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  • La communication c'est enfantin

    Barack Obama a signé hier une loi sur la liberté de la presse, dressant un état des lieux sur celle-ci dans le monde. Je ne dirai rien sur l'utilité d'une telle loi, plus symbolique qu'autre chose. Obama applique le même concept de communication que Sarkozy : se montrer avec de la symbolique forte pour être bien jugé et influencer les votes.

    Ce qui a retenu mon attention c'est la présence d'un enfant, en l'occurrence le fils de Daniel Pearl. Ce n'est pas la première fois que le président américain signe un document devant les caméras et les photographes, en présence d'un enfant. Rappelez-vous, la dernière fois c'était un enfant de couleur, pour je ne sais plus quel édit. La parité est respectée, la discrimination évitée. Logiquement, la prochaine fois, ce devrait être un asiatique ou un latino.

    Dans l'opinion publique, l'enfant représente la candeur, l'innocence, le bien, l'avenir. Les conseillers du président américain ont trouvé le bon filon. Un filon vieux comme le monde dont la publicité use et abuse depuis de nombreuses années. Ca attendrit et ça marque les esprits. Est-ce que notre président français a tenté la même approche quand il a emmené son jeune fils rencontrer le président chinois, raide comme vase Ming ? Avec une sensibilité proche de zéro, j'ai comme l'impression que le dictateur chinois est très difficile à convaincre sur le bien fondé des droits de l'homme.

    C'est censé aussi marcher dans le milieu du football. Chaque joueur entre en tenant un enfant par la main. Il parait que c'est pour le fair-play, c'est-à-dire ne pas s'en prendre à l'arbitre et contester ses décisions, ne pas donner de coups de têtes à un adversaire, ne pas afficher d'insultes dans les tribunes, ne pas jeter de fumigènes, etc. Quant à l'efficacité de cette entrée sur le terrain, avec tous les exemples donnés précédemment, le doute s'installe.

    Bref, l'enfant en communication est vecteur, porteur et prescripteur. Quoi dire alors sur les enfants hauts comme trois pommes avec un fusil à la main, enrôlés dans les luttes que l'on aperçoit parfois sur une photo ou au détour d'un reportage. Apparemment, tout le monde n'a pas la même notion du symbole. Quoique. Oserait-on riposter sur un enfant ? N'est-ce pas aussi le but d'attendrir et de dérouter l'adversaire ?

    L'enfant a été, est et sera la chair à canon de la communication.

  • Obama pris en sandwich

    C'est mon 300ème article, et pour fêter ça, je vais vous parler cuisine. Les fabricants de produits dérivés ne perdent pas le nord quand l'occasion se présente. Un hamburger "Michelle Obama" sera vendu à partir du 6 juin par un propriétaire de snack sur la plage de Omaha Beach. Il est certain d'avoir du succès vu la foule que draine un tel évènement, surtout avec les touristes et les vétérans américains. Cette année, c'est le 65ème anniversaire du Débarquement des alliés qui ont aidé à sortir l'Europe de l'emprise des Nazis.

    Il est à parier que ce sandwich n'est pas le premier article vendu à la gloire du nouveau couple présidentiel américain. Il doit déjà y avoir des maillots, des casquettes, des tasses et autres pare-soleil. La première dame a donc du succès jusque dans nos assiettes. Ce n'est pas pour rien si l'on dit que le président des Etats-Unis est l'homme le plus puissant du monde. Ces décisions ont une influence considérable sur la vie de l'humanité, ces déclarations peuvent brouiller la moitié de la planète avec l'autre et sa présence éclipse toutes les autres. On se permet même de toucher la reine d'Angleterre !

    Notre président Sarkozy doit bien trépigner de jalousie. Quels objets peut-on trouver à son effigie ? Une assiette ? Un autocollant ? Un timbre ? Je ne sais pas, je n'en ai jamais entendu parler ! A part les affiches électorales, je ne l'ai vu nulle part ailleurs. Comme quoi, la popularité peut aussi se mesurer aux recettes commerciales.

    Ceci étant dit, il y a des limites. Quand, par exemple, le cow-boy outre-atlantique permet de donner son avis sur les adhésions de pays à l'Union européenne. D'abord cela ne le regarde pas et puis de toute façon, la décision revient au Parlement européen et/ou aux différents référendums qui pourront être organisés pour l'occasion. Qu’il s'occupe de sortir les Etats-Unis des pays considérés comme paradis fiscaux et après on verra. De Obama à Omaha il y a un océan !

    On voit bien par cette déclaration qu'il essaye de sympathiser avec une certaine partie du monde. C'est ce que j'appellerai la diplomatie énergétique. La Turquie a lancé un projet de construction de trois centrales nucléaires, possède un oléoduc qui traverse le pays et projette la construction de gazoducs. Il ne faudrait pas que l'Occident se fâche avec ce pays le plus facile à aborder diplomatiquement. Et puis, le pays est bien placé géographiquement, Obama l'a bien compris et entre en Orient par la petite porte, si je puis dire. Le pays a des frontières avec l'Iran, l'Irak et la Syrie notamment.

    Sous Napoléon, on envahissait un pays par la force pour le contrôler, aujourd'hui on fait du cirage de pompe. C'est plus propre et plus sournois. comme quoi, le sandwich n'est pas là où on le pense.

  • Patriote un jour, Américain pour toujours

    "Ladies and gentlemen, the President of the United-States !". Rien qu'en prononçant ces mots, la personne peut déclencher une hystérie de milliers de personnes. Alors que le pays connaissait depuis quelques mois une certaine instabilité politique, une certaine désunion entre ces habitants, une image déplorable dans le monde, la magie d'une élection a opéré. Avez-vous remarqué comment un pays peut se rassembler autour d'un homme en un coup de baguette magique ?

    Nous avons eu droit ce 20 janvier 2009 à une leçon de patriotisme dont seuls les Américains ont le secret. Tous les symboles que l'on connaît à travers le cinéma ou la télévision étaient réunis. Le drapeau américain à foison qui flotte sur les devantures, les façades, les voitures officielles et les défilés. Un drapeau qui rend fier tout Américain dès qu'il le regarde. La symbolique de la famille traditionnel : un papa, une maman, unis par le mariage, et deux enfants légitimes. Tous réunis avec le sourire devant les caméras. L'appel à la Nation avec des discours au patriotisme exacerbé qui réchauffe les cœurs. Les symboles historiques et ces références au passé, un passé récent car le pays est jeune, mais un passé fort en évènement. C'est par exemple très astucieux d'utiliser la Bible de Lincoln.

    Enfin, les prières avant de manger et avant de prêter serment. La séparation de l'Eglise et de l'Etat n'est pas possible aux Etats-Unis tellement le religieux est partie prenante jusqu'au représentation même du pays avec son billet vert marqué d'un "In god we trust". Une formule qui ne gêne pas les athées ou ceux d'une confession différente. Quand il s'agit d'argent, la tolérance peut être infinie ! Connaissez-vous un Etats-unien qui ne fasse pas partie d'une communauté (terme très utilisé outre-atlantique) et qui participe à des "messes" où un prêcheur distribue sa bonne parole, parfois dans les limites du politiquement correct ? Qui n'a pas entendu un Américain dire "grâce à Dieu" ? 

    Bref, tout ce qui peut servir à un chef d'Etat lorsqu'il a besoin de soutien populaire. Mais est-ce que ce sera suffisant pour tenir quatre ans ? La magie et l'état de grâce vont vite retombés. Rappelez-vous que le discours appellant aux valeurs de Bush sur les ruines du World Trade Center n'a pas tenu longtemps l'opinion défavorable. En l'espèce, le patriotisme n'a pas duré longtemps.

    Il va falloir maintenant convaincre par les actes. Les fibres et les valeurs américaines sont et resteront des valeurs sûres pour quiconque voudrait se faire une place sur le devant de la scène. Mais seules, elles ne retiennent pas longtemps les critiques et les détracteurs. Il faut aussi du talent et des réussites. La déception est proportionnelle à l'espoir suscité.

    Pour finir et puisque Obama a une certaine affection pour Lincoln, voici quelques citations de ce grand homme :
    "Mieux vaut ne pas changer d'attelage au milieu du gué",
    "Presque tous les hommes peuvent faire face à l'adversité ; mais si vous voulez tester la capacité de quelqu'un, donnez-lui le pouvoir",
    "Aucun homme n'a assez de mémoire pour réussir dans le mensonge",
    "Vous ne pouvez pas aider le pauvre en ruinant le riche",
    "Un bulletin de vote est plus fort qu’une balle de fusil".

  • Martine à l'Elysées

    A la fin du mois, ça va être le grand retour des Socialistes. Martine Aubry est l'invitée d'une émission politique. Elle pourra donc donner sa vision des choses et les remèdes qu'elle n'a pu appliquer quand son camp était au pouvoir où à l'époque la droite de l'opposition critiquait la gauche au pouvoir et donnait ses solutions qu'elle n'a pu appliquer lorsqu'elle était au pouvoir où la gauche critiquait la droite qui n'appliquait pas les promesses de solution déclarées quand elle était dans l'opposition où la gauche… etc. etc. etc.

    En attendant ce grand rendez-vous, Martine Aubry, premier secrétaire du parti socialiste, a, tel un chef d'Etat, prononcé ses vœux de bonne année et a présenté son contre plan de relance. Des vœux repoussés puisqu'elle a attrapé une inflammation de la cornée. A trop faire les gros yeux à ses amis et à envoyer des regards de la mort qui tuent à Ségolène Royal, son système oculaire a finit par pendre feu.

    C'est une situation que je trouve comique. Martine Aubry, chef de parti va donner ses solutions pour régler la crise. Elle prépare 2012 ou quoi ? Elle ne désire pas se présenter aux Européennes, en raison de son refus de cumuler les mandats, mais y participera activement. Les électeurs de Lille apprécieront ses absences, déjà répétées depuis sa nomination à la tête du parti. Sinon, je ne vois pas à quoi cela lui sert de proposer un tel plan étant donné qu'elle n'a aucun moyen de le faire appliquer. Elle annonce ce qu'elle ferait si elle était au pouvoir ? D'ici son arrivée au Conseil des ministres, de l'eau aura coulé sous les ponts, et la crise sera passée, je l'espère. Elle doit maintenant donner une image unie et monocorde de son parti en complète désunion depuis l'élection de Nicolas Sarkozy. La droite, qui juge cette annonce de "pantalonnade", rigole. L'important est de sauver la façade : dans les coulisses, il y a tellement de courants de pensée différents. Le PS "parle d'une seule voix", martèle-t-elle devant les micros, comme si elle essayait de s'en convaincre.

    Son problème, c'est que son amie Ségolène fait encore trop parler d'elle. Une Ségolène qui a assisté à l'investiture de Barack Obama et qui a rencontré des acteurs de la vie économique et sociale. Chacune, à sa manière, prépare le prochain grand rendez-vous politique avec les Français. Alors c'est la guerre des images : Martine devant son pupitre ou Ségolène sur le terrain ? Ou la guerre des miss : rigueur de Martine contre sourire de Ségolène ? Les prochaines années, à court terme, nous diront qui a gagné.

  • Barack succède à Elisabeth

    Le 2 juin 1953, la princesse Elisabeth est couronnée reine d'Angleterre et succède à son père George VI sous le nom de Elisabeth II. Evènement planétaire du fait que c'était le premier couronnement diffusé à la télévision dans le monde. Depuis, aucun évènement n'avait marqué le paysage audiovisuel de cette manière. Même l'avènement du prince Charles (probablement George VII) ou du prince William (hypothétiquement Guillaume V) n'aura pas le même retentissement sauf à être le premier couronnement anglais du XXIème siècle.

    Ce 20 janvier, l'arrivée de Barack Obama, après des années troublées de George W. Bush, va connaître la même révolution qu'en 1953. A double titre.

    Premièrement, parce que c'est le premier président américain de couleur. C'est la grande révolution que va connaître cette puissance. Il a fallu attendre 144 ans depuis l'abolition de l'esclavage par le 13ème amendement pour voir se concrétiser ce pourquoi tant de gens se sont battus depuis des années, notamment avec Martin Luther-King (dont le 19 janvier est le jour férié en sa mémoire). Cela nous semble distant, à nous autres européens, mais de l'autre côté de l'Atlantique c'est un vrai bouleversement, et dans les mentalités, et dans la culture. Le nouveau président sera d'ailleurs très attendu sur la question des droits des minorités encore malmenées comme on peut le constater dans les bavures ou les procès. Mais, alors que c'est seulement un président américain qui a été élu, toute l'Afrique est pendue aux actions et déclarations que fera Barack Obama au cours de son mandat. Cette pression sur ses épaules doit être terrible.

    Deuxièmement, parce qu'il prend la suite de huit années de gouvernance Bush, jugées comme les plus désastreuses. Tout est à refaire ou même à faire. Santé, social, éducation, justice, emploi et défense. Obama va avoir devant lui une rame de feuilles blanches sur lesquelles il va écrire l'avenir d'un pays. Ce qu'il écrira sera ce qui va déterminer la vie de plus de 305 millions de personnes directement et, ai-je envie d'ajouter, quelques milliards d'individus sur terre pour quelques années. Il a une occasion unique de construire un pays et de prouver que l'Amérique est un grand pays qui n'est pas le guerrier et le destructeur que l'on connaît. Le couple présidentiel en a bien conscience, c'est déjà ça. Dans ce pays où c'est "chacun pour soi et Dieu pour tous", l'inaction a des impacts sérieux. Le "laisser-faire" de Bush a permis de se mettre en place des habitudes et des irrespects des lois invraisemblables. Les lobbies sont tellement puissants que l'immobilisme est de mise pour ne pas froisser pétroliers, groupes industriels, pharamaceutiques et autres fabricants d'armes.

    Pour tout remettre à plat, il ne suffira pas de prier Dieu, mais bien d'agir au bénéfice de la collectivité. Barack Obama ne peut pas se permettre d'échouer et de trahir ceux qui lui ont fait confiance. Surtout qu'au cours de sa période d'état de grâce, il aura droit à une sorte de consensus avec les Républicains qui semblent prêts à le soutenir pour son plan de relance. Espérons que la Bible, qu'il a choisi, sur laquelle a juré Lincoln lors de son investiture en 1861, lui portera chance. Ca classe ou ça casse le Barack.

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