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élection

  • Gauche, droite, gauche, droite...

    La politique a encore bien dominée la soirée de lundi. On ne pouvait échapper aux commentaires et aux débats de l'après tour d'élection. Mais ce qui me frappe le plus c'est non seulement un parti d'extrême droite qui tient une certaine position (ce qui m'inquiète), même cela ne concerne que peu de sièges à l'Assemblée, mais, on le voit encore cette année, c'est aussi sortir du clivage droite-gauche. Le combat que donne François Bayrou est un vrai parcours du combattant. A chaque fois, il prend des risques, surtout pour lui, de perdre un siège. C'est de l'entêtement à ce niveau. Depuis au moins 2007, où il avait faillit faire tourner l'élection à son avantage, il clame que la France ne doit pas être le monopole de deux partis, mais de tous. Quand je vois où ça le mène et les claques qu'il prend dans la figure je me demande si un jour le clivage historique cessera.

    Sommes-nous condamnés à alterner entre deux grandes formations politiques ? Si vous réfléchissez cinq minutes, vous constaterez que vous êtes nés sous la droite ou la gauche et que vous quitterez cette terre sous la droite ou la gauche. Notre quotidien se résume à une marche sur deux pieds. Les électeurs sont-ils si peu rassurés par cette vision d'un rassemblement multicolore qu'ils préfèrent voter utile ? Après tout, à leur création, la gauche et la droite étaient de modestes rassemblements, qui se sont construits petit à petit, qui ont grandi année après année. Convaincre et donner confiance est un travail laborieux de longue haleine. Encore faut-il que les électeurs osent.

    Mais l'un des gros soucis dans les élections, c'est les indécis. Jusqu'à la dernière minute, ces personnes tanguent, changent d'avis, doutent. Au final, ils donnent leur voix au candidat dont le parti a déjà fait ses preuves. Mais quelles preuves ? J'ai voté une fois pour le Centre car j'avais été convaincu. Et puis, je me suis fondu dans la masse, je n'ai plus recommencé, la peur de l'inconnu peut-être. En même temps, on se dit que les politiques n'ont pas un pouvoir étendu, qu'ils sont manipulés, et que c'est blanc bonnet bonnet blanc. Mais qu'en savons-nous ?

    En tout cas, ça ne sera pas pour cette année. L'Assemblée nationale sera dominée par le rose et par le bleu une fois de plus. Il y a cinq ans c'était comme ça, dans cinq ans, ce sera pareil.

  • Usine à Militants Pratiquants

    Le parti de la majorité semble un parti d'individus unis et solidaires derrière un seul homme. Ils sont tous à le clamer haut et fort devant un micro ou une caméra. Ils s'évertuent tous à être positifs aussi bien sur le quinquennat qui va bientôt se terminer que sur la campagne qui a commencé depuis plusieurs mois mais qui n'est pas censée en être une étant donné qu'aucun candidat ne s'est déclaré pour l'UMP.

    Alors on meuble le paysage audiovisuel, on montre des mines réjouies et enthousiastes, on déplace des centaines de militants portant de gros drapeaux et de longues banderoles à des meetings pour écouter d'anciens ministres, des cadres du parti ou des membres du gouvernement. Car il faut bien le dire, à droite ils sont bien embêtés de ne pas savoir à quel sein se vouer. Nicolas Sarkozy tarde à se déclarer. On fait mine d'être derrière le président alors que personne n'est vraiment sûr qu'il se présentera.

    Mais rassurez-vous, tout ce tapage médiatique n'est que la partie émergée de l'iceberg. Car en coulisse, c'est la guerre. Ils se battent durement et impitoyablement pour prendre la tête au cas où... Au cas où le grand chef se désiste. On se bat, on marche sur les autres. Il faut être là le moment venu. Il ne faut pas se leurrer. Les ténors du parti sont prêts à lâcher le chef d'Etat pour prendre sa place puisqu'il l'a fait lui-même en son temps. C'est leur raison de vivre : le pouvoir.

    Et pendant ce temps, les militants et les jeunes du parti se donnent à fond. Je parle des vrais militants, de la base, car ceux qui ont déjà des responsabilités à la tête des militants ont déjà leurs préoccupations de carrière partisane. Donc, je disais, les vrais militants sont nourris de bonnes paroles, maintenus au chaud par de belles promesses et un projet prometteur. Ils seraient prêts à vendre père et mère pour des hommes et des femmes qui n'ont que le but de se placer au plus près du centre de la table du salon Murat du palais le plus convoité de France.

    Toute cette naïveté, c'est touchant. Qui se dévoue pour leur expliquer ? Notez bien que l'on pourrait faire la même remarque à gauche. Finalement, la question fondamentale de tout ça est : que deviendrait un parti sans militants ? Quel poids pourrait-il imposer aux adversaires s'il n'y avait qu'un bureau central ? Il suffit de comparer avec un NPA ou un Cap21 pour comprendre que le nombre d'adhérents et de militants est important.

    Le militant est la sève du parti, son moteur. Le militant est celui qui va défendre son candidat contre vents et marées. Le militant est celui à qui on peut faire dire tout ce que l'on veut avec force et conviction. Le militant est l'être le plus malléable et influençable dans le système politique. Ce qui est sensationnel pour un parti est qu'il y aura toujours des militants pour en remplacer d'autres qui auront ouvert les yeux. C'est un puit sans fond. On arrivera toujours à convaincre des masses entières d'hommes et de femmes pour vous suivre jusqu'au bout et même au-delà. Même quand tous les faits sont avérés pour dire le contraire, un militant, un vrai militant, sera toujours là, prêt à remettre le couvert. C'est ce qu'il y a de pratique avec le vrai militant : vous arriverez toujours à lui faire croire que le changement est enfin à portée de mains...

  • La parole est... au compteur !

    Avec le temps des élections vient le temps des paroles. Chaque candidat va se voir décompter à la seconde près sa prise de parole à la radio ou à la télévision. On en vient à des comptes d'apothicaires qui prennent parfois le dessus sur le fond.

    Dans l'émission de Laurent Ruquier du samedi 14 janvier On n'est pas couché, sont venus exposés leurs idées et convictions Hervé Morin et Corinne Lepage. Le premier avait droit à vingt minutes et la seconde avait droit à quinze minutes. Vous ne trouvez pas que cela frise le ridicule ? La question essentielle est : est-ce qu'un temps de parole équitable entraîne forcément une égalité devant les urnes ?

    Pour moi, ce temps de parole donne un semblant d'équilibre mais des paramètres externes bien plus importants pèsent davantage dans la balance. Sa présence médiatique régulière dans le mandat en cours : invité sur les plateaux de télévision, vous avez tout loisir de marquer les électeurs dans leur esprit comme une image indélébile qui vaut n'importe quelle affiche papier. Sa présence dans un gouvernement : en vous débrouillant bien, vous pouvez faire parler de vous à chacun de vos déplacements ministériel, d'une inauguration quelconque, d'un discours dans une usine. Ses apparitions coup de poing pour faire le buzz : sortez la plus grosse bêtise en public, commettez la plus grosse bourde, faites un lapsus que vous tournez à l'humour et c'est le bêtisier annuel assuré (qui ne sera pas décompté en temps de parole).

    Il existe tellement de ficelles et d'astuces pour décupler ses temps de paroles que ce n'est pas un chronomètre qui va vous empêcher d'accéder au second tour. D'autant qu'à côté de ça, pour que l'équité soit garantie, il faudrait que chaque électeur regarde et écoute chaque candidat dès qu'il s'exprime. Or, il n'en est rien. Je défie quiconque ici capable de suivre une campagne électorale à 100 % sans s'endormir.

    Personne en France ne verra chaque minute d'intervention d'untel ou d'unetelle. Sauf les autres candidats évidemment, pour avoir de quoi répondre.

    Même si un soir de débat télévisé, chaque candidat a trente minutes pour s'exprimer, et bien il ne sera pas entendu trente minutes par chacun de nous. Le plus souvent, nous ne verrons que des résumés de quelques secondes dans des journaux télévisés, ou pire, une caricature dans les guignols...

    Bref, l'espace médiatique et donc l'espace temporel de chaque candidat n'est qu'illusoire et se retrouvera forcément biaisé par toute une cuisine politicienne et sournoise de jeux d'acteurs. L'élection n'est qu'un vaste théâtre d'apparence et de faux semblant ou seules les chances de victoire sont proportionnelles aux opérations de communications.

  • Les jeux 2012 sont à faire

    Comme je l'avais pressenti dans un article précédent, Nicolas Sarkozy a mis en place sa campagne pour l'élection présidentielle de 2012. Très affaibli par sa côte de popularité, il va tout mettre en œuvre pour faire oublier tout ça lorsque chaque électeur qui se déplacera prendra une décision dans l'isoloir.

    D'abord, reconduire François Fillon était presque obligatoire du point de vue du Président. Il n'avait pas le choix. Le Premier ministre est populaire et servira de "cache-misère", de "faire-valoir" pour l'UMP. Mais d'un point de vue sarkozyen, c'est surtout de garder auprès de soi un candidat potentiel aux primaires de la Droite. Si François Fillon veut se présenter, il devra démissionner et donc marquer une opposition qui ne sera pas des plus excellentes pour marquer l'unité du parti.

    Ensuite, nommer Alain Juppé, c'est mettre dans sa poche un chiraquien convaincu, qui a beaucoup critiqué le pouvoir ces derniers mois. Mais c'est aussi freiner les envies de candidatures du maire de Bordeaux. Jusqu'à aujourd'hui, Alain Juppé a encaissé les coups, a du souvent ravaler sa fierté et oublier les élections pour son compte personnel. Il a toujours dû laisser la place, d'abord à Jacques Chirac, et maintenant à Nicolas Sarkozy. Là aussi, une démission ne fera pas bon effet. Voilà un homme qui a frôlé le fauteuil suprême à plusieurs reprises mais qui a du s'abaisser, voire même s'exiler un temps pour faire le point. C'est dire combien cet homme a de quoi demander vengeance.

    Enfin, Xavier Bertrand qui revient dans l'équipe, c'est faire d'une pierre deux coups. Etouffer les ambitions de primaires pour celui qui avait pris les rênes du parti en espérant peut-être se présenter aux élections avec l'appareil derrière lui. Et donner un os à ronger à Jean-François Copé qui sera certainement à la tête de l'UMP mais qui devra organiser la campagne de Nicolas Sarkozy. En réintégrant une place importante, il ne pourra qu'être reconnaissant et donc ne pas gêner son grand ami le président bientôt sortant. Il s'est déclaré pour 2017 mais on connaît les hommes et femmes politiques, la girouette reprend des fois du service.

    Voilà donc ce que je retiendrai de ce remaniement de façade. Le président a fait sortir quelques personnes comme Rama Yade, Fadela Amara ou Bernard Kouchner mais ces gens-là sont grillés pour 2012, ils ne présentent pas de danger et il n'y avait plus lieu de les maintenir au gouvernement. L'ouverture a ses limites. Je noterai quand même la présence de Patrick Ollier et Michèle Alliot-Marie au sein d'un même gouvernement. Il me semble que c'est la première fois qu'un couple à la ville se retrouvera tous les mercredis matin à la table du conseil des ministres.

    Avec Nicolas Sarkozy, c'est "occupez-vous de mes ennemis, mes amis je m'en charge".

  • 2009 ou 2012 ?

    Dites-moi si je me trompe mais le mois prochain, il s'agit bien des élections européennes, hein ? Les élections pendant lesquelles nous allons désigner nos députés européens qui vont siéger au parlement européen. Je demande ça parce que pendant un moment j'avais cru entendre parler de présidentielle. François Bayrou annonce sa candidature pour 2012, Martine Aubry et Ségolène Royal se battent pour être la candidate du PS, DSK doit sûrement y penser pour se venger d'avoir été écarté lors des primaires socialistes en 2007. Il y a même Jean-François Copé qui parle déjà de 2017. Non seulement, la campagne semble assez timide mais en plus les ténors des partis ne pensent qu'à l'Elysées : comment voulez-vous que les électeurs s'intéressent à l'Europe dans ces conditions. Si les candidats ne montrent pas l'exemple, il ne faudra pas s'étonner en juin si l'on atteint des records d'absentéisme dans les isoloirs.

    Cela dit, à qui la faute. La Constitution a été modifiée pour passer d'un mandat présidentiel de sept ans à un mandat de cinq ans, le fameux quinquennat. Il faut déjà deux ans pour que le président fraîchement élu prenne ses marques et atteigne un rythme de travail à la hauteur des attentes. Mais dans un même temps, certains pensent déjà à remplacer le locataire de l'Elysées. Les journalistes posent déjà la question cruciale, des personnalités sortent des livres et on rassemble les troupes pour les primaires. Cinq ans, c'est peut être trop court finalement. Le but du quinquennat est d'éviter la cohabitation en provoquant des élections législatives avec la présidentielle. Auparavant, on pouvait élire des députés pendant un mandat présidentiel et ainsi se retrouver avec une majorité de couleur politique différente du chef de l'Etat.

    Mais voilà, nous sommes maintenant confrontés à l'effet pervers, à l'effet secondaire de cette réforme. En accélérant les scrutins, on a accéléré les ambitions politiques. A peine l'élection de 2007 terminée, certains préparaient déjà la prochaine. Comment leur en vouloir après tout ? Si vous enlevez les deux premières années de mandat du nouveau président et la dernière année de campagne pour les urnes suivantes, il ne reste plus que deux ans de combat. Deux ans pendant lesquels il faut monter un projet, écrire un programme et rassembler les adhérents et les sympathisants. Du coup, les perdants passent leur temps à faire campagne et le pays est plus ou moins géré au petit bonheur la chance par un parlement plus ou moins vide. C'est ce que l'on appelle les vases communicants. Les députés en campagne, ça vide les bancs de l'Assemblée. Les députés qui ont aussi une casquette élective de maire ou conseiller, ça ne facilite pas non plus les choses. On se demande à quoi servent les suppléants…

    Un autre problème se pose pour la majorité gouvernante. En cinq ans, elle n'a plus le temps de connaître quelques succès de réforme juste avant les élections lui permettant d'appuyer ses compétences à gouverner. Les électeurs ne retenaient que jusqu'à présent les derniers mois d'activité d'un gouvernement. Ce dernier n'avait donc qu'à faire passer des lois populaires vers la fin du mandat pour gagner quelques voix. Or, en mettant en œuvre tout un wagon de réformes en même temps, vite pour arriver avant les primaires et pour être sûr que l'un d'elles réussissent, le risque que tout se casse la figure est important. Comment préparer les esprits en si peu de temps ? Prier pour qu'une catastrophe naturelle survienne début 2012, histoire de remonter le pourcentage d'opinions favorables ? C'est une véritable course qui s'opère tous les cinq ans. Plus personne n'a le temps de rien : les électeurs ne peuvent pas se reposer, les candidats ne peuvent pas souffler et les promesses n'ont plus le temps d'être promises. A force de tout compresser, cela va bien finir par nous péter au visage, comme un lifting bâclé mal cousu.

    Bref, n'oubliez pas qu'en juin, le vote concerne l'Europe et non la France. Autrement dit, il ne faut pas dire si vous êtes pour ou contre Nicolas Sarkozy mais il faut dire à quel candidat vous faites confiance pour vous représenter à Strasbourg. Et profitez en, c'est la seule élection au suffrage universel direct d'une institution européenne.

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