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aubry - Page 2

  • Martine à l'Elysées

    A la fin du mois, ça va être le grand retour des Socialistes. Martine Aubry est l'invitée d'une émission politique. Elle pourra donc donner sa vision des choses et les remèdes qu'elle n'a pu appliquer quand son camp était au pouvoir où à l'époque la droite de l'opposition critiquait la gauche au pouvoir et donnait ses solutions qu'elle n'a pu appliquer lorsqu'elle était au pouvoir où la gauche critiquait la droite qui n'appliquait pas les promesses de solution déclarées quand elle était dans l'opposition où la gauche… etc. etc. etc.

    En attendant ce grand rendez-vous, Martine Aubry, premier secrétaire du parti socialiste, a, tel un chef d'Etat, prononcé ses vœux de bonne année et a présenté son contre plan de relance. Des vœux repoussés puisqu'elle a attrapé une inflammation de la cornée. A trop faire les gros yeux à ses amis et à envoyer des regards de la mort qui tuent à Ségolène Royal, son système oculaire a finit par pendre feu.

    C'est une situation que je trouve comique. Martine Aubry, chef de parti va donner ses solutions pour régler la crise. Elle prépare 2012 ou quoi ? Elle ne désire pas se présenter aux Européennes, en raison de son refus de cumuler les mandats, mais y participera activement. Les électeurs de Lille apprécieront ses absences, déjà répétées depuis sa nomination à la tête du parti. Sinon, je ne vois pas à quoi cela lui sert de proposer un tel plan étant donné qu'elle n'a aucun moyen de le faire appliquer. Elle annonce ce qu'elle ferait si elle était au pouvoir ? D'ici son arrivée au Conseil des ministres, de l'eau aura coulé sous les ponts, et la crise sera passée, je l'espère. Elle doit maintenant donner une image unie et monocorde de son parti en complète désunion depuis l'élection de Nicolas Sarkozy. La droite, qui juge cette annonce de "pantalonnade", rigole. L'important est de sauver la façade : dans les coulisses, il y a tellement de courants de pensée différents. Le PS "parle d'une seule voix", martèle-t-elle devant les micros, comme si elle essayait de s'en convaincre.

    Son problème, c'est que son amie Ségolène fait encore trop parler d'elle. Une Ségolène qui a assisté à l'investiture de Barack Obama et qui a rencontré des acteurs de la vie économique et sociale. Chacune, à sa manière, prépare le prochain grand rendez-vous politique avec les Français. Alors c'est la guerre des images : Martine devant son pupitre ou Ségolène sur le terrain ? Ou la guerre des miss : rigueur de Martine contre sourire de Ségolène ? Les prochaines années, à court terme, nous diront qui a gagné.

  • La course à l'échéancelotte

    C'est une véritable envolée de moineaux à laquelle on assiste depuis quelques temps. Après le départ de Jean-Luc Mélenchon du Parti socialiste pour créer le Parti de gauche, voilà Robert Hue qui se dirige tout doucement vers la sortie en créant l'association "Le nouvel espace progressiste" (NEP) qui deviendra à terme un parti politique. Et puis, à droite, il y a Xavier Bertrand qui devient le nouveau patron de l'UMP pour nettoyer le plancher de Patrick Devedjian, fraîchement nommé Ministre de la relance (disons le tout net, une marionnette). Le nommer Ministre, c'est ni plus ni moins l'écarter des prétendants au trône pour laisser l'ambitieux Ministre du travail se placer comme candidat à la candidature. Je ne sais pas quel coup a fait Patrick à Nicolas mais il le paye cher. Et puis, il y a la nouvelle tête de Lutte ouvrière avec le remplacement de Arlette Laguiller.

    Ca ressemble au mercato, ça a la médiatisation du mercato mais ce n'est pas du mercato : c'est seulement une redistribution de la carte politique en vue des échéances présidentielles. Car, tout ça n'a qu'un but, c'est de se positionner comme candidat à l'élection de 2012. Oui, ils y pensent déjà, j'ai même envie de dire qu'ils n'ont pas arrêté d'y penser sitôt l'élection de Nicolas Sarkozy officialisée. Comme ils ne pourront pas tous se présenter au nom d'un seul parti, ils préfèrent jouer les dissidents, à l'instar de Ségolène Royal, de jouer la nouveauté partisane, comme Robert Hue ou Jean-Luc Mélanchon, ou de distribuer les rôles comme à l'UMP. Et puis, il ne faut pas oublier le facteur le plus célèbre de France, si tant est qu'il ait encore le temps de distribuer le courrier.

    La place la plus convoitée de France fait toujours l'objet de remue ménage. C'est plus fort qu'eux, ça les excite. Les girouettes s'agitent et les peaux de banane sont expédiées. L'idée aussi qu'il y aura moins de publicités sur France Télévisions et donc plus de place pour les temps de paroles leur laisse entrevoir une occupation médiatique jusqu'à plus soif. Comme je le dis et je le répète, les problèmes des Français passent largement en second plan, voire même en troisième. La pauvreté, le manque de pouvoir d'achat, le manque de logement, c'est le gagne-pain des politiques, leur fond de commerce. Enlever tout ça, à quoi servent-ils ? Ils n'ont donc pas intérêt à ce que les solutions soient trouvées. Mais je m'égare.

    Ils se préparent donc tous à 2012. On pourrait presque faire une esquisse de liste de candidats. En partant de l'extrême droite vers l'extrême gauche, on a Marine Le Pen (en froid avec son ami Carl), Philippe de Villiers, Xavier Bertrand (à moins que le petit Nicolas…), François Bayrou, Ségolène Royal, Martine Aubry, Marie-Georges Buffet, Robert Hue, Nathalie Arthaud et Olivier Besancenot. Voilà pour les principaux. Il y aura sans doute Corinne Lepage et Christine Taubira. Bon ça ne fait que 12, mais je ne connais pas les "petits" candidats de Chasse et pêche ou d'autres partis folkloriques. De toute façon, il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus (sans mauvais jeu de mots), même qu'un seul élu. Tout ça me fait penser aux déménagements que connaissent certains animaux du zoo de Vincennes qui va fermer pour rénovation. On dispatche de ci de là les pensionnaires du zoo.

    Et pour parfaire le jeu des chaises musicales, un remaniement gouvernemental va être opéré début 2009 : départ de Rachida Dati (en congé maternité mais il est peu probable qu'elle revienne), arrivée de Claude Allègre (de plus en plus pressenti), changement de poste de Brice Hortefeux, entre autres. Il y a toujours des surprises.

    Par contre, on a du mal à décoller Robert Mugabe de son siège, je crois qu'il va falloir une intervention des GI : un dictateur persiste…

  • Petites brèves

    François Fillon a été sifflé au 91ème congrès des maires tandis qu'il évoquait le service minimum d'accueil dans les écoles. Il n'a donc pas eu un minimum d'accueil à ce sujet. Sur certains dossiers, le rassemblement n'est pas facile à faire même au sein de la majorité.

    Amy Winehouse a été une nouvelle fois hospitalisée car elle a fait une mauvaise réaction aux médicaments qu'elle prenait sur ordonnance. Personne n'a peut-être pensé à lui expliquer que alcool, drogue et traitement médical ne faisaient pas bon ménage.

    Un couple a trouvé le moyen de faire face à la crise. Se faisant présenter des bagues chez Cartier, ils ont réussi à remplacer l'une d'elle par une copie pendant un moment d'inattention du vendeur et des autres personnels de la bijouterie. Valeur de cette bague au diamant de 5,5 carats : 635 000 euros. Il aurait été certainement difficile de la revendre étant donné que ce genre de boutique fabrique généralement des pièces uniques.

    Un ouvrier du bâtiment a été licencié par SMS. "je ne renouvelle pas ton contrat je suis dans la merde et tu ne fais aucun effort…" a pu lire ce jeune de 20 ans sur son téléphone portable. Bien sûr, en France la méthode est illégale, un courrier est requis pour ce genre de procédure. Un SMS qui risque de revenir cher à l'expéditeur.

    Martine Aubry a tenté de joindre Gérard Collomb à la mairie de Lyon. Au bout du fil, on lui a répondu que le maire (qui passait dans le couloir à côté) était fort occupé entre le sommet international sur la solidarité numérique, l'entretien avec Bernard Kouchner et un déjeuner avec le président sénégalais. On en déduit que la maire de Lille n'a pas le numéro de portable du maire de Lyon : l'entente n'est pas très cordiale entre les barons du parti.

    Le nouveau président Obama souhaiterait discuter avec les internautes. Le problème est qu'il doit négocier avec les services secrets pour être en contact direct avec d'autres personnes en dehors de son équipe habituelle. Sur un "chat", même un président ne risque pas grand chose puisque les propos peuvent être triés et filtrés et qu'aucune charge explosive ne peut être envoyée par le Net. Finalement, le seul endroit où le président est tranquille c'est dans ses toilettes.

    Le Président Sarkozy a donc tranché, aucun SDF ne sera forcé à entrer dans un Centre d'hébergement. Sa liberté sera respecté. Oui, chacun est libre de mourir de froid. On interdit l'euthanasie assistée mais on laisse les plus démunis dans le froid et sans toit. C'est ça un Etat de droit.

    Claude Lévi-Strauss a eu cent ans. Entré en mai 1973, l'anthropologue est le premier académicien a atteindre cette âge. C'est donc la première fois qu'un immortel dépasse le siècle, donnant à ce terme tout son sens. Quand il nous quittera, on lui fera un bel enterrement pour marquer le coup.

    Le gazole est descendu en dessous de l'euro à certaines pompes. Vite ! Profitez-en pour faire le plein de jerrycans à offrir à vos proches. En ces temps de crise, cela fera son plus bel effet sous le sapin.

    Le Dalaï Lama a déclaré que "la pression sexuelle, le désir sexuel procurent une satisfaction de courte durée et souvent conduisent à davantage de complications". Voilà, le chef spirituel des Tibétains a trouvé comment expliquer que l'abstinence était la meilleure façon d'atteindre le Nirvana. Tout le monde n'a pas la même force mentale que lui pour empêcher certaines pulsions de s'exprimer.

    Robert Hue quitte le Conseil national du Parti communiste. Ah ? Il était encore là lui ?

    Un employé de 34 ans est mort écrasé lors d'une bousculade à l'occasion de soldes dans un grand magasin new-yorkais. Les portes d'entrée ont été détruites également, à peine ouvertes.

  • La politique ça les excite

    Ce congrès de Reims n'aura donc pas servi à grand-chose à part faire ressortir les incompatibilités d'humeur entre les différents candidats. La place doit être bien bonne pour se battre autant à coups de hache et de lance-pierres. Au fond, pourquoi tant de haines ? Car la question n'est pas de se demander ce qu'est le socialisme mais la question est de savoir ce que sera le socialisme demain.

    Quand on regarde de plus près quelques thèmes abordés par les motions proposées par chacune des parties, on observe qu'il y a peu de points de différence. Sur l'identité du parti, tous disent la même chose : un parti de progrès. Tous ne le disent pas de la même façon ni avec les mêmes mots mais c'est le même résultat. Sur l'organisation, ils pourraient également parler d'une seule voix : c'est le consensus pour impliquer les militants dans les décisions et les idées. Sur le rassemblement, il y aurait peut-être des différences. Alors que Ségolène Royal reste ambiguë en voulant rassembler tous les démocrates, Martine Aubry n'est pas contre d'élargir à d'autres démocrates mais c'est la gauche qui reste prioritaire. Benoît Hamon est clair, le rassemblement ne concerne que les forces de gauche, pas de débordement vers le Centre. Sur l'Europe, la fiscalité, le logement, ..., les divergences ne sont pas flagrantes.

    Ces quelques exemples pour démontrer que le problème n'est pas de trouver des idées et un programme mais bien de désigner une personne à la tête de ce parti qui donne un triste spectacle depuis quelques semaines. Il y a quelques siècles, ces comportements auraient fini par des drames et des assassinats ! Ils se veulent démocrates mais ils n'acceptent pas de travailler ensemble.

    Ce que je leur suggère, c'est dès aujourd'hui de désigner un candidat pour 2012 et un Premier secrétaire qui travailleront ensemble pour reconstruire un parti et le moderniser. Quand on les interroge sur le "présidentiable", ils disent tous (ou presque) "on verra plus tard". Je pense qu'il est normal d'en parler maintenant, de voir à long terme l'avenir de chacun. Les concurrents d'en face y pensent déjà ! En mettant tout à plat maintenant, ce sera plus clair, moins hypocrite et plus serein pour avancer une opposition à la majorité. Une majorité qui doit bien rigoler et profiter de cette cacophonie. Oh ! Mais ils ne devraient pas autant rire car de leur côté, les tensions existent. Notre Président aura bien du pain sur la planche pour s'imposer en 2012 et étouffer les ambitions d'un Copé ou d'un Fillon.

    Mon dieu ce que le pouvoir peut rendre l'Homme mauvais et peau de vache !

    Source : Comparatif des motions socialistes du Nouvel Obs

  • A Reims, chacun est dans sa bulle

    Dur d'éviter le sujet du moment. Il y a à peine quelques semaines, l'actualité retenait l'incroyable ascension de Barack Obama et le formidable rassemblement qu'il opérait autour de lui. Une sorte de consensus, renforcé aujourd'hui par la proposition de Sarah Palin de se mettre à disposition du futur président. Adversaire sanglante hier, elle veut devenir la meilleure amie du monde avec Barack, quel retournement de veste !

    Aujourd'hui, c'est au tour de nos politiques français d'occuper les Unes. Seulement, la musique que l'on entend est bien différente. C'est la bataille des ambitieux. Pourtant, par le passé, tous les pseudos candidats criaient haut et fort lors d'élections qu'ils étaient démocrates et qu'à ce titre il faut respecter les votes. Or, on ne peut pas dire que les militants PS soient respectés. Malgré un choix confortable en faveur de Ségolène Royal, les autres candidats se moquent totalement du résultat pour contrer. "Tous sauf Ségolène", entend-on ici et là. Pour la démocratie mais contre Ségolène. Benoît Hamon (seul candidat déclaré), Bertrand Delanoë ou Martine Aubry n'envisageaient pas les choses comme ça. D'accord pour la démocratie sauf si leurs intérêts personnels en sont affectés. Alors, comment peut-on analyser la situation ?

    Forte de son succès populaire à la Présidentielle et de ces 29 % de militants, Ségolène Royal se sent légitime pour diriger un parti complètement désuni. Elle se démarque par sa nouvelle façon de travailler et de faire de la politique qui s'apparente plus à un spectacle à l'américaine qu'à un traditionnel pupitre à la mitterrandienne. Elle fait preuve de dynamisme et de volonté, on ne peut pas le nier mais est-ce que ce sera suffisant ? Ses envies de rapprochement avec le Centre peuvent freiner les adhérents. Cette cassure avec les anciennes méthodes, ne va-t-elle pas faire peur ? A priori, non pour 29 % d'entre eux. On peut dire que ces nouvelles amours avec Bruno Gaccio lui ont réussit, l'ont transformé et pas seulement dans son look. Comme le chantait Mireille Matthieu, "Je suis une femme amoureuse…".

    Forte de ces succès électoraux, Martine Aubry peut mettre en avant ses expériences politiques. Fille de son père (pléonasme volontaire), elle a derrière elle la popularité et le sérieux de Jacques Delors qui en son temps aurait pu être président s'il avait accepté de se présenter. Madame 35h n'est pas de ceux et de celles qui se laissent marcher sur les pieds. Hier soir encore, elle a su montrer qu'elle maîtrisait tous les sujets, même ceux financiers. Rusée, elle n'a d'ailleurs pas à cette occasion mis trop en avant son opposition au gouvernement mais a plutôt insisté sur ce qui pourrait être amélioré et fait en plus. Elle a compris, ou du moins en apparence, que les militants et plus généralement les téléspectateurs en ont marre de voir des débats où les uns renvoient constamment les erreurs sur les autres. Là, elle a fait preuve d'intelligence au point même de convaincre presque le chef de PME assis à ses côtés.

    Fort de cette aura de maire de Paris, Bertrand Delanoë veut se placer en seul sauveur du parti. Idées neuves (trop peut-être) notamment décrites dans son livre qui donne une part à un certain libéralisme, maire apprécié (je crois), il veut s'imposer. Il n'y a pas de doute, il sait parler aux média, devant un public, et se dit toujours républicain fervent défenseur de la démocratie et des libertés. Proche des caméras sur le terrain il est le maire du modernisme avec tous les projets mis en œuvre et en devenir. Mais je dirais que cet état de grâce local peut aussi jouer en sa défaveur et être accusé de parisianiste bobo qui ne reflète pas la généralité au parti. "Peuple" est un mot qu'il emploie de temps en temps, ce qui pourrait amener les militants à croire qu'il est distant et qu'il se croit supérieur. A l'instar de la maire de Lille, peut-il être à la fois Premier secrétaire du PS et maire de Paris en même temps ?

    Et puis, il y a le petit nouveau de la bande, Benoît Hamon. Jeune et plein d'avenir, il pourrait représenter la renaissance d'un parti qui voit ses membres les plus connus fuir. Inconnu jusqu'alors, il pourrait bénéficier de cet engouement qu'ont les gens vis-à-vis des étoiles montantes comme Obama. Mais, sans aucune vraie expérience et sans une majorité de militants derrière lui, il devra forcément s'allier avec un éléphant du parti socialiste pour réussir, un parrainage en quelque sorte.

    La balle est donc dans le camp des militants. Cela risque d'être chaud ce week-end à Reims, les bouchons vont sauter tout seul. Là, en tout cas, où il y a rassemblement, c'est dans l'organisation de l'évènement : déplacements, hôtels, meetings et petits fours. Ah ça ils aiment bien vivre dangereusement nos élus, surtout avec l'argent des autres. Les militants et les sympathisants apprécieront.

    Alea jacta est.

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