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28 juin 2012

Hollande, l'autre pays du langage

Après les arrêts aux feux rouges du candidat fraîchement élu, de ces voyages en train, la foudre sur l'avion à destination de Berlin, des accrochages avec son ex et sa nouvelle compagne, voilà que les gardes du corps de François Hollande oublient la valise qui contient leurs armes au sommet de Rio. On nous avait promis le changement, je crois que c'est réussi. Une nouvelle façon de présider, de se comporter et de faire des boulettes. Il ne manquerait plus qu'une mauvaise entente avec la chancelière allemande et le paquet sera complet. En revanche, contrairement à Nicolas Sarkozy qui faisait parler de lui tous les jours, notre ami François ne fait parler de lui que... tous les jours.

Le candidat Hollande, ne nous avait-il pas promis une présidence différente, responsable, sobre et exemplaire ? Il voit finalement combien il est difficile d'être un président normal. Il y a des impondérables liés à la fonction, on ne peut pas se déplacer normalement, on ne peut pas participer à des sommets normalement, on ne peut pas s'exprimer normalement, on ne peut pas gérer le quotidien et le futur normalement. Je crois que les Français sont tout à fait capables de comprendre qu'il doit être protégé, qu'il doit se déplacer en avion, qu'il ne doit pas s'arrêter au feu rouge, qu'il doit être escorté. Bref, qu'il doit être un président.

Je crois que tout ce que les Français attendent de lui avant tout, c'est d'appliquer la plus grande partie possible de son programme annoncé pendant la campagne et on pourra lui pardonner son train de vie et ses consommations de kérosène.

21 juin 2012

Sarko comment ?

Comme je l'avais prédit à maintes reprises, les ténors de l'UMP se bouffent le nez suite à la déroute. Chacun tente de tirer la couverture à lui, c'est pathétique. Pendant des années ils nous ont fait la grande scène du rassemblement et du "tout le monde s'aime" et aujourd'hui, c'est à celui qui passera devant. Pourquoi alors avoir fait semblant d'être en accord tout ce temps ? Pourquoi s'être comporté comme un robot avec Nicolas Sarkozy et dire amen à tout ce qu'il disait et faisait ? Le chef n'a pas toujours raison et quand il dit une connerie, il faut lui dire. C'est vrai qu'en cas de victoire aux présidentielles, il valait mieux s'être comporté comme un enfant sage avec lui pour avoir une chance de gagner un ministère. Mais la déroute était annoncée. Toutes ces mauvaises décisions, tous ces passages en force des lois, tous ces discours ambigus. Au travers de l'UMP, je m'en prends à tous les partis car tous procèdent de la même façon. Tant que le chef est au sommet, on la ferme et on obéit, mais dès qu'il chute on le lynche et on veut prendre sa place. Les partis politiques sont remplis d'ambitieux. Quand Jospin a quitté la politique, tous les éléphants se sont déchirés pour prendre la suite. Quand Chirac a pris sa retraite, ce fut aussi la bataille. Maintenant que Sarkozy n'est plus incontestable, ils le mettent sur le côté. Vous verrez, quand Hollande ne sera plus président, on vivra à nouveau des joutes politiques ennuyeuses et navrantes. Heureusement qu'hier soir, France 3 diffusait les Chorégies d'Orange. C'était magnifique. Voilà un vrai rassemblement.

13 juin 2012

Dupeurs et tremblements électoralistes

Je la trouve bizarre cette campagne électorale des législatives. Heureusement que ça ne dure qu'une semaine entre les deux tours.

La Première dame qui se fend d'un commentaire qui va à l'encontre du parti de son mari et donc peut-être de la prochaine majorité à l'Assemblée. A se demander si elle n'opère pas un acharnement en direction de l'ancienne compagne de François Hollande, à croire qu'elle a une dent contre elle. Ce n'est pas le premier clash entre ces deux femmes. En même temps, on ne peut pas plaire à tout le monde et puis elle est libre de ses pensées.

Ensuite, ce qui me rend plus perplexe c'est le jeu des alliances et des consignes de vote. Les candidats qui clamaient avant le second tour leurs valeurs, leurs attachements à leurs convictions, et bla bla bla, retournent facilement leur veste pour de la cuisine politicienne. Des personnes de gauche qui appellent à voter contre le FN, donc pour le candidat de droite. Des personnes de droite qui appellent à voter contre le FN, donc pour la gauche, contrairement aux directives de la direction du parti qui a décidé d'appliquer le "ni ni". Des personnes de droite qui appellent les voix des électeurs du FN pour leur candidature, comme Nadine Morano. Le FN qui établit une liste noire de candidats à faire battre. L'exemple médiatisé est celui de Longjumeau. Marine le Pen appelle ses électeurs et sympathisants à voter pour le candidat socialiste.

Bref, nous assistons une fois de plus à des tactiques à deux balles, à des comportements de basse fosse. Comment ne pas dérouter les électeurs avec tout ça ? On peut comprendre aisément qu'il y a de quoi perdre sa foi si son candidat appelle soudainement à voter pour l'extrême droite. De même, qu'un adhérent de la vague bleue marine doive soudainement opérer un revirement et voter à gauche alors qu'il était en tout point en d'accord avec un programme contraire à celui du parti socialiste : le vote des étrangers par exemple. Le microcosme politique nous démontre une fois de plus que tout ça c'est du spectacle.

Comment faire pour croire qu'avec ce nouveau président, le changement c'est maintenant si tous les perdants du premier tour change de direction comme une girouette. L'extrême-droite, qui dénonce depuis des années le bipartisme et l'UMPS (autrement dit le "blanc bonnet, bonnet blanc"), est en train de rentrer dans le jeu et dans le rang en contribuant à la survie de cette règle de l'alternance. Autre interrogation, concernant Jean-François Copé, que je n'aime pas, je vous le dis tout simplement, il est faux et sournois, comment peut-il comparer le Front national et le Front de gauche alors que l'un est raciste et l'autre pas ?

Franchement, ces législatives sont vraiment bizarres. Nous n'assistons pas à une campagne en bonne et due forme mais à un combat de Gaulois digne d'un album d'Astérix. Sauf que dans la bande dessinée au moins on se marre.

12 juin 2012

Gauche, droite, gauche, droite...

La politique a encore bien dominée la soirée de lundi. On ne pouvait échapper aux commentaires et aux débats de l'après tour d'élection. Mais ce qui me frappe le plus c'est non seulement un parti d'extrême droite qui tient une certaine position (ce qui m'inquiète), même cela ne concerne que peu de sièges à l'Assemblée, mais, on le voit encore cette année, c'est aussi sortir du clivage droite-gauche. Le combat que donne François Bayrou est un vrai parcours du combattant. A chaque fois, il prend des risques, surtout pour lui, de perdre un siège. C'est de l'entêtement à ce niveau. Depuis au moins 2007, où il avait faillit faire tourner l'élection à son avantage, il clame que la France ne doit pas être le monopole de deux partis, mais de tous. Quand je vois où ça le mène et les claques qu'il prend dans la figure je me demande si un jour le clivage historique cessera.

Sommes-nous condamnés à alterner entre deux grandes formations politiques ? Si vous réfléchissez cinq minutes, vous constaterez que vous êtes nés sous la droite ou la gauche et que vous quitterez cette terre sous la droite ou la gauche. Notre quotidien se résume à une marche sur deux pieds. Les électeurs sont-ils si peu rassurés par cette vision d'un rassemblement multicolore qu'ils préfèrent voter utile ? Après tout, à leur création, la gauche et la droite étaient de modestes rassemblements, qui se sont construits petit à petit, qui ont grandi année après année. Convaincre et donner confiance est un travail laborieux de longue haleine. Encore faut-il que les électeurs osent.

Mais l'un des gros soucis dans les élections, c'est les indécis. Jusqu'à la dernière minute, ces personnes tanguent, changent d'avis, doutent. Au final, ils donnent leur voix au candidat dont le parti a déjà fait ses preuves. Mais quelles preuves ? J'ai voté une fois pour le Centre car j'avais été convaincu. Et puis, je me suis fondu dans la masse, je n'ai plus recommencé, la peur de l'inconnu peut-être. En même temps, on se dit que les politiques n'ont pas un pouvoir étendu, qu'ils sont manipulés, et que c'est blanc bonnet bonnet blanc. Mais qu'en savons-nous ?

En tout cas, ça ne sera pas pour cette année. L'Assemblée nationale sera dominée par le rose et par le bleu une fois de plus. Il y a cinq ans c'était comme ça, dans cinq ans, ce sera pareil.

24 mai 2012

La politique est une question de rebondissements

La politique est une question de rebondissements en tout genre : savoir repartir sur de nouvelles bases, savoir se relever après une chute cuisante, surprendre le reste du monde là où il ne vous attend pas.

Le nouvel ex-Premier ministre, libre de tout mouvement et de parole, dévoile enfin au grand jour ses ambitions. Resté cinq ans à Matignon, pieds et poings liés par Nicolas Sarkozy qui avait ainsi bridé un éventuel adversaire à la Présidentielle, il part à l'assaut de tous les postes et sièges qui s'offrent à lui. Mais s'il pensait qu'occuper la rue de Varenne était difficile, il va voir que convoiter le suffrage et combattre ses propres amis n'est pas une partie de plaisir. Loin de là.

Le clou du spectacle sera sans doute son affrontement avec Jean-François Copé. Voilà un homme qui en a gros sur la patate. Après la défaite de son camp le 6 mai, il tire à boulets rouges sur les nouveaux membres du gouvernement et sur le président. C'est de bonne guerre après tout, c'était encore la situation inverse il y a quelques semaines quand les éléphants du Parti socialiste n'avaient de cesse de critiquer le pouvoir de l'époque et la majorité qui se tenait derrière. Maintenant, avec le jeu séculaire de l'alternance, l'UMP se trouve dans la position inconfortable de l'opposition.

Alors, ils s'en donnent à cœur joie à droite. Nadine Morano qui réclame une démission dès qu'une affaire judiciaire apparaît au grand jour, Jean-François Copé qui accuse François Hollande de guignol et d'incompétent pour gérer le pays et s'imposer sur la scène internationale. Ils ont vraiment du mal à digérer. Mais n'est-ce pas eux qui déclamaient à qui voulait les entendre qu'il fallait rassembler tous les Français au-delà des partis, se rassembler pour le pays, dans un esprit républicain ? De la théorie à la pratique il y a un gouffre que même des pluies diluviennes auraient du mal à combler.

Drôle de conception de la politique. Entre un groupe à gauche qui va avoir du mal à s'entendre pour les législatives et un groupe à droite qui va s'opposer bêtement pendant cinq ans tout en essayant de ne pas être attiré par un extrême de plus en plus présent, je crois que l'on va encore passer de bons mais pathétiques moments de joutes partisanes. Les fauves sont à nouveau lâchés, les arènes sont prêtes, prenez vos cornets à pop-corn et comptez les points.

Je suis sûr d'une chose, c'est que tout ce spectacle navrant se fera au détriment des spectateurs et que François Fillon prépare déjà le terrain pour 2017, trop content de ne plus avoir le retraité bling-bling dans ses pattes.


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22 mai 2012

A la cour républicaine

Il y a une semaine exactement, François Hollande prenait officiellement les rênes du pouvoir après une longue et dure bataille. Proclamé par le président du Conseil constitutionnel, le nouveau président était entouré de ses vrais amis, de ses amis politiques et de divers invités triés sur le volet.

Quelle image ai-je gardée de cet évènement éminemment protocolaire ? Que ce fut extrêmement solennel, que tout était réglé au millimètre et que toutes les étapes étaient retransmises à la télévision. Une belle cérémonie.

Mais j'y ai vu bien d'autres choses moins florissantes. Un chef d'Etat traité comme un roi, entouré de tous ces courtisans, fébriles et excités de serrer ou d'embrasser le souverain, privilégiés d'être au premier rang derrière le cordon rouge. Il fallait surtout être là pour se rappeler au bon souvenir du chef de l'Etat au cas où la liste des membres du gouvernement n'était pas tout à fait arrêtée. Certes, cette liste est réfléchie depuis des mois, mais rien n'empêche d'y apporter une modification de dernière minute, surtout si l'un des heureux élus se désistent. C'est donc le moment ou jamais de toucher l'idole.

Bref, une vraie démonstration de faillotages en bonne et due forme. Certains par ailleurs éprouvant le besoin de montrer aux autres qu'ils étaient très proches en lui parlant alors qu'il était passé aux personnes d'à-côté ou en se montrant aux endroits médiatiques et stratégiques. Que l'on aime ou pas l'ancien président Nicolas Sarkozy, les différences étaient flagrantes : c'était davantage familial.

Finalement, les Français, même s'ils ont aboli la monarchie et les privilèges il y a quelques siècles, ils ne peuvent s'empêcher de se comporter comme des courtisans en mal de passe-droits. Tous les sacrifices de la Révolution ont servi à rien. Je ne suis pas nostalgique de cette période puisque je ne l'ai pas connu mais force est de constater qu'aux plus hauts niveaux de notre société, les personnes n'hésitent pas à se prendre pour des princes ou des marquis tout en s'époumonant "je suis un Républicain".

21 mai 2012

Un drachme en trois actes

1er acte, les mesures économiques. En quelques mois, les partenaires européens et les Institutions européennes imposent aux Grecs des mesures d'austérité drastiques. Après dix plans, le pays n'a toujours pas sorti la tête de l'eau et s'enfonce jour après jour dans les profondeurs. Il faut dire que la dette est colossale et avale le peu de PIB subsistant. Gel ou non versement des salaires, vente du patrimoine plusieurs fois millénaire, bradage des entreprises publiques, tout y passe. En parallèle, le pays parvient à se faire effacer des parties d'ardoises mais dont les effets semblent se disperser. L'argent n'arrive pas à entrer dans les caisses de l'Etat et les économies demandées n'arrivent pas.

2ème acte, la situation politique. Depuis les élections législatives, le président grec ne réussit pas à retenir un chef de gouvernement qui ne reste même pas une journée en place faute de pouvoir réunir un gouvernement de rassemblement. Personne ne s'entend et surtout personne ne se met d'accord sur les mesures à prendre pour sauver les Grecs de la faillite qui menace. Des élections sont réorganisées pour le 17 juin mais sans certitude sur une possible stabilité politique. Ces élections se transforment en un référendum pour une sortie de la zone euro.

3ème acte, la panique des habitants. Les Grecs, craignant pour leurs maigres économies, se précipitent chaque jour aux distributeurs pour retirer leurs ressources. Ils sont inquiets, on peut les comprendre. Comment peut-on avoir confiance en son propre pays si celui-ci n'assure pas un minimum. Comment ne pas être inquiet quand des déclarations de hauts responsables évoquent la banqueroute ? Ce sont des centaines de millions, voire des milliards, qui sont sortis régulièrement des banques malades, fragilisant encore plus la situation de ces dernières.

Alors quel sera le prochain acte ? Celui de la sortie de la zone euro ? Cet acte n'est pas encore joué mais il pend au nez et à la barbe des statues d'Aristote ou de Socrate. Faut-il revenir à une monnaie nationale afin de repartir sur une base saine. Il est vrai qu'une sortie de l'euro permettrait en premier lieu de déclarer le pays en faillite et de ce fait d'effacer purement et simplement la dette. Ensuite, cela permettrait de proposer une monnaie dévaluée et de réactiver l'activité économique. Une monnaie faible attire les investisseurs, les entrepreneurs mais aussi les touristes. Le dernier exemple est l'Argentine qui a pu repartir du bon pied et après quelques années, connaître à nouveau la stabilité économique. Mais l'Argentine n'est pas la Grèce.

Le problème est que cette sortie de l'euro coûterait cher aux autres Etats : rien que pour la France, les spécialistes avancent un coût de mille euros par Français. Mais combien coûterait un maintien dans la zone à long terme ? Il y a en outre les traités et les accords qui nous lient tous : chaque Etat membre de cette zone euro ne doit pas laisser tomber un autre Etat membre. C'est la solidarité qui joue.

Comme on peut le voir, et pas besoin d'être un expert en économie ou en géopolitique pour le comprendre, la situation de la Grèce est complexe et son avenir influencera notre avenir. Les prochaines décisions seront des plus importantes et graves : soit elles redonnent confiance et refont partir la machine, soit elles sonnent le glas et la fin de la partie.

16 mai 2012

Deux petits tours et puits sans fond

Voilà, maintenant Nicolas Sarkozy n'est plus notre président mais un ancien président parmi tant d'autres. Vivant de plus en plus vieux et le mandat étant court, à ce rythme le Conseil constitutionnel manquera de chaises dans cinq ans. Il fait partie désormais des sages et obtient en même temps le statut très convoité d'ancien président. Oui, un statut. Je n'ai pas peur d'employer ce terme.

Que remarque-t-on à chaque fois que l'élu quitte le palais de l'Elysée ? Il devient soudainement plus sympathique. Ce fut flagrant avec Jacques Chirac qui n'a jamais été autant aimé depuis qu'il ne fait plus de bêtises au pouvoir. Il a même été regretté lorsque son successeur Nicolas Sarkozy a pris sa place et plus encore après un an ou deux de réformes impopulaires de celui-ci. Mais voilà maintenant ce dernier subit le même sort. Ces derniers jours, il nous est apparu comme par magie plus humain, davantage digne d'occuper la fonction. Il est devenu présidentiable ! J'avais presque de la peine à le voir partir, c'est vous dire. C'est tout juste si on oublie ce qui s'est passé avant.

Arrêtons-nous un instant sur le cas Charles de Gaulle. Aujourd'hui, tout le monde le prend en référence, en modèle. De Gaulle par ci, de Gaulle par là, et voilà qu'untel de droite est gaulliste, qu'untel de gauche est gaulliste. Bref, le créateur de la cinquième république passe presque pour un saint. Mais, dans la réalité, est-il si exempt de taches ? N'y a t'il pas ça et là quelques sombres affaires ou maladresses de sa part ?

Quant à Valéry Giscard d'Estaing, dont le mandat est mainte et mainte fois moqué, il n'est pas épargné non plus par un regain de sympathie alors que l'affaire des bijoux de Bokassa refait de temps en temps surface sous forme de plaisanterie. Il est maintenant très apprécié pour ces analyses politiques et économiques aussi bien au niveau national que sur la scène internationale. Son avis vaut quasiment parole d'évangile auprès des journalistes et autres analystes politiques. Cela a été très marquant pendant les évènements européens, les frasques du couple franco-allemand ou le début de la crise économique.

Au vu de tout ça, je pense au final que le Français n'est pas aussi intolérant que l'on veuille bien nous faire croire. Il aime râler ou polémiquer mais c'est pour se donner de la constance et prouver que nous sommes en République. Cela fait partie de la bonne marche de la démocratie. Mais tout ça c'est du spectacle. Le Français finit par éprouver de la sympathie sinon de l'empathie aux grands retraités de ce monde. Le Français est un bon vivant qui s'intéresse toujours au côté prestigieux, voire "people", de la fonction de président de la République. Le Français est friand d'anecdotes et aime voir nos anciens élus comme des humoristes en herbe.

C'est aussi bien comme ça : gardons une bonne image de ceux que l'on a aimé détester car ça leur permet d'entrer dans la postérité, le but ultime de ces hommes.

15 mai 2012

Des Roses, des Verts, des Rouges et des Bleus en poste ministériel

Cela fait des mois qu'ils se préparent tous à investir les salons dorés de nos ministères. Même s'ils nient tous en bloc, ils ne faut pas les croire. C'est des négociations à foison, commencées depuis des mois, qui se sont amplifiées depuis le 6 mai 2012. Alors, concrètement, qui va-t-on voir autour de la table du salon Murat le jeudi 17 mai à 10h30 ? Voilà qui je vois bien, par ordre alphabétique, les premiers ministrables étant mis en évidence en couleur.

Martine Aubry,
Clémentine Autin (qui soigne de plus en plus sa tenue vestimentaire...),
Jean-Marc Ayrault
,
Claude Bartolone,
Jean-Louis Borloo (silencieux depuis un moment et difficilement étiquetable),
Malek Boutih,
Jérôme Cahuzac (aux Finances),
Jean-Christophe Cambadélis,
Harlem Désir,
Aurélie Filippetti,
Benoît Hamon,
Robert Hue (qui est réapparu sur scène à la Bastille…),
Bruno Julliard (Jeunesse et/ou sport ?),
Anne Lauvergeon (pourquoi pas, elle s'est fâchée avec Nicolas Sarkozy !),
Arnaud Montebourg,
Pierre Moscovici (aux Affaires européennes ou à l'étranger),
Vincent Peillon (à l'Education),
François Rebsamen (mais voudra-t-il quitter sa mairie de Dijon ?),
Marielle de Sarnez,
Michel Sapin (que les journalistes voient même à Matignon),
Claude Serillon (à la Culture),
Najat Vallaud-Belkacem,
Manuel Valls (à l'intérieur),
Hubert Védrine (une pointure au niveau international),
Rama Yade (outsider).

Concernant le Front de Gauche, leur présence dans un gouvernement est difficile à deviner. Ils veulent garder cette image de résistance, leur indépendance et leur liberté de parole qu'ils savent bridée dans un ministère. Et puis, cela dépend beaucoup des résultats des législatives.

Concernant François Bayrou, je doute qu'il veuille donner l'impression d'avoir négocié son vote en échange d'un poste. D'ailleurs François hollande l'a déclaré. C'est un homme qui préfère garder son indépendance et de toute façon cela alterait l'image lisse d'homme sans reproches que veut se donner le nouveau président.

Concernant les Verts, on sait qu'il y en aura un ou une. S'agira-t-il d'Eva Joly ? De Cécile Duflot ? De Jean-Vincent Placé ? Voire même de Dominique Voynet ou Noël Mamère ? Tout est scellé avec le pacte qu'a passé cette formation politique pendant la campagne. Ce fameux "traité qui a tant fait polémique.

Quant à Jean-Paul Huchon, qui doit trop aimer sa région Ile-de-France, Ségolène Royal, qui vise le perchoir de l'Assemblée nationale, Anne Hidalgo, que l'on a pas vu pendant la campagne, Marie-Noëlle Lienemann, Elisabeth guigou et Catherine Trautmann, qui font trop rappeler les années 80-90 de Mitterrand, il est peu probable de les voir passer le perron de l'Elysée.

J'en ai sûrement oublié mais c'est ces noms là qui me viennent à l'esprit. Sachant que François Hollande a promis un gouvernement resserré et respectant la parité. J'espère en tout cas ne pas y voir Jack Lang, Henri Emmanuelli ou Laurent Fabius qui devraient se mettre en retraite, ils ont assez sévit ! Quelque soit le résultat final, c'est toujours marrant d'y mettre son grain de sel en jouant au pronostiqueur.

26 février 2012

Câlin, bisou, Poutou et compagnie

 J'ai ressenti un malaise en regardant Philippe Poutou sur France 2 ce 25 février dans l'émission de Laurent Ruquier On n'est pas couché. Le pauvre garçon se défendait avec acharnement contre les questions et les remarques de Natacha Polony et Audrey Pulvar. Mais soyons objectifs et honnêtes. Qu'est-ce qui justifiait un tel emportement de la part du candidat NPA à la présidentielle ?

On voyait bien que cet homme se croyait attaqué. Mais il est nécessaire je crois de replacer les choses dans leur contexte. Monsieur Poutou est, comme vous et moi, un amateur dans les média. Il n'est pas du tout habitué à s'exprimer devant les caméras. Il n'est pas du tout habitué à répondre à des questions de journalistes, des questions précises sur sa candidature, sur son programme et sur sa vision de l'avenir.

Ce qu'il a fait passer pour du mépris n'est qu'en fait que le reflet de son inexpérience. Juste avant lui était passé Dominique de Villepin, ancien ministre, ancien Premier ministre, et donc rodé face à cet exercice. Un homme d'Etat qui sait s'exprimer avec calme et sang froid. Un homme qui sait parfaitement trouver les mots pour dire sa pensée et son avis, qui a de la répartie. Donc, quand on l'écoute et quand on le voit, on voit un homme qui sait se défendre et qui résiste à la pression des contradicteurs.

Alors, évidemment, quand après, arrive un ouvrier qui n'en est qu'à son deuxième passage à la télévision, on ne peut qu'être mal à l'aise face à cet homme qui cherche ses mots et qui se sent agressé sans raison. Il ne répond qu'en s'énervant car, d'abord, il n'y a que comme ça qu'il arrive à faire passer ses idées et qu'il a besoin de dire tout ça avec élan sans être interrompu sinon il perd ses moyens. Ensuite, parce qu'il est sur la défensive et qu'il se sent méprisé, voire peut-être rabaissé, par des personnes avec un niveau social plus élevé, une culture plus large et une assurance plus affirmée.

Monsieur Poutou, ne voyez pas des ennemis partout. Ce n'est pas parce que mesdames Polony et Pulvar gagnent bien leur vie qu'elles sont forcément des méchantes et qu'elles essayent de vous enfoncer. Bien au contraire ! Par leurs questions concrètes, elles ont tenté de vous faire réagir, de vous réveiller pour révéler en vous le candidat. Je crois d'ailleurs qu'elles ont réussi étant donné que vous avez bien exprimé ce qu'est le NPA et comment il voit et règle les problèmes. Beaucoup mieux qu'à votre précédent passage pour lequel je me suis demandé ce que vous faisiez là alors que vous n'arriviez pas à répondre aux questions et que vous disiez même ne pas vouloir être candidat.

Vous devriez les remercier car je pense que grâce à leur méthode qui consiste à provoquer l'invité, vous vendrez plus d'exemplaires de votre livre d'une part, et que des millions de gens cernent mieux maintenant qui vous êtes et ce que vous prônez. Vous avez sans doute attisé la curiosité même si l'anticapitalisme que vous proposez pourrait freiner de nombreux électeurs. Je ne suis pas certain que beaucoup de personnes seraient capables de se prêter à un tel exercice. Devoir justifier tout ce que l'on dit, tout ce que l'on écrit. Il n'est pas du tout aisé d'argumenter et de prouver dans un langage clair avec des mots soutenus, bien choisis et sans ambiguïté.

Vous méritez un gros poutou Philippe !

 

 
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