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08 août 2014

Ça a flashé, j'ai vu rouge

Imaginez la scène, vous êtes arrêté à un feu rouge, tranquille, vous attendez le vert. Soudainement, derrière vous, un véhicule toute sirène hurlante veut passer. Le problème, c'est qu'il y a un flash automatique à ce feu de signalisation. Alors, je brûle le feu rouge ou pas ?

Si vous vous êtes posé cette question un jour c'est normal, tout le monde se l'est posée. Avec le fleurissement des radars aux feux de signalisation, forcément, ça nous traverse l'esprit. Alors, quoi faire ?

Niveau code de la route, vous avez obligation de faciliter le passage d'un véhicule prioritaire ou d'intérêt général prioritaire. Ces véhicules doivent utiliser simultanément une sirène deux tons (rien à voir avec le poisson) et un gyrophare bleu tournant. Ne sont pas concernés, les véhicules d'intervention EDF, GDF, transport de fonds, salage, transport de sang et d'organes, les véhicules ministériels, gouvernementaux ou diplomatiques pour lesquels vous n'avez pas d'obligation légale de priorité... sauf s'ils sont escortés par des policiers ou gendarmes qui utilisent sirène et gyrophare conformes. En résumé, soyez sympa avec les pompiers, le SAMU, les ambulances, la douane, les policiers et les gendarmes.

En cas de refus, c'est 90€ et 4 points de retrait sur le permis. Mais si je brûle le feu, je vais être flashé ? Un rappel au Journal Officiel stipule que "Si un véhicule est incité à passer au feu rouge par un véhicule d'urgence pour dégager le passage, deux cas de figure peuvent se produire : si cela a lieu au début de la phase de rouge, le véhicule d'urgence sera lui aussi flashé et donc le CACIR (Centre automatisé de constatation des infractions routières) n'émettra pas d'avis de contravention. Si cela se produit alors que le feu est au rouge depuis longtemps et que le véhicule d'urgence s'engage à son tour au moment où le feu passe au vert, le CACIR s'appuiera sur les données de temps de durée du feu rouge, de vitesse estimée du véhicule, voire du nombre de véhicules franchissant le feu au même moment, de la trajectoire du véhicule poussé par le véhicule d'urgence, pour ne pas émettre d'avis de contravention.".

Cela étant dit, peut-on être certain de ne pas avoir de problème dans une telle situation ? Je rappelle qu'en cas de contravention, nous sommes contraints de payer avant de contester.

Le CACIR est composé de gendarmes et de policiers et est installé à Rennes. C'est un lieu hautement sécurisé avec reconnaissance digitale, pass, gardiens, portes sécurisées. Les photos prises sont d'abord traités par un système de reconnaissance des immatriculations puis saisies manuellement par des employés d'une filiale de La Poste. Ensuite, ce sont les agents de la force de l'ordre qui décident s'il y a infraction ou pas (sans contestation possible). Les données sont conservées 10 ans.

Si vous avez peur des sanctions, il vous reste la possibilité de laisser passer sans franchir le feu, c'est-à-dire de vous mettre sur le côté, voir de monter sur le trottoir. Normalement, les radars de feux sont dans des endroits où l'infrastructure le permet. Dernière solution, rouler là où il n'y a pas de radar de feu.

 

21 septembre 2013

Top con-tributeurs

Cela ne vous a peut-être pas échappé, les grandes marques, les commerces et les sites de commerce ont recours de plus en plus au comportement participatif des consommateurs. Que ce soit dans la grande distribution (Auchan, Carrefour, Ikea, ...), les services (La Poste) ou la téléphonie (Orange, Sosh, Nokia, ...), ils mettent à disposition des clients des forums, des foires à questions, des boites à idées ou du "self-service". Vous vous doutez bien que s'ils pratiquent ceci c'est surtout un intérêt majeur pour eux : des économies sur le personnel.

Demander aux acheteurs de scanner eux-mêmes les produits de leurs courses légitime de remplacer quatre ou cinq hôtes(ses) de caisse par un(e) seul(e). Ce qui est formidable c'est que personne ne s'en inquiète et travaille gratuitement pour l'enseigne. Sous couvert de vous faire gagner du temps, jusqu'à scanner ses produits dans les rayons avec une douchette portative, l'entreprise économise de la masse salariale et donc des charges sociales et donc fait augmenter les dividendes. C'est donc d'un intérêt hautement financier.

A La Poste, les machines de vente de timbre et de pesée du courrier sont des exemples flagrants de cette métamorphose. Si vous avez le malheur d'aller à un guichet pour acheter des timbres, l'employé va vous rediriger automatiquement sur le distributeur de carnets de timbres. Et vous aurez beau insister, rien n'y fera. Si les salariés des Postes contribuent eux-mêmes à la destruction de l'emploi en France et à la baisse des effectifs de La Poste, pourquoi devrions-nous nous en émouvoir ? Et bien parce que cela rentre dans un système qui impacte directement tous les Français.

Vous allez me dire, mais quel rapport avec la téléphonie. La méthode est différente mais le résultat est le même. Il y a les forums où chacun exprime un problème technique, un mécontentement ou un point de satisfaction. Et là, ça ne loupe pas, il y a d'autres client qui vont répondre ou réagir à la place des collaborateurs de la marque. Ces clients bénévoles vont même jusqu'à orienter, conseiller ou résoudre les problèmes à la place de ceux qui sont censés le faire. Pourquoi ils ne le font pas ? Parce qu'ils ne sont pas assez nombreux. Pourquoi ils ne sont pas assez nombreux ? Parce que la marque en appelle aux bonnes volontés de ses clients. C'est un cercle vicieux mais tellement lucratif ! Le résultat est à l'identique des distributeurs.

Des gens qui travaillent gratuitement entraîne inévitablement des économies de personnel et donc de charges salariales et au final, c'est le chiffre d'affaires et l'actionnaire ou l'État qui est gagnant (quoique... il faut verser les indemnités chômages...). Ce n'est pas voir tout en noir que d'en arriver à de telles conclusions. C'est malheureusement une réalité. Ce genre de pratiques ne va certainement pas contribuer à la baisse du chômage et inverser la courbe chère à notre président François Hollande.

Ne vous en prenez pas à la crise, c'était inéluctable, elle n'y est pour rien puisque de toute façon, tout le monde cherche à faire des économies même quand la croissance est là. Comment lutter contre ça ? C'est très simple, laisser les marques et autres enseignes se débrouiller toutes seules. Ne participez pas aux forums, ne donnez pas d'idée, dirigez-vous vers une caisse "humaine" et achetez de jolis timbres dits "de collection". Cela fera sûrement réfléchir les patrons.

A bon entendeur, à bientôt.

 

23 juillet 2012

Un couple peut en cacher dix-huit autres

J'ai soudainement ouvert les yeux et je me suis posé la question : pourquoi faut-il légaliser le mariage entre personnes de même sexe ? Tout simplement parce que dans les faits, cela existe, c'est en place. Oui, en France, des personnes qui préfèrent des personnes du même sexe sont mariés légalement mais pas avec une personne du même sexe. Pour s'en rendre compte, il suffit d'élargir son esprit et de ne pas considérer les unions entre personnes avec un sexe, mais de considérer les unions entre personnes avec une orientation sexuelle. C'est là que réside la nuance. On peut donc schématiser les orientations comme ci-dessous.

hétérosexuel, bisexuel, homosexuel, transsexuel, symbole homme, symbole femme

Avec la pensée sacro-sainte du schéma classique, un seul couple est possible : un homme avec une femme.

hétérosexuel, symbole homme, symbole femme

Maintenant, au lieu de voir dans ce schéma deux êtres avec un sexe, voyez plutôt deux êtres avec une orientation sexuelle : hétérosexuel, bisexuel et transsexuel. Cela donne soudainement neuf possibilités d'unions légales :

hétérosexuel,bisexuel,homosexuel,transsexuel,symbole homme, symbole femme

Voilà pourquoi, il ne serait pas incohérent de permettre à des personnes aimant d'autres personnes du même sexe de se marier devant monsieur le maire. Légalement, sur le papier, c'est toujours un monsieur et une madame que l'on unit. Mais dans la pratique, cela peut être aussi bien un homme qui aime les hommes (ou les femmes) qui épouse une femme. Et vice-versa. Vous me suivez ? Il ne manque plus que la légalisation du mariage entre personnes du même sexe pour voir monter le nombre de possibilités à dix-neuf. En plus des neufs possibilités précédentes, on ajoute celles-ci :

hétérosexuel,bisexuel,homosexuel,transsexuel,symbole homme, symbole femme

Avec quatre orientations sexuelles, à savoir hétérosexuel, bisexuel, homosexuel et transsexuel, tout est possible. Si vous n'êtes pas convaincu, la prochaine fois que vous croiserez des couples mariés, posez-vous la question : sont-ils seulement hétéro ? Cet homme voit-il d'autres hommes ? Cette femme couche-t-elle avec la voisine ? Est-ce madame s'appelait monsieur avant ? Il n'est point question ici d'être effrayé, mais simplement de prendre conscience des réalités et des pratiques.

31 mai 2012

Ne bougez plus avec la Poste

Tout content d'aller à la Poste pour faire affranchir un courrier, la dame derrière son comptoir m'accompagne à la machine pour que je le fasse moi-même. Je lui dit gentiment que je n'aime pas les machines car elles tuent les emplois. Je pensais que ça allait lui faire plaisir qu'un inconnu pensait à sauvegarder son poste. Et bien non, elle me dit "Ca ne le tue pas puisque je vous accompagne". Voyant la naïveté de cette personne, je ne suis pas allé plus en avant dans la polémique.

Non ma cocotte, ton emploi est menacé. Souviens-toi il y a quelques années avant l'arrivée des appareils, les guichets étaient presque tous occupés, aujourd'hui on en trouve que deux ou trois. Il y a plus de guichets vides que de guichets occupés, tu as besoin de lunettes ? Les machines ne tuent pas les emplois ? Alors pourquoi n'y a-t-il plus grand monde pour nous servir ? Ne me dîtes pas que tous ces progrès sont censés améliorés la qualité du service. Cela arrange surtout la Poste pour réduire son effectif.

Ce constat est valable dans toutes les entreprises, même publiques. Entre 2002 et 2007, la Poste a perdu 43.580 employés, entre 2004 et 2008, la SNCF a maigri de 11.931 salariés. Ces quelques exemples pour montrer qu'il y a des raisons de s'inquiéter. Et je ne vous parle pas des réductions d'effectifs annoncées tous les ans sur nos territoires et dans tous les domaines. Une quinzaine de cas attendent le nouveau ministre du redressement productif Arnaud Montebourg : Fralib, Florange, Petroplus...

Cette personne naïve a aussi ajouté "Vous serez bien content de la trouver cette machine quand il y aura la queue au guichet". Non ! J'ai le temps d'attendre et d'être servi, je n'ai pas besoin de courir. Franchement, je fais tous les efforts et j'ai l'impression que tout le monde s'en fout. Madame, j'espère que vous repenserez à cette petite discussion quand on vous annoncera que votre poste est supprimé et qu'il faut choisir entre un reclassement ou la porte (faut-il ajouter en marge que la Poste est maintenant une société anonyme ?).

Avec de tel personnel, les patrons ont finalement raison de ne pas se priver en réduisant les emplois pour les remplacer par des machines ou par des délocalisations. Il existe malheureusement encore beaucoup de gens qui pensent que rien ne leur arrivera et que l'on aura toujours besoin d'eux. Des indispensables, il y en a plein les cimetières. Ne pas regarder plus loin que le bout de son nez est déraisonnable, voire irresponsable. Une sorte d'individualisme involontaire.

Quand tout le monde fera ses courses que sur Internet, se servira son carburant que via un automate, ne passera qu'aux caisses rapides pour scanner soi-même ses articles, il ne faudra pas pleurer qu'il y aura 20 ou 30 % de chômeurs. Vous pensez peut-être que je suis bien pessimiste de voir une telle catastrophe. Mais je préfère rester sur mes gardes et être attentif à ce qui se passe autour de moi que de ne pas voir arriver le boomerang social qui se prépare à long terme. Moins de gens qui travaillent c'est moins de consommateurs et moins de retombées pour un pays.

Les dommages collatéraux sont en gestation, il ne suffira pas de grand chose pour que tout le monde en souffre. Je vous aurais prévenu !

28 mai 2012

Le neurone du hamburger

Vous allez dire que je me répète mais oui, j'assume, j'ai encore regardé l'émission Cash investigation sur France 2 vendredi dernier. Je vous promets que c'est sans le vouloir. Le sujet était la pratique du neuromarketing.

Le neuromarketing consiste à tester les consommateurs via des épreuves simples ou directement en IRM pour savoir ce qui leur fait plaisir et ensuite d'adapter sa stratégie d'entreprise pour "aider" les consommateurs à choisir vos produits plutôt que ceux des concurrents. L'entreprise qui mène ses études montre des images ou émet des odeurs et observe les zones du cerveau qui réagissent. En gros, ça travaille votre cerveau pour que vos habitudes d'achat s'orientent vers là où les industriels et autres entreprises veulent que vous alliez.

Cela ressemble à de la manipulation. Il faut savoir qu'en France, les études neurologiques à des fins autres que scientifiques ou médicales sont interdites. Alors, les études se font en Belgique pour la plupart ou alors sont déclarées comme scientifiques mais c'est seulement sur le papier. Comme cette grosse boite de cosmétiques mondialement connue qui a eu l'autorisation du ministère pour procéder à ces recherches. Encore une histoire de conflits d'intérêts ? Aucune idée, mais le doute s'installe.

Les méthodes ont évolué. Il y a quelques années, la grande distribution jouait sur la disposition des articles ou la diffusion de musique, et aujourd'hui ça influence directement certaines zones de votre cerveau comme celle qui diffuse la dopamine, la molécule du plaisir. Concrètement, comment ça se traduit. Et bien, par exemple, toujours ce fabricant célèbre de cosmétiques qui fabrique des crèmes qui vont procurer du plaisir rien qu'en pénétrant la peau, une chaîne de restauration rapide qui va diffuser des odeurs dans ses établissements pour activer l'acte d'achat. Et vous savez comment ? Par les produits d'entretien ! Car en fait, si cette enseigne de restauration tient à toujours avoir des salles propres, ce n'est pas qu'une question d'hygiène mais c'est aussi une question de marketing. Quand la serpillière s'active c'est pour vous pousser vers les caisses. Cela se traduit aussi par le petit cadeau en plastique offert avec un repas pour votre enfant qui évidemment va être le déclencheur et faire aller les adultes dans son restaurant préféré.

En fait, le neuromarketing est une recette vieille comme le monde. Pour dresser les animaux, on ne fait pas autrement. Quand le chien a obéi à son maître, il lui donne un sucre : il sait donc qu'à chaque fois qu'il agira de la sorte il sera récompensé. Le neuromarketing est tellement répandu que des conférences sont régulièrement organisées pour les entreprises ou les commerciaux désireux de faire monter la courbe du chiffre d'affaires. Mais le neuromarketing est aussi un tabou et quand vous essayez de mettre les pieds dans le plat en mettant les responsables des sociétés devant des faits avérés, cela les pousse dans l'embarras, et le mot est faible.

Comment savoir si vous êtes victimes de cette vaste intoxication ? Si je vous dit "vous le valez bien", si je vous parle d'un gros M jaune sur fond vert ou sur fond rouge, si je vous parle d'une pomme, vous pensez à quoi ? Bien voilà, vous avez tout compris, vous êtes conditionnés.

Et l'éthique dans tout ça ? La pauvre est complètement mise en second plan, ou alors sur les jolies plaquettes commerciales pour se donner une bonne image. Mais en réalité l'éthique est aux oubliettes, les sociétés et les fabricants s'assoient dessus comme de leur première lessive. C'est donc à nous, consommateurs, de veiller et de rester maître de ses envies et de ses pensées, agir dans notre intérêt avec discernement et raison.

23 mai 2012

Facebook en actions

L'entrée en bourse du site Internet Facebook à 104 milliards de dollars est symptomatique de la période à remous que nous vivons. Un rien peut devenir quelque chose. Un rien peut devenir un tout. Les leçons de la crise ont été tirées : les investisseurs sont prêts à miser sur rien pour faire fructifier leur patrimoine. Tout est bon à prendre.

C'est quoi Facebook ? Imaginez votre agent immobilier vous proposant une maison sans vitres aux fenêtres, la maison des courants d'air. Mais comme vous êtes prêt à loger n'importe où car c'est dur de trouver un logement, vous acceptez. Ben voilà, Facebook c'est la maison des courants d'air.

Ce site vit grâce aux centaines de millions d'internautes inscrits. On parle de plus de 900 millions mais il faut enlever les comptes qui ne sont plus en activité, les comptes qui appartiennent aux mêmes personnes, les comptes d'animaux de compagnie, que sais-je encore. Des gens qui vont et viennent au gré du vent, de leurs humeurs et de leur degré d'addiction. L'existence de ce site ne tient à pas grand chose. Il tient au bon vouloir de gens comme vous et moi qui, un jour, titillés par leur curiosité ou incités par un ami ou un proche, ont mis les pieds dedans et n'ont pu s'en défaire. On y discute, on y poste des photos, on se fait des amis, des centaines d'amis virtuels que vous rencontrerez peut-être dans une autre vie, on s'y présente sous un bon jour comme sous un mauvais, on s'y fait remarquer, on s'y fait licencier aussi. Bref, une double vie.

Voilà, c'est ça Facebook, du vent, beaucoup de bruits. Ce site, dit "réseau social", vous aspire, vous accapare. Et comme vous êtes pris dans ce tourbillon de la communication via la toile, vous entraînez avec vous un maximum de personnes. En outre, ce site bénéficie tellement d'une couverture médiatique gratuite qu'il ne peut qu'en tirer un bénéfice. Moi-même, en en parlant, j'en fait la publicité. Tous les autres sites (ou presque) ont un lien vers Facebook. Tous les autres sites (ou presque) vous incite à cliquer sur cette fameuse petite main "J'aime".

Je sais combien il est difficile de perdre une habitude, combien il est difficile de résister à une mode. C'est pour cela que je n'y mettrai jamais les pieds. Et puis surtout, je n'ai aucune confiance de ce qui se passe dans les coulisses, du traitement de toutes ces données offertes par les utilisateurs et vendues à des société commerciales pour mieux cibler et influencer leurs consommateurs. Allez savoir si les autorités ne vont pas piocher aussi dans ces bases de données !

Et voilà, une chose en entraînant une autre, le site le plus médiatisé au monde se retrouve à Wall Street pour on ne sait combien de temps. Combien de temps avant que la bulle n'éclate. Like or dislike, that is the question.

16 mai 2012

Deux petits tours et puits sans fond

Voilà, maintenant Nicolas Sarkozy n'est plus notre président mais un ancien président parmi tant d'autres. Vivant de plus en plus vieux et le mandat étant court, à ce rythme le Conseil constitutionnel manquera de chaises dans cinq ans. Il fait partie désormais des sages et obtient en même temps le statut très convoité d'ancien président. Oui, un statut. Je n'ai pas peur d'employer ce terme.

Que remarque-t-on à chaque fois que l'élu quitte le palais de l'Elysée ? Il devient soudainement plus sympathique. Ce fut flagrant avec Jacques Chirac qui n'a jamais été autant aimé depuis qu'il ne fait plus de bêtises au pouvoir. Il a même été regretté lorsque son successeur Nicolas Sarkozy a pris sa place et plus encore après un an ou deux de réformes impopulaires de celui-ci. Mais voilà maintenant ce dernier subit le même sort. Ces derniers jours, il nous est apparu comme par magie plus humain, davantage digne d'occuper la fonction. Il est devenu présidentiable ! J'avais presque de la peine à le voir partir, c'est vous dire. C'est tout juste si on oublie ce qui s'est passé avant.

Arrêtons-nous un instant sur le cas Charles de Gaulle. Aujourd'hui, tout le monde le prend en référence, en modèle. De Gaulle par ci, de Gaulle par là, et voilà qu'untel de droite est gaulliste, qu'untel de gauche est gaulliste. Bref, le créateur de la cinquième république passe presque pour un saint. Mais, dans la réalité, est-il si exempt de taches ? N'y a t'il pas ça et là quelques sombres affaires ou maladresses de sa part ?

Quant à Valéry Giscard d'Estaing, dont le mandat est mainte et mainte fois moqué, il n'est pas épargné non plus par un regain de sympathie alors que l'affaire des bijoux de Bokassa refait de temps en temps surface sous forme de plaisanterie. Il est maintenant très apprécié pour ces analyses politiques et économiques aussi bien au niveau national que sur la scène internationale. Son avis vaut quasiment parole d'évangile auprès des journalistes et autres analystes politiques. Cela a été très marquant pendant les évènements européens, les frasques du couple franco-allemand ou le début de la crise économique.

Au vu de tout ça, je pense au final que le Français n'est pas aussi intolérant que l'on veuille bien nous faire croire. Il aime râler ou polémiquer mais c'est pour se donner de la constance et prouver que nous sommes en République. Cela fait partie de la bonne marche de la démocratie. Mais tout ça c'est du spectacle. Le Français finit par éprouver de la sympathie sinon de l'empathie aux grands retraités de ce monde. Le Français est un bon vivant qui s'intéresse toujours au côté prestigieux, voire "people", de la fonction de président de la République. Le Français est friand d'anecdotes et aime voir nos anciens élus comme des humoristes en herbe.

C'est aussi bien comme ça : gardons une bonne image de ceux que l'on a aimé détester car ça leur permet d'entrer dans la postérité, le but ultime de ces hommes.

14 mai 2012

Sapeurs et sans reproches

Cette histoire de bizutage au sein des sapeurs-pompiers de Paris est vraiment très regrettable. Cette élite n'avait vraiment pas besoin d'une telle publicité alors qu'elle effectue un travail exemplaire chaque jour, comme toutes les unités de pompiers sur nos territoires. Déjà qu'elle se fait caillasser dans les quartiers chauds, ce n'est pas ce genre d'incident qui va arranger les choses. Ce viol présumé a cependant mis le feu aux poudres de la polémique.

D'abord, on prend conscience que nos soldats du feu sont avant tout des êtres humains et pas des super héros dignes des comics de Marvel. Je ne veux pas leur faire injure en disant cela. Quand vous les écoutez, ce sont des hommes et des femmes qui restent modestes et qui ne la ramènent pas à chaque fois qu'ils sauvent des vies. Evidemment pour les victimes, ils deviennent Robin des bois ou Superman mais ce sont avant tout des passionnés de leur métier qui font preuve d'un don de soi exemplaire. Mais voilà, il arrive que ça dérape, dans le feu de l'action ai-je envie de dire. Ce viol, s'il est avéré, est inadmissible, quelque soit la qualité des personnes mises en cause. Mais il ne faut surtout pas généraliser. Cela resterait un cas très isolé et qui ne remet sûrement pas en cause cette profession, ces hommes et ces femmes qui agissent au quotidien pour notre sécurité.

Ensuite, on prend conscience, si ce n'était déjà fait, que les lois sont difficiles à appliquer et surtout à contrôler. Nous savons tous que le bizutage est encore pratiqué, et plus encore chez les notables ou les meilleurs : en fac de médecine par exemple. Tous les ans ou presque, une affaire d'humiliation, d'atteinte à la dignité ou de viol ressort dans l'actualité. Mais quelles sont les moyens d'y mettre fin ? Nous ne pouvons pas mettre un représentant des forces de l'ordre derrière chaque nouvel étudiant ou chaque nouvelle recrue. Nous ne pouvons compter que sur la responsabilité des uns et des autres.

Nos lois ont des limites, les limites du genre humain. D'ailleurs, ces lois ne sont pas là pour empêcher mais elles arrivent après coup pour réparer les dégâts, si tant est que l'on puisse le faire, je pense surtout au préjudice moral. Car nos législateurs aiment faire des lois. Dès qu'il y a un évènement qui exacerbe nos émotions de manière naturelle voire quasi automatique, l'exécutif ou le législatif pond une loi magique censée tout résoudre. Seulement, comme je l'ai dit, les lois ont leur limite. On se retrouve ainsi avec des centaines de lois inapplicables concrètement et qui viennent saturer le code pénal déjà bien complexe. Remarquez, les avocats sont bien servi. Avec un tel arsenal juridique, ils ont de quoi contester pour défendre leur client. Car finalement, c'est ça au final qui se passe. Les lois interviennent après coup et la plupart ne protègent a priori en rien les concitoyens que nous sommes.

Allez, tout ça pour dire que nous devons continuer à aimer et chouchouter nos pompiers. Ce sont eux les vrais héros.

18 janvier 2012

Les révolutions arabes n'ont pas eu droit à toutes les saisons

Quand, il y a quelques jours, vous avez appris que l'on fêtait le premier anniversaire des révolutions dans les pays arabes, avez-vous eu comme moi cette réaction de dire "déjà" ? Une réaction qui sentait l'oubli de l'évènement comme on jette un mouchoir une fois éternué. Ces évènements, pourtant d'une importance historique, ont déjà été balayés par d'autres actualités. Le monde est ainsi fait. Ca tourne.

Il ne faudrait pourtant pas oublier ce qui s'est passé dans ces pays à deux pas d'avion de nos contrées. Des hommes, des femmes et des enfants, ont crié leur exaspération. Ils ont voulu dire au monde entier combien leur souffrance était grande, combien leur privation de liberté les faisait mourir à petit feu. Eh bien non. Depuis il y a eu tellement d'évènements, que ceux-ci semblent loin et petits.

Free a jeté un pavé dans la mare de la téléphonie, la France a perdu son triple A, et ? Ah oui, ça fait un an que des chefs d'Etat, des dictateurs s'il vous plait (!), sont tombés. On avait presque oublié ! Il est donc complètement injuste qu'un printemps arabe ne se transforme pas aujourd'hui en été arabe, à l'après révolution.

Beaucoup doivent penser que puisqu'ils se sont débarrassés de leur geôlier, ceux qui ont gagné dans le sang et les larmes leur liberté peuvent désormais prendre leur envol et décider de leur destin. Oui, mais voilà, il y a un mais. Ces révolutions, ces chamboulements dans les régimes politiques sont loin d'être finis et il n'est pas encore certain à l'heure actuelle que ces peuples aient gagné ce qu'ils sont en droit de réclamer : liberté et égalité. N'oubliez pas qu'en France, après la révolution, tout n'est pas venu comme sur des roulettes. La démocratie (enfin, celle que rêvaient nos ancêtres sans-culottes) a mis plus d'un siècle à s'installer (et est bien mise à mal au XXIème siècle mais c'est un autre débat).

A l'heure où il suffit de télécharger sur Internet pour obtenir en quelques minutes tout ce que l'on veut, la liberté met des décennies à faire sa place. Nos amis algériens, tunisiens et égyptiens ne sont pas encore sortis de la casbah. Alors, ayons régulièrement une pensée pour eux.

Au besoin, mettez un rappel sur votre portable !

17 janvier 2012

Un navire pas que beau

Avril 1912, un paquebot, fleuron de la perfide Albion, traverse la haute mer en partant de Southampton le 10 avril 1912. Il est 12h15. Vous connaissez la suite, un brouillard épais, un froid de canard, des icebergs, une vitesse élevée. L'équipage n'a pas pu éviter la collision. Puis c'est la panique, le manque de canots, une mauvaise organisation, un bateau qui coule trop vite. Et puis l'orgueil des hommes, trop présomptueux sur un navire qu'ils croyaient à toute épreuve : il ne faut pas donner une mauvaise image des Anglais. Bilan, environ 1.500 morts environ.

Janvier 2012, le Costa Concordia navigue trop près des côtes et heurte les fonds, le commandant de bord veut respecter une tradition : saluer les habitants de cet endroit. On ne connait pas encore le nombre de victimes, mais une c'est déjà trop.

Evidemment, la comparaison n'a pas échapper. Comment ne pas relier ces deux naufrages surtout à un siècle d'intervalle. Cela fait presque anniversaire. Les hommes n'auront donc pas tirer des leçons du passé ? Vous allez me dire, oui c'est facile de dire ça de chez soi, assis au chaud sur son canapé. Mais que celui qui ne s'est pas posé de questions me jette la première bouée.

Le Titanic avait un gros défaut : sa coque et les cales. Une coque pas solide et surtout, une cale compartimentée soit, mais les cloisons me montaient pas jusqu'en haut. Alors, il n'a pas fallut longtemps pour que l'eau inonde tout le bateau. Et là, que voit-on sur toutes les images télévisées ? Un flanc de bateau déchiré comme du papier et une inondation facile en deux coups de cuillères à pot. C'est la première question que je me suis posée : comment peut-on encore fabriquer des paquebots géants avec une coque en carton ?? La roche a complètement fracassé le flanc.

Le plus inquiétant, c'est que nous fabriquons des navires de croisières de plus en plus gros et de plus en plus haut. Dans un avenir proche, un nouveau bateau pourra transporter plus de 8.000 personnes. Vous imaginez la panique ? Mais à côté de ça, on ne se pose pas la question essentielle : peut-on assurer une sécurité optimale avec autant de monde à bord ? Ben non. A l'heure actuelle, aucun pays n'est capable de sauver tous les passagers à bord. Un échouage ne donnera pas assez de temps pour évacuer le bâtiment. Il faudrait prévoir des dizaines d'hélicoptères pour venir en aide car les canots n'iront pas assez vite à l'eau et ne seraient pas assez remplis.

Alors, on fait quoi. On compte sur la chance. On prie pour qu'il n'y ait pas de morts pendant que la croisière s'amuse.

 
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