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Société

  • Ça a flashé, j'ai vu rouge

    Imaginez la scène, vous êtes arrêté à un feu rouge, tranquille, vous attendez le vert. Soudainement, derrière vous, un véhicule toute sirène hurlante veut passer. Le problème, c'est qu'il y a un flash automatique à ce feu de signalisation. Alors, je brûle le feu rouge ou pas ?

    Si vous vous êtes posé cette question un jour c'est normal, tout le monde se l'est posée. Avec le fleurissement des radars aux feux de signalisation, forcément, ça nous traverse l'esprit. Alors, quoi faire ?

    Niveau code de la route, vous avez obligation de faciliter le passage d'un véhicule prioritaire ou d'intérêt général prioritaire. Ces véhicules doivent utiliser simultanément une sirène deux tons (rien à voir avec le poisson) et un gyrophare bleu tournant. Ne sont pas concernés, les véhicules d'intervention EDF, GDF, transport de fonds, salage, transport de sang et d'organes, les véhicules ministériels, gouvernementaux ou diplomatiques pour lesquels vous n'avez pas d'obligation légale de priorité... sauf s'ils sont escortés par des policiers ou gendarmes qui utilisent sirène et gyrophare conformes. En résumé, soyez sympa avec les pompiers, le SAMU, les ambulances, la douane, les policiers et les gendarmes.

    En cas de refus, c'est 90€ et 4 points de retrait sur le permis. Mais si je brûle le feu, je vais être flashé ? Un rappel au Journal Officiel stipule que "Si un véhicule est incité à passer au feu rouge par un véhicule d'urgence pour dégager le passage, deux cas de figure peuvent se produire : si cela a lieu au début de la phase de rouge, le véhicule d'urgence sera lui aussi flashé et donc le CACIR (Centre automatisé de constatation des infractions routières) n'émettra pas d'avis de contravention. Si cela se produit alors que le feu est au rouge depuis longtemps et que le véhicule d'urgence s'engage à son tour au moment où le feu passe au vert, le CACIR s'appuiera sur les données de temps de durée du feu rouge, de vitesse estimée du véhicule, voire du nombre de véhicules franchissant le feu au même moment, de la trajectoire du véhicule poussé par le véhicule d'urgence, pour ne pas émettre d'avis de contravention.".

    Cela étant dit, peut-on être certain de ne pas avoir de problème dans une telle situation ? Je rappelle qu'en cas de contravention, nous sommes contraints de payer avant de contester.

    Le CACIR est composé de gendarmes et de policiers et est installé à Rennes. C'est un lieu hautement sécurisé avec reconnaissance digitale, pass, gardiens, portes sécurisées. Les photos prises sont d'abord traités par un système de reconnaissance des immatriculations puis saisies manuellement par des employés d'une filiale de La Poste. Ensuite, ce sont les agents de la force de l'ordre qui décident s'il y a infraction ou pas (sans contestation possible). Les données sont conservées 10 ans.

    Si vous avez peur des sanctions, il vous reste la possibilité de laisser passer sans franchir le feu, c'est-à-dire de vous mettre sur le côté, voir de monter sur le trottoir. Normalement, les radars de feux sont dans des endroits où l'infrastructure le permet. Dernière solution, rouler là où il n'y a pas de radar de feu.

     

  • Top con-tributeurs

    Cela ne vous a peut-être pas échappé, les grandes marques, les commerces et les sites de commerce ont recours de plus en plus au comportement participatif des consommateurs. Que ce soit dans la grande distribution (Auchan, Carrefour, Ikea, ...), les services (La Poste) ou la téléphonie (Orange, Sosh, Nokia, ...), ils mettent à disposition des clients des forums, des foires à questions, des boites à idées ou du "self-service". Vous vous doutez bien que s'ils pratiquent ceci c'est surtout un intérêt majeur pour eux : des économies sur le personnel.

    Demander aux acheteurs de scanner eux-mêmes les produits de leurs courses légitime de remplacer quatre ou cinq hôtes(ses) de caisse par un(e) seul(e). Ce qui est formidable c'est que personne ne s'en inquiète et travaille gratuitement pour l'enseigne. Sous couvert de vous faire gagner du temps, jusqu'à scanner ses produits dans les rayons avec une douchette portative, l'entreprise économise de la masse salariale et donc des charges sociales et donc fait augmenter les dividendes. C'est donc d'un intérêt hautement financier.

    A La Poste, les machines de vente de timbre et de pesée du courrier sont des exemples flagrants de cette métamorphose. Si vous avez le malheur d'aller à un guichet pour acheter des timbres, l'employé va vous rediriger automatiquement sur le distributeur de carnets de timbres. Et vous aurez beau insister, rien n'y fera. Si les salariés des Postes contribuent eux-mêmes à la destruction de l'emploi en France et à la baisse des effectifs de La Poste, pourquoi devrions-nous nous en émouvoir ? Et bien parce que cela rentre dans un système qui impacte directement tous les Français.

    Vous allez me dire, mais quel rapport avec la téléphonie. La méthode est différente mais le résultat est le même. Il y a les forums où chacun exprime un problème technique, un mécontentement ou un point de satisfaction. Et là, ça ne loupe pas, il y a d'autres client qui vont répondre ou réagir à la place des collaborateurs de la marque. Ces clients bénévoles vont même jusqu'à orienter, conseiller ou résoudre les problèmes à la place de ceux qui sont censés le faire. Pourquoi ils ne le font pas ? Parce qu'ils ne sont pas assez nombreux. Pourquoi ils ne sont pas assez nombreux ? Parce que la marque en appelle aux bonnes volontés de ses clients. C'est un cercle vicieux mais tellement lucratif ! Le résultat est à l'identique des distributeurs.

    Des gens qui travaillent gratuitement entraîne inévitablement des économies de personnel et donc de charges salariales et au final, c'est le chiffre d'affaires et l'actionnaire ou l'État qui est gagnant (quoique... il faut verser les indemnités chômages...). Ce n'est pas voir tout en noir que d'en arriver à de telles conclusions. C'est malheureusement une réalité. Ce genre de pratiques ne va certainement pas contribuer à la baisse du chômage et inverser la courbe chère à notre président François Hollande.

    Ne vous en prenez pas à la crise, c'était inéluctable, elle n'y est pour rien puisque de toute façon, tout le monde cherche à faire des économies même quand la croissance est là. Comment lutter contre ça ? C'est très simple, laisser les marques et autres enseignes se débrouiller toutes seules. Ne participez pas aux forums, ne donnez pas d'idée, dirigez-vous vers une caisse "humaine" et achetez de jolis timbres dits "de collection". Cela fera sûrement réfléchir les patrons.

    A bon entendeur, à bientôt.

     

  • Un couple peut en cacher dix-huit autres

    J'ai soudainement ouvert les yeux et je me suis posé la question : pourquoi faut-il légaliser le mariage entre personnes de même sexe ? Tout simplement parce que dans les faits, cela existe, c'est en place. Oui, en France, des personnes qui préfèrent des personnes du même sexe sont mariés légalement mais pas avec une personne du même sexe. Pour s'en rendre compte, il suffit d'élargir son esprit et de ne pas considérer les unions entre personnes avec un sexe, mais de considérer les unions entre personnes avec une orientation sexuelle. C'est là que réside la nuance. On peut donc schématiser les orientations comme ci-dessous.

    hétérosexuel, bisexuel, homosexuel, transsexuel, symbole homme, symbole femme

    Avec la pensée sacro-sainte du schéma classique, un seul couple est possible : un homme avec une femme.

    hétérosexuel, symbole homme, symbole femme

    Maintenant, au lieu de voir dans ce schéma deux êtres avec un sexe, voyez plutôt deux êtres avec une orientation sexuelle : hétérosexuel, bisexuel et transsexuel. Cela donne soudainement neuf possibilités d'unions légales :

    hétérosexuel,bisexuel,homosexuel,transsexuel,symbole homme, symbole femme

    Voilà pourquoi, il ne serait pas incohérent de permettre à des personnes aimant d'autres personnes du même sexe de se marier devant monsieur le maire. Légalement, sur le papier, c'est toujours un monsieur et une madame que l'on unit. Mais dans la pratique, cela peut être aussi bien un homme qui aime les hommes (ou les femmes) qui épouse une femme. Et vice-versa. Vous me suivez ? Il ne manque plus que la légalisation du mariage entre personnes du même sexe pour voir monter le nombre de possibilités à dix-neuf. En plus des neufs possibilités précédentes, on ajoute celles-ci :

    hétérosexuel,bisexuel,homosexuel,transsexuel,symbole homme, symbole femme

    Avec quatre orientations sexuelles, à savoir hétérosexuel, bisexuel, homosexuel et transsexuel, tout est possible. Si vous n'êtes pas convaincu, la prochaine fois que vous croiserez des couples mariés, posez-vous la question : sont-ils seulement hétéro ? Cet homme voit-il d'autres hommes ? Cette femme couche-t-elle avec la voisine ? Est-ce madame s'appelait monsieur avant ? Il n'est point question ici d'être effrayé, mais simplement de prendre conscience des réalités et des pratiques.

  • Ne bougez plus avec la Poste

    Tout content d'aller à la Poste pour faire affranchir un courrier, la dame derrière son comptoir m'accompagne à la machine pour que je le fasse moi-même. Je lui dit gentiment que je n'aime pas les machines car elles tuent les emplois. Je pensais que ça allait lui faire plaisir qu'un inconnu pensait à sauvegarder son poste. Et bien non, elle me dit "Ca ne le tue pas puisque je vous accompagne". Voyant la naïveté de cette personne, je ne suis pas allé plus en avant dans la polémique.

    Non ma cocotte, ton emploi est menacé. Souviens-toi il y a quelques années avant l'arrivée des appareils, les guichets étaient presque tous occupés, aujourd'hui on en trouve que deux ou trois. Il y a plus de guichets vides que de guichets occupés, tu as besoin de lunettes ? Les machines ne tuent pas les emplois ? Alors pourquoi n'y a-t-il plus grand monde pour nous servir ? Ne me dîtes pas que tous ces progrès sont censés améliorés la qualité du service. Cela arrange surtout la Poste pour réduire son effectif.

    Ce constat est valable dans toutes les entreprises, même publiques. Entre 2002 et 2007, la Poste a perdu 43.580 employés, entre 2004 et 2008, la SNCF a maigri de 11.931 salariés. Ces quelques exemples pour montrer qu'il y a des raisons de s'inquiéter. Et je ne vous parle pas des réductions d'effectifs annoncées tous les ans sur nos territoires et dans tous les domaines. Une quinzaine de cas attendent le nouveau ministre du redressement productif Arnaud Montebourg : Fralib, Florange, Petroplus...

    Cette personne naïve a aussi ajouté "Vous serez bien content de la trouver cette machine quand il y aura la queue au guichet". Non ! J'ai le temps d'attendre et d'être servi, je n'ai pas besoin de courir. Franchement, je fais tous les efforts et j'ai l'impression que tout le monde s'en fout. Madame, j'espère que vous repenserez à cette petite discussion quand on vous annoncera que votre poste est supprimé et qu'il faut choisir entre un reclassement ou la porte (faut-il ajouter en marge que la Poste est maintenant une société anonyme ?).

    Avec de tel personnel, les patrons ont finalement raison de ne pas se priver en réduisant les emplois pour les remplacer par des machines ou par des délocalisations. Il existe malheureusement encore beaucoup de gens qui pensent que rien ne leur arrivera et que l'on aura toujours besoin d'eux. Des indispensables, il y en a plein les cimetières. Ne pas regarder plus loin que le bout de son nez est déraisonnable, voire irresponsable. Une sorte d'individualisme involontaire.

    Quand tout le monde fera ses courses que sur Internet, se servira son carburant que via un automate, ne passera qu'aux caisses rapides pour scanner soi-même ses articles, il ne faudra pas pleurer qu'il y aura 20 ou 30 % de chômeurs. Vous pensez peut-être que je suis bien pessimiste de voir une telle catastrophe. Mais je préfère rester sur mes gardes et être attentif à ce qui se passe autour de moi que de ne pas voir arriver le boomerang social qui se prépare à long terme. Moins de gens qui travaillent c'est moins de consommateurs et moins de retombées pour un pays.

    Les dommages collatéraux sont en gestation, il ne suffira pas de grand chose pour que tout le monde en souffre. Je vous aurais prévenu !

  • Le neurone du hamburger

    Vous allez dire que je me répète mais oui, j'assume, j'ai encore regardé l'émission Cash investigation sur France 2 vendredi dernier. Je vous promets que c'est sans le vouloir. Le sujet était la pratique du neuromarketing.

    Le neuromarketing consiste à tester les consommateurs via des épreuves simples ou directement en IRM pour savoir ce qui leur fait plaisir et ensuite d'adapter sa stratégie d'entreprise pour "aider" les consommateurs à choisir vos produits plutôt que ceux des concurrents. L'entreprise qui mène ses études montre des images ou émet des odeurs et observe les zones du cerveau qui réagissent. En gros, ça travaille votre cerveau pour que vos habitudes d'achat s'orientent vers là où les industriels et autres entreprises veulent que vous alliez.

    Cela ressemble à de la manipulation. Il faut savoir qu'en France, les études neurologiques à des fins autres que scientifiques ou médicales sont interdites. Alors, les études se font en Belgique pour la plupart ou alors sont déclarées comme scientifiques mais c'est seulement sur le papier. Comme cette grosse boite de cosmétiques mondialement connue qui a eu l'autorisation du ministère pour procéder à ces recherches. Encore une histoire de conflits d'intérêts ? Aucune idée, mais le doute s'installe.

    Les méthodes ont évolué. Il y a quelques années, la grande distribution jouait sur la disposition des articles ou la diffusion de musique, et aujourd'hui ça influence directement certaines zones de votre cerveau comme celle qui diffuse la dopamine, la molécule du plaisir. Concrètement, comment ça se traduit. Et bien, par exemple, toujours ce fabricant célèbre de cosmétiques qui fabrique des crèmes qui vont procurer du plaisir rien qu'en pénétrant la peau, une chaîne de restauration rapide qui va diffuser des odeurs dans ses établissements pour activer l'acte d'achat. Et vous savez comment ? Par les produits d'entretien ! Car en fait, si cette enseigne de restauration tient à toujours avoir des salles propres, ce n'est pas qu'une question d'hygiène mais c'est aussi une question de marketing. Quand la serpillière s'active c'est pour vous pousser vers les caisses. Cela se traduit aussi par le petit cadeau en plastique offert avec un repas pour votre enfant qui évidemment va être le déclencheur et faire aller les adultes dans son restaurant préféré.

    En fait, le neuromarketing est une recette vieille comme le monde. Pour dresser les animaux, on ne fait pas autrement. Quand le chien a obéi à son maître, il lui donne un sucre : il sait donc qu'à chaque fois qu'il agira de la sorte il sera récompensé. Le neuromarketing est tellement répandu que des conférences sont régulièrement organisées pour les entreprises ou les commerciaux désireux de faire monter la courbe du chiffre d'affaires. Mais le neuromarketing est aussi un tabou et quand vous essayez de mettre les pieds dans le plat en mettant les responsables des sociétés devant des faits avérés, cela les pousse dans l'embarras, et le mot est faible.

    Comment savoir si vous êtes victimes de cette vaste intoxication ? Si je vous dit "vous le valez bien", si je vous parle d'un gros M jaune sur fond vert ou sur fond rouge, si je vous parle d'une pomme, vous pensez à quoi ? Bien voilà, vous avez tout compris, vous êtes conditionnés.

    Et l'éthique dans tout ça ? La pauvre est complètement mise en second plan, ou alors sur les jolies plaquettes commerciales pour se donner une bonne image. Mais en réalité l'éthique est aux oubliettes, les sociétés et les fabricants s'assoient dessus comme de leur première lessive. C'est donc à nous, consommateurs, de veiller et de rester maître de ses envies et de ses pensées, agir dans notre intérêt avec discernement et raison.

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