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nicolas sarkozy

  • Remanier pour mieux régner

    Il ne se passe pas six mois sans que les média ne parlent de remaniement au sein du gouvernement. Partira, partira pas ? François Fillon est sur la sellette. Et ce ne sont pas les clients derrière qui manquent pour le pousser. On le sait, les requins sont légion en politique. Alors, la question est de savoir si Nicolas Sarkozy va changer François Fillon ou non. Mon analyse est simple, j'essaye de me mettre dans la tête du président.

    Si François Fillon reste Premier ministre, cela signifierait en apparence qu'il a la confiance de son chef, mais quand on est dans la majorité, il faut voir à long terme, notamment jusqu'à l'élection de 2012. Si Nicolas Sarkozy veut neutraliser le premier de ses ministres, il le conserve à son poste pour l'occuper et l'empêcher de se porter candidat aux primaires de la Droite. Il ne faut pas oublier que dans ce domaine d'activité, c'est "je t'aime, moi non plus". Depuis quelques temps, Monsieur Fillon fait preuve d'indépendance dans ces interventions. Ses petites phrases titillantes ont rendu furieux le locataire de l'Elysées. Si le président juge que François Fillon est le plus à même de remporter la victoire, il le remplace pour qu'il se consacre à la campagne, une campagne en second plan pour l'instant mais pas en sommeil. Mais, les rancunes sont tenaces chez l'ancien maire de Neuilly.

    C'est bien tous ceux qui sont derrière, qui tournent autour du pouvoir, qui espèrent que le siège éjectable va fonctionner. Les jeunes loups commencent à crier en haut de la colline. Enfin, quand je dis "jeune", c'est une expression. Alors, qui on a derrière, qui cache plus ou moins son envie d'occuper Matignon, et pas seulement en tant qu'invité de petit déjeuner ? Ils se déclarent plus ou moins intéressés au poste et ne s'en cachent qu'à moitié.

    Honneur aux femmes. Celle qui apparaît la plus droite et la plus autoritaire : Michelle Alliot-Marie. Après avoir occupé la Défense, l'Intérieur et la Justice, MAM semble ne pouvoir occuper que des postes à forte austérité, de circonstance en cette période de serrage de ceinture. Ces caractéristiques quasi monacales seront-elles assez suffisantes pour faire entrer la deuxième femme Premier ministre de notre histoire ? Surtout que cette femme a rarement fait l'objet de polémiques ou de démélés judicaires, même aucun car je ne saurais pas donné d'exemples à ce sujet.

    Celui dont tout le monde attend l'entrée imminente dans l'Hôtel du XVIIIème siècle, Jean-Louis Borloo. L'homme aux coupes de cheveux incertaines est le favori des média. Si on réfléchit bien, c'est le candidat idéal pour la transition et pour laisser les mains libres au parti de mener la campagne. Jean-Louis Borloo saura bien s'occuper de la maison en l'absence des maîtres ! Mais sa liberté de parole est un gros handicap pour un poste de porte-voix.

    Autre possibilité, le jeune de la bande : François Baroin. Entré fraîchement au gouvernement (selon le temps politique), il incarne l'avenir de la Droite. Le gros souci, c'est qu'il a été le protégé de Jacques Chirac, dont l'incompatibilité d'humeur avec Nicolas Sarkozy est bien connue. Ce ministre va-t-il jouer le rôle de fusible, va-t-il manger le plat froid de la vengeance ? Là aussi, s'il est nommé, ce sera certainement pour le neutraliser jusqu'à l'élection suprême.

    Et puis, il y a les autres. Brice Hortefeux, trop impopulaire, grillé par ses petites phrases polémiques, et meilleur dans un rôle de disciple. Eric Woerth, grillé pour de nombreuses années, par cette affaire Bettencourt qui n'en finit plus avec ses rebondissements. Je crois que son avenir est plus que compromis au sein du gouvernement, il ne passera pas l'hiver. Les ministres d'ouverture ou girouettes : Eric Besson, Hervé Morin (de toute façon quasi candidat pour le Nouveau Centre) ou Bernard Kouchner (grillé pour les primaires socialistes), qu'ils restent ou pas, ne changera pas le problème majeur de Nicolas Sarkozy : garder ses adversaires potentielles aux primaires à ses côtés et lâcher ceux qui ne représentent pas une menace. Comme Louis XIV l'avait bien compris pour étouffer toute fronde ou tout complot : tenir dans sa main la famille et les nobles préoccupés par les promesses de places et de favoritismes comme des carottes que l'on tient devant leur nez.

    Et puis, il y a les surprises, toujours possibles avec ce président. Nommer la personne que personne n'attend qui occupera les esprits pendant un moment, le temps de préparer le terrain. Pourquoi pas Luc Chatel, dont le lapsus n'aura échappé à personne : "quand le président m'a nommé Premier ministre…". Un lapsus révélateur de la tension qui règne dans les partis, un lapsus qui prouve combien les élections et les nominations les obsèdent chaque jour. Ou bien, est-ce un lapsus qui serait un signe que Luc Chatel a eu un entretien avec le président à ce sujet.

    Dès l'annonce d'un remaniement, les membres du gouvernement et les proches du président ont le choix entre deux stratégies. Ne pas se faire remarquer et attendre que l'orage passe ou lancer des appels plus ou moins déguisés dans la presse pour faire connaître ses intentions. C'est le syndrome de la cour du roi-soleil. On tourne autour, on virevolte, on se marche dessus pour approcher le haut de la pyramide. Mais la décision finale n'appartient qu'à un seul homme.

    Allez savoir ce qui se passe dans la tête du chef d'Etat et dans les arcanes de nos palais dorés !

  • En politique, seul le parquet est rayé

    Ne vous méprenez pas sur mon article. Ceci n'est pas un éloge à notre cher président mais juste un constat sur la résistance de l'homme et de sa carapace.

    Depuis sa tendre enfance, ai-je envie de dire, du moins depuis ses débuts en politique, Nicolas Sarkozy a fait face aux obstacles sans rechigner, avec ténacité comme dirait son ami Raffarin. C'est seulement à 19 ans qu'il adhère pour la première fois à un parti politique et depuis, il a grimpé les échelons, parfois en se battant contre vents et marées, parfois en essuyant de gros revers, parfois en traversant le désert. Entre ses succès électifs et ses erreurs stratégiques, il a su rebondir, comme la plupart des politiques d'ailleurs. Le politique est un animal que seul la mort peut avoir raison de lui. Même l'incarcération n'empêche pas le politique de revenir sur le devant de la scène ou d'être réélu. Un sondage fait ressortir que plus de 76 % des Français n'ont pas confiance dans leurs élus les accusant en majorité de se préoccuper de leur carrière avant tout. Il y a sûrement une part de vérité dans ce résultat. Les Français ont du s'apercevoir qu'en votant à droite comme à gauche, les "choses" ne changent pas aussi facilement que les professions de foi des candidats veulent le laisser croire. Mais cela n'empêche pas les sondés de voter pour des condamnés ou pour ceux-là même en qui ils se méfient !

    Mais revenons en à notre président. Le voilà encore une fois frappé d'une épreuve. Qui pourrait croire un instant que cela pourrait le déstabiliser ? Depuis le début, à l'époque de sa coupe aux cheveux longs des années 70, les bâtons dans les roues ou les coups de couteaux ne manquent pas. Il milite pour la candidature de Chaban-Delmas en 1974, qui ne passe pas le 1er tour de l'élection présidentiel. En 1980, il milite cette fois ci pour la candidature de Jacques Chirac qui ne sera pas élu. Il profite d'une hospitalisation de Charles Pasqua pour se présenter aux Municipales de Neuilly de 1983 qu'il remporte. Pasqua prend ça comme une trahison. Porterait-il la poisse pour ses frères d'arme ? Le jeune Nicolas apprend vite à marcher sur les autres pour profiter des occasions. Entre 1987 et 1988, il est mis en cause dans la catastrophe de Tchernobyl en raison de sa fonction au sein du ministère de l'Intérieur en tant que chargé de mission pour la lutte contre les risques chimiques et radiologiques.

    Il est réélu député en 1993 et rentre au gouvernement Balladur. En 1995, il milite pour son Premier ministre aux présidentielles de 1995, et c'est un échec. A son tour, Chirac se sent trahi. Ce qui lui vaut de ne pas entrer au gouvernement Juppé la même année. Il conduit la liste RPR-DL aux Européennes de 1999, qui est un nouvel échec. Suite à ça, il quitte momentanément la politique pour exercer son métier d'avocat. Quand je dis momentanément, c'est que cette absence ne dure qu'un an à peine, car en 2002, il soutient cette fois ci Jacques Chirac aux Présidentielles mais n'obtient que le ministère de l'Intérieur alors qu'il visait Matignon. S'en suit à partir de là son ascension, de ministère en président de parti, jusqu'à la marche suprême en 2007. Une marche qu'il vise depuis toujours car le petit Nicolas avait de l'ambition sinon, il ne se serait pas battu autant, n'aurait pas trahi autant "d'amis". N'oublions pas l'affaire Clearstream et la débâcle des Régionales de 2010.

    C'est pour tout cela que je m'interroge sur le fait que le président puisse être déstabilisé. Avec un tel pedigree, on peut constater que Nicolas Sarkozy a toujours résisté, s'est toujours relevé et a toujours remporté des victoires importantes pour son cursus. Je fais remarquer d'ailleurs que ses victoires ont survenu en majorité quand il se militait pour lui-même que lorsqu'il militait pour les autres… Une tactique ? La rumeur d'adultère qui court dans tout Paris ne sera qu'une attaque de plus. Seulement voilà, les détracteurs ont encore loupé ce coup là. Tout est bon pour le descendre, tous les coups bas, classiques en politique, mais rien n'y fait. Tous ces creux de vague le rendent encore plus fort.

    Le roseau plie mais ne rompt pas.

  • Jean sans peur

    Je crois que le prince Jean (ça va finir par être affectueux à force de l'appeler comme ça) a bien appris ses leçons de politique. Faut dire qu'il a un maître du genre au plus proche de lui et on peut ainsi dire qu'il est allé à bonne école.

    Car, finalement quel est le résultat de tout ce tapage médiatique ? Et bien, justement, c'est le tapage médiatique. Il a bien assimilé l'une des grandes leçons en politique ce jeune homme de 23 ans. C'est de faire parler de soi. Comme son père. Toujours avoir au moins un article sur soi par jour dans les média ou dans les blogs. Peu importe que cela soit positif ou négatif, peu importe l'exploit ou la bourde, voire la pseudo gaffe. C'est important et ça permet de durer dans l'esprit des gens. Plus on parle de vous, plus vous incrustez le subconscient des électeurs. Et vous aurez ainsi plus de chance qu'ils choisissent votre bulletin au moment fatidique.

    N'oublions pas qu'une partie non négligeable de l'électorat se décide dans l'isoloir, à la dernière minute. Et ainsi, en voyant votre nom sur ce petit papier blanc, tout de suite la connexion des neurones s'établit et le nom est associé à la sympathie ou à l'action. Ce petit prépare le terrain pour les élections futures, c'est indéniable. En 2010, les Régionales, en 2012, les législatives, et pourquoi pas les municipales en 2014 à Neuilly, soyons fous ! Bref, un avenir tout tracé et des sièges à occuper. En plus, c'est déjà un habitué de l'Elysées… D'ailleurs, il fait déjà tout pareil que son papa de président : même gestuelle et mêmes expressions. Il ose même répondre aux questions comme le ferait son père !

    Car, il faut bien le reconnaître, pourquoi a-t-on l'impression que Sarkozy père est partout à la fois et qu'il entreprend mille choses en même temps ? Tout simplement grâce au tapage médiatique. Cela s'appelle la communication. Et la première femme à avoir accédé à un deuxième tour d'une élection présidentielle l'a bien compris. Ce n'est pas pour rien d'ailleurs si elle a accédé à ce deuxième tour. Elle a fait beaucoup parler d'elle, et elle continue, même jusque dans les émissions de télévision dites "magazines", telles que "Un jour, un destin".

    Les protagonistes de l'affaire Clearstream ne dérogent pas à la règle. Dominique de Villepin, malgré ce qui ressort des audiences du tribunal au quotidien, pourra profiter des retombées dans trois ans. Que vont retenir les français en 2012 sur cette sombre polémique de liste de noms ? Et bien, que l'ancien premier ministre était une victime d'une campagne calomnieuse pour le flinguer politiquement. Et ce, même si la vérité est toute autre. Mais, il sait au fond de lui-même, qu'en parlant de lui ainsi, avec ce tapage médiatique, on parle de lui, et c'est bien là l'essentiel. Il pourra donc se présenter aux élections dans 3 ans, à condition bien sûr qu'il fasse parler de lui régulièrement sinon c'est un coup d'épée dans l'eau.

    Comme je l'expliquais dans l'un de mes anciens articles, les électeurs ont la mémoire courte et ne retiennent pas ce qui s'est passé pendant le mandat complet d'un élu sortant. J'en veux pour preuve un certain maire de Levallois, en région parisienne. Condamné à du sursis, à de l'inéligibilité ou à payer des sommes importantes au cours de son parcours politique, les habitants de cette commune proche de Neuilly ont toujours fini par voter pour lui. Mais il a du passer pour une victime, sûrement...

    Ce sont tous des victimes et nous, coupables d'un excès de confiance.

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