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  • Priorité aux priorités

    Le monde des finances n'est pas le monde du silence.

    La milliardaire Liliane Bettencourt sur écoute et voilà que l'affaire prend une autre tournure. Ce qui arrange la fille finalement car elle apprend, et nous aussi par la même occasion, que mamie L'Oréal n'a pas fait de sa fille sa légataire universelle. Si elle meurt demain, c'est plus de 11 milliards d'euros qui lui filent sous le nez. Elle croyait que ce n'était que un milliard qui était parti en dons divers et avariés à un pseudo artiste, mais ce n'était que la partie émergée de l'iceberg. En ne sachant que ça je m'étais dit que la fille chipotait pour un milliard alors qu'elle était destinée à en recevoir 11,5. Finalement, elle risque gros car elle n'a rien vu comme le testament a été fait.

    Encore une histoire de gros sous sans intérêt pour le commun des mortels puisque cet argent va dormir pendant des années dans une banque et va donc servir à rien, à part générer des bénéfices pour la banque. Après l'affaire Kerviel et les caprices des footballeurs, cela fait beaucoup. On a tendance à vite oublier les vrais drames : Xynthia, inondations dans le Var, car de voyage qui se renverse, incendie d'appartement, crash d'avion, enfants disparus, chômage, retraite, etc. Il y a des sujets bien plus graves que les émois de peoples qui ne se préoccupent pas des autres. Alors, faisons de même, oublions les, quand ils seront retombés dans l'oubli, ils comprendront peut-être que leur vie n'est pas plus supérieure que la nôtre.

    Donc, souvenons-nous que le football ce n'est que du sport qui ne met pas en péril nos existences et notre avenir, que L'Oréal n'a qu'une idée en tête c'est faire du chiffre et que les politiques ne pensent qu'aux échéances électorales. Il faut positionner les priorités là où elles sont.

  • Défaite collective

    Quand vous mettez plusieurs coqs dans un poulailler, à un moment donné il y a un clash. Les coqs se battent et c'est celui qui a le plus d'autorité qui impose sa loi. En football c'est pareil. Quand dans une équipe vous mettez ensemble plusieurs fortes têtes, plusieurs vedettes, plusieurs ego de taille identique, à un moment donné l'ambiance va être fortement tendue.

    Alors, je veux bien que l'on n'accable pas nos Bleus, mais on ne peut pas dire que ce soit la faute à "pas d'chance". C'est toute une succession de mauvais choix qui a amené l'équipe de France à vivre un tel échec à la Coupe du monde. Il y a d'abord le choix du sélectionneur, je dirais même le choix de reconduire le sélectionneur. La Fédération et certains de ses membres avaient décidé en son temps de garder Raymond Domenech comme sélectionneur alors qu'il n'y avait pas sa place manifestement. Son comportement, sa communication mais surtout ses tactiques de jeux, son organisation de l'équipe et la sélection des joueurs ne faisaient pas l'unanimité parmi les spécialistes et les commentateurs. On sélectionne un joueur pour ses compétences pas parce qu'on l'aime bien ou que cela fait plaisir à telle ou telle personnalité du milieu ou de la politique. Son entêtement et son mépris l'ont amené dans un isolement total. Je ne dirai rien sur la stratégie du jeu avec le fameux 4-3-3, pourquoi pas. Ce n'est pas une question de tactiques de jeu mais bien une question d'individus. J'ajoute que ce sélectionneur n'avait aucune autorité sur ces stars du ballon rond.

    Justement, les joueurs, parlons en. Comme je l'expliquais avec mon histoire de poulailler, le combat de coqs a bien eu lieu et s'est traduit sur le terrain par une mésentente, je dirais même un sabordage. Les joueurs ont oublié l'intérêt général. Le football est un sport collectif et non pas un rassemblement d'individualités. Les joueurs, enfin certains, n'ont pas su laisser au vestiaire leur vedettariat auquel ils sont habitués dans leur club respectif et dans les publicités. Peut-être aurait-on du leur expliquer que l'équipe de France représente la France et que le but doit être commun. Jouer en équipe de France n'est pas un casting pour recruteurs. Ce n'est pas non plus un défilé de mode où il faut être vu pour se retrouver à la Une des magazines.

    Pour le coup, cette défaite est collective, collective des instances françaises du football au staff et aux joueurs. Tout le monde a contribué. Chercher des responsables est une perte de temps. Alors, quand j'entends la ministre des sports dire qu'elle est avec l'équipe aussi bien dans la victoire que dans la défaite, je veux bien, mais son rôle ici n'est pas de leur tendre un mouchoir mais plutôt de bien leur faire comprendre que leur participation n'a pas brillé et que tout est à remettre en cause. Elle doit faire preuve d'autorité puisque le sélectionneur n'en a pas. C'est à elle de leur faire part du mécontentement national, étant donné qu'elle représente la France là-bas, il faut aussi qu'elle représente le sentiment qui s'est emparé des Français.

    Dans un sport collectif, la défaite est donc collective. Cela devra être aussi le cas dans la victoire. Dans ces cas là, on chercher toujours à mettre en avant le joueur qui a fait gagner l'équipe alors qu'il n'a pas joué tout seul. Dans un sport collectif, tout est collectif. Peut-être aurait-on dû les loger dans un Formule 1, histoire de les faire descendre de l'Olympe et pour qu'ils intègrent le fait qu'il faut avoir faim pour gagner, faim de victoire. Il ne suffit pas d'avoir de belles Nike ou Reebok fluorescentes pour marquer des buts ou faire des passes décisives. Il faut l'envie. Les Mexicains avaient cette envie, cette faim, ils ont donc logiquement gagné face à des Français qui n'avaient pas ces étoiles dans les yeux. Cette étincelle qui les animait à leur début dans les petits clubs de leur enfance. Et puis ce n'est que justice vu les conditions dans lesquelles la France a été qualifiée pour participer à cette compétition.

    J'espère que Laurent Blanc saura remettre les choses à plat, saura se faire entendre et s'imposer et n'aura pas peur de se débarrasser des mauvais éléments. Un point positif cela dit, on fera des économies de légions d'honneur pour une fois.

  • A vous de juger

    C'est une nouveauté 2010 en matière de justice, le procès Kerviel peut être suivi en direct en toute légalité. Une lacune légale permet de suivre minute par minute les interventions de l'accusation, de la défense, des témoins et de la cour. Grâce notamment aux téléphones portables, tout est retranscrit par écrit. Les enregistrements, les photos et les vidéos sont interdits mais pas les écrits. Du coup, il n'en fallait pas plus pour que des personnes du public assistant au procès s'engouffrent dans cette brèche. Il y avait les dessinateurs présents aux procès et maintenant il y a les rapporteurs.

    Robert Hossein avait imaginé sur scène une révision théâtrale des grands procès de notre histoire, tels que Seznec et Dominici à la fin desquels le public et les téléspectateurs donnaient leur avis, mais avait-il imaginé que cela pouvait se faire en direct ? Tout le monde va pouvoir se faire une opinion et donner son intime conviction. C'est comme si le procès se déroulait à ciel ouvert sur grand écran dans tous les pays du monde, les vuvuzelas en moins.

    Alors, justement, quel est mon sentiment sur cette affaire. D'une manière générale, j'ai l'impression que ce procès est plus un procès pour laver l'honneur des banquiers plutôt que pour condamner un homme. Il faut être clair, la banque au logo rouge et noir ne récupérera jamais les 4,9 milliards d'euros perdus. Cela dit, elle peut se consoler avec les bénéfices réalisés ces derniers temps. La crise ne l'a pas fait boiter longtemps. Je pense donc que la Société générale tente par cette opération de prouver que c'est une banque honnête et qui a une éthique. Si si, il paraît que les banquiers sont des gens qui ne travaillent que dans l'intérêt de leurs clients. Ces opérations d'envergure aux milliards d'euros ont été faites à l'insu de son plein gré. Les chefs n'étaient pas au courant, seuls les écrans de leurs ordinateurs le savaient. Les banques, ont la vue avec cette crise, ont tellement l'habitude d'être à l'abri des risques, assurés par les Etats et le contribuable, qu'elle ne comprend pas comment cela a pu arriver, selon elle. Alors, forcément, Jérôme Kerviel a tout fait en douce devant tout ses collègues et ses supérieurs.

    Le témoignage de Catherine Lubochinsky, professeure au Master finances de Paris II, nous ouvre clairement les yeux sur toute l'affaire. Je considère qu'elle est témoin à décharge de Kerviel. Dans ces propos, elle remet en cause le système. La banque impose des limites et des contrôles en théorie, sur le papier, mais lorsque des dépassements et des sommes astronomiques défilent sous les yeux des responsables, ça ne les fait pas tiquer plus que ça. Ils demandent des explications mais laissent continuer les opérations. Il faut bien garder en tête que la banque n'a rien contre gagner quelques milliards, elle laisse donc faire car tous les protagonistes y ont des intérêts, surtout en matière de bonus.

    A l'instar de l'affaire du sang contaminé qui avait vu condamné une seule personne, un médecin, je sens bien que le trader Jérôme Kerviel va subir le même sort : être le fusible qui gêne et payer les post cassés. La liberté ne tient qu'à un clic... ou pas.

  • Viens chez moi je suis bien chez les autres

    En voyant hier Jacques Chirac, ancien président de la République française, sortir du restaurant avec Nicolas Sarkozy, actuel président de la République française, une chose m'a frappé. En une fraction de seconde, j'ai cru voir la marionnette des Guignols de Canal+ représentant l'ancien chef de l'Etat. Jacques était sur le seuil de l'entrée du restaurant asiatique, le pantalon bien remonté, une main dans la poche, tout sourire. On aurait dit qu'il était chez lui. Il disait au revoir à son ami de trente ans. Il est comme ça Jacques Chirac. Dès qu'il est quelque part, il est un peu chez lui. Tout va bien dans le meilleur des mondes. Peut-être est-ce pour ça que la majorité des Français le regrette. On n'est pas nombreux à se souvenir des réformes et des mesures prises sous son règne mais on se souvient de lui comme quelqu'un de sympathique, accueillant, plaisantant. Il est vrai que comparé à la pile électrique qui occupe aujourd'hui le palais de l'Elysées, c'est le jour et la nuit. Après Louis Ier au VIIIème siècle, on a eu Jacques le débonnaire au XXème siècle. On pourrait aussi dire Jacques le Bien-aimé sauf que Louis XVI est passé du roi Bien-aimé au roi détesté alors que Jacques Chirac c'est le contraire : les gens l'aiment bien, maintenant qu'il ne gouverne plus.

  • La 27ème région

    Je vous remets une couche de Wallonie puisqu'on en parle encore. La séparation de la Flandre et de la Wallonie semble un débat sérieux. Il n'est pas insensé de penser que la scission soit prononcée un jour tellement une solution de dialogue semble impossible. Impossible n'est pas Français disait Napoléon, sauf que là il s'agit de la Belgique. Alors, maintenant la question est de savoir quoi faire des territoires au cas où. Je n'aborderai pas ici le cas de la ville de Bruxelles dont les conséquences d'une séparation pourraient être déchirantes au sens propre comme au sens figuré (création d'une principauté de Bruxelles pour conserver le caractère royal du système ?). Les Français sont 66 % à n'avoir rien contre un rattachement à la France, une région supplémentaire ça ne peut pas faire de mal. Même des Belges n'y voient pas d'inconvénients.france-wallonie.jpg

    Les conséquences sont d'abord géographiques. Comme le montre la carte ci-contre que j'ai retouchée, les 17.000 km² de territoire en vert clair apparaîtraient comme une grosse verrue à notre hexagone qui n'en serait plus un, pour le coup. La France aurait la forme d'une espèce de pomme de terre, il n'y aurait plus ce contour si caractéristique et harmonieux que l'on connaît depuis l'après-guerre. Il faudrait donc jeter tous les manuels scolaires, les atlas et autres dictionnaires et tout réimprimer. Remarquez, les éditeurs se frotteraient les mains avec une telle aubaine de regain d'activité.

    Les conséquences sont économiques. La Wallonie est, d'après ce que j'ai lu ça et là, la partie belge qui se porte le mieux. Outre une hausse des rentrées fiscales, son arrivée pourrait apporter un souffle et relancer l'activité du nord de la France. Le phénomène collatéral serait un déplacement de la population française vers cette nouvelle région, une sorte d'Eldorado, et donc une désertification des régions sinistrées du Nord en grande majorité.

    Les conséquences sont politiques. Qui dit nouvelle région, dit nouveaux départements et nouveaux élus : maires, conseillers, députés. Une occasion pour les mordus de campagne électorale d'ajouter des casquettes sur leur tête. Concernant les députés, un souci démographique va se poser : le nombre acceptable de représentants de la nation est de 577 (nombre qui n'a pas bougé depuis la Révolution). Que faire des nouveaux arrivants ? Cela représenterait une cinquantaine, voire une centaine de membres de l'hémicycle déjà bien étroit. Je ne sais pas si vous avez eu l'occasion de visiter l'Assemblée nationale mais les places sont étroites et pas extensibles. Un déménagement à Versailles est-il envisageable ? L'hémicycle du château peut accueillir les membres du Sénat et de l'Assemble nationale, soit 920 personnes, ce qui laisse de la marge.

    Les conséquences sont sociales. Qui dit nouveaux Français, dit nouveaux cotisants mais aussi nouvelles aides sociales et nouveaux demandeurs d'emplois (les chômeurs belges et les chômeurs français qui postulaient pour une place donnée à un belge…). L'âge légal de la retraite est différent, les taux de cotisations et le financement des retraites sont différents, le taux d'emploi des seniors est différent. En plein débat sur les retraites, ces différences pèseraient lourdement dans la balance des partisans d'une hausse de l'âge légal et des prélèvements.

    Comme on peut le deviner avec ces quelques modestes analyses personnelles, un rattachement n'est pas sans conséquences et une telle décision n'est pas à prendre à la légère. Ce serait un sacré défi à relever : plus de 3,4 millions de personnes à accueillir et à intégrer dans nos différents systèmes économiques, politiques et sociales. Côté langue et monnaie, le travail est déjà fait. Mais les Belges seraient-ils vraiment prêts à abandonner leurs symboles nationaux, drapeau et hymne ?

    Il reste toutefois une autre possibilité : un nouveau pays, la Wallonie.

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