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  • La politique est une question de rebondissements

    La politique est une question de rebondissements en tout genre : savoir repartir sur de nouvelles bases, savoir se relever après une chute cuisante, surprendre le reste du monde là où il ne vous attend pas.

    Le nouvel ex-Premier ministre, libre de tout mouvement et de parole, dévoile enfin au grand jour ses ambitions. Resté cinq ans à Matignon, pieds et poings liés par Nicolas Sarkozy qui avait ainsi bridé un éventuel adversaire à la Présidentielle, il part à l'assaut de tous les postes et sièges qui s'offrent à lui. Mais s'il pensait qu'occuper la rue de Varenne était difficile, il va voir que convoiter le suffrage et combattre ses propres amis n'est pas une partie de plaisir. Loin de là.

    Le clou du spectacle sera sans doute son affrontement avec Jean-François Copé. Voilà un homme qui en a gros sur la patate. Après la défaite de son camp le 6 mai, il tire à boulets rouges sur les nouveaux membres du gouvernement et sur le président. C'est de bonne guerre après tout, c'était encore la situation inverse il y a quelques semaines quand les éléphants du Parti socialiste n'avaient de cesse de critiquer le pouvoir de l'époque et la majorité qui se tenait derrière. Maintenant, avec le jeu séculaire de l'alternance, l'UMP se trouve dans la position inconfortable de l'opposition.

    Alors, ils s'en donnent à cœur joie à droite. Nadine Morano qui réclame une démission dès qu'une affaire judiciaire apparaît au grand jour, Jean-François Copé qui accuse François Hollande de guignol et d'incompétent pour gérer le pays et s'imposer sur la scène internationale. Ils ont vraiment du mal à digérer. Mais n'est-ce pas eux qui déclamaient à qui voulait les entendre qu'il fallait rassembler tous les Français au-delà des partis, se rassembler pour le pays, dans un esprit républicain ? De la théorie à la pratique il y a un gouffre que même des pluies diluviennes auraient du mal à combler.

    Drôle de conception de la politique. Entre un groupe à gauche qui va avoir du mal à s'entendre pour les législatives et un groupe à droite qui va s'opposer bêtement pendant cinq ans tout en essayant de ne pas être attiré par un extrême de plus en plus présent, je crois que l'on va encore passer de bons mais pathétiques moments de joutes partisanes. Les fauves sont à nouveau lâchés, les arènes sont prêtes, prenez vos cornets à pop-corn et comptez les points.

    Je suis sûr d'une chose, c'est que tout ce spectacle navrant se fera au détriment des spectateurs et que François Fillon prépare déjà le terrain pour 2017, trop content de ne plus avoir le retraité bling-bling dans ses pattes.


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  • Les jeux 2012 sont à faire

    Comme je l'avais pressenti dans un article précédent, Nicolas Sarkozy a mis en place sa campagne pour l'élection présidentielle de 2012. Très affaibli par sa côte de popularité, il va tout mettre en œuvre pour faire oublier tout ça lorsque chaque électeur qui se déplacera prendra une décision dans l'isoloir.

    D'abord, reconduire François Fillon était presque obligatoire du point de vue du Président. Il n'avait pas le choix. Le Premier ministre est populaire et servira de "cache-misère", de "faire-valoir" pour l'UMP. Mais d'un point de vue sarkozyen, c'est surtout de garder auprès de soi un candidat potentiel aux primaires de la Droite. Si François Fillon veut se présenter, il devra démissionner et donc marquer une opposition qui ne sera pas des plus excellentes pour marquer l'unité du parti.

    Ensuite, nommer Alain Juppé, c'est mettre dans sa poche un chiraquien convaincu, qui a beaucoup critiqué le pouvoir ces derniers mois. Mais c'est aussi freiner les envies de candidatures du maire de Bordeaux. Jusqu'à aujourd'hui, Alain Juppé a encaissé les coups, a du souvent ravaler sa fierté et oublier les élections pour son compte personnel. Il a toujours dû laisser la place, d'abord à Jacques Chirac, et maintenant à Nicolas Sarkozy. Là aussi, une démission ne fera pas bon effet. Voilà un homme qui a frôlé le fauteuil suprême à plusieurs reprises mais qui a du s'abaisser, voire même s'exiler un temps pour faire le point. C'est dire combien cet homme a de quoi demander vengeance.

    Enfin, Xavier Bertrand qui revient dans l'équipe, c'est faire d'une pierre deux coups. Etouffer les ambitions de primaires pour celui qui avait pris les rênes du parti en espérant peut-être se présenter aux élections avec l'appareil derrière lui. Et donner un os à ronger à Jean-François Copé qui sera certainement à la tête de l'UMP mais qui devra organiser la campagne de Nicolas Sarkozy. En réintégrant une place importante, il ne pourra qu'être reconnaissant et donc ne pas gêner son grand ami le président bientôt sortant. Il s'est déclaré pour 2017 mais on connaît les hommes et femmes politiques, la girouette reprend des fois du service.

    Voilà donc ce que je retiendrai de ce remaniement de façade. Le président a fait sortir quelques personnes comme Rama Yade, Fadela Amara ou Bernard Kouchner mais ces gens-là sont grillés pour 2012, ils ne présentent pas de danger et il n'y avait plus lieu de les maintenir au gouvernement. L'ouverture a ses limites. Je noterai quand même la présence de Patrick Ollier et Michèle Alliot-Marie au sein d'un même gouvernement. Il me semble que c'est la première fois qu'un couple à la ville se retrouvera tous les mercredis matin à la table du conseil des ministres.

    Avec Nicolas Sarkozy, c'est "occupez-vous de mes ennemis, mes amis je m'en charge".

  • Ascension politique

    bouquetin-barrage.jpgCette photo de bouquetins me rappelle bizarrement la course à l'échalote suscitée après l'annonce d'un remaniement par Nicolas Sarkozy.

    Ces bouquetins s'agrippent à la paroi de ce barrage pour en lécher le sel. C'est inouï ce que la nature est capable d'accomplir comme prouesse pour atteindre le bonheur. Nos ministres et nos députés de la majorité sont comme ces bouquetins. Ils essayent tant bien que mal de s'accrocher au pouvoir.

    Nicolas Sarkozy doit boire du petit lait avec tous ces amis qui ont fleuri depuis quelques mois. Tous ces candidats prêts à dire tout et n'importe quoi pour se faire remarquer et faire un appel désespéré au président.

    Quand vous les interrogez, ils vous déclarent avec assurance et fermeté que cela ne les intéresse pas du tout et que c'est le président qui décide. Pourquoi ne pas dire franchement qu'ils n'attendent que ça ? Est-ce honteux de briguer un poste ou siège, est-ce indécent ?

    Y'a pas à dire. Autant c'est l'économie qui gouverne le monde, autant c'est le pouvoir qui procure un bien fou.

    Mais attention, des hommes et des femmes vont être fortement déçus après la grande annonce sur le perron de l'Elysée contrairement à ces bouquetins. Car, au moment où la liste sera connue, c'est comme si on ouvrait les vannes du barrage, ça va chuter !

    Et hop, du balai.

  • Silence radio

    Cela fait quelques jours que je n'ai rien écrit sur ce blog. Non pas que je sois parti en vacances ou que j'en avais ras la casquette. Je n'avais tout simplement rien à dire. Aucune inspiration.

    La politique ne me dit rien qui vaille le coup d'en débattre, étant donné la richesse des débats au sein même des formations candidates. Je ne sais d'ailleurs toujours pas pour qui je vais donner ma voix. Car je la donnerai. Ils dénoncent tous un système auquel ils ont participé de près ou de loin. Ils proposent tous une autre Europe. Ce n'est donc pas facile de se décider. S'ils veulent tous un siège à tout prix, ils n'ont qu'à aller chez Ikea, comme je le fais de temps à autre. Il y a toujours des articles intéressants sur lesquels s'asseoir, tel ce fauteuil Roxö rouge que j'ai offert à ma sœur pour ces quarante ans. On y est très bien assis. Bref, la politique c'est un éternel recommencement, échéance après échéance.

    Tous ces morts, tous les jours, ne m'incitent pas non plus à la prose ni à partir en voyage à bord d'un avion qui peut se casser la figure à tout moment. Ces appareils sont tellement sophistiqués et bourrés d'électroniques que ça en devient inquiétant, les humains n'étant presque plus maîtres à bord. Toujours est-il que ces pauvres voyageurs ont eu une fin tragique et violente, à quelques centaines de kilomètres du triangle des Bermudes. Il ne faut pas attendre les boites noires pour deviner qu'ils n'ont eu aucune chance de s'en sortir. Ca a sauté en plein vol et voilà, plus rien, désintégration totale. C'est la faute à pas de chance. Il n'y a malheureusement plus rien à faire. Les familles vivent des moments extrêmement douloureux surtout que des familles entières ou presque ont été décimées. Des orphelins de plus, des entreprises qui perdent leurs employés, et même un prince, descendant du dernier empereur du Brésil. Ces catastrophes peuvent arriver à n'importe qui, riche ou pauvre, malade ou bien portant. Pas de discrimination devant la mort.

    Ayons une pensée également pour ces 61 morts dans une mine d'or en Afrique du sud, pour ces vingtaine de victimes quotidiennes sur les routes, ces 60 000 du tabac, ces 600 000 de l'hépatite dans le monde, ces millions de la famine, etc. Si l'on commence à recenser, on n'en finit plus et la déprime n'est pas loin.

    Moi je veux des bonnes nouvelles, je ne veux pas faire une tête de trois pieds de long, je veux sourire et profiter de ce que la vie me propose. Tiens, par exemple, rions des soucis de la reine d'Angleterre, vexée de ne pas avoir été invitée, la petite mémé en a le chapeau tout retourné. Rions de notre Premier ministre qui a tenté de caché des dépenses et qui se retrouve en pleine lumière dans la presse. Rions de Martine Aubry qui n'arrive pas à faire l'unanimité autour d'elle et qui se dispute à qui fera le café au parlement européen. Rions avec Jean-Pierre Raffarin qui a mis une sacrée pagaille avec ce lundi de Pentecôte férié mais travaillé chez certains et pas d'autres. Rions de Berlusconi qui va voir arriver sur son bureau une note salée de divorce, parce qu'il ne peut pas s'empêcher de loucher sur d'autres femmes.

    Oui, rions, rions, rions. Le rire est le propre de l'homme. Le rire a un rôle social car on rit davantage quand on est accompagné. Le rire est anti-stress car il libère une hormone. Alors, mes amis, lâchez-vous, ne vous gênez pas, vous aurez bien le temps de pleurer plus tard.

  • Rama sur un bateau

    C'est un vrai lynchage. Depuis la petite phrase de Bernard Kouchner sur l'utilité d'un secrétariat d'Etat aux droits de l'homme, Rama Yade n'en finit pas de recevoir des missiles de la part de ses "amis" politiques. Les propos sont même parfois limites et peu respectueux de la personne. Je ne connais pas Rama Yade personnellement et je n'ai ni amitié ni inimitié particulières à son sujet mais je trouve toutes ces réactions injustifiées.

    Les Droits de l'homme font partie intégrante de notre culture et de notre histoire. Nous sommes souvent vus comme la seule Nation digne de les représenter. Nous sommes un peu le porte-parole. Il est vrai cependant qu'il y a incompatibilité entre la diplomatie, qui consiste à caresser les autres pays dans le sens du poil pour conserver une bonne entente et de bons marchés, et la promotion et la protection des droits de l'homme sur la planète. Peut-être ne fallait-il pas mettre ce secrétariat sous la tutelle du ministre des Affaires étrangères mais en faire un ministère à part entière. Il y a tellement de pain sur la planche dans ce domaine !

    Ce qui est révoltant dans cette affaire c'est la manière dont les évènements politiciens se trament. Quand Nadine Morano déclare que Rama Yade aurait dû accepter de se présenter aux Européennes parce que l'Elysées le voulait (le roi a dit), je trouve cela contraire aux libertés individuelles et aux droits de l'homme. Quand elle ajoute que d'être issu d'une minorité maghrébine ou africaine ne protège pas, je trouve cela déplacé. Quand Christian Estrosi déclare "Elle existe parce que Nicolas Sarkozy l'a fabriqué ! On fait un placement, on le fait fructifier, et au moment où on veut en tirer les bénéfices, voilà…", je trouve cela choquant de réduire cette femme a un simple objet de vitrine, un faire-valoir. En parlant ainsi, c'est ignoré le parcours de cette femme qui n'a pas attendu l'UMP pour faire de la politique.

    Mame Ramatoulaye Yade-Zimet a la nationalité française, a fréquenté un collège catholique à Colombes (92), a fait hypokhâgne et est diplômé de l'IEP, a écrit deux ouvrages. Ce n'est pas rien ! Je n'aurai pas fait le tiers de son parcours. Un parcours atypique par ailleurs. A 32 ans, elle a pas mal roulé sa bosse (passez-moi l'expression) : administratrice du Sénat, commission des affaires sociales de cette même assemblée, directrice adjointe des programmes de la chaîne parlementaire puis directrice de la communication de cette même chaîne. Respect. On n'a pas l'impression de toute cette activité quand on voit ce petit bout de femme qui semble si fragile mais dont la carapace est déjà bien épaisse.

    Cette personnalité a raison de suivre son chemin sans se plier aux directives du parti ou de ses "amis". Ce qui fait qu'elle a une forte personnalité, notamment en critiquant vivement la visite du colonel Khadafi. "Comprendre que notre pays n'est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits. La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort" avait-elle déclaré la veille de l'arrivée en France du dirigeant controversé. "Certains gestes donnent envie de se laver les mains" avait-elle déclaré après sa rencontre avec ce colonel à Tripoli. Pourtant, aucun incident diplomatique. Sûrement que la France était en position de force et que la Libye a besoin de notre aide.

    Lors de son passage dans l'émission A vous de juger, j'ai trouvé ces propos intéressants et sa personnalité "vivante".

    Je constate donc, que dès que quelqu'un est attaqué de toute part et donc affaiblie (dans son propre camp) c'est une lapidation sans ménagement. A croire, que beaucoup veulent s'en débarrasser au vu du prochain remaniement qui s'annonce. C'est chacun pour soi et Sarkozy pour tous. Courage Rama, tu es assez forte pour te battre.

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