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sarkozy - Page 5

  • Face à la crise d'angoisse

    Comment éviter le sujet ? Hier soir, Nicolas Sarkozy s'est donc exprimé devant les caméras sur quatre chaînes de télévision, pour être sûr de toucher un large public. Comme à son habitude, il s'exprime bien, dit beaucoup de choses et regarde bien droit dans les yeux ces interlocuteurs. Il sait comment parler et impliquer celui ou celle qui l'écoute en prononçant de temps en temps son nom : "Monsieur Pujadas", "Laurence Ferrari en parlait", etc. En face, ainsi visé, vous êtes obligé de le regarder et de l'écouter.

    Donc, le président était là pour expliquer sa politique et ses réformes. Comme on pouvait s'y attendre et depuis le temps qu'il le répète, il maintient les réformes dans leur principe, même si quelques points de détails sont discutables, et réserve toute son énergie jusqu'à la fin de son quinquennat. Il a fait beaucoup d'affirmations, donner beaucoup d'exemples et dit combien ces ministres ont du talent mais a-t-il convaincu ? J'avais une professeur d'économie qui nous disait de temps en temps qu'il ne fallait pas seulement affirmer une chose pour qu'elle soit vraie et prouvée. Je reste donc sceptique (comme une fosse). Je ne demande qu'à le croire. Vu les derniers évènements, il ne pouvait pas ne pas dire autrement qu'il avait bien entendu les colères et les inquiétudes de la rue.

    D'après les spécialistes, Nicolas Sarkozy a parlé pour ne rien dire, en résumant ce que j'ai pu lire ça et là. La balle est maintenant dans la réunion du 18 février. Vont-ils s'entendre, cela reste une petite probabilité. Le MEDEF voulant plus de mesures pour les entreprises en allégeant les charges, en assouplissant le droit du travail, entre autres, et les syndicats voulant des mesures en faveur des travailleurs et des chômeurs pour relancer le pouvoir d'achat et tranquilliser les citoyens. J'ai bien peur que l'Etat ne doive arbitrer à l'issue de cette rencontre et fasse des mécontents des deux côtés des partenaires sociaux.

  • Nicolas le jardinier

    Connaissez-vous ce conte chinois ou japonais, je ne sais plus, dans lequel un haut dignitaire du pays propose la main de sa fille à celui qui saura enlever toute la crinière d'un cheval ? L'histoire est simple. Donc, un haut dignitaire, peut-être l'empereur, est prêt à marier sa fille au plus valeureux et au plus malin de ses sujets. Il faut pour cela, enlever toute la crinière d'un cheval sans que ce dernier s'en rende compte. Evidemment, les candidats ne manquent pas. Un tel mariage et c'est l'avenir assuré. Chacun leur tour, les prétendants tentent leur chance. Mais à chaque fois, le cheval n'apprécie guère les méthodes d'arrachage employées pour y arriver. Et puis, arrive un jeune homme, bien sous tout rapport. Il s'approche de l'animal et lui parle. Tout en lui parlant, il le caresse doucement et à chaque caresse il enlève un crin. Et ainsi, au bout d'un certain temps, voilà le cheval sans crinière et sans une ruade. L'empereur ne peut que constater la réussite de cet homme modeste et tient sa parole.

    Ce conte pour vous illustrer ce qui se passe actuellement en plus haut lieu de notre pays. Nicolas Sarkozy, empereur selon le magazine Le Point, applique cette stratégie depuis qu'il a été élu. Petit à petit, il met en place les pions et sème la désunion parmi les adversaires à sa politique ou à ses ambitions. On se rappelle de la nomination de DSK au FMI, de celle de Eric Besson au gouvernement mais il y en a des nouvelles de temps en temps. Patrick Devedjian nommé ministre de la relance pour l'occuper ailleurs qu'au sein du parti et lui passer l'envie de mener une quelconque campagne. Xavier Bertrand nommé à la tête de l'UMP pour couper l'herbe sous les pieds de Jean-François Copé qui se voyait déjà en haut de l'affiche. La constitution des listes européennes avec Michel Barnier et Rachida Dati, élégamment et gentiment poussée vers la sortie car trop impopulaire dans l'opinion publique.

    Françoise Laborde, syndicaliste à France 2, opposée à la suppression de la publicité comme elle l'a elle-même annoncé lors d'une interview dans le Parisien Dimanche, nommée au CSA afin qu'elle ne puisse plus intervenir à cause de ses nouvelles fonctions. Reste Christine Kelly, elle-même syndiquée, qui s'était présentée à la dernière élection prud'homale sous l'étiquette CFTC je crois, nommée aussi au CSA mais je ne vois pas pourquoi : préparait-elle un livre sur une affaire comme elle a l'habitude de le faire ? Etait-elle opposée à un quelconque projet du gouvernement ? L'avenir nous le dira peut-être.

    Toujours est-il que notre président est un fin renard qui n'a de leçon à recevoir de personne en matière de cuisine politique, tellement il a eu de mauvaises expériences au cours de son parcours. On attend toujours la nomination de Jack Lang comme ambassadeur à l'ONU. Une a résisté au courroux du chef, c'est Rama Yade. Probablement jugée politiquement incorrecte, poil à gratter de la dynastie sarkozienne, elle avait refusé de se consacrer aux élections de juin prochain. Elle avait bien compris le pourquoi du comment.

    Ainsi va la vie politicienne en France, Nicolas cultive les oppositions et les désaccord pour mieux régner. En continuant ainsi, il devrait récolter les fruits de ses efforts dans trois ans. Attention cependant aux caprices du temps lors des Saints de glace : un petit coup de gèle peut contrecarrer les plans.

  • Martine à l'Elysées

    A la fin du mois, ça va être le grand retour des Socialistes. Martine Aubry est l'invitée d'une émission politique. Elle pourra donc donner sa vision des choses et les remèdes qu'elle n'a pu appliquer quand son camp était au pouvoir où à l'époque la droite de l'opposition critiquait la gauche au pouvoir et donnait ses solutions qu'elle n'a pu appliquer lorsqu'elle était au pouvoir où la gauche critiquait la droite qui n'appliquait pas les promesses de solution déclarées quand elle était dans l'opposition où la gauche… etc. etc. etc.

    En attendant ce grand rendez-vous, Martine Aubry, premier secrétaire du parti socialiste, a, tel un chef d'Etat, prononcé ses vœux de bonne année et a présenté son contre plan de relance. Des vœux repoussés puisqu'elle a attrapé une inflammation de la cornée. A trop faire les gros yeux à ses amis et à envoyer des regards de la mort qui tuent à Ségolène Royal, son système oculaire a finit par pendre feu.

    C'est une situation que je trouve comique. Martine Aubry, chef de parti va donner ses solutions pour régler la crise. Elle prépare 2012 ou quoi ? Elle ne désire pas se présenter aux Européennes, en raison de son refus de cumuler les mandats, mais y participera activement. Les électeurs de Lille apprécieront ses absences, déjà répétées depuis sa nomination à la tête du parti. Sinon, je ne vois pas à quoi cela lui sert de proposer un tel plan étant donné qu'elle n'a aucun moyen de le faire appliquer. Elle annonce ce qu'elle ferait si elle était au pouvoir ? D'ici son arrivée au Conseil des ministres, de l'eau aura coulé sous les ponts, et la crise sera passée, je l'espère. Elle doit maintenant donner une image unie et monocorde de son parti en complète désunion depuis l'élection de Nicolas Sarkozy. La droite, qui juge cette annonce de "pantalonnade", rigole. L'important est de sauver la façade : dans les coulisses, il y a tellement de courants de pensée différents. Le PS "parle d'une seule voix", martèle-t-elle devant les micros, comme si elle essayait de s'en convaincre.

    Son problème, c'est que son amie Ségolène fait encore trop parler d'elle. Une Ségolène qui a assisté à l'investiture de Barack Obama et qui a rencontré des acteurs de la vie économique et sociale. Chacune, à sa manière, prépare le prochain grand rendez-vous politique avec les Français. Alors c'est la guerre des images : Martine devant son pupitre ou Ségolène sur le terrain ? Ou la guerre des miss : rigueur de Martine contre sourire de Ségolène ? Les prochaines années, à court terme, nous diront qui a gagné.

  • Le président se paye le juge

    Le processus d'une nouvelle réforme choc est donc engagé par le président de la République. La mort annoncée du juge d'instruction soulève l'indignation et la polémique, comme il est de coutume avec les interventions tonitruantes de Nicolas Sarkozy. Cet homme aime bien jeter des pavés dans la mare.

    Seul représentant judiciaire à l'écart du pouvoir, sa disparition remet en cause l'indépendance du système déjà bien complexe de notre justice. Les autres intervenants, que ce soit le parquet général, le procureur, la cour de cassation ou le juge des libertés, étant nommés ou placés ça et là au bon vouloir de la chancellerie sous l'égide de Rachida Dati, maison mère, et du pouvoir exécutif sous l'égide du président. Mais au vu des différentes grandes affaires politico judiciaire et de la manière dont certaines ont été menées voire classées, la question est de savoir si le juge d'instruction garantissait une véritable et entière indépendance.

    Sa fonction lui attribut de nombreux pouvoirs mais il y a tellement de niveaux hiérarchiques et d'autres protagonistes au-dessus de lui qu'il est finalement logique que la question de l'existence même de ce personnage se pose. Rappelez-vous les grandes affaires qui ont explosé mais qui se sont terminées comme des pétards mouillés : sang contaminé, Elf, comptes japonais, Crédit Lyonnais, frégates de Taiwan, etc., etc., etc. La liste est longue mais il vaut mieux ne pas trop en écrire histoire d'éviter de soi-disant diffamations. Il est vrai que je ne suis pas très au fait des us et coutumes de la justice, son fonctionnement n'est pas très précis dans mon esprit. Cependant, il semblerait qu'une telle réforme fragilise le système.

    Nicolas Sarkozy, "ancien" avocat cherche peut-être à se venger d'un juge qui s'est mal comporté face à ces plaidoiries. A moins que n'ayant jamais pu accéder à cette fonction, il cherche à y mettre fin pour que plus personne ne fasse mieux que lui. Notre système judiciaire a été mis en place pour sa plus grande partie et pour ses fondamentaux par Napoléon. Faut-il voir dans cette nouvelle réforme le souhait caché de notre président d'être le nouveau Napoléon et ainsi marqué l'Histoire de manière indélébile ? A force, la tête du chef risque de ne plus entrer dans le bicorne.

    Les similitudes entre les deux hommes, comme le publie Le point, sont troublantes : un divorce en plein règne, tout faire et vite, des talents d'orateur et des expressions lâchées en public ("Quel couillon" par Napoléon en voyant Louis XVI coiffé d'un bonnet rouge, "Casse-toi pauv' con" par Sarkozy à un passant agressif). J'ajouterai à ça la hauteur de l'homme, c'est une question de taille. Ainsi que toutes ces abeilles qui tournent autour attendant un geste de privilège du chef. A l'instar de Napoléon et même Louis XIV, Nicolas Sarkozy sait manier les foules et les ambitieux satellites qui gravitent autour de lui. La petite saucisse avec plein de fayots autour. Sans compter les influences possibles sur les patrons et autres personnages clés dans les média. Non, je n'accuse personne, j'ai bien employé le mot "possible".

    Bref, tout ça pour dire que la fin du juge d'instruction au profit du juge de l'instruction va quelque peu ébranler tout ce petit monde de la justice. Si en plus, Nicolas Sarkozy entend mettre en place petit à petit un système à l'américaine, notre culture de la justice va être mise à mal. D'aucuns avancent déjà des problèmes d'accès pour tous de façon équitable à la défense et j'ajouterai un risque de voir se multiplier les procès pour un oui ou pour un non. Comme disait Coluche, les riches auront à manger et les pauvres auront de l'appétit. Pour le coup, le juge est mis en examen et son cas est quasi réglé.

  • Rama sur un bateau

    C'est un vrai lynchage. Depuis la petite phrase de Bernard Kouchner sur l'utilité d'un secrétariat d'Etat aux droits de l'homme, Rama Yade n'en finit pas de recevoir des missiles de la part de ses "amis" politiques. Les propos sont même parfois limites et peu respectueux de la personne. Je ne connais pas Rama Yade personnellement et je n'ai ni amitié ni inimitié particulières à son sujet mais je trouve toutes ces réactions injustifiées.

    Les Droits de l'homme font partie intégrante de notre culture et de notre histoire. Nous sommes souvent vus comme la seule Nation digne de les représenter. Nous sommes un peu le porte-parole. Il est vrai cependant qu'il y a incompatibilité entre la diplomatie, qui consiste à caresser les autres pays dans le sens du poil pour conserver une bonne entente et de bons marchés, et la promotion et la protection des droits de l'homme sur la planète. Peut-être ne fallait-il pas mettre ce secrétariat sous la tutelle du ministre des Affaires étrangères mais en faire un ministère à part entière. Il y a tellement de pain sur la planche dans ce domaine !

    Ce qui est révoltant dans cette affaire c'est la manière dont les évènements politiciens se trament. Quand Nadine Morano déclare que Rama Yade aurait dû accepter de se présenter aux Européennes parce que l'Elysées le voulait (le roi a dit), je trouve cela contraire aux libertés individuelles et aux droits de l'homme. Quand elle ajoute que d'être issu d'une minorité maghrébine ou africaine ne protège pas, je trouve cela déplacé. Quand Christian Estrosi déclare "Elle existe parce que Nicolas Sarkozy l'a fabriqué ! On fait un placement, on le fait fructifier, et au moment où on veut en tirer les bénéfices, voilà…", je trouve cela choquant de réduire cette femme a un simple objet de vitrine, un faire-valoir. En parlant ainsi, c'est ignoré le parcours de cette femme qui n'a pas attendu l'UMP pour faire de la politique.

    Mame Ramatoulaye Yade-Zimet a la nationalité française, a fréquenté un collège catholique à Colombes (92), a fait hypokhâgne et est diplômé de l'IEP, a écrit deux ouvrages. Ce n'est pas rien ! Je n'aurai pas fait le tiers de son parcours. Un parcours atypique par ailleurs. A 32 ans, elle a pas mal roulé sa bosse (passez-moi l'expression) : administratrice du Sénat, commission des affaires sociales de cette même assemblée, directrice adjointe des programmes de la chaîne parlementaire puis directrice de la communication de cette même chaîne. Respect. On n'a pas l'impression de toute cette activité quand on voit ce petit bout de femme qui semble si fragile mais dont la carapace est déjà bien épaisse.

    Cette personnalité a raison de suivre son chemin sans se plier aux directives du parti ou de ses "amis". Ce qui fait qu'elle a une forte personnalité, notamment en critiquant vivement la visite du colonel Khadafi. "Comprendre que notre pays n'est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits. La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort" avait-elle déclaré la veille de l'arrivée en France du dirigeant controversé. "Certains gestes donnent envie de se laver les mains" avait-elle déclaré après sa rencontre avec ce colonel à Tripoli. Pourtant, aucun incident diplomatique. Sûrement que la France était en position de force et que la Libye a besoin de notre aide.

    Lors de son passage dans l'émission A vous de juger, j'ai trouvé ces propos intéressants et sa personnalité "vivante".

    Je constate donc, que dès que quelqu'un est attaqué de toute part et donc affaiblie (dans son propre camp) c'est une lapidation sans ménagement. A croire, que beaucoup veulent s'en débarrasser au vu du prochain remaniement qui s'annonce. C'est chacun pour soi et Sarkozy pour tous. Courage Rama, tu es assez forte pour te battre.

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