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  • Les dessous d'un film passés sous silence

    Je ne voudrais pas être rabat-joie ou jouer l'oiseau de mauvaise augure mais il y a quelque chose qui me chiffonne dans cet épisode des Oscars. Très bien, le film avec Jean Dujardin en vedette était nommé dans dix catégories et il a récolté cinq Oscars (dont un pour le costumier américain). Soit. Mais si on analyse bien objectivement la situation, on remarque deux ou trois choses.

    - le film a un titre anglais The artist, ce qui vous en conviendrez ne fait pas très français,

    - le film a été entièrement tourné à Hollywood, dans les célèbres studios qui ont vu défiler les plus grands acteurs. Il paraîtrait même que la maison et le lit de Bérénice Bejo dans le film ont appartenu à Mary Pickford,

    - des acteurs américains font partie de la distribution : John Goodman, James Cromwell, Penelope Ann Miller, Missi Pyle, Beth Grant, Joel Murray, Malcolm McDowell, Ed Lauter, Jen Lilley, Beau Nelson, Ben Kurland, Ken Davitian, Stuart Pankin, etc… En fait, il n'y a que deux acteurs français présents à savoir Jean Dujardin et Bérénice Bejo. Même le costumier et le chien sont américains !

    - le film est distribué en France par Warner Bros. France,

    - Michel Hazanavicius a la double nationalité franco-américaine,

    - l'action du film se situe à Hollywood en 1927 et relate les mésaventures d'un acteur américain de muet,

    - les mois qui ont précédé la sortie du film et la cérémonie, l'équipe du film a sillonné les Etats-Unis pour en faire la promotion et pour cirer les bottes aux professionnels du cinéma.

    En outre, la plupart de nos amis étatsuniens qui ont visionné le film croient que le film est américain, il y a légèrement tromperie sur la marchandise. Je trouve dommage d'en arriver là. Il est vrai que je n'ai pas vu le film et ce n'est d'ailleurs pas le contenu que je remets en cause mais la manière dont il est vendu. Il est sûrement très bien, sinon il n'aurait pas obtenu autant de prix à travers le monde.

    Je n'irai pas le voir car j'évite d'aller voir un film qui a été surmédiatisé. Je ne veux pas donner l'impression d'avoir été influencé par la communication. Il ne suffit pas que deux millions de personnes aient vu un film pour que je m'y précipite.

    Bref, tout ça pour dire que le prix a payer pour avoir un oscar est de passer pour un américain. Le cinéma français s'exporte bien... mais au fait que reste-t-il de français dans The artist ?

  • Câlin, bisou, Poutou et compagnie

     J'ai ressenti un malaise en regardant Philippe Poutou sur France 2 ce 25 février dans l'émission de Laurent Ruquier On n'est pas couché. Le pauvre garçon se défendait avec acharnement contre les questions et les remarques de Natacha Polony et Audrey Pulvar. Mais soyons objectifs et honnêtes. Qu'est-ce qui justifiait un tel emportement de la part du candidat NPA à la présidentielle ?

    On voyait bien que cet homme se croyait attaqué. Mais il est nécessaire je crois de replacer les choses dans leur contexte. Monsieur Poutou est, comme vous et moi, un amateur dans les média. Il n'est pas du tout habitué à s'exprimer devant les caméras. Il n'est pas du tout habitué à répondre à des questions de journalistes, des questions précises sur sa candidature, sur son programme et sur sa vision de l'avenir.

    Ce qu'il a fait passer pour du mépris n'est qu'en fait que le reflet de son inexpérience. Juste avant lui était passé Dominique de Villepin, ancien ministre, ancien Premier ministre, et donc rodé face à cet exercice. Un homme d'Etat qui sait s'exprimer avec calme et sang froid. Un homme qui sait parfaitement trouver les mots pour dire sa pensée et son avis, qui a de la répartie. Donc, quand on l'écoute et quand on le voit, on voit un homme qui sait se défendre et qui résiste à la pression des contradicteurs.

    Alors, évidemment, quand après, arrive un ouvrier qui n'en est qu'à son deuxième passage à la télévision, on ne peut qu'être mal à l'aise face à cet homme qui cherche ses mots et qui se sent agressé sans raison. Il ne répond qu'en s'énervant car, d'abord, il n'y a que comme ça qu'il arrive à faire passer ses idées et qu'il a besoin de dire tout ça avec élan sans être interrompu sinon il perd ses moyens. Ensuite, parce qu'il est sur la défensive et qu'il se sent méprisé, voire peut-être rabaissé, par des personnes avec un niveau social plus élevé, une culture plus large et une assurance plus affirmée.

    Monsieur Poutou, ne voyez pas des ennemis partout. Ce n'est pas parce que mesdames Polony et Pulvar gagnent bien leur vie qu'elles sont forcément des méchantes et qu'elles essayent de vous enfoncer. Bien au contraire ! Par leurs questions concrètes, elles ont tenté de vous faire réagir, de vous réveiller pour révéler en vous le candidat. Je crois d'ailleurs qu'elles ont réussi étant donné que vous avez bien exprimé ce qu'est le NPA et comment il voit et règle les problèmes. Beaucoup mieux qu'à votre précédent passage pour lequel je me suis demandé ce que vous faisiez là alors que vous n'arriviez pas à répondre aux questions et que vous disiez même ne pas vouloir être candidat.

    Vous devriez les remercier car je pense que grâce à leur méthode qui consiste à provoquer l'invité, vous vendrez plus d'exemplaires de votre livre d'une part, et que des millions de gens cernent mieux maintenant qui vous êtes et ce que vous prônez. Vous avez sans doute attisé la curiosité même si l'anticapitalisme que vous proposez pourrait freiner de nombreux électeurs. Je ne suis pas certain que beaucoup de personnes seraient capables de se prêter à un tel exercice. Devoir justifier tout ce que l'on dit, tout ce que l'on écrit. Il n'est pas du tout aisé d'argumenter et de prouver dans un langage clair avec des mots soutenus, bien choisis et sans ambiguïté.

    Vous méritez un gros poutou Philippe !

     

  • Usine à Militants Pratiquants

    Le parti de la majorité semble un parti d'individus unis et solidaires derrière un seul homme. Ils sont tous à le clamer haut et fort devant un micro ou une caméra. Ils s'évertuent tous à être positifs aussi bien sur le quinquennat qui va bientôt se terminer que sur la campagne qui a commencé depuis plusieurs mois mais qui n'est pas censée en être une étant donné qu'aucun candidat ne s'est déclaré pour l'UMP.

    Alors on meuble le paysage audiovisuel, on montre des mines réjouies et enthousiastes, on déplace des centaines de militants portant de gros drapeaux et de longues banderoles à des meetings pour écouter d'anciens ministres, des cadres du parti ou des membres du gouvernement. Car il faut bien le dire, à droite ils sont bien embêtés de ne pas savoir à quel sein se vouer. Nicolas Sarkozy tarde à se déclarer. On fait mine d'être derrière le président alors que personne n'est vraiment sûr qu'il se présentera.

    Mais rassurez-vous, tout ce tapage médiatique n'est que la partie émergée de l'iceberg. Car en coulisse, c'est la guerre. Ils se battent durement et impitoyablement pour prendre la tête au cas où... Au cas où le grand chef se désiste. On se bat, on marche sur les autres. Il faut être là le moment venu. Il ne faut pas se leurrer. Les ténors du parti sont prêts à lâcher le chef d'Etat pour prendre sa place puisqu'il l'a fait lui-même en son temps. C'est leur raison de vivre : le pouvoir.

    Et pendant ce temps, les militants et les jeunes du parti se donnent à fond. Je parle des vrais militants, de la base, car ceux qui ont déjà des responsabilités à la tête des militants ont déjà leurs préoccupations de carrière partisane. Donc, je disais, les vrais militants sont nourris de bonnes paroles, maintenus au chaud par de belles promesses et un projet prometteur. Ils seraient prêts à vendre père et mère pour des hommes et des femmes qui n'ont que le but de se placer au plus près du centre de la table du salon Murat du palais le plus convoité de France.

    Toute cette naïveté, c'est touchant. Qui se dévoue pour leur expliquer ? Notez bien que l'on pourrait faire la même remarque à gauche. Finalement, la question fondamentale de tout ça est : que deviendrait un parti sans militants ? Quel poids pourrait-il imposer aux adversaires s'il n'y avait qu'un bureau central ? Il suffit de comparer avec un NPA ou un Cap21 pour comprendre que le nombre d'adhérents et de militants est important.

    Le militant est la sève du parti, son moteur. Le militant est celui qui va défendre son candidat contre vents et marées. Le militant est celui à qui on peut faire dire tout ce que l'on veut avec force et conviction. Le militant est l'être le plus malléable et influençable dans le système politique. Ce qui est sensationnel pour un parti est qu'il y aura toujours des militants pour en remplacer d'autres qui auront ouvert les yeux. C'est un puit sans fond. On arrivera toujours à convaincre des masses entières d'hommes et de femmes pour vous suivre jusqu'au bout et même au-delà. Même quand tous les faits sont avérés pour dire le contraire, un militant, un vrai militant, sera toujours là, prêt à remettre le couvert. C'est ce qu'il y a de pratique avec le vrai militant : vous arriverez toujours à lui faire croire que le changement est enfin à portée de mains...

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