélectionné dans le courrier des lecteurs, le blog est un bon moyen d'ouvrir sa parole et d'exposer ses points de vue. Les spécialistes politiques et économiques, les intellectuels et philosophes n'ont pas le monopole des idées et des analyses. Nous sommes tous capables de penser et donc de développer une opinion sur des sujets variés comme le font les têtes pensantes. Il est nécessaire d'ailleurs de laisser libre cet espace sinon on basculerait vite dans la pensée unique, véritable ennemi de la démocratie.

    Ceci étant dit, il est vrai que dans un même temps, le blog est public et de ce fait accessible à tous. Avec la multiplication des intervenants et des propriétaires d'un petit morceau de cet immense espace planétaire, des blogs sont devenus des défouloirs et des lieux de contestation. Un phénomène s'est aussi développé avec le temps : la tendance qui consiste à prendre pour argent comptant ce qui est écrit dans ces journaux intimes publics. N'importe qui peut écrire n'importe quoi, il faut donc être vigilent sur l'importance que l'on donne à nos lectures. Il faut prendre un blog pour ce que c'est : les écrits d'un internaute lambda. Importance qui se mesure vite grâce au nombre de visiteurs qui est insignifiant au regard de la totalité colossale de blogs et d'internautes.

    Ce n'est ni du journalisme, ni de l'officiel.

    Il faut bien rester dans l'idée qu'en entrant dans un blog c'est comme si on entrait au domicile d'une personne sans forcément avoir été invité. Même si un blogueur espère secrètement être lu par le plus grand nombre (recherche de la notoriété, besoin de reconnaissance), il n'a pas envie que son espace se transforme en champ de bataille. La lecture peut donc vite s'apparenter à une effraction de domicile, inconsciemment. Quand une idée d'article germe dans l'esprit du blogueur, le but n'est pas de déclencher une vague de protestation, le but est juste de dire ce que l'on pense. Parfois maladroitement.

    En fin de compte, même si on peut donner son avis sur un sujet, ce n'est pas systématiquement un avis d'expert. Selon le postulat "on ne peut pas parler de ce que l'on ne connaît pas", le blogueur a le droit à l'erreur et donc à la tolérance. Il n'y a que celui qui ne fait rien qui se trompe jamais. Rien n'empêche ensuite aux commentateurs de rectifier et d'apporter de l'eau au moulin d'un débat constructif.

    Et l'anonymat dans tout ça me direz-vous ? Et bien, l'anonymat c'est l'essence même du blog. Ce qui fait que tout ce que je viens d'expliquer avant est possible. C'est ce qui permet à tout un chacun de dire tout haut et non de garder ça pour soi ou pour son entourage. L'anonymat, c'est ce qui donne le droit à l'erreur. L'anonymat, c'est ce qui rend passionnant la liberté de parole. Alors, obliger le blogueur à dévoiler son nom et autres informations permettant de rentrer directement en contact, c'est ce qui va briser le charme du blog. L'effet immédiat va être de freiner les ardeurs et les échanges. On en va plus oser dire sincèrement, ou même plus dire du tout sous peine d'être lynché pour un mot de travers. Et si une personne se sent obligée d'utiliser son droit de réponse ou d'apporter un démenti, il y a les commentaires pour ça.

    J'ai dans l'idée que Jean-Louis Masson, à l'origine de cette proposition de loi déposée au Sénat, avait une envie soudaine de faire parler de lui : il n'a qu'à ouvrir un blog.

  • Une retraite en âge

    Décidemment, le débat sur la réforme des retraites est on ne peut plus actif. Chacun y va de son analyse et de ses propositions. La Droite prépare son dossier comme elle l'entend et la Gauche a élaboré son contre-projet, puisqu'il faut bien manifester son opposition et préparer 2012. Alors, quelle solution appliquer aujourd'hui pour limiter les dégâts demain ? Augmenter le nombre d'années de cotisations ? La tendance serait de passer à 43,5, voire même à 45 ans. Augmenter l'âge légal de la retraite ? Actuellement à 60 ans, il semble pour certains le levier afin de faire partir plus tard les travailleurs.

    Que l'on soit pour une solution ou pour une autre, il faut réfléchir deux minutes et faire parler le bon sens. La majorité des actifs a commencé à travailler tard, vers la trentaine. Un petit calcul rapide permet de comprendre que le levier "âge légal de départ" sera par la force des choses dépassé. Un jeune qui entre dans la vie active à 30 ans, partira logiquement à 71,5 ans à la retraite après une durée de cotisation de 41,5 ans. Pour moi, le débat de savoir si on passe de 60 à 63, voire 65, est un débat biaisé d'avance puisque de toute façon la majorité des actifs n'aura pas le choix de dépasser cette limite. Les nouvelles générations sont destinées, pour ne pas dire "condamnées", à partir à la retraite après 70 ans. Il est vrai qu'avec une espérance de vie qui s'allonge et des hommes et des femmes qui ne font pas leur âge, partir à 70 ans demain équivaudra à partir à 60 ans aujourd'hui.

    Faut-il alors augmenter la durée de cotisation ? Il faut alors prévenir les prochaines générations de travailleurs : il ne faut pas qu'ils s'attendent à partir avant 80 ans ! Passer à 45 ans de cotisations condamne nos enfants à un long passage en entreprise. Ma réflexion a l'air mathématique de prime abord, mais avant de préparer psychologiquement les actifs et de trouver des solutions sociales, il faut comprendre le mécanisme qui va s'imposer.

    On est en droit alors de se demander si la détermination d'un âge légal est bien utile puisque tout se joue avec la durée légale de cotisations. Je sais, en ce qui me concerne, que je ne pourrais pas partir avant 67 ou 68 ans si je veux espérer toucher une retraite complète (avec la durée légale actuelle de cotisation). Parler de départ à 60 ou 65 ans est une perte de temps. Mais je ne suis pas le centre du monde oui, il y a des travailleurs qui auront la chance de pouvoir partir à l'âge légal car ils auront cotisé le temps nécessaire ou parce qu'ils choisiront de partir à cet âge même s'ils n'ont pas tous les trimestres nécessaires.

    Cela étant dit, un mécanisme collatéral risque de se mettre en route en retardant les départs : l'entrée dans la vie active. Si les gens restent plus tard au travail, les jeunes qui attendent derrière risquent de s'impatienter et de retarder l'âge d'arrivée. Un travailleur qui allonge de 10 ans son départ, n'est-ce pas un jeune qui va attendre 10 ans pour entrer ? Entrer à 40 pour en sortir à… 82 ?? Mon Dieu, la perspective a de quoi inquiéter ! 

    Dans trente ans, verra-t-on alors des maisons d'actifs comme il y a aujourd'hui des maisons de retraite, pour occuper les actifs qui attendent d'intégrer le monde du travail ? Ah mais suis-je bête, on appelle ça le Pôle emploi.

  • Les pro de la patate

    Les joueurs de football professionnel des équipes de première catégorie sont bien payés. Soit.

    Il paraît que c'est pour compenser la courte carrière dans ce milieu. Pourquoi pas.

    Alors, réfléchissons avec objectivité et concret. Ca se situe entre un Karim Benzema qui gagne plus de 700 000 euros par mois au Real et un Nicolas Anelka qui émarge à 400 000 euros par mois.

    Prenons une moyenne de 500 000. Le SMIC c'est un peu plus de 1 340 euros. Disons, à la louche, que la carrière d'un footballeur professionnel à haut niveau dure 15 ans, et celle d'un smicard dure environ 40 ans. Au total, le footballeur aura gagné 90 millions d'euros alors que le pauvre travailleur aura amassé une fortune de 643 000 euros (et qu'il en aura peut-être dépensé le double).

    Je ne suis pas un matheux, mais il me semble qu'on a largement compensé la courte carrière du sportif. En 40 ans de travail, le salarié au revenu minimum aura cumulé ce que le sportif de haut niveau gagne en… un mois !

    Je veux bien que l'on m'explique par A + B que le footballeur travaille beaucoup et qu'il mérite les très gros fruits de son labeur, j'ai quand même du mal à penser que c'est raisonnable ! Allez expliquer à ces millionnaires après que le bouclier fiscal n'est pas juste et qu'il faut moraliser une bourse dans laquelle de grands clubs y ont des intérêts. Je ne parlerai pas en outre des revenus complémentaires des contrats publicitaires.

    Tout ceci étant dit, quand les joueurs professionnels ont terminé leur carrière sur le terrain, il ne me semble pas que tout soit fini. Ils arrivent à trouver une nouvelle occupation comme commentateur ou consultant, entraîneur, etc. La compensation me semble donc un peu usurpée.

    Si encore, toute cette injustice pouvait être édulcorée par une véritable chance à la coupe du monde de football, on pourrait oublier un peu. Mais le problème, c'est que nos joueurs sont meilleurs dans leur club étranger que chez nous !

  • La posthistoire

    Il y a des nouvelles qui donnent de l'espoir.

    Il y a 221 ans, Georges Washington avait emprunté un livre d'un philosophe suisse et ne l'avait jamais rendu. La bibliothèque, toujours en activité à New York, était attenante au bâtiment du gouvernement de l'époque. Eh bien, le musée de Virginie, Etat où vivait le président, vient de rendre une copie de cet ouvrage afin de réparer l'oubli. Oui, une copie, il est bien dommage que ce ne soit pas l'original, il aurait eu une grande valeur pécuniaire mais aussi symbolique : un livre lu par le premier président américain, pensez donc ! Cela aurait eu "de la gueule". L'amende, qui ne sera jamais payée, s'élève à 300 000 dollars.

    Comme quoi, il y a toujours de l'espoir. Ce genre de récit doit nous rappeler que l'histoire est une matière vivante. L'histoire n'est jamais figée, il y a toujours des faits pour la corriger ou l'enrichir. J'ajouterai également que ce genre de récit est là pour garder un lien entre nous et le passé. Un pont existe entre les époques et c'est pour cela aussi que l'on appréhende et prépare toujours mieux l'avenir en se rappelant de ce qui s'est passé auparavant, il y a dix ans comme il y a 200 ans.

    En plus, pour la "petite" histoire, ce livre a été emprunté en 1789, année tout aussi historique pour notre hexagone.

    L'actualité est de temps en temps ponctuée de sourires de ce genre : lettre qui arrive à son destinataire quelques décennies après, retrouvaille d'un frère ou d'un parent perdu après la guerre, œuvre volée et restituée, etc. Donc, quoiqu'il arrive, gardez cette petite flamme en vous, il peut toujours arrivé de l'inattendu heureux.

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