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remaniement

  • Les jeux 2012 sont à faire

    Comme je l'avais pressenti dans un article précédent, Nicolas Sarkozy a mis en place sa campagne pour l'élection présidentielle de 2012. Très affaibli par sa côte de popularité, il va tout mettre en œuvre pour faire oublier tout ça lorsque chaque électeur qui se déplacera prendra une décision dans l'isoloir.

    D'abord, reconduire François Fillon était presque obligatoire du point de vue du Président. Il n'avait pas le choix. Le Premier ministre est populaire et servira de "cache-misère", de "faire-valoir" pour l'UMP. Mais d'un point de vue sarkozyen, c'est surtout de garder auprès de soi un candidat potentiel aux primaires de la Droite. Si François Fillon veut se présenter, il devra démissionner et donc marquer une opposition qui ne sera pas des plus excellentes pour marquer l'unité du parti.

    Ensuite, nommer Alain Juppé, c'est mettre dans sa poche un chiraquien convaincu, qui a beaucoup critiqué le pouvoir ces derniers mois. Mais c'est aussi freiner les envies de candidatures du maire de Bordeaux. Jusqu'à aujourd'hui, Alain Juppé a encaissé les coups, a du souvent ravaler sa fierté et oublier les élections pour son compte personnel. Il a toujours dû laisser la place, d'abord à Jacques Chirac, et maintenant à Nicolas Sarkozy. Là aussi, une démission ne fera pas bon effet. Voilà un homme qui a frôlé le fauteuil suprême à plusieurs reprises mais qui a du s'abaisser, voire même s'exiler un temps pour faire le point. C'est dire combien cet homme a de quoi demander vengeance.

    Enfin, Xavier Bertrand qui revient dans l'équipe, c'est faire d'une pierre deux coups. Etouffer les ambitions de primaires pour celui qui avait pris les rênes du parti en espérant peut-être se présenter aux élections avec l'appareil derrière lui. Et donner un os à ronger à Jean-François Copé qui sera certainement à la tête de l'UMP mais qui devra organiser la campagne de Nicolas Sarkozy. En réintégrant une place importante, il ne pourra qu'être reconnaissant et donc ne pas gêner son grand ami le président bientôt sortant. Il s'est déclaré pour 2017 mais on connaît les hommes et femmes politiques, la girouette reprend des fois du service.

    Voilà donc ce que je retiendrai de ce remaniement de façade. Le président a fait sortir quelques personnes comme Rama Yade, Fadela Amara ou Bernard Kouchner mais ces gens-là sont grillés pour 2012, ils ne présentent pas de danger et il n'y avait plus lieu de les maintenir au gouvernement. L'ouverture a ses limites. Je noterai quand même la présence de Patrick Ollier et Michèle Alliot-Marie au sein d'un même gouvernement. Il me semble que c'est la première fois qu'un couple à la ville se retrouvera tous les mercredis matin à la table du conseil des ministres.

    Avec Nicolas Sarkozy, c'est "occupez-vous de mes ennemis, mes amis je m'en charge".

  • Ascension politique

    bouquetin-barrage.jpgCette photo de bouquetins me rappelle bizarrement la course à l'échalote suscitée après l'annonce d'un remaniement par Nicolas Sarkozy.

    Ces bouquetins s'agrippent à la paroi de ce barrage pour en lécher le sel. C'est inouï ce que la nature est capable d'accomplir comme prouesse pour atteindre le bonheur. Nos ministres et nos députés de la majorité sont comme ces bouquetins. Ils essayent tant bien que mal de s'accrocher au pouvoir.

    Nicolas Sarkozy doit boire du petit lait avec tous ces amis qui ont fleuri depuis quelques mois. Tous ces candidats prêts à dire tout et n'importe quoi pour se faire remarquer et faire un appel désespéré au président.

    Quand vous les interrogez, ils vous déclarent avec assurance et fermeté que cela ne les intéresse pas du tout et que c'est le président qui décide. Pourquoi ne pas dire franchement qu'ils n'attendent que ça ? Est-ce honteux de briguer un poste ou siège, est-ce indécent ?

    Y'a pas à dire. Autant c'est l'économie qui gouverne le monde, autant c'est le pouvoir qui procure un bien fou.

    Mais attention, des hommes et des femmes vont être fortement déçus après la grande annonce sur le perron de l'Elysée contrairement à ces bouquetins. Car, au moment où la liste sera connue, c'est comme si on ouvrait les vannes du barrage, ça va chuter !

    Et hop, du balai.

  • Remanier pour mieux régner

    Il ne se passe pas six mois sans que les média ne parlent de remaniement au sein du gouvernement. Partira, partira pas ? François Fillon est sur la sellette. Et ce ne sont pas les clients derrière qui manquent pour le pousser. On le sait, les requins sont légion en politique. Alors, la question est de savoir si Nicolas Sarkozy va changer François Fillon ou non. Mon analyse est simple, j'essaye de me mettre dans la tête du président.

    Si François Fillon reste Premier ministre, cela signifierait en apparence qu'il a la confiance de son chef, mais quand on est dans la majorité, il faut voir à long terme, notamment jusqu'à l'élection de 2012. Si Nicolas Sarkozy veut neutraliser le premier de ses ministres, il le conserve à son poste pour l'occuper et l'empêcher de se porter candidat aux primaires de la Droite. Il ne faut pas oublier que dans ce domaine d'activité, c'est "je t'aime, moi non plus". Depuis quelques temps, Monsieur Fillon fait preuve d'indépendance dans ces interventions. Ses petites phrases titillantes ont rendu furieux le locataire de l'Elysées. Si le président juge que François Fillon est le plus à même de remporter la victoire, il le remplace pour qu'il se consacre à la campagne, une campagne en second plan pour l'instant mais pas en sommeil. Mais, les rancunes sont tenaces chez l'ancien maire de Neuilly.

    C'est bien tous ceux qui sont derrière, qui tournent autour du pouvoir, qui espèrent que le siège éjectable va fonctionner. Les jeunes loups commencent à crier en haut de la colline. Enfin, quand je dis "jeune", c'est une expression. Alors, qui on a derrière, qui cache plus ou moins son envie d'occuper Matignon, et pas seulement en tant qu'invité de petit déjeuner ? Ils se déclarent plus ou moins intéressés au poste et ne s'en cachent qu'à moitié.

    Honneur aux femmes. Celle qui apparaît la plus droite et la plus autoritaire : Michelle Alliot-Marie. Après avoir occupé la Défense, l'Intérieur et la Justice, MAM semble ne pouvoir occuper que des postes à forte austérité, de circonstance en cette période de serrage de ceinture. Ces caractéristiques quasi monacales seront-elles assez suffisantes pour faire entrer la deuxième femme Premier ministre de notre histoire ? Surtout que cette femme a rarement fait l'objet de polémiques ou de démélés judicaires, même aucun car je ne saurais pas donné d'exemples à ce sujet.

    Celui dont tout le monde attend l'entrée imminente dans l'Hôtel du XVIIIème siècle, Jean-Louis Borloo. L'homme aux coupes de cheveux incertaines est le favori des média. Si on réfléchit bien, c'est le candidat idéal pour la transition et pour laisser les mains libres au parti de mener la campagne. Jean-Louis Borloo saura bien s'occuper de la maison en l'absence des maîtres ! Mais sa liberté de parole est un gros handicap pour un poste de porte-voix.

    Autre possibilité, le jeune de la bande : François Baroin. Entré fraîchement au gouvernement (selon le temps politique), il incarne l'avenir de la Droite. Le gros souci, c'est qu'il a été le protégé de Jacques Chirac, dont l'incompatibilité d'humeur avec Nicolas Sarkozy est bien connue. Ce ministre va-t-il jouer le rôle de fusible, va-t-il manger le plat froid de la vengeance ? Là aussi, s'il est nommé, ce sera certainement pour le neutraliser jusqu'à l'élection suprême.

    Et puis, il y a les autres. Brice Hortefeux, trop impopulaire, grillé par ses petites phrases polémiques, et meilleur dans un rôle de disciple. Eric Woerth, grillé pour de nombreuses années, par cette affaire Bettencourt qui n'en finit plus avec ses rebondissements. Je crois que son avenir est plus que compromis au sein du gouvernement, il ne passera pas l'hiver. Les ministres d'ouverture ou girouettes : Eric Besson, Hervé Morin (de toute façon quasi candidat pour le Nouveau Centre) ou Bernard Kouchner (grillé pour les primaires socialistes), qu'ils restent ou pas, ne changera pas le problème majeur de Nicolas Sarkozy : garder ses adversaires potentielles aux primaires à ses côtés et lâcher ceux qui ne représentent pas une menace. Comme Louis XIV l'avait bien compris pour étouffer toute fronde ou tout complot : tenir dans sa main la famille et les nobles préoccupés par les promesses de places et de favoritismes comme des carottes que l'on tient devant leur nez.

    Et puis, il y a les surprises, toujours possibles avec ce président. Nommer la personne que personne n'attend qui occupera les esprits pendant un moment, le temps de préparer le terrain. Pourquoi pas Luc Chatel, dont le lapsus n'aura échappé à personne : "quand le président m'a nommé Premier ministre…". Un lapsus révélateur de la tension qui règne dans les partis, un lapsus qui prouve combien les élections et les nominations les obsèdent chaque jour. Ou bien, est-ce un lapsus qui serait un signe que Luc Chatel a eu un entretien avec le président à ce sujet.

    Dès l'annonce d'un remaniement, les membres du gouvernement et les proches du président ont le choix entre deux stratégies. Ne pas se faire remarquer et attendre que l'orage passe ou lancer des appels plus ou moins déguisés dans la presse pour faire connaître ses intentions. C'est le syndrome de la cour du roi-soleil. On tourne autour, on virevolte, on se marche dessus pour approcher le haut de la pyramide. Mais la décision finale n'appartient qu'à un seul homme.

    Allez savoir ce qui se passe dans la tête du chef d'Etat et dans les arcanes de nos palais dorés !

  • Embauches et débauches

    Je ne cherche pas particulièrement un job d'été mais l'occasion se présente. Un remaniement est annoncé après les élections européennes. Plusieurs ministres ont déjà fait connaître leur désir d'avenir au sein du gouvernement. Nadine Morano a même écrit sa lettre de motivation au président Sarkozy pour son idée de super ministère regroupant l'Education et la Famille, ce qui est une association logique. Alain Juppé, qui se disait entièrement dévoué à sa ville de Bordeaux il y a quelques semaines, se met à disposition pour occuper éventuellement un poste. Les Bordelais apprécieront l'attachement que porte leur maire à leur commune.

    En cette période de candidature, j'exprime donc moi aussi mes souhaits de servir mon beau pays qu'est la France. C'est par complet désintéressement, comme tous nos ministres et secrétaires d'Etat, que je propose mes services. Alors, monsieur le Président, je suis prêt à me dévouer à ma patrie, ne pas compter mes heures pour le bien de la collectivité. Pour quel domaine me demanderez-vous ? Je vous laisse le choix !

    Pourquoi pas mon domaine de prédilection, à savoir le développement de l'économie numérique ? Actuellement à la charge de NKM, je ferai en sorte que le numérique soit accessible à tous et qu'il facilite le quotidien des Français. Car le numérique est promis à un grand avenir, j'en ai la conviction profonde.
    Pourquoi pas à l'Ecologie et à l'aménagement du territoire ? C'est un domaine dans lequel nous devons tous être impliqués car les impacts de nos activités et nos comportements sont immenses. Je veux être le ministre qui aura développé en masse l'énergie propre, je veux être le ministre qui nous aura libérés du joug du pétrole. Je veux être le ministre qui n'aura pas peur de dire "merde" aux lobbies industriels !
    Pourquoi pas le secrétariat d'Etat aux transports ? Après tout, nous consommons tous du transport et nous sommes donc impliqués dans cette lutte aux transports individuels polluants. Le vélo pour tous, le train accessible à tous et pourquoi pas la voiture à cheval. Je propose même de créer un super ministère de l'Ecologie, de la Consommation et du Transport, qui sont étroitement liés.
    Pourquoi pas aussi, le ministère de la Culture et de la Communication ? Je veux être le ministre qui trouve un juste équilibre entre les créateurs de la culture et ceux qui la consomment. Je ne crois pas qu'il faille favoriser l'un au détriment de l'autre. Les artistes doivent s'adapter aux habitudes des Français et les Français doivent contribuer au développement de la création au juste prix. Le compromis est fondamental. Les artistes sont intelligents et peuvent comprendre l'intérêt de ne pas enfermer leurs fans dans des carcans juridiques.
    Pourquoi pas aussi le ministère en charge des relations avec le Parlement. J'ai de grands projets pour nos élus : suppression du Sénat et mise ne place d'une limite d'âge. Des projets ambitieux mais essentiels pour la survie de notre démocratie.

    Mais rien n'empêche également de créer un nouveau ministère ou un nouveau secrétariat d'Etat. Vous voyez, je suis ouvert à tout. Je suis prêt à tous les sacrifices pour mon pays.

    Soudainement, le téléphone se mit à sonner et me réveilla en sursaut. Je m'étais assoupi devant l'ordinateur du boulot. Dur dur les lendemains de jour férié. Il faut que j'arrête de faire des rêves aussi énormes car pour rentrer dans un gouvernement, deux qualités essentielles à faire valoir : savoir différer la vérité et surtout cirer les pompes. Tant pis !

  • En politique, tous les coups sont publiquement permis

    Je trouve l'atmosphère politique étrange.

    Le président nous la joue people, même en voyage officiel, les séjours ressemblent à des romans photos. Le président est photographié avec toute sa nouvelle petite famille et quelques heures après, on le voit en photo généreusement bronzé serrant les mains de dirigeants plus ou moins polémiques. Ajoutez à cela des amitiés dans les milieux d'affaire et vous obtenez un cocktail parfait pour des intrigues politico-financières. Les déplacements de notre dirigeant fait abondamment couler l'encre couleur et noir et blanc. Un homme infatigable et omniprésent dans tous les médias au point que beaucoup exprime leur exaspération face à cette saturation d'images.

    Le premier ministre, de son côté, fait les questions et les réponses quand il a l'occasion d'occuper le devant de la scène. Les journalistes sont ramenés à une place de simples spectateurs. Il est très difficile de se faire une place dans la presse et la télévision quand le premier citoyen du pays court dans tous les sens. Alors, on court-circuite les protocoles habituels des conférences de presse, histoire d'énerver les journalistes et faire parler de soi. D'ailleurs, la question de l'utilité d'un premier ministre s'est posée. Faut-il plutôt recourir à un vice-président qui n'officie qu'en cas de vacance du pouvoir ? Une roue de secours en somme.

    Ensuite, les autres membres du gouvernement font comme ils peuvent. Mais certains et certaines ont trouvé une astuce : les commentaires piquants sur les collègues. Les ministres se critiquent et le font savoir à tour d'interview et de déclarations officieuses. Il y a quelques mois Christine Boutin et Fadela Amara posaient avec plaisir et sourire devant les objectifs se targuant de travailler main dans la main. Aujourd'hui, elles se cherchent des noises. Il en faut de la solidité dans le mental pour rester en place. Justement, tous ces comportements déloyaux voire même malsains ne sont-ils pas les arbres qui cachent la forêt ? Il a été fait état d'un possible remaniement au sein du gouvernement. Le stress a envahi les palais. Alors, pour garder sa position, on ose foncer dans le tas et jeter des pavés dans la mare. Il ne faut pas se voiler la face. Tous ces gentils messieurs et mesdames les ministres craignent de perdre leur portefeuille après les municipales. Les ministres jetables sont nés.

    Enfin, l'opposition critique allègrement et sans détour les actions du gouvernement mais aussi les individus. On emploie volontiers les termes de "scandale" et "exhibitionnisme". Les municipales s'annoncent particulièrement chaudes. Des élections à l'américaine où on n'hésite pas à traîner dans la boue les bilans des équipes en place. Je me demande si l'exemple des primaires américaines actuelles n'y sont pas pour quelque chose. Ces élections vont s'apparenter à des jeux de cirque dans les arènes gallo-romaines. Tous les candidats sont remontés à bloc.

    Je crois que l'on a définitivement tourné la page vieille génération des Mitterrand et Chirac où les coups étaient dissimulés, plus vicieux. Depuis le début de l'ère Sarkozy, le vent a tourné et les girouettes politiques ont complètement modifié leur stratégie et plan d'actions.

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