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21 septembre 2013

Top con-tributeurs

Cela ne vous a peut-être pas échappé, les grandes marques, les commerces et les sites de commerce ont recours de plus en plus au comportement participatif des consommateurs. Que ce soit dans la grande distribution (Auchan, Carrefour, Ikea, ...), les services (La Poste) ou la téléphonie (Orange, Sosh, Nokia, ...), ils mettent à disposition des clients des forums, des foires à questions, des boites à idées ou du "self-service". Vous vous doutez bien que s'ils pratiquent ceci c'est surtout un intérêt majeur pour eux : des économies sur le personnel.

Demander aux acheteurs de scanner eux-mêmes les produits de leurs courses légitime de remplacer quatre ou cinq hôtes(ses) de caisse par un(e) seul(e). Ce qui est formidable c'est que personne ne s'en inquiète et travaille gratuitement pour l'enseigne. Sous couvert de vous faire gagner du temps, jusqu'à scanner ses produits dans les rayons avec une douchette portative, l'entreprise économise de la masse salariale et donc des charges sociales et donc fait augmenter les dividendes. C'est donc d'un intérêt hautement financier.

A La Poste, les machines de vente de timbre et de pesée du courrier sont des exemples flagrants de cette métamorphose. Si vous avez le malheur d'aller à un guichet pour acheter des timbres, l'employé va vous rediriger automatiquement sur le distributeur de carnets de timbres. Et vous aurez beau insister, rien n'y fera. Si les salariés des Postes contribuent eux-mêmes à la destruction de l'emploi en France et à la baisse des effectifs de La Poste, pourquoi devrions-nous nous en émouvoir ? Et bien parce que cela rentre dans un système qui impacte directement tous les Français.

Vous allez me dire, mais quel rapport avec la téléphonie. La méthode est différente mais le résultat est le même. Il y a les forums où chacun exprime un problème technique, un mécontentement ou un point de satisfaction. Et là, ça ne loupe pas, il y a d'autres client qui vont répondre ou réagir à la place des collaborateurs de la marque. Ces clients bénévoles vont même jusqu'à orienter, conseiller ou résoudre les problèmes à la place de ceux qui sont censés le faire. Pourquoi ils ne le font pas ? Parce qu'ils ne sont pas assez nombreux. Pourquoi ils ne sont pas assez nombreux ? Parce que la marque en appelle aux bonnes volontés de ses clients. C'est un cercle vicieux mais tellement lucratif ! Le résultat est à l'identique des distributeurs.

Des gens qui travaillent gratuitement entraîne inévitablement des économies de personnel et donc de charges salariales et au final, c'est le chiffre d'affaires et l'actionnaire ou l'État qui est gagnant (quoique... il faut verser les indemnités chômages...). Ce n'est pas voir tout en noir que d'en arriver à de telles conclusions. C'est malheureusement une réalité. Ce genre de pratiques ne va certainement pas contribuer à la baisse du chômage et inverser la courbe chère à notre président François Hollande.

Ne vous en prenez pas à la crise, c'était inéluctable, elle n'y est pour rien puisque de toute façon, tout le monde cherche à faire des économies même quand la croissance est là. Comment lutter contre ça ? C'est très simple, laisser les marques et autres enseignes se débrouiller toutes seules. Ne participez pas aux forums, ne donnez pas d'idée, dirigez-vous vers une caisse "humaine" et achetez de jolis timbres dits "de collection". Cela fera sûrement réfléchir les patrons.

A bon entendeur, à bientôt.

 

15 juin 2012

Locavore

J'ai fait des courses et je suis fier d'avoir commencé mes premiers pas de locavore. Il faut dire que l'émission 200 km à la ronde m'a ouvert l'esprit. Mais, je m'interrogeais sur la difficulté de trouver des produits qui font moins de 200 km du producteur au consommateur, surtout quand on est citadin. Et puis, je viens de m'apercevoir qu'à la grande surface où je fais habituellement mes courses, il y a à différents endroits, des rayons ou îlots de produits qui font moins de 80 km pour venir jusqu'à moi ! Je discute avec la dame qui est là pour nous renseigner ou promouvoir les produits et les producteurs. Tout a été cultivé, élevé et produit dans mon département. Dingue. Je me suis dit "chouette", je vais pouvoir contribuer moi aussi à la sauvegarde du tissu économique local, des emplois, des exploitants et de l'environnement. Tout ça dans mon chariot. Alors, j'ai pris des petits pois (encore dans leur cosse), des radis, des tomates, du fromage, des yaourts et du jus de pomme brut de pressage. J'ai même pris du lait Candia produit dans l'Isère. Car j'ai fait attention à l'emballage, le département de production du lait est marqué sur l'étiquette. J'ai bien tout suivi les explications de l'émission de France 5 présentée par Eglantine Eméyé. Bref, je suis content de moi.

31 mai 2012

Ne bougez plus avec la Poste

Tout content d'aller à la Poste pour faire affranchir un courrier, la dame derrière son comptoir m'accompagne à la machine pour que je le fasse moi-même. Je lui dit gentiment que je n'aime pas les machines car elles tuent les emplois. Je pensais que ça allait lui faire plaisir qu'un inconnu pensait à sauvegarder son poste. Et bien non, elle me dit "Ca ne le tue pas puisque je vous accompagne". Voyant la naïveté de cette personne, je ne suis pas allé plus en avant dans la polémique.

Non ma cocotte, ton emploi est menacé. Souviens-toi il y a quelques années avant l'arrivée des appareils, les guichets étaient presque tous occupés, aujourd'hui on en trouve que deux ou trois. Il y a plus de guichets vides que de guichets occupés, tu as besoin de lunettes ? Les machines ne tuent pas les emplois ? Alors pourquoi n'y a-t-il plus grand monde pour nous servir ? Ne me dîtes pas que tous ces progrès sont censés améliorés la qualité du service. Cela arrange surtout la Poste pour réduire son effectif.

Ce constat est valable dans toutes les entreprises, même publiques. Entre 2002 et 2007, la Poste a perdu 43.580 employés, entre 2004 et 2008, la SNCF a maigri de 11.931 salariés. Ces quelques exemples pour montrer qu'il y a des raisons de s'inquiéter. Et je ne vous parle pas des réductions d'effectifs annoncées tous les ans sur nos territoires et dans tous les domaines. Une quinzaine de cas attendent le nouveau ministre du redressement productif Arnaud Montebourg : Fralib, Florange, Petroplus...

Cette personne naïve a aussi ajouté "Vous serez bien content de la trouver cette machine quand il y aura la queue au guichet". Non ! J'ai le temps d'attendre et d'être servi, je n'ai pas besoin de courir. Franchement, je fais tous les efforts et j'ai l'impression que tout le monde s'en fout. Madame, j'espère que vous repenserez à cette petite discussion quand on vous annoncera que votre poste est supprimé et qu'il faut choisir entre un reclassement ou la porte (faut-il ajouter en marge que la Poste est maintenant une société anonyme ?).

Avec de tel personnel, les patrons ont finalement raison de ne pas se priver en réduisant les emplois pour les remplacer par des machines ou par des délocalisations. Il existe malheureusement encore beaucoup de gens qui pensent que rien ne leur arrivera et que l'on aura toujours besoin d'eux. Des indispensables, il y en a plein les cimetières. Ne pas regarder plus loin que le bout de son nez est déraisonnable, voire irresponsable. Une sorte d'individualisme involontaire.

Quand tout le monde fera ses courses que sur Internet, se servira son carburant que via un automate, ne passera qu'aux caisses rapides pour scanner soi-même ses articles, il ne faudra pas pleurer qu'il y aura 20 ou 30 % de chômeurs. Vous pensez peut-être que je suis bien pessimiste de voir une telle catastrophe. Mais je préfère rester sur mes gardes et être attentif à ce qui se passe autour de moi que de ne pas voir arriver le boomerang social qui se prépare à long terme. Moins de gens qui travaillent c'est moins de consommateurs et moins de retombées pour un pays.

Les dommages collatéraux sont en gestation, il ne suffira pas de grand chose pour que tout le monde en souffre. Je vous aurais prévenu !

28 mai 2012

Le neurone du hamburger

Vous allez dire que je me répète mais oui, j'assume, j'ai encore regardé l'émission Cash investigation sur France 2 vendredi dernier. Je vous promets que c'est sans le vouloir. Le sujet était la pratique du neuromarketing.

Le neuromarketing consiste à tester les consommateurs via des épreuves simples ou directement en IRM pour savoir ce qui leur fait plaisir et ensuite d'adapter sa stratégie d'entreprise pour "aider" les consommateurs à choisir vos produits plutôt que ceux des concurrents. L'entreprise qui mène ses études montre des images ou émet des odeurs et observe les zones du cerveau qui réagissent. En gros, ça travaille votre cerveau pour que vos habitudes d'achat s'orientent vers là où les industriels et autres entreprises veulent que vous alliez.

Cela ressemble à de la manipulation. Il faut savoir qu'en France, les études neurologiques à des fins autres que scientifiques ou médicales sont interdites. Alors, les études se font en Belgique pour la plupart ou alors sont déclarées comme scientifiques mais c'est seulement sur le papier. Comme cette grosse boite de cosmétiques mondialement connue qui a eu l'autorisation du ministère pour procéder à ces recherches. Encore une histoire de conflits d'intérêts ? Aucune idée, mais le doute s'installe.

Les méthodes ont évolué. Il y a quelques années, la grande distribution jouait sur la disposition des articles ou la diffusion de musique, et aujourd'hui ça influence directement certaines zones de votre cerveau comme celle qui diffuse la dopamine, la molécule du plaisir. Concrètement, comment ça se traduit. Et bien, par exemple, toujours ce fabricant célèbre de cosmétiques qui fabrique des crèmes qui vont procurer du plaisir rien qu'en pénétrant la peau, une chaîne de restauration rapide qui va diffuser des odeurs dans ses établissements pour activer l'acte d'achat. Et vous savez comment ? Par les produits d'entretien ! Car en fait, si cette enseigne de restauration tient à toujours avoir des salles propres, ce n'est pas qu'une question d'hygiène mais c'est aussi une question de marketing. Quand la serpillière s'active c'est pour vous pousser vers les caisses. Cela se traduit aussi par le petit cadeau en plastique offert avec un repas pour votre enfant qui évidemment va être le déclencheur et faire aller les adultes dans son restaurant préféré.

En fait, le neuromarketing est une recette vieille comme le monde. Pour dresser les animaux, on ne fait pas autrement. Quand le chien a obéi à son maître, il lui donne un sucre : il sait donc qu'à chaque fois qu'il agira de la sorte il sera récompensé. Le neuromarketing est tellement répandu que des conférences sont régulièrement organisées pour les entreprises ou les commerciaux désireux de faire monter la courbe du chiffre d'affaires. Mais le neuromarketing est aussi un tabou et quand vous essayez de mettre les pieds dans le plat en mettant les responsables des sociétés devant des faits avérés, cela les pousse dans l'embarras, et le mot est faible.

Comment savoir si vous êtes victimes de cette vaste intoxication ? Si je vous dit "vous le valez bien", si je vous parle d'un gros M jaune sur fond vert ou sur fond rouge, si je vous parle d'une pomme, vous pensez à quoi ? Bien voilà, vous avez tout compris, vous êtes conditionnés.

Et l'éthique dans tout ça ? La pauvre est complètement mise en second plan, ou alors sur les jolies plaquettes commerciales pour se donner une bonne image. Mais en réalité l'éthique est aux oubliettes, les sociétés et les fabricants s'assoient dessus comme de leur première lessive. C'est donc à nous, consommateurs, de veiller et de rester maître de ses envies et de ses pensées, agir dans notre intérêt avec discernement et raison.

21 mai 2012

Un drachme en trois actes

1er acte, les mesures économiques. En quelques mois, les partenaires européens et les Institutions européennes imposent aux Grecs des mesures d'austérité drastiques. Après dix plans, le pays n'a toujours pas sorti la tête de l'eau et s'enfonce jour après jour dans les profondeurs. Il faut dire que la dette est colossale et avale le peu de PIB subsistant. Gel ou non versement des salaires, vente du patrimoine plusieurs fois millénaire, bradage des entreprises publiques, tout y passe. En parallèle, le pays parvient à se faire effacer des parties d'ardoises mais dont les effets semblent se disperser. L'argent n'arrive pas à entrer dans les caisses de l'Etat et les économies demandées n'arrivent pas.

2ème acte, la situation politique. Depuis les élections législatives, le président grec ne réussit pas à retenir un chef de gouvernement qui ne reste même pas une journée en place faute de pouvoir réunir un gouvernement de rassemblement. Personne ne s'entend et surtout personne ne se met d'accord sur les mesures à prendre pour sauver les Grecs de la faillite qui menace. Des élections sont réorganisées pour le 17 juin mais sans certitude sur une possible stabilité politique. Ces élections se transforment en un référendum pour une sortie de la zone euro.

3ème acte, la panique des habitants. Les Grecs, craignant pour leurs maigres économies, se précipitent chaque jour aux distributeurs pour retirer leurs ressources. Ils sont inquiets, on peut les comprendre. Comment peut-on avoir confiance en son propre pays si celui-ci n'assure pas un minimum. Comment ne pas être inquiet quand des déclarations de hauts responsables évoquent la banqueroute ? Ce sont des centaines de millions, voire des milliards, qui sont sortis régulièrement des banques malades, fragilisant encore plus la situation de ces dernières.

Alors quel sera le prochain acte ? Celui de la sortie de la zone euro ? Cet acte n'est pas encore joué mais il pend au nez et à la barbe des statues d'Aristote ou de Socrate. Faut-il revenir à une monnaie nationale afin de repartir sur une base saine. Il est vrai qu'une sortie de l'euro permettrait en premier lieu de déclarer le pays en faillite et de ce fait d'effacer purement et simplement la dette. Ensuite, cela permettrait de proposer une monnaie dévaluée et de réactiver l'activité économique. Une monnaie faible attire les investisseurs, les entrepreneurs mais aussi les touristes. Le dernier exemple est l'Argentine qui a pu repartir du bon pied et après quelques années, connaître à nouveau la stabilité économique. Mais l'Argentine n'est pas la Grèce.

Le problème est que cette sortie de l'euro coûterait cher aux autres Etats : rien que pour la France, les spécialistes avancent un coût de mille euros par Français. Mais combien coûterait un maintien dans la zone à long terme ? Il y a en outre les traités et les accords qui nous lient tous : chaque Etat membre de cette zone euro ne doit pas laisser tomber un autre Etat membre. C'est la solidarité qui joue.

Comme on peut le voir, et pas besoin d'être un expert en économie ou en géopolitique pour le comprendre, la situation de la Grèce est complexe et son avenir influencera notre avenir. Les prochaines décisions seront des plus importantes et graves : soit elles redonnent confiance et refont partir la machine, soit elles sonnent le glas et la fin de la partie.

11 novembre 2011

La grande guerre au gaspillage

Cette année, l'Armistice coïncide avec une date particulière : le 11/11/11 ! C'est d'ailleurs la seule fois dans votre vie que vous connaîtrez une telle suite de un (remarquez la date et l'heure de cet article...). A moins, que vous ne viviez encore cent ans. Bref, l'occasion annuelle de rendre hommage à nos poilus de la grande guerre et de respecter le devoir de mémoire. Mais, aujourd'hui, a-t-on oublié à ce point le sacrifice de nos aïeux ?

Le premier reportage d'Envoyé spécial, la toujours excellente émission de France 2, portait sur la gaspillage alimentaire et la surconsommation. C'est la crise et pourtant nous vivons finalement dans l'opulence car nous achetons beaucoup de produits alimentaires mais nous en jetons le quart ! Nul besoin ici de chercher un responsable car nous le sommes tous, du producteur au consommateur en passant par le distributeur. Nous achetons ce dont nous n'avons pas forcément besoin, dans des quantités injustifiées.

Le producteur doit fournir des produits jolis, bien calibrés et pas abîmés, au grossiste car ces produits sont bien côtés et donc vendables sur les plates-formes de distribution et ensuite dans les supermarchés. Ce dernier réclame des produits vendables et donc qui rapportent du chiffre car le consommateur que nous sommes exige un bon et joli produit. Une tâche sur un melon ? Le producteur le jette à la poubelle ! Dans un paquet d'endives emballées, l'une d'elle à une tâche ? Le distributeur jette le paquet complet car il n'a pas le temps de trier ! Des consommateurs ont dans leur frigo un pack de yaourts dont la date limite est le lendemain ? Poubelle !

25% de ce qui est produit part à la poubelle. C'est fou et consternant.

Et ce qui ajoute du drame à tout ça, c'est que même les denrées non périssables, comme les pâtes ou le riz, subissent le même sort. Chaque matin avant l'ouverture, les rayons sont vidés des produits dont la date limite de consommation (DLC) ou la date limite d'utilisation optimale (DLUO) approche à grands pas mais qui sont encore consommables. Avez-vous déjà été malade avec un yaourt mangé trois jours après sa péremption ? Moi, non.

Alors, me direz-vous, on pourrait donner ces articles aux associations pour les distribuer aux plus démunis. Ben non justement. Les grandes surfaces préfèrent les arroser d'eau de Javel et les jeter plutôt que d'organiser un transport en semi-remorque jusqu'aux Resto du cœur ou au Secours populaire. Le temps c'est de l'argent. C'est la loi de finance. Toujours ces enquiquineurs d'actionnaires.

Il ne faut donc pas s'étonner qu'aujourd'hui des gens fassent les poubelles derrière les magasins, le soir, quand tout est fermé. C'est le cas de ce couple, montré pendant le reportage, qui régulièrement, le soir, fait le tour de trois ou quatre magasins, récupère assez de marchandises pour remplir le coffre de leur voiture et redistribue ensuite à d'autres familles dans le besoin. Ce n'est pas gaspillé, ça remplit des frigos et ça aide. Et ce sont des produits neufs et propres à la consommation.

Des gens se sont battus pour notre liberté et notre intégrité, et nous, nous bafouons ce sacrifice pour faire les difficiles devant un rayon aux 36 000 références.

20 septembre 2011

La crise, l'arbre qui cachait la forêt

Ces derniers temps, l'actualité politique a été riche, sans mauvais jeu de mots. Une face de la politique que l'on n'aime pas, que l'on n'aimerait pas voir se donner en spectacle dans la presse ou la télévision. Que l'on aimerait bien inexistante et faisant partie du fantasme populaire. Clearstream, Bettencourt, Karachi, Bourgi, DSK, etc… toutes ces affaires qui plombent le débat et qui nous font douter sur le devenir de notre beau pays et de nos voisins.

Le pouvoir amène l'argent et l'influence, ce n'est un secret pour personne. C'est bien pour cela que tous ces mouvements secrets d'argents frais et ces arrangements entre amis n'étonnent pas l'opinion publique autant qu'ils scandalisent. Alors évidemment, quand vous leur demandez ce qu'ils faisaient en vacances avec tel ou tel dictateur, que vous leur demandez ce qu'ils ont fait des valises, ils vous déclarent avec force qu'ils sont innocents. Et là, soudainement, certains amnésiques atteints d'Alzeihmer devant les juges retrouvent subitement la mémoire pour porter plainte. Non, je suis innocent comme l'enfant qui vient de naître. Sauf que le nouveau-né ne porte pas de costumes à dix mille euros ou de mocassins à quinze mille !

De quel côté sont vraiment les victimes ? Après, les candidats vont avec candeur s'interroger sur la désaffection des Français sur la politique ? Ils n'ont qu'à arrêter de nous mentir, de pratiquer la langue de bois et d'essayer de nous convaincre que tout cela va changer. Je n'ai pas passé une campagne présidentielle sans entendre que tout allait changer. La corruption n'est là que pour servir à leur train de vie et leur position sociale. Pendant ce temps, des millions de gens cherchent des moyens pour finir les quinze derniers jours du mois, si ce n'est le mois complet. Vous prenez trois mois ferme pour un vol de steak haché et rien pour des rétro-commissions. Les Africains crèvent la dalle en admirant les beaux palais présidentiels et les brillants cortèges de limousines allemandes défilant en ville, financés par les milliards d'aide des pays européens qui reviennent en petites coupures pour financer les campagnes électorales, la boucle est bouclée. Nos élus devraient se servir directement dans les caisses, ça irait plus vite et cela nous coûterait moins cher.

Alors, nos candidats ont l'air de découvrir tout ça, ils nous parlent de moral et de partage. Il parait que la France produit chaque année plus de deux mille milliards d'euros (selon Jean-Luc Mélenchon dans l'émission On n'est pas couché du samedi 17 septembre dernier). Mais où va tout cet argent ? On nous promet justice, équité et partage. Mais le problème est que tant que la corruption fera loi sur Terre, rien ne pourra être fait pour moraliser et rééquilibrer les choses. Tant que les puissants financiers et les grands actionnaires arroseront les décideurs politiques de la planète, ils les tiendront par les bourses et ne prendront donc aucune décision en leur défaveur. Vous rendez-vous compte, ce serait terrible si au lieu de gagner cinquante mille euros par jour, je n'en gagnerais plus que trente mille, comment ferais-je pour faire face à mes dépenses quotidiennes et indispensables de séances d'UV ou de restaurants !

Je pense qu'il ne faut pas tenter de moraliser tout ça mais de faire comprendre à tous ces gens qui entassent leurs richesses sur des comptes en Suisse qu'ils ne perdront pas leurs caleçons d'en laisser un peu à ceux qui travaillent, ceux sans qui les belles villas, les yachts et les séjours en palace ne seraient pas possibles. Ah ben oui, le FN gagne du terrain. Car le FN fait de belles promesses, dit ce que les gens veulent entendre, font de la pure démagogie. Mais derrière il y a quoi ? Comme les autres partis. Des parlementaires qui siègent et qui encaissent leurs indemnités en fin de mois. Tout ce petit monde ne pourrait pas exister si le peuple était heureux et vivait décemment car il est plus facile de mobiliser des gens sans ressources, des gens dans la misère qui ont besoin de rêver. Si vous gagniez trois mille euros par mois, vous perdriez votre temps à écouter les débats à la télévision ? Vous perdriez votre temps à espérer ? Non. Il est donc primordial pour nos politiques qu'il y ait une forte masse de précarités et de gens qui n'ont pas la force et les moyens de prendre en mains leur avenir.

Ce qui est formidable c'est qu'à chaque fois, ils ont une bonne excuse pour expliquer la situation : la crise. C'est la faute à la crise tout ça, désolé, on n'est obligé de couper les vivres et de vous prélever plus sur vos maigres fiches de paye. Par contre, les banques qui font des bénéfices, on va les aider ; les milliards de bonus ou de dividendes, on va les laisser fructifier gratuitement. En vérité, quelle est la situation ? Les seuls qui subissent la crise c'est les petites gens. Ceux pour lesquels, crise ou pas crise, ils n'y arrivent pas. Ceux à qui on demande d'atteindre le dernier cran de la ceinture car on a préféré gaspiller des vaccins plutôt que de nourrir les populations. Ceux à qui on dit que l'on préfère payer des amendes plutôt que des logements sociaux qui dérangent les petits bourgeois de la rue voisine. Ceux à qui que l'on est désolé de dépenser douze mille euros pour des cigares ou cent soixante mille pour un aller-retour sur la côte. Avec tout ça, les déclarations et les discours de Marine le Pen et Jean-Luc Mélenchon commencent à faire écho dans les chaumières. Ne soyons pas surpris.

08 août 2011

Notations ans Co

Les crises financières successives réveillent les notations et affolent les marchés. On entend parler beaucoup de ces agences de notations, des notes AAA ou AA+, mais finalement on ne sait pas trop comment les interpréter. J’ai mené mon enquête et j’ai trouvé ! Voici donc la liste des notes et la signification que j’ai pu en retenir, de la meilleure note à la plus mauvaise.

AAA : Extrême capacité à respecter les engagements financiers.
AA : Très forte capacité à respecter les engagements financiers.
A : Forte capacité à respecter les engagements financiers mais peut être impacté par des conditions ou un contexte économique défavorable.

BBB : capacité à respecter les engagements financiers, mais tributaire des conditions économiques défavorables.
BBB- : considéré comme le niveau le plus bas d’investissement.
BB+ : spéculation risquée.
BB : seul le court-terme est le moins risqué.
B : vulnérabilité importante mais engagements financiers possibles.

CCC : capacité financière fragile et dépendante des conditions et contextes économiques et financiers.
CC : hautement vulnérable.
C : situation économique catastrophique.

D : Défaut de paiement.

Par ailleurs, les signes "-" et "+" permettent d'apporter des nuances de jugement. Ils sont placés après les notations. Exemple : AA+.

21 décembre 2010

Le marché de Noël

Il parait que les marchés de Noël qui fleurissent un peu partout en France sont en perte de vitesse. Les ventes sont en baisse et certains exposants ne rentrent pas dans leurs frais. Vieux de presque six siècles, ces marchés ont bien évolué. Aujourd'hui, ils s'apparentent plus à de mini centres commerciaux.

On y trouve en théorie tout ce qui a attrait à la fête de Noël. Mais l'esprit d'origine est en survie, ce qui pourrait expliquer le désintéressement grandissant de ces chalets. Même si on peut encore y trouver des artisans qui proposent productions originales et "fait main" (santons, bougies et autres décorations pour vitrines et sapins), on y trouve aussi des exposants qui étalent leurs produits fabriqués en Chine ou de l'alimentation de fête foraine tel que churros, pommes d'amour, bière ou vin chaud.

Toutes ces petites échoppes éphémères sont bien jolies mais quid de leurs contenus ? Beaucoup d'objets inutiles et qui vont prendre la poussière une fois chez vous. Que faire d'une peau de bête ou d'un totem africain quand vous habitez dans un 20m² ou d'une pipe sculptée si vous ne fumez pas ? Quant au foie gras et aux santons, vous trouvez tout ça en grande surface si vous n'aviez pas déjà les décorations des années précédentes. Tout le problème réside dans le fait que ces marchés de Noël deviennent au fil des années des marchés de l'inutile. Et je n'aborde pas le phénomène économique où des familles ont en plus en plus de difficultés à manger des repas complets tous les jours, alors acheter des babioles pour les ranger dans des cartons n'est pas une priorité pour ces gens.

Alors, évidemment, on pourrait accuser l'essor des grands magasins ou la crise pour expliquer les problèmes, mais ceux qui n'ont pas de soucis de fin de mois ou qui fréquentent les commerçants de leur quartier, ont-ils l'envie de visiter ces marchés de fin d'année ? Je pense que ce n'est pas un problème de porte-monnaie mais d'envie et d'utilité. Aujourd'hui on veut acheter ce qui nous semble utile, même si la définition est aujourd'hui discutable vu ce que les consommateurs préfèrent dépenser en écrans plats, smartphones ou 4x4. On dépense des centaines et des centaines par an rien qu'en facture de portable et d'Internet, alors ne me dites pas que le problème se situe dans les fonds de poche.

Non, je reste convaincu que la cause numéro un est l'utilité des marchandises proposées, des attrape poussières pour la plupart, que l'on retrouve d'ailleurs toute l'année dans des enseignes telles que Maisons du monde, Nature et découvertes ou Pier import. Des commerces que l'on fréquente de temps en temps mais où on en ressort souvent les mains vides. Le premier ennemi des marchés de Noël c'est le désintérêt et non la crise.

06 décembre 2010

Le monde voit double

Ce lundi, nous nous sommes réveillés en France et dans le monde en voyant double.

Commençons par ce qui a fait du bruit ce week-end, les élections parallèles de miss pour représenter la France. Pour ceux qui en avaient marre de l'élection Miss France sur TF1, ils pouvaient toujours se positionner en dissident en soutenant Geneviève de Fontenay avec sa Miss Nationale. Pour ceux qui n'aiment toujours pas cet évènement, ils avaient deux fois plus de raison de critiquer ce concours d'apparences et de paillettes. En attendant, ce n'est pas Miss France ou Miss Nationale qui représente notre pays mais bien Carla Bruni qui s'impose dans la presse internationale.

Pendant ce temps et sans transition, deux sons de cloches au Parti socialiste. Martine Aubry et Ségolène Royal. Non pas que ces deux femmes soient des cloches mais elles tiennent un discours différent. Une qui fait mariner les adhérents, sympathisants et autres politologues quant à sa décision de se présenter ou pas, l'autre qui n'a pas attendu la saint-glinglin pour lancer la campagne à gauche, alors qu'à droite, cela est fait depuis longtemps. Ségolène met la pression à la sous pape des socialistes. Espérons que la vapeur ne fasse pas tout sauter rue de Solferino.

Aujourd'hui, c'est la saint Nicolas. Et dans certaines régions et même des parties du monde, Saint Nicolas est le concurrent du Père Noël. Deux papis pour les fins d'année, choisis ton camp mon enfant. Il y a toutefois une différence fondamentale entre ces deux personnages. Nicolas de Myre, le Saint Nicolas, a bien existé au IIIè siècle. Il était le protecteur des enfants, des veuves et des gens faibles. Quant au Père Noël, c'est un personnage complètement imaginaire, popularisé au XIXè siècle seulement. Il ne sert qu'à distribuer les cadeaux aux enfants sages bien entendu.

Puisque l'on est en plein moment de fête de fin d'année, cela va de paire avec le temps qu'il fait. La neige tombée en abondance en début de mois s'est vite transformée en pluie. Ce qui fait qu'aujourd'hui, la France est coupée en deux. Une partie est sous le froid, la neige et les pluies verglaçantes, alors que l'autre moitié connaît le redoux.

Les sénateurs ont voté récemment pour la suppression de la publicité sur France Télévisions en 2016. Plus de pub signifie moins de budget et des fonds à trouver ailleurs pour le manque à gagner, donc une possible hausse de la redevance. Le téléspectateurs va donc avoir un choix cornélien : regarder les chaînes commerciales avec pub à foison ou rester scotché devant une télé où les émissions se succéderont les unes derrière les autres sans possibilité de faire une pause pipi ! Je pense personnellement que cela ne nous fera pas de mal de ne plus manger de messages publicitaires, ça reposera nos cerveaux bien harcelés. Mais avait-on besoin de tout supprimer, l'essentiel n'est-il pas d'avoir des films ou des émissions coupées de réclames ?

Enfin, je finirai par la tragi-comédie qui secoue la Côte-d'Ivoire actuellement. Voilà deux présidents pour un pays qui coupent le pays en deux et qui plongent cette nation dans la violence et la mort. C'est le match entre un président sortant qui ne veut pas sortir. Il a organisé des élections croyant être réélu massivement mais voilà que c'est tout le contraire. C'est la démocratie à Gbagbo. On fait voter le peuple et on s'auto proclame président quelque soit le résultat. C'est sur de lâcher un fauteuil qui donne autant de privilèges et de richesses… De la dictature déguisée diront certains, des caprices d'enfant gâté diront d'autres. C'est encore et toujours le peuple qui en subit les conséquences. Le principe de la démocratie à l'Occidentale est-il applicable dans des pays où le système politique est tribal ?

 
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