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08 août 2014

Ça a flashé, j'ai vu rouge

Imaginez la scène, vous êtes arrêté à un feu rouge, tranquille, vous attendez le vert. Soudainement, derrière vous, un véhicule toute sirène hurlante veut passer. Le problème, c'est qu'il y a un flash automatique à ce feu de signalisation. Alors, je brûle le feu rouge ou pas ?

Si vous vous êtes posé cette question un jour c'est normal, tout le monde se l'est posée. Avec le fleurissement des radars aux feux de signalisation, forcément, ça nous traverse l'esprit. Alors, quoi faire ?

Niveau code de la route, vous avez obligation de faciliter le passage d'un véhicule prioritaire ou d'intérêt général prioritaire. Ces véhicules doivent utiliser simultanément une sirène deux tons (rien à voir avec le poisson) et un gyrophare bleu tournant. Ne sont pas concernés, les véhicules d'intervention EDF, GDF, transport de fonds, salage, transport de sang et d'organes, les véhicules ministériels, gouvernementaux ou diplomatiques pour lesquels vous n'avez pas d'obligation légale de priorité... sauf s'ils sont escortés par des policiers ou gendarmes qui utilisent sirène et gyrophare conformes. En résumé, soyez sympa avec les pompiers, le SAMU, les ambulances, la douane, les policiers et les gendarmes.

En cas de refus, c'est 90€ et 4 points de retrait sur le permis. Mais si je brûle le feu, je vais être flashé ? Un rappel au Journal Officiel stipule que "Si un véhicule est incité à passer au feu rouge par un véhicule d'urgence pour dégager le passage, deux cas de figure peuvent se produire : si cela a lieu au début de la phase de rouge, le véhicule d'urgence sera lui aussi flashé et donc le CACIR (Centre automatisé de constatation des infractions routières) n'émettra pas d'avis de contravention. Si cela se produit alors que le feu est au rouge depuis longtemps et que le véhicule d'urgence s'engage à son tour au moment où le feu passe au vert, le CACIR s'appuiera sur les données de temps de durée du feu rouge, de vitesse estimée du véhicule, voire du nombre de véhicules franchissant le feu au même moment, de la trajectoire du véhicule poussé par le véhicule d'urgence, pour ne pas émettre d'avis de contravention.".

Cela étant dit, peut-on être certain de ne pas avoir de problème dans une telle situation ? Je rappelle qu'en cas de contravention, nous sommes contraints de payer avant de contester.

Le CACIR est composé de gendarmes et de policiers et est installé à Rennes. C'est un lieu hautement sécurisé avec reconnaissance digitale, pass, gardiens, portes sécurisées. Les photos prises sont d'abord traités par un système de reconnaissance des immatriculations puis saisies manuellement par des employés d'une filiale de La Poste. Ensuite, ce sont les agents de la force de l'ordre qui décident s'il y a infraction ou pas (sans contestation possible). Les données sont conservées 10 ans.

Si vous avez peur des sanctions, il vous reste la possibilité de laisser passer sans franchir le feu, c'est-à-dire de vous mettre sur le côté, voir de monter sur le trottoir. Normalement, les radars de feux sont dans des endroits où l'infrastructure le permet. Dernière solution, rouler là où il n'y a pas de radar de feu.

 

15 juin 2012

Locavore

J'ai fait des courses et je suis fier d'avoir commencé mes premiers pas de locavore. Il faut dire que l'émission 200 km à la ronde m'a ouvert l'esprit. Mais, je m'interrogeais sur la difficulté de trouver des produits qui font moins de 200 km du producteur au consommateur, surtout quand on est citadin. Et puis, je viens de m'apercevoir qu'à la grande surface où je fais habituellement mes courses, il y a à différents endroits, des rayons ou îlots de produits qui font moins de 80 km pour venir jusqu'à moi ! Je discute avec la dame qui est là pour nous renseigner ou promouvoir les produits et les producteurs. Tout a été cultivé, élevé et produit dans mon département. Dingue. Je me suis dit "chouette", je vais pouvoir contribuer moi aussi à la sauvegarde du tissu économique local, des emplois, des exploitants et de l'environnement. Tout ça dans mon chariot. Alors, j'ai pris des petits pois (encore dans leur cosse), des radis, des tomates, du fromage, des yaourts et du jus de pomme brut de pressage. J'ai même pris du lait Candia produit dans l'Isère. Car j'ai fait attention à l'emballage, le département de production du lait est marqué sur l'étiquette. J'ai bien tout suivi les explications de l'émission de France 5 présentée par Eglantine Eméyé. Bref, je suis content de moi.

08 juin 2012

200 km à la ronde

J'ai été curieux hier soir, une émission de télévision qui vous montre comment vivre et se nourrir avec des produits finis fabriqués à moins de 200 km de chez vous, avec des matières premières nées à moins de 200 km de chez vous.

Alors, les familles acceptent pendant un mois de ne manger que "local" : locavore. On commence par vider leur foyer de tous les produits qui ne respectent pas la règle de base des moins de 200 km. Autant vous dire que pour certain c'est la razzia : placards et frigo presque vides. Les familles sont dépités, tout ce qu'ils aimaient part dans des caisses qui seront restituées à la fin de l'expérience. En outre, le coup vache, l'animatrice leur demande s'ils avaient le choix de garder un seul produit, lequel serait-il ? Certains le sel, d'autres les pâtes... bref, elle enferme ledit produit dans une boite transparente fermée par un cadenas. Quelle cruauté.

Passée la première émotion d'une impression de vide et de pauvreté, on se ressaisit et on part au marché pour chercher de l'alimentaire "local". Qui de la farine, qui des fruits et légumes : chacun tente de reconstituer un garde-manger décent. Surtout qu'au petit-déjeuner ce fut très frugal pour certains. Et puis, en avançant dans l'émission, on commence à nous apprendre quelques recettes et astuces pour obtenir des produits qui mettent habituellement des milliers de kilomètres pour venir jusqu'à nous. Et là, je me pose des questions.

Pour le sel par exemple. Il faut faire bouillir à feu très doux de l'eau de mer jusqu'à ce que l'eau se soit évaporée et qu'il ne reste que le sel au fond de la casserole : la fleur de sel. Autrement dit, non seulement, il faut trouver de l'eau de mer à moins de 200 km (soit 400 l'aller-retour) mais il faut utiliser du gaz ou de l'électricité pendant des heures. Pour faire des pâtes, il faut un kilo de farine produite pas loin, deux oeufs de la région et un peu d'eau. Là où ça devient marrant c'est que vous risquez de ne pas réussir du premier coup, ça colle, ça passe mal dans l'appareil à faire des pâtes donc gaspillage.

L'idéal serait de trouver un commerçant qui fabrique les produits de base : ça créé un emploi et ça vous fait perdre moins de temps, de plus, vous échappez aux contraintes de fabrication. Une fois, j'avais fait du pain, quel souvenir ! C'est long à faire mais c'est encore plus long à faire cuire. Je ne vous dit pas les heures passées à attendre que ça cuise : consommation d'électricité du four anti planète !

Tout cela pour dire que je serais prêt à devenir locavore si en contrepartie je ne gaspillais pas d'énergie inutile et si je ne suis pas obligé de consommer du carburant pour trouver des produits de base. Avec l'organisation du monde et du commerce comme elle est faite aujourd'hui, c'est extrêmement difficile de consommer local dans un esprit de développement durable. Je ne voudrais pas faire de choix. Donc, pour l'instant, je me contente de sélectionner au maximum de l'alimentaire produit ou fabriqué en France, c'est déjà ça.

30 mai 2012

Drames sous tension

10.500 voyageurs et 12 morts pour ce week-end allongé de Pentecôte. Ce bilan fait froid dans le dos. En trois jours ont été cumulés un nombre inquiétant de suicides et de morts tragiques sur le réseau ferré. Mais quand on apprend par dessus le marché qu'un homme s'est jeté devant un train avec sa fillette de 19 mois, ça devient presque surréaliste. Cela dit, les statistiques font tout de même état d'un suicide par jour sur notre territoire.

Qu'est-ce qui a donc poussé tous ces gens à sauter sur une voie dans l'espoir d'y perdre la vie ? On sait que pour le papa et son bébé, c'était à cause d'une rupture mais quid des autres ? Dépression ? Mal être ? Coup de folie ? On ne le saura sans doute jamais. Alors, évidemment, cela occasionne de gros retards mais la procédure est ce qu'elle est et il faut prendre son mal en patience et penser à ces drames qui se déroulent sous nos yeux à 300 km/h.

Je sais que ce n'est pas simple mais il faut relativiser et se dire que ces heures de retard dans une vie sont bien peu de choses face à l'immense peine qui frappe les familles. Dans quelques heures ou quelques jours, ce ne sera qu'un mauvais souvenir pour les voyageurs débarquant en pleine nuit à destination. Cela deviendra même sujet à raillerie ou plaisanterie, oserais-je dire que cela pourrait devenir un bon souvenir ? Vous n'avez jamais remarqué comment les gens se comportent dans ces moments-là ? Ils discutent, ils passent le temps pour parler de tout et de rien, cela favorise les liens sociaux.

Alors, il faut voir à long terme ce que ces incidents de parcours marqueront dans les esprits et peser dans la balance le désagrément pour certains et la douleur perpétuelle pour d'autres. Un suicide est rarement prévisible et il y en aura sûrement d'autres qui ajouteront encore des heures de retards au bilan du transporteur.

28 mai 2012

Le neurone du hamburger

Vous allez dire que je me répète mais oui, j'assume, j'ai encore regardé l'émission Cash investigation sur France 2 vendredi dernier. Je vous promets que c'est sans le vouloir. Le sujet était la pratique du neuromarketing.

Le neuromarketing consiste à tester les consommateurs via des épreuves simples ou directement en IRM pour savoir ce qui leur fait plaisir et ensuite d'adapter sa stratégie d'entreprise pour "aider" les consommateurs à choisir vos produits plutôt que ceux des concurrents. L'entreprise qui mène ses études montre des images ou émet des odeurs et observe les zones du cerveau qui réagissent. En gros, ça travaille votre cerveau pour que vos habitudes d'achat s'orientent vers là où les industriels et autres entreprises veulent que vous alliez.

Cela ressemble à de la manipulation. Il faut savoir qu'en France, les études neurologiques à des fins autres que scientifiques ou médicales sont interdites. Alors, les études se font en Belgique pour la plupart ou alors sont déclarées comme scientifiques mais c'est seulement sur le papier. Comme cette grosse boite de cosmétiques mondialement connue qui a eu l'autorisation du ministère pour procéder à ces recherches. Encore une histoire de conflits d'intérêts ? Aucune idée, mais le doute s'installe.

Les méthodes ont évolué. Il y a quelques années, la grande distribution jouait sur la disposition des articles ou la diffusion de musique, et aujourd'hui ça influence directement certaines zones de votre cerveau comme celle qui diffuse la dopamine, la molécule du plaisir. Concrètement, comment ça se traduit. Et bien, par exemple, toujours ce fabricant célèbre de cosmétiques qui fabrique des crèmes qui vont procurer du plaisir rien qu'en pénétrant la peau, une chaîne de restauration rapide qui va diffuser des odeurs dans ses établissements pour activer l'acte d'achat. Et vous savez comment ? Par les produits d'entretien ! Car en fait, si cette enseigne de restauration tient à toujours avoir des salles propres, ce n'est pas qu'une question d'hygiène mais c'est aussi une question de marketing. Quand la serpillière s'active c'est pour vous pousser vers les caisses. Cela se traduit aussi par le petit cadeau en plastique offert avec un repas pour votre enfant qui évidemment va être le déclencheur et faire aller les adultes dans son restaurant préféré.

En fait, le neuromarketing est une recette vieille comme le monde. Pour dresser les animaux, on ne fait pas autrement. Quand le chien a obéi à son maître, il lui donne un sucre : il sait donc qu'à chaque fois qu'il agira de la sorte il sera récompensé. Le neuromarketing est tellement répandu que des conférences sont régulièrement organisées pour les entreprises ou les commerciaux désireux de faire monter la courbe du chiffre d'affaires. Mais le neuromarketing est aussi un tabou et quand vous essayez de mettre les pieds dans le plat en mettant les responsables des sociétés devant des faits avérés, cela les pousse dans l'embarras, et le mot est faible.

Comment savoir si vous êtes victimes de cette vaste intoxication ? Si je vous dit "vous le valez bien", si je vous parle d'un gros M jaune sur fond vert ou sur fond rouge, si je vous parle d'une pomme, vous pensez à quoi ? Bien voilà, vous avez tout compris, vous êtes conditionnés.

Et l'éthique dans tout ça ? La pauvre est complètement mise en second plan, ou alors sur les jolies plaquettes commerciales pour se donner une bonne image. Mais en réalité l'éthique est aux oubliettes, les sociétés et les fabricants s'assoient dessus comme de leur première lessive. C'est donc à nous, consommateurs, de veiller et de rester maître de ses envies et de ses pensées, agir dans notre intérêt avec discernement et raison.

25 mai 2012

Le smartphone, un produit d'appel

Je résiste, je tente de résister mais c'est difficile de résister aux sirènes commerciales. Même si les fabricants de smartphones ne se prennent pas pour Pisinoé ou Thelxinoé, ils copient le même comportement pour persuader les consommateurs à choisir leurs produits. Et donc, en ce moment je résiste. J'ai l'impression de plus en plus d'être un des rares sur cette planète à posséder encore un téléphone portable non tactile et non intelligent, un simple téléphone.

Alors, pour combattre les appels des opérateurs, je m'informe et je cherche s'il y aurait vraiment un appareil digne de me satisfaire au vu de l'usage que j'en fais. Drôle de combat que de chercher à acquérir l'objet de mes tourments ! Car à part appeler rarement et envoyer des textos rarement, je n'ai, a priori, nul besoin de centaines d'applications ou de jeux sur ce maudit téléphone énergivore.

Et sur quoi ça coince ? Un truc tout bête et qui pourtant a un poids que l'on ne peut imaginer dans la balance de la décision de faire le grand saut : le réveil quand l'appareil est éteint. Tous les matins, mon mobile actuel, s'active à 6h35 avec l'une de mes musiques contenues dans la bibliothèque MP3. Mais pour ce faire, il n'y a pas besoin de laisser allumer ou en veille mon téléphone. C'est merveilleux, il fonctionne aussi quand il est éteint. Et sur quel constat sidérant je suis tombé ? Et bien, que les nouveaux modèles de téléphones, et plus particulièrement de smartphones, ne peuvent faire fonctionner le réveil quand ils sont éteints (ou alors il y en a très peu). Voilà, la cause de mon tourment. Car soyons clairs, ça m'emmerde infiniment de devoir laisser le portable allumé toute la nuit rien que pour le faire sonner à 6h35 le matin. C'est à l'encontre de mes principes écologiques au quotidien. Cela entacherait tous les efforts et les gestes que j'essaye de mettre en oeuvre pour donner du bien à notre planète. Vous me direz que cela consomme très peu. Sauf que sur une année, les petits rus faisant des petits ruisseaux et les petits ruisseaux faisant des grandes rivières, je pense que ça doit quand même faire une certaine consommation de courant au final. Surtout si l'on doit compter aussi les temps de rechargement.

Bref, dois-je laisser tomber ou dois-je me lancer ? Est-ce que je me prends trop la tête alors que des millions de gens, voire des milliards, ont depuis longtemps passé à l'action en acquérant un mobile de dernière génération allumé 24 heures sur 24 et rechargé presque quotidiennement.

Et je ne vous parle pas des ondes que cela émet...

23 mai 2012

Facebook en actions

L'entrée en bourse du site Internet Facebook à 104 milliards de dollars est symptomatique de la période à remous que nous vivons. Un rien peut devenir quelque chose. Un rien peut devenir un tout. Les leçons de la crise ont été tirées : les investisseurs sont prêts à miser sur rien pour faire fructifier leur patrimoine. Tout est bon à prendre.

C'est quoi Facebook ? Imaginez votre agent immobilier vous proposant une maison sans vitres aux fenêtres, la maison des courants d'air. Mais comme vous êtes prêt à loger n'importe où car c'est dur de trouver un logement, vous acceptez. Ben voilà, Facebook c'est la maison des courants d'air.

Ce site vit grâce aux centaines de millions d'internautes inscrits. On parle de plus de 900 millions mais il faut enlever les comptes qui ne sont plus en activité, les comptes qui appartiennent aux mêmes personnes, les comptes d'animaux de compagnie, que sais-je encore. Des gens qui vont et viennent au gré du vent, de leurs humeurs et de leur degré d'addiction. L'existence de ce site ne tient à pas grand chose. Il tient au bon vouloir de gens comme vous et moi qui, un jour, titillés par leur curiosité ou incités par un ami ou un proche, ont mis les pieds dedans et n'ont pu s'en défaire. On y discute, on y poste des photos, on se fait des amis, des centaines d'amis virtuels que vous rencontrerez peut-être dans une autre vie, on s'y présente sous un bon jour comme sous un mauvais, on s'y fait remarquer, on s'y fait licencier aussi. Bref, une double vie.

Voilà, c'est ça Facebook, du vent, beaucoup de bruits. Ce site, dit "réseau social", vous aspire, vous accapare. Et comme vous êtes pris dans ce tourbillon de la communication via la toile, vous entraînez avec vous un maximum de personnes. En outre, ce site bénéficie tellement d'une couverture médiatique gratuite qu'il ne peut qu'en tirer un bénéfice. Moi-même, en en parlant, j'en fait la publicité. Tous les autres sites (ou presque) ont un lien vers Facebook. Tous les autres sites (ou presque) vous incite à cliquer sur cette fameuse petite main "J'aime".

Je sais combien il est difficile de perdre une habitude, combien il est difficile de résister à une mode. C'est pour cela que je n'y mettrai jamais les pieds. Et puis surtout, je n'ai aucune confiance de ce qui se passe dans les coulisses, du traitement de toutes ces données offertes par les utilisateurs et vendues à des société commerciales pour mieux cibler et influencer leurs consommateurs. Allez savoir si les autorités ne vont pas piocher aussi dans ces bases de données !

Et voilà, une chose en entraînant une autre, le site le plus médiatisé au monde se retrouve à Wall Street pour on ne sait combien de temps. Combien de temps avant que la bulle n'éclate. Like or dislike, that is the question.

16 mai 2012

Deux petits tours et puits sans fond

Voilà, maintenant Nicolas Sarkozy n'est plus notre président mais un ancien président parmi tant d'autres. Vivant de plus en plus vieux et le mandat étant court, à ce rythme le Conseil constitutionnel manquera de chaises dans cinq ans. Il fait partie désormais des sages et obtient en même temps le statut très convoité d'ancien président. Oui, un statut. Je n'ai pas peur d'employer ce terme.

Que remarque-t-on à chaque fois que l'élu quitte le palais de l'Elysée ? Il devient soudainement plus sympathique. Ce fut flagrant avec Jacques Chirac qui n'a jamais été autant aimé depuis qu'il ne fait plus de bêtises au pouvoir. Il a même été regretté lorsque son successeur Nicolas Sarkozy a pris sa place et plus encore après un an ou deux de réformes impopulaires de celui-ci. Mais voilà maintenant ce dernier subit le même sort. Ces derniers jours, il nous est apparu comme par magie plus humain, davantage digne d'occuper la fonction. Il est devenu présidentiable ! J'avais presque de la peine à le voir partir, c'est vous dire. C'est tout juste si on oublie ce qui s'est passé avant.

Arrêtons-nous un instant sur le cas Charles de Gaulle. Aujourd'hui, tout le monde le prend en référence, en modèle. De Gaulle par ci, de Gaulle par là, et voilà qu'untel de droite est gaulliste, qu'untel de gauche est gaulliste. Bref, le créateur de la cinquième république passe presque pour un saint. Mais, dans la réalité, est-il si exempt de taches ? N'y a t'il pas ça et là quelques sombres affaires ou maladresses de sa part ?

Quant à Valéry Giscard d'Estaing, dont le mandat est mainte et mainte fois moqué, il n'est pas épargné non plus par un regain de sympathie alors que l'affaire des bijoux de Bokassa refait de temps en temps surface sous forme de plaisanterie. Il est maintenant très apprécié pour ces analyses politiques et économiques aussi bien au niveau national que sur la scène internationale. Son avis vaut quasiment parole d'évangile auprès des journalistes et autres analystes politiques. Cela a été très marquant pendant les évènements européens, les frasques du couple franco-allemand ou le début de la crise économique.

Au vu de tout ça, je pense au final que le Français n'est pas aussi intolérant que l'on veuille bien nous faire croire. Il aime râler ou polémiquer mais c'est pour se donner de la constance et prouver que nous sommes en République. Cela fait partie de la bonne marche de la démocratie. Mais tout ça c'est du spectacle. Le Français finit par éprouver de la sympathie sinon de l'empathie aux grands retraités de ce monde. Le Français est un bon vivant qui s'intéresse toujours au côté prestigieux, voire "people", de la fonction de président de la République. Le Français est friand d'anecdotes et aime voir nos anciens élus comme des humoristes en herbe.

C'est aussi bien comme ça : gardons une bonne image de ceux que l'on a aimé détester car ça leur permet d'entrer dans la postérité, le but ultime de ces hommes.

14 mai 2012

Sapeurs et sans reproches

Cette histoire de bizutage au sein des sapeurs-pompiers de Paris est vraiment très regrettable. Cette élite n'avait vraiment pas besoin d'une telle publicité alors qu'elle effectue un travail exemplaire chaque jour, comme toutes les unités de pompiers sur nos territoires. Déjà qu'elle se fait caillasser dans les quartiers chauds, ce n'est pas ce genre d'incident qui va arranger les choses. Ce viol présumé a cependant mis le feu aux poudres de la polémique.

D'abord, on prend conscience que nos soldats du feu sont avant tout des êtres humains et pas des super héros dignes des comics de Marvel. Je ne veux pas leur faire injure en disant cela. Quand vous les écoutez, ce sont des hommes et des femmes qui restent modestes et qui ne la ramènent pas à chaque fois qu'ils sauvent des vies. Evidemment pour les victimes, ils deviennent Robin des bois ou Superman mais ce sont avant tout des passionnés de leur métier qui font preuve d'un don de soi exemplaire. Mais voilà, il arrive que ça dérape, dans le feu de l'action ai-je envie de dire. Ce viol, s'il est avéré, est inadmissible, quelque soit la qualité des personnes mises en cause. Mais il ne faut surtout pas généraliser. Cela resterait un cas très isolé et qui ne remet sûrement pas en cause cette profession, ces hommes et ces femmes qui agissent au quotidien pour notre sécurité.

Ensuite, on prend conscience, si ce n'était déjà fait, que les lois sont difficiles à appliquer et surtout à contrôler. Nous savons tous que le bizutage est encore pratiqué, et plus encore chez les notables ou les meilleurs : en fac de médecine par exemple. Tous les ans ou presque, une affaire d'humiliation, d'atteinte à la dignité ou de viol ressort dans l'actualité. Mais quelles sont les moyens d'y mettre fin ? Nous ne pouvons pas mettre un représentant des forces de l'ordre derrière chaque nouvel étudiant ou chaque nouvelle recrue. Nous ne pouvons compter que sur la responsabilité des uns et des autres.

Nos lois ont des limites, les limites du genre humain. D'ailleurs, ces lois ne sont pas là pour empêcher mais elles arrivent après coup pour réparer les dégâts, si tant est que l'on puisse le faire, je pense surtout au préjudice moral. Car nos législateurs aiment faire des lois. Dès qu'il y a un évènement qui exacerbe nos émotions de manière naturelle voire quasi automatique, l'exécutif ou le législatif pond une loi magique censée tout résoudre. Seulement, comme je l'ai dit, les lois ont leur limite. On se retrouve ainsi avec des centaines de lois inapplicables concrètement et qui viennent saturer le code pénal déjà bien complexe. Remarquez, les avocats sont bien servi. Avec un tel arsenal juridique, ils ont de quoi contester pour défendre leur client. Car finalement, c'est ça au final qui se passe. Les lois interviennent après coup et la plupart ne protègent a priori en rien les concitoyens que nous sommes.

Allez, tout ça pour dire que nous devons continuer à aimer et chouchouter nos pompiers. Ce sont eux les vrais héros.

21 janvier 2012

Une main pleine de doigts

Hier en début d'après-midi, je me promenais tranquillement dans le centre commercial en mangeant mon sandwich quand soudainement, je fus frappé par une vision, pas d'horreur, mais presque. Un jeune homme qui passe une main, comment dire, à l'endroit le plus intime de sa copine, avec le majeur bien placé. Il n'y aurait pas eu de pantalon, je crois qu'elle y avait droit ! J'ai souri doucement en me disant que ce garçon avait du croire qu'il avait fait ça en cachette. Sauf que dans un escalator, quand vous êtes juste derrière, la cachette devient vite réduite et c'est celui ou celle qui est derrière qui en devient le rempart. Il faut bien une victime, on ne fait pas d'omelette sans casser des œufs.

Et là, j'ai pris conscience combien l'être humain agissait de façon inappropriée en public en croyant être discret. Quelqu'un qui se nettoie le nez, qui se gratte l'oreille, qui retire le slip ou la culotte qui a malencontreusement plongée là où vous savez, un mec qui se la joue et replace ses bijoux de famille, une bretelle de soutien-gorge qui glisse… Bref, tous ces petits gestes de la vie quotidienne dont nous raffolons. Ce n'est aucunement un reproche, ça arrive à tout le monde surtout que pour la plupart ce sont des reflex, des tics ou des tocs. Et après tout, c'est ce qui nous caractérise, nous, êtres humains faits de chair et de sang, de défauts et de qualités. Ces petits gestes pratiques ou affectueux qui pourraient s'avérer outrageant ou choquant pour celui ou celle qui en est le témoin direct. Alors, tachons de penser à autrui en nous retenant au maximum.

Ah ! Pourquoi avons-nous tant de doigts sur nos mains !

 
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