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21 septembre 2013

Top con-tributeurs

Cela ne vous a peut-être pas échappé, les grandes marques, les commerces et les sites de commerce ont recours de plus en plus au comportement participatif des consommateurs. Que ce soit dans la grande distribution (Auchan, Carrefour, Ikea, ...), les services (La Poste) ou la téléphonie (Orange, Sosh, Nokia, ...), ils mettent à disposition des clients des forums, des foires à questions, des boites à idées ou du "self-service". Vous vous doutez bien que s'ils pratiquent ceci c'est surtout un intérêt majeur pour eux : des économies sur le personnel.

Demander aux acheteurs de scanner eux-mêmes les produits de leurs courses légitime de remplacer quatre ou cinq hôtes(ses) de caisse par un(e) seul(e). Ce qui est formidable c'est que personne ne s'en inquiète et travaille gratuitement pour l'enseigne. Sous couvert de vous faire gagner du temps, jusqu'à scanner ses produits dans les rayons avec une douchette portative, l'entreprise économise de la masse salariale et donc des charges sociales et donc fait augmenter les dividendes. C'est donc d'un intérêt hautement financier.

A La Poste, les machines de vente de timbre et de pesée du courrier sont des exemples flagrants de cette métamorphose. Si vous avez le malheur d'aller à un guichet pour acheter des timbres, l'employé va vous rediriger automatiquement sur le distributeur de carnets de timbres. Et vous aurez beau insister, rien n'y fera. Si les salariés des Postes contribuent eux-mêmes à la destruction de l'emploi en France et à la baisse des effectifs de La Poste, pourquoi devrions-nous nous en émouvoir ? Et bien parce que cela rentre dans un système qui impacte directement tous les Français.

Vous allez me dire, mais quel rapport avec la téléphonie. La méthode est différente mais le résultat est le même. Il y a les forums où chacun exprime un problème technique, un mécontentement ou un point de satisfaction. Et là, ça ne loupe pas, il y a d'autres client qui vont répondre ou réagir à la place des collaborateurs de la marque. Ces clients bénévoles vont même jusqu'à orienter, conseiller ou résoudre les problèmes à la place de ceux qui sont censés le faire. Pourquoi ils ne le font pas ? Parce qu'ils ne sont pas assez nombreux. Pourquoi ils ne sont pas assez nombreux ? Parce que la marque en appelle aux bonnes volontés de ses clients. C'est un cercle vicieux mais tellement lucratif ! Le résultat est à l'identique des distributeurs.

Des gens qui travaillent gratuitement entraîne inévitablement des économies de personnel et donc de charges salariales et au final, c'est le chiffre d'affaires et l'actionnaire ou l'État qui est gagnant (quoique... il faut verser les indemnités chômages...). Ce n'est pas voir tout en noir que d'en arriver à de telles conclusions. C'est malheureusement une réalité. Ce genre de pratiques ne va certainement pas contribuer à la baisse du chômage et inverser la courbe chère à notre président François Hollande.

Ne vous en prenez pas à la crise, c'était inéluctable, elle n'y est pour rien puisque de toute façon, tout le monde cherche à faire des économies même quand la croissance est là. Comment lutter contre ça ? C'est très simple, laisser les marques et autres enseignes se débrouiller toutes seules. Ne participez pas aux forums, ne donnez pas d'idée, dirigez-vous vers une caisse "humaine" et achetez de jolis timbres dits "de collection". Cela fera sûrement réfléchir les patrons.

A bon entendeur, à bientôt.

 

22 décembre 2009

Energie non renouvelée

Il y a des décennies en arrière, quand on parlait de gens pauvres ou de précaires, on faisait allusion à des personnes qui n'avaient pas de travail ou qui survivaient grâce à l'aide que l'on pouvait leur apporter. Puis sont apparus les travailleurs pauvres. Ces gens ont un travail, parfois à temps complet, mais n'ont pas les moyens de payer un loyer et vivent donc dans la rue. Ils vivent de mendicité, fréquentent les restos du cœur ou les centres d'hébergement.

Voilà maintenant qu'apparaît une nouvelle notion dans la pauvreté : la précarité énergétique. Cela n'a rien à voir avec les problèmes que rencontre notre planète vis-à-vis du réchauffement climatique. Ces gens ont un travail, un toit mais ils ne peuvent pas le chauffer car leur faible revenu ne permet pas tout le confort que l'on attend dans un logement. Ils doivent faire des sacrifices et le chauffage en fait les frais, si j'ose dire. Priorité est donnée au loyer et à l'alimentation. Pas de superflu, de loisir ou de petit plaisir ponctuel. Seulement des gros pulls en laine.

Cette évolution de la précarité démontre bien que le coût de la vie augmente beaucoup plus vite que les revenus. Alors que vous pouviez vivre décemment il y a vingt ou trente ans avec un SMIC, vous avez du mal aujourd'hui à boucler les fins de mois avec ce SMIC, même s'il a augmenté. Même avec 2 000 euros par mois, un couple avec un ou deux enfants rencontre des difficultés.

Faut-il attendre des morts de froid en intérieur pour que les politiques se préoccupent plus de leurs administrés plutôt que de leurs électeurs ? Quelle sera la prochaine étape de cette dégringolade ? Ceux qui auront un toit, pas de chauffage et le frigo vide car les denrées deviennent de plus en plus chères. La viande, le poisson, les fruits et les légumes vont bientôt être des produits de luxe : un Carrefour Market va pousser place Vendôme face au Ministère de la Justice. Alors que Danton, premier ministre de la Justice à s'y installer en 1792 avait participé à la mise en place d'une République juste, fraternelle et de liberté, le prochain s'y installera pour quoi ? Je sais bien que le Ministère de la Justice n'a rien à voir directement avec les logements mais je voulais noter ici l'ironie des mots et des situations pour étayer mes propos.

Et encore. Si une personne avec des revenus décents n'arrive plus à se chauffer, comment va-t-elle se défendre devant un tribunal ? Quand il s'agit d'économie des ménages tout peut être lié. Vous vous logez, vous consommez, vous vous défendez, vous voyagez, vous vous distrayez… Comme les banques, mais en effet inverse : avec un krach, elles risquent la banqueroute, mais avec des milliards d'aide elles retrouvent des bénéfices, c'est magique.

Faut-il pour autant culpabiliser que votre voisin pointe à la soupe populaire tous les soirs ? Oui et non. A notre niveau, les mécanismes économiques sont difficilement malléables. Les leviers sont entre les mains de quelques personnes qui font la pluie et le beau temps dans le monde. Au niveau de l'emploi, même topo. Des chefs d'entreprise ont licencié sous prétexte de la crise alors qu'il n'y avait aucune raison valable de le faire. Il n'y a plus de logique, tout est une question de bon vouloir et d'avidité.

On peut toutefois agir ponctuellement. Par exemple, préférer les caisses humaines à la place des caisses automatiques dans les supermarchés. C'est ce genre de petites actions qui peuvent vous rendre moins coupables d'inactions. Mais est-ce que ce sera suffisant ? Dans le film 2012, qui n'est que du cinéma pur et dur, tout ce mécanisme est dénoncé. A la fin, seuls les milliardaires ont eu une chance de sauver leur peau car les grands de ce monde ont préféré sauver les plus riches plutôt que les plus nombreux.

Si les pauvres étaient des banquiers en faillite…

 
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