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24 mai 2012

La politique est une question de rebondissements

La politique est une question de rebondissements en tout genre : savoir repartir sur de nouvelles bases, savoir se relever après une chute cuisante, surprendre le reste du monde là où il ne vous attend pas.

Le nouvel ex-Premier ministre, libre de tout mouvement et de parole, dévoile enfin au grand jour ses ambitions. Resté cinq ans à Matignon, pieds et poings liés par Nicolas Sarkozy qui avait ainsi bridé un éventuel adversaire à la Présidentielle, il part à l'assaut de tous les postes et sièges qui s'offrent à lui. Mais s'il pensait qu'occuper la rue de Varenne était difficile, il va voir que convoiter le suffrage et combattre ses propres amis n'est pas une partie de plaisir. Loin de là.

Le clou du spectacle sera sans doute son affrontement avec Jean-François Copé. Voilà un homme qui en a gros sur la patate. Après la défaite de son camp le 6 mai, il tire à boulets rouges sur les nouveaux membres du gouvernement et sur le président. C'est de bonne guerre après tout, c'était encore la situation inverse il y a quelques semaines quand les éléphants du Parti socialiste n'avaient de cesse de critiquer le pouvoir de l'époque et la majorité qui se tenait derrière. Maintenant, avec le jeu séculaire de l'alternance, l'UMP se trouve dans la position inconfortable de l'opposition.

Alors, ils s'en donnent à cœur joie à droite. Nadine Morano qui réclame une démission dès qu'une affaire judiciaire apparaît au grand jour, Jean-François Copé qui accuse François Hollande de guignol et d'incompétent pour gérer le pays et s'imposer sur la scène internationale. Ils ont vraiment du mal à digérer. Mais n'est-ce pas eux qui déclamaient à qui voulait les entendre qu'il fallait rassembler tous les Français au-delà des partis, se rassembler pour le pays, dans un esprit républicain ? De la théorie à la pratique il y a un gouffre que même des pluies diluviennes auraient du mal à combler.

Drôle de conception de la politique. Entre un groupe à gauche qui va avoir du mal à s'entendre pour les législatives et un groupe à droite qui va s'opposer bêtement pendant cinq ans tout en essayant de ne pas être attiré par un extrême de plus en plus présent, je crois que l'on va encore passer de bons mais pathétiques moments de joutes partisanes. Les fauves sont à nouveau lâchés, les arènes sont prêtes, prenez vos cornets à pop-corn et comptez les points.

Je suis sûr d'une chose, c'est que tout ce spectacle navrant se fera au détriment des spectateurs et que François Fillon prépare déjà le terrain pour 2017, trop content de ne plus avoir le retraité bling-bling dans ses pattes.


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27 mai 2010

Coup de projecteur sur l'anonymat du blog

Qu'est-ce qu'un blog ? C'est la délicate question que les députés devront se poser pour savoir si le blogueur doit rendre son identité publique. Un blog c'est avant tout, je crois, un recueil de pensées et de réactions, de coups de cœur comme de coups de gueule.

Le commun des mortels n'ayant pas accès aux tribunes et ayant peu de chance d'être sélectionné dans le courrier des lecteurs, le blog est un bon moyen d'ouvrir sa parole et d'exposer ses points de vue. Les spécialistes politiques et économiques, les intellectuels et philosophes n'ont pas le monopole des idées et des analyses. Nous sommes tous capables de penser et donc de développer une opinion sur des sujets variés comme le font les têtes pensantes. Il est nécessaire d'ailleurs de laisser libre cet espace sinon on basculerait vite dans la pensée unique, véritable ennemi de la démocratie.

Ceci étant dit, il est vrai que dans un même temps, le blog est public et de ce fait accessible à tous. Avec la multiplication des intervenants et des propriétaires d'un petit morceau de cet immense espace planétaire, des blogs sont devenus des défouloirs et des lieux de contestation. Un phénomène s'est aussi développé avec le temps : la tendance qui consiste à prendre pour argent comptant ce qui est écrit dans ces journaux intimes publics. N'importe qui peut écrire n'importe quoi, il faut donc être vigilent sur l'importance que l'on donne à nos lectures. Il faut prendre un blog pour ce que c'est : les écrits d'un internaute lambda. Importance qui se mesure vite grâce au nombre de visiteurs qui est insignifiant au regard de la totalité colossale de blogs et d'internautes.

Ce n'est ni du journalisme, ni de l'officiel.

Il faut bien rester dans l'idée qu'en entrant dans un blog c'est comme si on entrait au domicile d'une personne sans forcément avoir été invité. Même si un blogueur espère secrètement être lu par le plus grand nombre (recherche de la notoriété, besoin de reconnaissance), il n'a pas envie que son espace se transforme en champ de bataille. La lecture peut donc vite s'apparenter à une effraction de domicile, inconsciemment. Quand une idée d'article germe dans l'esprit du blogueur, le but n'est pas de déclencher une vague de protestation, le but est juste de dire ce que l'on pense. Parfois maladroitement.

En fin de compte, même si on peut donner son avis sur un sujet, ce n'est pas systématiquement un avis d'expert. Selon le postulat "on ne peut pas parler de ce que l'on ne connaît pas", le blogueur a le droit à l'erreur et donc à la tolérance. Il n'y a que celui qui ne fait rien qui se trompe jamais. Rien n'empêche ensuite aux commentateurs de rectifier et d'apporter de l'eau au moulin d'un débat constructif.

Et l'anonymat dans tout ça me direz-vous ? Et bien, l'anonymat c'est l'essence même du blog. Ce qui fait que tout ce que je viens d'expliquer avant est possible. C'est ce qui permet à tout un chacun de dire tout haut et non de garder ça pour soi ou pour son entourage. L'anonymat, c'est ce qui donne le droit à l'erreur. L'anonymat, c'est ce qui rend passionnant la liberté de parole. Alors, obliger le blogueur à dévoiler son nom et autres informations permettant de rentrer directement en contact, c'est ce qui va briser le charme du blog. L'effet immédiat va être de freiner les ardeurs et les échanges. On en va plus oser dire sincèrement, ou même plus dire du tout sous peine d'être lynché pour un mot de travers. Et si une personne se sent obligée d'utiliser son droit de réponse ou d'apporter un démenti, il y a les commentaires pour ça.

J'ai dans l'idée que Jean-Louis Masson, à l'origine de cette proposition de loi déposée au Sénat, avait une envie soudaine de faire parler de lui : il n'a qu'à ouvrir un blog.

30 novembre 2009

Idée verte n° 1

A l'approche de la fin d'année, on s'emballe et on se précipite chez les commerçants.

L'idée verte est d'emballer vos paquets dans des papiers journaux au lieu d'en acheter du tout neuf.
- Cela évitera de gaspiller du papier qui partira forcément à la poubelle, déchiré sauvagement (ce qui peut faire mal au cœur quand on sait le temps que l'on peut y passer dessus pour que ça soit bien fait).
- Cela permet de réutiliser du papier qui de toute façon était destiné à la poubelle de tri.
- Cela ne vous coûte rien car au mieux vous utilisez les journaux gratuits de tout type, au pire vous utilisez celui que vous achetez ou celui auquel vous êtes abonné et que vous gardez quelques jours dans un coin, à coté de la cheminée ou de la porte d'entrée ou vers la télé (si si, je le sais, vous faites ça j'en suis sûr).
- Cela permet aussi d'informer ceux qui avaient loupé une nouvelle.

Cerise sur le gâteau, ce papier fait très stylé et est original.

608 lecteurs

10 avril 2009

Pas des bis à l'Assemblée

C'est le buzz de la semaine, que dis-je, le soufflet, la claque ! La loi Hadopi sur les sanctions graduées des pirates qui téléchargent illégalement a été rejetée par seulement 21 voix contre 15. Rien que 21 voix peuvent changer la vie de 60 millions de personnes. C'est insensé. Ce n'est plus de la démocratie mais de l'intimitocratie.

En France, il est donc possible qu'une loi qui règle la vie quotidienne de millions de gens puisse être adoptée ou rejetée par une poignée de personnes. Dans un sens comme dans l'autre, cela peut avoir des répercussions. En l'espèce, les artistes devront encore attendre avant de voir les voleurs de leurs œuvres punis. Par contre, les pirates ont encore du sursis et peuvent s'en donner à cœur joie, au moins jusqu'au 28 avril, date à laquelle le texte va être rediscuté.

Comment en est-on arrivés là ? Tout simplement parce que nos chers députés n'accordent pas plus d'importance que ça à une loi qui pourtant va impacter beaucoup de Français. En outre, à droite, les élus pensaient que c'était gagné, dans la poche : ils ont vendu la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Les ridicules, ce n'est pas les députés qui ont voté contre, qui de ce fait ont été plus malins. C'est de la tactique. Les plus ridicules, ce sont ceux qui ont voté pour. Ils ont manqué de jugeotte en pensant qu'en envoyant seulement 15 membres de la majorité, l'affaire allait être entendu. Trop sûrs d'eux. Par sûreté, ils auraient dû remplir abondamment les bancs de l'Assemblée pour être certains de gagner, ne serait-ce que pour compenser les députés UMP qui ont voté contre.

Faire de la politique, ce n'est pas qu'une question de communication et de mercatique, c'est aussi une question de tactique et de ruse. Il faut être plus malin que l'adversaire pour remporter des victoires. L'UMP accuse le PS d'un coup de bluff mais c'est le jeu ma pauvre Lucette ! Rien ne sert de rejeter sur les autres nos propres erreurs. Il faut être fair-play, même en politique.

Ceci étant dit, ce qui s'est passé au palais Bourbon, n'est qu'un contretemps. La loi sera un jour ou l'autre adoptée. Il est à parier que pour le prochain vote, l'hémicycle sera beaucoup moins clairsemé : les députés feront preuve de plus de sérieux en venant en masse. Un proverbe africain dit "Pour qu'un enfant grandisse, il faut tout un village" mais un autre nous alerte que "Une pirogue n'est jamais trop grande pour chavirer". A bon entendeur, bon week-end !

386 lecteurs le jour d'édition

02 février 2009

Musée d'Orsay

Une petite série de clichés pris avec un téléphone portable au musée d'Orsay, ce samedi 31 janvier. De ce musée, je ne connaissais que ce grand hall. Cette première visite est une agréable surprise : le musée, sur plusieurs niveaux, propose de nombreuses salles où sont exposées des œuvres de différents styles et différentes époques dont certaines sont très connues. Il y a aussi bien des peintures, que des sculptures ou des objets de décoration. Jusqu'au 1er février, une exposition "Les masques" présentait des masques à travers le temps mais pas de différentes zones géographiques. Rien du continent africain ou américain et très peu du continent asiatique. Ceci étant dit, j'y retournerai avec un vrai appareil photo.

387 lecteurs le jour d'édition

23 janvier 2009

Education à tous les étages

Allez, je vais faire un petit article polémique, ça anime et ça mange pas de pain. Pour cette fois, personne ne pourra me reprocher de ne pas connaître le sujet. J'ai comme beaucoup d'entre vous fréquenté les établissements scolaires, et de plus j'ai travaillé dans un collège et un lycée. J'ai donc vu des deux côtés de la barrière, alors pouet pouet camembert.

Xavier Darcos vient donc alimenter la longue liste de ces ministres réformateurs qui se sont heurtés aux équipes éducatives et aux élèves. Sa nouvelle réforme ne plait pas. Est-ce qu'un jour les réformes de l'Education nationale plairont ? Fort heureusement, au cours des siècles, tout n'a pas été contesté. Naissance des petites écoles mixtes fin du Moyen Age, écoles de charité et collège au XVIè et XVIIè siècle, création du primaire, du secondaire et du supérieur en 1793, le Directoire établit la gratuité partielle dans les écoles primaires, création des lycées en 1802 et des Académies en 1808, enseignement obligatoire en 1882, séparation de l'Eglise et de l'Etat en 1905, gratuité, sont des exemples de petites révolutions qui ont façonné petit à petit le paysage éducatif et qui ont permis à tous d'accéder à l'enseignement.

Mais depuis quelques décennies, les réformes sont difficiles à faire passer et les ministres qui se sont succédés n'ont réussi qu'à marquer leur passage par de petites touches, mais qui ne métamorphosaient pas tout le système. Ce fut plus des transformations pratiques et d'organisation plutôt qu'une refonte totale du système : groupe de niveau en 6è et 5è, réduction des heures de cours de 1h à 50 mn, aménagement de l'horaire hebdomadaire sous Monory, retouche des programmes, des matières et des vacances, organisation du Bac en 3 séries sous Bayrou, carte scolaire, etc. Vous me trouvez réducteur, mais je voulais par cette liste faire refléter le type de changement qu'à connu l'Education nationale depuis les années 80.

Rien ne peut être fait en profondeur sans que cela fasse descendre dans la rue des milliers de personnes. On retiendra bien sûr les années Claude Allègre et sa volonté de remettre à plat le système, qui s'est heurté à un mur de protestation, ce qui l'a obligé à démissionner. Evidemment, on peut aussi faire comme Jack Lang, dont l'opinion favorable est inversement proportionnelle à son action, qui a caressé tout le monde dans le sens du poil, a affiché un sourire commercial pendant toute les durées de ses ministères. Ces deux extrêmes pour appuyer le fait qu'il doit bien exister un juste milieu pour satisfaire le gouvernement et les enseignants, dans le but de mettre au cœur de nos soucis le bien-être de l'élève, son éducation et son avenir.

Notre Ecole reste l'une des plus complètes et performantes au monde mais il est nécessaire de l'ajuster pour la pérenniser. Chaque camp, politique et éducatif, doit absolument lâcher du lest pour arriver à un compromis. Il est plus agréable d'écouter un carillon plutôt qu'un son de cloche.

629 lecteurs le jour d'édition

15 janvier 2009

Lève-toi et marche

Non, mon article n'a absolument rien à voir avec la Bible. C'est simplement un clin d'œil en jouant sur les mots : "Lazare, lève-toi et marche". Quoique, avec les problèmes de transport, les gens vont finir par rentrer à pied chez eux.

Les Unes des journaux ont toutes résonné d'une seule voix. La fermeture de la gare Saint-Lazare a surpris et exaspéré les gens qui pensaient rentrer chez eux sans encombre. Cet arrêt de travail soudain est la goutte qui a fait déborder le vase. Alors qu'une grève de plusieurs semaines venait de prendre fin, un conducteur se fait rouer de coups par six jeunes en état d'ébriété. Le conducteur était sorti pour réarmer une alarme qui s'était déclenchée. Réaction immédiate de ses collègues par une grève surprise de contestation. D'après la loi, il est serait désormais possible de reprendre une grève après l'avoir cessé. Les syndicats ont donc profité de cette disposition. C'est sûr qu'il serait plus simple si les salariés faisaient grève pendant leurs congés.

Ceci étant dit, fallait-il fermer la gare et laisser des centaines de voyageurs dehors dans le froid ? Soyons objectifs et imaginons la scène. La gare restée accessible, les personnes seraient entrées au fur et à mesure qu'elles arrivaient et la gare se serait ainsi remplie petit à petit. Beaucoup de monde à l'intérieur et du monde qui aurait petit à petit envahi les quais, ne pouvant pénétrer dans les trains fermés. Peut-être certaines personnes auraient tenté de pénétrer dans les wagons, forcer les portes ou briser les vitres. En gare Saint-Lazare, les quais ont une largeur confortable mais avec du monde, ils deviennent vite étroits. Une bousculade pourrait provoqué des chutes voire même des chutes sur les voies : chevilles foulées, jambes cassées, voire pourquoi pas traumatismes crâniens. On peut tout envisager. Sans compter les voyageurs énervés sur le personnel de la gare présent sur place. De toute façon, que les gens aient attendu dehors ou dedans, cela ne changeait rien puisque aucun train ne partait !

La SNCF a la guigne depuis quelques temps entre sabotages, pannes électriques, incidents de caténaires et intempéries, la situation est quelque peu délicate à gérer. Sans compter les problèmes du site de réservation (géré par une société extérieure) qui plante plus souvent depuis sa refonte. Avec tous ces soucis internes, la SNCF sera-t-elle en mesure de faire face à la concurrence qui va débarquer dès 2010 pour les liaisons internationales et 2017 pour les liaisons nationales ? Elle a pourtant un coup à jouer avec le yoyo que subit le prix du litre de carburant et la crise financière. Le train reste le moyen le plus économique et plus écologique d'où une hausse constante du trafic et du nombre de voyageurs. Il va falloir absorber et gérer cette affluence avec le même réseau.

D'aucuns souhaitent la privatisation de la SNCF espérant ainsi cesser les arrêts de trafic, et notamment les grèves qui représentent environ seulement 1 à 2% des interruptions. Une société gérée par des actionnaires soucieux de leurs deniers pourra-t-elle proposer une continuité de service sûr et sans accroc ?

658 lecteurs le jour d'édition

11 décembre 2008

Quelque chose en plus au moins

Hier soir, j'ai pris une grande claque dans la gueule en zappant par hasard sur France 2. L'émission Ca se discute présentée par Jean-Luc Delarue avait pour sujet "Comment évolue notre regard sur les trisomiques ?". C'est étonnant comme nos petits soucis peuvent paraître si insignifiants après tous ces témoignages.

Pour les parents qui apprennent qu'ils vont ou qu'ils ont donné naissance à un enfant atteint de ce handicap, c'est un grand choc. C'est autre chose que le jour où votre adolescent vous fait part de ces orientations et choix de vie contraire à vos principes ou qu'un train en retard de cinq minutes. L'arrivée d'un enfant handicapé au sein du foyer implique de nombreux sacrifices. C'est un combat de tous les jours pour faire accepter la différence parmi les proches mais surtout dans la société. Eviter que son enfant intègre des écoles spécialisés ou des centres d'insertion professionnels spécifiques est vital pour l'enfant car il se développera plus facilement et gagnera en autonomie s'il se trouve au milieu d'enfants dits "normaux". Les parents se battent pour éviter une marginalisation.

Alors, au début ce n'est pas simple, il y a ce phénomène naturel de rejet qui peut survenir. On peut se demander s'il ne serait pas mieux de le placer dans une famille d'accueil, voire même de l'abandonner comme l'a expliqué Carine, cette maman infirmière qui souhaitait tellement un enfant parfait et qui a eu des pensées très dures après la naissance de son petit Antoine. Mais elle a su écouter et réfléchir et après de longues années de patience et persévérance, maintenant elle est fière de lui. Aussi étonnant que cela puisse paraître, il existe des personnes qui choisissent d'accueillir un enfant trisomique comme ces parents qui cherchaient à adopter après avoir eu quatre prématurés, dont les problèmes de santé ont été difficiles pendant des années. Comme nous l'explique la mère de famille, accueillir la petite Marie-Alyre a été voulu (pas au début de leur démarche) parce qu'il lui semblait que ça allait être plus facile que ce qu'elle avait connu auparavant avec ses enfants naturels. Quelle leçon de tolérance et de générosité.

Mais qui sont ces jeunes personnes dont le poids du handicap leur met tant de bâtons dans les roues pour vivre normalement ? J'ai été frappé par le témoignage d'Aymeric. C'est peut-être bête ce que je vais dire mais l'image que je me faisais des trisomiques était à des années-lumière de ce que j'ai vu dans cette émission. Bien sûr, il y a plusieurs niveaux de trisomie. Aymeric vit chez sa mère, certes, mais il parait tellement normal ! Il arrive même à consacrer du temps à sa passion en ayant tourné dans un court-métrage avec Marie-Christine Barrault. Quand il s'exprime, son handicap est à peine perceptible. D'ailleurs, Jean-Luc Delarue l'a beaucoup questionné pour montrer combien il n'avait rien de différent avec nous.

Et puis, il y a ce couple qui nage en plein bonheur, Morgiane et François. Fiancés, ils prévoient de se marier en juillet 2009, si d'ici la fin de l'année, ils n'ont pas changé d'avis. Car ils se sont donnés un temps de réflexion. Elle travaille, lui cherche, elle vit seule dans son appartement. Ils souhaitent donc fonder un foyer comme tout à chacun.

Comme l'a déclaré je ne sais plus qui, la trisomie c'est un chromosome en plus mais ce n'est pas quelque chose en moins. Ils donnent en effet beaucoup. On devrait d'ailleurs les copier. Ils sont spontanés, expressifs et distribuent de l'amour à leurs proches et à ceux qui prennent la peine d'être leurs amis. Ils ne calculent rien, tout est vrai. A côté, nous semblons handicapés par des peurs et des préjugés, des barrières inutiles.

Alors, évidemment, il ne faut pas se précipiter vers un trisomique pour se donner bonne conscience et collectionner ces amis comme on collectionne les fèves et avoir ainsi son petit trisomique chez soi. Si vous voulez faire de l'humanitaire, aidez les Restos du cœur par exemple. Non, c'est à l'occasion. Si un voisin, par exemple, présente ce handicap, engagez la conversation, prenez les devant spontanément. Une réelle amitié peut naître et pourquoi pas changer votre vie comme cette femme dépressive qui avait regardé l'émission il y a six ans et qui l'est beaucoup moins aujourd'hui. Malgré le poids de leurs problèmes et des ennuis de santé liés à ce handicap, ces personnes sont toujours souriantes et dynamiques.

Soyez donc prêts à donner et n'ayez pas peur de recevoir autant, sinon plus, en échange.

445 lecteurs le jour d'édition

14 octobre 2008

Sondage, une question de points de vue

Les sondages sont omniprésents dans notre société. Tous les jours, les panels sont interrogés sur tous les sujets, qu'ils soient d'actualité ou non. Les panels censés être représentatifs de la population, c'est des gens comme vous et moi. Avec des calculs savants et combinés, on arrive aujourd'hui à donner l'avis de 63 millions de personnes en interrogeant seulement quelques centaines ou milliers d'entre nous. Les sondages sont beaucoup décriés par moment mais ils sont inévitables.

En ce qui nous concerne, nous simples mortels, les sondages n'ont pas plus d'intérêts que ça. Savoir que 67 % des Européens voteraient pour Obama (lu dans Metro), que 41 % des Français sont favorables à l'action du président Sarkozy (36 % chez Tns-Sofres) ou que 71 % des Français pensent que les politiques se préoccupent ou pas de ce que pensent les Français, ne sont que des résultats qui confortent un ressenti, des sondages qui ne portent pas à conséquence.

Il y en a parmi nous pour qui les sondages sont des prétextes ou des échappatoires : les politiques. Lors des élections, ils vont déclarer, à droite comme à gauche, qu'il faut être prudent et qu'ils ne reflètent pas la réalité du résultat final. On s'arrange avec, on fait parler les chiffres pour les retourner en sa faveur. Par exemple, quand on dit que 10 % de personnes voteraient pour untel, untel va analyser que c'est dû à une inquiétude et que ce n'est qu'un sondage, alors que si c'était 60 %, untel dirait que les personnes interrogées veulent du changement. Bref, on reste toujours positif.

Alors pourquoi faire des sondages ?

Déjà, ça donne du boulot à des milliers de personnes. Les instituts, forts de leur réseau, travaillent continuellement et envoient leurs interviewers sur le terrain. Chez Tns-Sofres, c'est 1 700 permanents (pour un groupe mondial de 13 000 collaborateurs), chez Ipsos, c'est 580 permanents et chez Ifop je n'ai pas trouvé de chiffres. Tout ce microcosme d'hommes et de femmes qui quêtent représente un énorme tissu socio-économique.

Ensuite, s'il y a des sondages en masse, c'est qu'il y a des demandes. Des entreprises comme des collectivités font appel à ces instituts pour mieux préparer demain et réagir. On lance un produit ou une mesure à la condition que la majorité est favorable. Dans ces cas, les sondages peuvent être déterminants. Mais, en matière d'avis humain, ce qui est vrai un jour peut l'être faux le lendemain. Il ne faut pas oublier que le résultat d'un sondage correspond à une réalité à un instant T.

Enfin, on fait des sondages parce que, malgré tout, nos élus et nos gouvernants aiment ça. Ils peuvent s'en servir comme outil de travail ou d'argument à l'instar de Christine Boutin qui va défendre au Sénat son projet de modification de loi sur les 20 % de logements sociaux en mettant en avant que 84 % des Français y sont favorables d'après le CREDOC. Ou comme un résultat de 52 % des Français favorables à l'ouverture des commerces le dimanche permettrait au gouvernement d'accélérer l'assouplissement des règles d'ouverture des magasins.

On le voit bien, avec les sondages, c'est "je t'aime moi non plus". Ceci étant dit, on ne peut rien reprocher aux sondages. Comme l'a déclaré Laurence Parisot du groupe Ifop, "Par définition les sondages ne se trompent jamais, car ils n'ont pas vocation à prédire".

510 lecteurs le jour d'édition

05 septembre 2008

Je voye, tu voyes, il voye…

Rien que de lire le titre de l'article, ça ne vous fait pas mal aux yeux ou aux oreilles comme une craie qui raye un tableau ?

J'ai encore entendu ce genre de faute de français aujourd'hui : "qu'ils le voyent". C'est affreux d'entendre ça. Ca fait mal à mes oreilles. Dommage qu'il n'y ait pas un correcteur orthographique oral comme il en existe un sur l'ordinateur, qui souligne en rouge ce qui ne va pas ou alors qui donne une baffe comme dans le film Les sous-doués. Pourquoi est-ce que beaucoup de gens s'obstinent à conjuguer voir ou être au présent en disant "il voye", "il soye" ou alors "ils voyent" ou "ils soyent". Ca n'a pas l'air de déranger grand monde vous me direz, parce que même des gens bien placés dans la société commettent la même erreur. Mettez-vous bien ça dans la tête une bonne fois pour toute : "voye(nt)" et "soye(nt)" n'existent pas !

SUBJONCTIF PRESENT
que je voie
que tu voies
qu'il voie
que nous voyions
que vous voyiez
qu'ils voient

J'en profite pour rappeler que "espèce" est féminin, on dit "une espèce d'andouille" aussi bien que "une espèce d'idiot" !
:D

Allez, je vous laisse, j'ai un peu de ménage à faire.

Nombre de lecteurs indéterminable, l'article est lu tous les jours

 
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