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  • La politique ça les excite

    Ce congrès de Reims n'aura donc pas servi à grand-chose à part faire ressortir les incompatibilités d'humeur entre les différents candidats. La place doit être bien bonne pour se battre autant à coups de hache et de lance-pierres. Au fond, pourquoi tant de haines ? Car la question n'est pas de se demander ce qu'est le socialisme mais la question est de savoir ce que sera le socialisme demain.

    Quand on regarde de plus près quelques thèmes abordés par les motions proposées par chacune des parties, on observe qu'il y a peu de points de différence. Sur l'identité du parti, tous disent la même chose : un parti de progrès. Tous ne le disent pas de la même façon ni avec les mêmes mots mais c'est le même résultat. Sur l'organisation, ils pourraient également parler d'une seule voix : c'est le consensus pour impliquer les militants dans les décisions et les idées. Sur le rassemblement, il y aurait peut-être des différences. Alors que Ségolène Royal reste ambiguë en voulant rassembler tous les démocrates, Martine Aubry n'est pas contre d'élargir à d'autres démocrates mais c'est la gauche qui reste prioritaire. Benoît Hamon est clair, le rassemblement ne concerne que les forces de gauche, pas de débordement vers le Centre. Sur l'Europe, la fiscalité, le logement, ..., les divergences ne sont pas flagrantes.

    Ces quelques exemples pour démontrer que le problème n'est pas de trouver des idées et un programme mais bien de désigner une personne à la tête de ce parti qui donne un triste spectacle depuis quelques semaines. Il y a quelques siècles, ces comportements auraient fini par des drames et des assassinats ! Ils se veulent démocrates mais ils n'acceptent pas de travailler ensemble.

    Ce que je leur suggère, c'est dès aujourd'hui de désigner un candidat pour 2012 et un Premier secrétaire qui travailleront ensemble pour reconstruire un parti et le moderniser. Quand on les interroge sur le "présidentiable", ils disent tous (ou presque) "on verra plus tard". Je pense qu'il est normal d'en parler maintenant, de voir à long terme l'avenir de chacun. Les concurrents d'en face y pensent déjà ! En mettant tout à plat maintenant, ce sera plus clair, moins hypocrite et plus serein pour avancer une opposition à la majorité. Une majorité qui doit bien rigoler et profiter de cette cacophonie. Oh ! Mais ils ne devraient pas autant rire car de leur côté, les tensions existent. Notre Président aura bien du pain sur la planche pour s'imposer en 2012 et étouffer les ambitions d'un Copé ou d'un Fillon.

    Mon dieu ce que le pouvoir peut rendre l'Homme mauvais et peau de vache !

    Source : Comparatif des motions socialistes du Nouvel Obs

  • A Reims, chacun est dans sa bulle

    Dur d'éviter le sujet du moment. Il y a à peine quelques semaines, l'actualité retenait l'incroyable ascension de Barack Obama et le formidable rassemblement qu'il opérait autour de lui. Une sorte de consensus, renforcé aujourd'hui par la proposition de Sarah Palin de se mettre à disposition du futur président. Adversaire sanglante hier, elle veut devenir la meilleure amie du monde avec Barack, quel retournement de veste !

    Aujourd'hui, c'est au tour de nos politiques français d'occuper les Unes. Seulement, la musique que l'on entend est bien différente. C'est la bataille des ambitieux. Pourtant, par le passé, tous les pseudos candidats criaient haut et fort lors d'élections qu'ils étaient démocrates et qu'à ce titre il faut respecter les votes. Or, on ne peut pas dire que les militants PS soient respectés. Malgré un choix confortable en faveur de Ségolène Royal, les autres candidats se moquent totalement du résultat pour contrer. "Tous sauf Ségolène", entend-on ici et là. Pour la démocratie mais contre Ségolène. Benoît Hamon (seul candidat déclaré), Bertrand Delanoë ou Martine Aubry n'envisageaient pas les choses comme ça. D'accord pour la démocratie sauf si leurs intérêts personnels en sont affectés. Alors, comment peut-on analyser la situation ?

    Forte de son succès populaire à la Présidentielle et de ces 29 % de militants, Ségolène Royal se sent légitime pour diriger un parti complètement désuni. Elle se démarque par sa nouvelle façon de travailler et de faire de la politique qui s'apparente plus à un spectacle à l'américaine qu'à un traditionnel pupitre à la mitterrandienne. Elle fait preuve de dynamisme et de volonté, on ne peut pas le nier mais est-ce que ce sera suffisant ? Ses envies de rapprochement avec le Centre peuvent freiner les adhérents. Cette cassure avec les anciennes méthodes, ne va-t-elle pas faire peur ? A priori, non pour 29 % d'entre eux. On peut dire que ces nouvelles amours avec Bruno Gaccio lui ont réussit, l'ont transformé et pas seulement dans son look. Comme le chantait Mireille Matthieu, "Je suis une femme amoureuse…".

    Forte de ces succès électoraux, Martine Aubry peut mettre en avant ses expériences politiques. Fille de son père (pléonasme volontaire), elle a derrière elle la popularité et le sérieux de Jacques Delors qui en son temps aurait pu être président s'il avait accepté de se présenter. Madame 35h n'est pas de ceux et de celles qui se laissent marcher sur les pieds. Hier soir encore, elle a su montrer qu'elle maîtrisait tous les sujets, même ceux financiers. Rusée, elle n'a d'ailleurs pas à cette occasion mis trop en avant son opposition au gouvernement mais a plutôt insisté sur ce qui pourrait être amélioré et fait en plus. Elle a compris, ou du moins en apparence, que les militants et plus généralement les téléspectateurs en ont marre de voir des débats où les uns renvoient constamment les erreurs sur les autres. Là, elle a fait preuve d'intelligence au point même de convaincre presque le chef de PME assis à ses côtés.

    Fort de cette aura de maire de Paris, Bertrand Delanoë veut se placer en seul sauveur du parti. Idées neuves (trop peut-être) notamment décrites dans son livre qui donne une part à un certain libéralisme, maire apprécié (je crois), il veut s'imposer. Il n'y a pas de doute, il sait parler aux média, devant un public, et se dit toujours républicain fervent défenseur de la démocratie et des libertés. Proche des caméras sur le terrain il est le maire du modernisme avec tous les projets mis en œuvre et en devenir. Mais je dirais que cet état de grâce local peut aussi jouer en sa défaveur et être accusé de parisianiste bobo qui ne reflète pas la généralité au parti. "Peuple" est un mot qu'il emploie de temps en temps, ce qui pourrait amener les militants à croire qu'il est distant et qu'il se croit supérieur. A l'instar de la maire de Lille, peut-il être à la fois Premier secrétaire du PS et maire de Paris en même temps ?

    Et puis, il y a le petit nouveau de la bande, Benoît Hamon. Jeune et plein d'avenir, il pourrait représenter la renaissance d'un parti qui voit ses membres les plus connus fuir. Inconnu jusqu'alors, il pourrait bénéficier de cet engouement qu'ont les gens vis-à-vis des étoiles montantes comme Obama. Mais, sans aucune vraie expérience et sans une majorité de militants derrière lui, il devra forcément s'allier avec un éléphant du parti socialiste pour réussir, un parrainage en quelque sorte.

    La balle est donc dans le camp des militants. Cela risque d'être chaud ce week-end à Reims, les bouchons vont sauter tout seul. Là, en tout cas, où il y a rassemblement, c'est dans l'organisation de l'évènement : déplacements, hôtels, meetings et petits fours. Ah ça ils aiment bien vivre dangereusement nos élus, surtout avec l'argent des autres. Les militants et les sympathisants apprécieront.

    Alea jacta est.

  • La guerre des pommettes

    Quand je vois Ségolène Royal, j'ai presque envie de réciter le "Je vous salue Marie". Mais, malgré ces tenues blanches, il y a un certain fossé entre la candidate à la direction du Parti socialiste et la Vierge. Et puis je ne connais pas la prière par coeur.

    On ne peut pas nier que cette femme est tenace face aux anciens. Même si sa défaite à la Présidentielle est confirmée par les chiffres, il n'en demeure pas moins que c'est une certaine victoire non seulement d'avoir été si loin, mais en plus d'avoir donner un petit coup de plumeau dans ce parti monopolisé par les anciennes gloires qui ne lâchent pas facilement. Sans parti pris aucun, cette femme amène une certaine fraîcheur. Elle parle simplement, elle est toujours sourire et n'est pas rebutée par les bains de foule. Elle a la communication facile. Pas comme ces bobos coincés que composent ses camarades de classe. Si les militants l'ont préféré c'est parce qu'elle semble à leur image.

    D'une manière générale, il y a comme un vent de désodorisant qui souffle sur la politique. Cela avait commencé avec l'arrivée de Carla Bruni à l'Elysées qui a vite fait oublié la Bernadette. Belle présentation, belles tenues "Kennedyennes", sourire de circonstance et politiquement correcte. On pourrait presque la confondre avec une potiche de jeu télévisé quand elle se tient droite sans bouger avec son petit sac.

    Et puis, il va y avoir le 20 janvier l'arrivée de Michelle Obama à la Maison blanche, accompagnée de ses deux filles. Dix ans pour l'aînée, on n'avait pas vu ça depuis bien longtemps ! Grande femme qui en impose, belle prestance, grand sourire avenant et tenues chics, colorées et modernes. Mais Michelle, contrairement à Carla, s'exprime sans gêne et avec force face aux micros et caméras. Exit Laura Bush. On n'a échappé à Sarah Palin, mais elle a aussi appris au cours de la campagne à s'habiller et à se présenter face à un public.

    Alors, aura-t-on un jour, Ségolène Royal sur la plus haute marche de l'Etat ? Elle fait durer le suspens pour le PS, mais elle sait qu'en étant à sa tête, elle aura du mal à se présenter à la Présidentielle de 2012.

    Fraîcheur et nouvelle élégance semble donc envahir peu à peu nos démocraties. De nouvelles têtes féminines qui vont peu à peu isoler celles (et même ceux) qui ont du mal à prendre leur retraite tellement les places sont intéressantes. D'ailleurs, vous n'avez pas remarqué que l'on n'entend plus parler d'Arlette Laguiller (c'est vrai, elle a pris sa retraite), de Marie Georges Buffet ou de Dominique Voynet ? Balayées d'un coup de balai je vous dis, dispersées aux quatre coins façon puzzle !

    Pour réussir en politique une femme doit maintenant paraître jeune et dynamique. C'est donc pour ça que je doute qu'un jour Camilla, épouse du Prince Charles, accède un jour à la plus haute marche, elle ne rentre pas dans ces nouveaux canons de la présentation.

    C'est le modèle L'Oréal qui s'impose.

  • On ne va pas en faire un roman

    Julien Green disait "La récompense des livres, c'est d'être lus".

    Qui ici est capable de me donner le nom d'un film qu'il a vu, le titre d'un livre qu'il a lu ou le nom d'un artiste qu'il a apprécié, qui a été récompensé par un quelconque prix Goncourt, Renaudot, Femina, un César ou un Lion d'or ? C'est l'Afghan Atiq Rahimi qui a été primé par le Goncourt. Tant mieux pour lui, je ne doute pas de ces capacités littéraires, son œuvre est certainement très bien. Mais ces évènements ont-ils un réel impact sur les ventes ? C'est vrai que sans cette mise en lumière, il aurait eu un succès modéré. Cependant, même en passant à la télévision, je ne suis pas sûr que monsieur et madame tout le monde se précipitera en librairie.

    C'est bien là le problème. Ce genre de littérature n'est, en majorité, qu'appréciée par les initiés. Avec l'expérience on constate que la plupart du temps, ceux qui sont honorés par un jury de spécialistes n'est pas forcément le goût de la majorité. Les anciens primés sont ravis de cette reconnaissance mais qui se rappelle de leurs noms si ce n'est les habitués ? Qui se rappelle que Gilles Leroy a obtenu le Goncourt en 2007 pour "Alabama song" ? Qui se souviens de Alain Mabanckou lauréat du Renaudot en 2006 pour "Mémoires de porc-épic" ? De même que "La graine et le mulet" n'a pas du connaître un pic de fréquentation soudain après avoir eu le César du meilleur film français en 2008 ! Par contre, "Les visiteurs" n'a pas eu besoin de cette publicité…

    D'une manière générale, à quoi servent ces cérémonies et autres dîners de délibération ? A rien, à part pour ceux qui y participent de passer un bon moment. Il suffit de voir l'audimat que suscitent les Molières par exemple pour se rendre compte que cela n'intéresse personne. D'ailleurs, cette soirée est-elle encore diffusée ? De plus en plus d'artistes d'ailleurs s'autorisent à dire que c'est très pompeux et d'un ennui mortel. D'être apprécié par ses pairs et par la profession c'est une chose, mais le plus important c'est le public. C'est pour eux que les artistes jouent ou les auteurs écrivent. C'est le public qui fait chauffer la marmite ! C'est le public qui fait la queue toute la nuit pour assister à l'avant-première, à attendre son artiste préféré ou à être le premier à lire la suite de ce petit magicien aux lunettes rondes.

    Je serais même plus d'avis de conseiller à tous d'éviter les œuvres récompensées parce qu'elles correspondent aux goûts d'une petite poignée qui se disent spécialistes. Le jour où vous commencer l'écriture d'un livre, rappelez-vous pour qui vous le faites : pour vous éventuellement, pour le public certainement mais surtout pas pour trois intellos bobos qui se donnent de l'importance en distribuant les bons points. Si un jour j'édite un livre, j'espère que je n'aurais jamais avoir affaire à eux !

  • La normale réalité

    Vous avez remarqué quelque chose ce matin ? Comment ?? Vous n'avez pas fait attention ! Vous n'avez pas constaté le changement ?! Pas celui promis par un candidat, non non non. On ne parle plus des élections américaines !!! Ou presque plus…

    D'un coup de baguette magique, les média sont passés à autre chose. Finie l'euphorie, la liesse populaire autour d'un espoir et d'un avenir meilleurs. C'est comme si rien ne s'était passé. Une parenthèse invraisemblable de mois auréolés de bandes et d'étoiles bleues blanches et rouges s'est brusquement refermée. Comme diraient les Guignols de l'info, vous pouvez reprendre une activité normale. Les rêves drainés par cette période électorale ont éclaté comme des bulles de savon. C'est le paradoxe virtuel de notre temps numérique : alors que la Terre tourne pendant un cycle bien défini et perpétuellement, le monde connaît parfois lui aussi quelques révolutions qui suspendent le temps : 11 septembre, 4 novembre. Nous voici retombés dans le quotidien des lendemains qui déchantent. Ce qui nous rappelle bien que le futur président Obama a une pression terrible pour faire en sorte que la déception ne soit pas proportionnelle à l'enthousiasme suscité mais la plus modérée possible.

    Alors, nous revoici dans la normalité des informations. Bataille du PS, économie en crise, guerre civile au Congo, intempéries, Pakistan, Afghanistan, Israël, pouvoir d'achat, Ferrara, logement, etc. Il faut laisser travailler le nouvel élu, lui laisser quelques mois avant de le harceler à nouveau. Occupons nous un peu de nous et de ce qui nous préoccupe. Faut-il pour autant tout abandonner et oublier ? Je pense que non. Nous devons garder un œil sur ce qui se passe ailleurs, suivre l'actualité. Cela garde un intérêt. Surtout après ce que l'on vient de vivre, tout ne peut plus redevenir comme avant, c'est indéniable. Cela a tellement bouleversé le monde et ses mentalités que l'on ne peut plus reprendre totalement le cours du temps là où on l'avait laissé.

    Je finirai par une citation de Chateaubriand qui s'adapte bien au moment je crois, au vu de tous ces espoirs nés ces derniers mois : "Le monde ne saurait changer de face sans qu'il y ait douleur".

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