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Politique

  • Hollande, l'autre pays du langage

    Après les arrêts aux feux rouges du candidat fraîchement élu, de ces voyages en train, la foudre sur l'avion à destination de Berlin, des accrochages avec son ex et sa nouvelle compagne, voilà que les gardes du corps de François Hollande oublient la valise qui contient leurs armes au sommet de Rio. On nous avait promis le changement, je crois que c'est réussi. Une nouvelle façon de présider, de se comporter et de faire des boulettes. Il ne manquerait plus qu'une mauvaise entente avec la chancelière allemande et le paquet sera complet. En revanche, contrairement à Nicolas Sarkozy qui faisait parler de lui tous les jours, notre ami François ne fait parler de lui que... tous les jours.

    Le candidat Hollande, ne nous avait-il pas promis une présidence différente, responsable, sobre et exemplaire ? Il voit finalement combien il est difficile d'être un président normal. Il y a des impondérables liés à la fonction, on ne peut pas se déplacer normalement, on ne peut pas participer à des sommets normalement, on ne peut pas s'exprimer normalement, on ne peut pas gérer le quotidien et le futur normalement. Je crois que les Français sont tout à fait capables de comprendre qu'il doit être protégé, qu'il doit se déplacer en avion, qu'il ne doit pas s'arrêter au feu rouge, qu'il doit être escorté. Bref, qu'il doit être un président.

    Je crois que tout ce que les Français attendent de lui avant tout, c'est d'appliquer la plus grande partie possible de son programme annoncé pendant la campagne et on pourra lui pardonner son train de vie et ses consommations de kérosène.

  • Sarko comment ?

    Comme je l'avais prédit à maintes reprises, les ténors de l'UMP se bouffent le nez suite à la déroute. Chacun tente de tirer la couverture à lui, c'est pathétique. Pendant des années ils nous ont fait la grande scène du rassemblement et du "tout le monde s'aime" et aujourd'hui, c'est à celui qui passera devant. Pourquoi alors avoir fait semblant d'être en accord tout ce temps ? Pourquoi s'être comporté comme un robot avec Nicolas Sarkozy et dire amen à tout ce qu'il disait et faisait ? Le chef n'a pas toujours raison et quand il dit une connerie, il faut lui dire. C'est vrai qu'en cas de victoire aux présidentielles, il valait mieux s'être comporté comme un enfant sage avec lui pour avoir une chance de gagner un ministère. Mais la déroute était annoncée. Toutes ces mauvaises décisions, tous ces passages en force des lois, tous ces discours ambigus. Au travers de l'UMP, je m'en prends à tous les partis car tous procèdent de la même façon. Tant que le chef est au sommet, on la ferme et on obéit, mais dès qu'il chute on le lynche et on veut prendre sa place. Les partis politiques sont remplis d'ambitieux. Quand Jospin a quitté la politique, tous les éléphants se sont déchirés pour prendre la suite. Quand Chirac a pris sa retraite, ce fut aussi la bataille. Maintenant que Sarkozy n'est plus incontestable, ils le mettent sur le côté. Vous verrez, quand Hollande ne sera plus président, on vivra à nouveau des joutes politiques ennuyeuses et navrantes. Heureusement qu'hier soir, France 3 diffusait les Chorégies d'Orange. C'était magnifique. Voilà un vrai rassemblement.

  • Dupeurs et tremblements électoralistes

    Je la trouve bizarre cette campagne électorale des législatives. Heureusement que ça ne dure qu'une semaine entre les deux tours.

    La Première dame qui se fend d'un commentaire qui va à l'encontre du parti de son mari et donc peut-être de la prochaine majorité à l'Assemblée. A se demander si elle n'opère pas un acharnement en direction de l'ancienne compagne de François Hollande, à croire qu'elle a une dent contre elle. Ce n'est pas le premier clash entre ces deux femmes. En même temps, on ne peut pas plaire à tout le monde et puis elle est libre de ses pensées.

    Ensuite, ce qui me rend plus perplexe c'est le jeu des alliances et des consignes de vote. Les candidats qui clamaient avant le second tour leurs valeurs, leurs attachements à leurs convictions, et bla bla bla, retournent facilement leur veste pour de la cuisine politicienne. Des personnes de gauche qui appellent à voter contre le FN, donc pour le candidat de droite. Des personnes de droite qui appellent à voter contre le FN, donc pour la gauche, contrairement aux directives de la direction du parti qui a décidé d'appliquer le "ni ni". Des personnes de droite qui appellent les voix des électeurs du FN pour leur candidature, comme Nadine Morano. Le FN qui établit une liste noire de candidats à faire battre. L'exemple médiatisé est celui de Longjumeau. Marine le Pen appelle ses électeurs et sympathisants à voter pour le candidat socialiste.

    Bref, nous assistons une fois de plus à des tactiques à deux balles, à des comportements de basse fosse. Comment ne pas dérouter les électeurs avec tout ça ? On peut comprendre aisément qu'il y a de quoi perdre sa foi si son candidat appelle soudainement à voter pour l'extrême droite. De même, qu'un adhérent de la vague bleue marine doive soudainement opérer un revirement et voter à gauche alors qu'il était en tout point en d'accord avec un programme contraire à celui du parti socialiste : le vote des étrangers par exemple. Le microcosme politique nous démontre une fois de plus que tout ça c'est du spectacle.

    Comment faire pour croire qu'avec ce nouveau président, le changement c'est maintenant si tous les perdants du premier tour change de direction comme une girouette. L'extrême-droite, qui dénonce depuis des années le bipartisme et l'UMPS (autrement dit le "blanc bonnet, bonnet blanc"), est en train de rentrer dans le jeu et dans le rang en contribuant à la survie de cette règle de l'alternance. Autre interrogation, concernant Jean-François Copé, que je n'aime pas, je vous le dis tout simplement, il est faux et sournois, comment peut-il comparer le Front national et le Front de gauche alors que l'un est raciste et l'autre pas ?

    Franchement, ces législatives sont vraiment bizarres. Nous n'assistons pas à une campagne en bonne et due forme mais à un combat de Gaulois digne d'un album d'Astérix. Sauf que dans la bande dessinée au moins on se marre.

  • Gauche, droite, gauche, droite...

    La politique a encore bien dominée la soirée de lundi. On ne pouvait échapper aux commentaires et aux débats de l'après tour d'élection. Mais ce qui me frappe le plus c'est non seulement un parti d'extrême droite qui tient une certaine position (ce qui m'inquiète), même cela ne concerne que peu de sièges à l'Assemblée, mais, on le voit encore cette année, c'est aussi sortir du clivage droite-gauche. Le combat que donne François Bayrou est un vrai parcours du combattant. A chaque fois, il prend des risques, surtout pour lui, de perdre un siège. C'est de l'entêtement à ce niveau. Depuis au moins 2007, où il avait faillit faire tourner l'élection à son avantage, il clame que la France ne doit pas être le monopole de deux partis, mais de tous. Quand je vois où ça le mène et les claques qu'il prend dans la figure je me demande si un jour le clivage historique cessera.

    Sommes-nous condamnés à alterner entre deux grandes formations politiques ? Si vous réfléchissez cinq minutes, vous constaterez que vous êtes nés sous la droite ou la gauche et que vous quitterez cette terre sous la droite ou la gauche. Notre quotidien se résume à une marche sur deux pieds. Les électeurs sont-ils si peu rassurés par cette vision d'un rassemblement multicolore qu'ils préfèrent voter utile ? Après tout, à leur création, la gauche et la droite étaient de modestes rassemblements, qui se sont construits petit à petit, qui ont grandi année après année. Convaincre et donner confiance est un travail laborieux de longue haleine. Encore faut-il que les électeurs osent.

    Mais l'un des gros soucis dans les élections, c'est les indécis. Jusqu'à la dernière minute, ces personnes tanguent, changent d'avis, doutent. Au final, ils donnent leur voix au candidat dont le parti a déjà fait ses preuves. Mais quelles preuves ? J'ai voté une fois pour le Centre car j'avais été convaincu. Et puis, je me suis fondu dans la masse, je n'ai plus recommencé, la peur de l'inconnu peut-être. En même temps, on se dit que les politiques n'ont pas un pouvoir étendu, qu'ils sont manipulés, et que c'est blanc bonnet bonnet blanc. Mais qu'en savons-nous ?

    En tout cas, ça ne sera pas pour cette année. L'Assemblée nationale sera dominée par le rose et par le bleu une fois de plus. Il y a cinq ans c'était comme ça, dans cinq ans, ce sera pareil.

  • La politique est une question de rebondissements

    La politique est une question de rebondissements en tout genre : savoir repartir sur de nouvelles bases, savoir se relever après une chute cuisante, surprendre le reste du monde là où il ne vous attend pas.

    Le nouvel ex-Premier ministre, libre de tout mouvement et de parole, dévoile enfin au grand jour ses ambitions. Resté cinq ans à Matignon, pieds et poings liés par Nicolas Sarkozy qui avait ainsi bridé un éventuel adversaire à la Présidentielle, il part à l'assaut de tous les postes et sièges qui s'offrent à lui. Mais s'il pensait qu'occuper la rue de Varenne était difficile, il va voir que convoiter le suffrage et combattre ses propres amis n'est pas une partie de plaisir. Loin de là.

    Le clou du spectacle sera sans doute son affrontement avec Jean-François Copé. Voilà un homme qui en a gros sur la patate. Après la défaite de son camp le 6 mai, il tire à boulets rouges sur les nouveaux membres du gouvernement et sur le président. C'est de bonne guerre après tout, c'était encore la situation inverse il y a quelques semaines quand les éléphants du Parti socialiste n'avaient de cesse de critiquer le pouvoir de l'époque et la majorité qui se tenait derrière. Maintenant, avec le jeu séculaire de l'alternance, l'UMP se trouve dans la position inconfortable de l'opposition.

    Alors, ils s'en donnent à cœur joie à droite. Nadine Morano qui réclame une démission dès qu'une affaire judiciaire apparaît au grand jour, Jean-François Copé qui accuse François Hollande de guignol et d'incompétent pour gérer le pays et s'imposer sur la scène internationale. Ils ont vraiment du mal à digérer. Mais n'est-ce pas eux qui déclamaient à qui voulait les entendre qu'il fallait rassembler tous les Français au-delà des partis, se rassembler pour le pays, dans un esprit républicain ? De la théorie à la pratique il y a un gouffre que même des pluies diluviennes auraient du mal à combler.

    Drôle de conception de la politique. Entre un groupe à gauche qui va avoir du mal à s'entendre pour les législatives et un groupe à droite qui va s'opposer bêtement pendant cinq ans tout en essayant de ne pas être attiré par un extrême de plus en plus présent, je crois que l'on va encore passer de bons mais pathétiques moments de joutes partisanes. Les fauves sont à nouveau lâchés, les arènes sont prêtes, prenez vos cornets à pop-corn et comptez les points.

    Je suis sûr d'une chose, c'est que tout ce spectacle navrant se fera au détriment des spectateurs et que François Fillon prépare déjà le terrain pour 2017, trop content de ne plus avoir le retraité bling-bling dans ses pattes.


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