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royal

  • 2009 ou 2012 ?

    Dites-moi si je me trompe mais le mois prochain, il s'agit bien des élections européennes, hein ? Les élections pendant lesquelles nous allons désigner nos députés européens qui vont siéger au parlement européen. Je demande ça parce que pendant un moment j'avais cru entendre parler de présidentielle. François Bayrou annonce sa candidature pour 2012, Martine Aubry et Ségolène Royal se battent pour être la candidate du PS, DSK doit sûrement y penser pour se venger d'avoir été écarté lors des primaires socialistes en 2007. Il y a même Jean-François Copé qui parle déjà de 2017. Non seulement, la campagne semble assez timide mais en plus les ténors des partis ne pensent qu'à l'Elysées : comment voulez-vous que les électeurs s'intéressent à l'Europe dans ces conditions. Si les candidats ne montrent pas l'exemple, il ne faudra pas s'étonner en juin si l'on atteint des records d'absentéisme dans les isoloirs.

    Cela dit, à qui la faute. La Constitution a été modifiée pour passer d'un mandat présidentiel de sept ans à un mandat de cinq ans, le fameux quinquennat. Il faut déjà deux ans pour que le président fraîchement élu prenne ses marques et atteigne un rythme de travail à la hauteur des attentes. Mais dans un même temps, certains pensent déjà à remplacer le locataire de l'Elysées. Les journalistes posent déjà la question cruciale, des personnalités sortent des livres et on rassemble les troupes pour les primaires. Cinq ans, c'est peut être trop court finalement. Le but du quinquennat est d'éviter la cohabitation en provoquant des élections législatives avec la présidentielle. Auparavant, on pouvait élire des députés pendant un mandat présidentiel et ainsi se retrouver avec une majorité de couleur politique différente du chef de l'Etat.

    Mais voilà, nous sommes maintenant confrontés à l'effet pervers, à l'effet secondaire de cette réforme. En accélérant les scrutins, on a accéléré les ambitions politiques. A peine l'élection de 2007 terminée, certains préparaient déjà la prochaine. Comment leur en vouloir après tout ? Si vous enlevez les deux premières années de mandat du nouveau président et la dernière année de campagne pour les urnes suivantes, il ne reste plus que deux ans de combat. Deux ans pendant lesquels il faut monter un projet, écrire un programme et rassembler les adhérents et les sympathisants. Du coup, les perdants passent leur temps à faire campagne et le pays est plus ou moins géré au petit bonheur la chance par un parlement plus ou moins vide. C'est ce que l'on appelle les vases communicants. Les députés en campagne, ça vide les bancs de l'Assemblée. Les députés qui ont aussi une casquette élective de maire ou conseiller, ça ne facilite pas non plus les choses. On se demande à quoi servent les suppléants…

    Un autre problème se pose pour la majorité gouvernante. En cinq ans, elle n'a plus le temps de connaître quelques succès de réforme juste avant les élections lui permettant d'appuyer ses compétences à gouverner. Les électeurs ne retenaient que jusqu'à présent les derniers mois d'activité d'un gouvernement. Ce dernier n'avait donc qu'à faire passer des lois populaires vers la fin du mandat pour gagner quelques voix. Or, en mettant en œuvre tout un wagon de réformes en même temps, vite pour arriver avant les primaires et pour être sûr que l'un d'elles réussissent, le risque que tout se casse la figure est important. Comment préparer les esprits en si peu de temps ? Prier pour qu'une catastrophe naturelle survienne début 2012, histoire de remonter le pourcentage d'opinions favorables ? C'est une véritable course qui s'opère tous les cinq ans. Plus personne n'a le temps de rien : les électeurs ne peuvent pas se reposer, les candidats ne peuvent pas souffler et les promesses n'ont plus le temps d'être promises. A force de tout compresser, cela va bien finir par nous péter au visage, comme un lifting bâclé mal cousu.

    Bref, n'oubliez pas qu'en juin, le vote concerne l'Europe et non la France. Autrement dit, il ne faut pas dire si vous êtes pour ou contre Nicolas Sarkozy mais il faut dire à quel candidat vous faites confiance pour vous représenter à Strasbourg. Et profitez en, c'est la seule élection au suffrage universel direct d'une institution européenne.

  • Le grand pardon

    La droite reproche à Ségolène Royal sa liberté de parole pour faire parler d'elle. Mais, en tant que personnalité politique, elle agit comme les autres ! Au royaume des politiciens, les plus médiatisés sont rois. Alors, la classe politique se déchaîne. Xavier Bertrand parle de manipulation : quand on sait que notre président joue avec les membres de l'UMP comme avec des pions sur un échiquier (remaniement, Européennes) et qu'il est le premier à manipuler l'opinion avec de grands rendez-vous télévisés ("Gandrange ne fermera qu'un four"). Dominique Paillé l'a qualifie de "dévorée d'ambition" : quand on sait que le candidat le plus nerveux de la droite attendait d'entrer à l'Elysées depuis des décennies en se rasant le matin… Frédéric Lefebvre, la tête à claques de service (oui, je ne l'aime pas du tout celui-là, qui a été à bonne école pour manipuler l'opinion à chacune de ses interventions), conseille une aide psychologique et la traite de folle.

    Ils ne savent plus quoi dire. Quand on manque d'arguments, on insulte. A gauche, beaucoup se taisent car certains doivent penser autant de l'ancienne candidate. Que ça soit à droite ou à gauche, Ségolène Royal, toujours perçue dans l'opinion publique comme une opposante sérieuse à la majorité, est le poil à gratter du paysage politique. Dès que Nicolas Sarkozy fait un faux pas, elle est la première à réagir, prenant de court les démentis et les interprétations correctrices des fidèles au président, mais aussi Martine Aubry qui n'a pas le temps de s'opposer comme elle devrait le faire ou qu'elle essaye de faire (mais ces déclarations derrière le pupitre passent inaperçues).

    Ségolène Royal marche sur les plates-bandes de tout le monde, on ne peut pas lui reprocher d'agir comme les autres, il me semble. C'est la règle du jeu de la communication. Nicolas Sarkozy est le premier à avoir agit comme ça alors qu'il n'était que ministre : il intervenait dans tous les domaines, coupant l'herbe sous le pied de ses collègues du gouvernement. Aujourd'hui, ils prennent sa défense car il est le chef, mais dès que l'occasion se présentera, ils vont tous lui marcher dessus. Retourner sa veste est une pratique qui a déjà été rodée par certains : je passe de droite à gauche ou de gauche à droite en passant par le centre, je soutiens Chirac puis je passe à Balladur, etc. C'est chacun pour soi. Alors, je dis que Ségolène Royal agit comme il se doit, en respectant les usages et les règles politiques en vigueur dans le monde entier : "moi d'abord, les autres après".

    Au lieu de lécher les bottes du président, les copains de la majorité devraient peut-être jouer le rôle de modérateur : "Attention Nicolas, fais gaffe à ce que tu dis, surveille tes paroles". Mais non, Nicolas ne surveillera pas ses paroles puisqu'il suit la règle numéro une à la lettre, à savoir faire parler de soi pour ne pas être oublié et occuper la scène. Surtout que notre président cherche à s'imposer face à un Barack Obama encensé dans le monde entier. Notre petit caporal ne supporte pas, son ego non plus. Il conviendrait il me semble de remettre un peu d'ordre dans cette classe politique. A l'instar d'un plan de relance économique qui cherche à moraliser et calmer les financiers, il faudrait une sorte de plan pour nos politiques. Insulter et entraver l'autre finira par porter préjudice à tous. L'opinion publique n'est pas dupe de ces petits jeux et ces petites phrases.

    En attendant, Ségolène Royal est bien partie pour endosser le rôle d'un nouveau Christ. Après la Sainte Vierge pendant la campagne de 2007, la voici dans son rôle de grand pardon. Le message est clair : "Voyez comment ça se passe avec celui que vous avez élu ? Moi, je n'aurais pas fait comme ça". Ce qui agace ses adversaires et ses "amis", c'est qu'elle fait parler d'elle d'une manière peu conventionnelle. Elle se lance dans une nouvelle pratique et apparemment ça marche puisqu'elle fait la une des journaux et déclenche les réactions assassines de ceux qui peinent à s'imposer. Ce sont les autres qui font sa publicité, elle a tout compris ! L'important est de faire parler de soi, que ce soit en bien ou en mal. Les électeurs ont quoi qu'il arrive, la mémoire sélective, pour ne pas dire courte. Des scrutins locaux ont bien vu triompher d'anciens élus déchus et condamnés en justice.

    De toute façon, qu'a-t-elle à perdre ? N'étant ni à la tête du parti, n'étant pas sûre d'être la candidate des Socialistes en 2012 (à moins d'être dissidente), elle joue le tout pour le tout. Avec un Napoléon, il fallait bien une Madame Sans-Gêne.

  • Martine à l'Elysées

    A la fin du mois, ça va être le grand retour des Socialistes. Martine Aubry est l'invitée d'une émission politique. Elle pourra donc donner sa vision des choses et les remèdes qu'elle n'a pu appliquer quand son camp était au pouvoir où à l'époque la droite de l'opposition critiquait la gauche au pouvoir et donnait ses solutions qu'elle n'a pu appliquer lorsqu'elle était au pouvoir où la gauche critiquait la droite qui n'appliquait pas les promesses de solution déclarées quand elle était dans l'opposition où la gauche… etc. etc. etc.

    En attendant ce grand rendez-vous, Martine Aubry, premier secrétaire du parti socialiste, a, tel un chef d'Etat, prononcé ses vœux de bonne année et a présenté son contre plan de relance. Des vœux repoussés puisqu'elle a attrapé une inflammation de la cornée. A trop faire les gros yeux à ses amis et à envoyer des regards de la mort qui tuent à Ségolène Royal, son système oculaire a finit par pendre feu.

    C'est une situation que je trouve comique. Martine Aubry, chef de parti va donner ses solutions pour régler la crise. Elle prépare 2012 ou quoi ? Elle ne désire pas se présenter aux Européennes, en raison de son refus de cumuler les mandats, mais y participera activement. Les électeurs de Lille apprécieront ses absences, déjà répétées depuis sa nomination à la tête du parti. Sinon, je ne vois pas à quoi cela lui sert de proposer un tel plan étant donné qu'elle n'a aucun moyen de le faire appliquer. Elle annonce ce qu'elle ferait si elle était au pouvoir ? D'ici son arrivée au Conseil des ministres, de l'eau aura coulé sous les ponts, et la crise sera passée, je l'espère. Elle doit maintenant donner une image unie et monocorde de son parti en complète désunion depuis l'élection de Nicolas Sarkozy. La droite, qui juge cette annonce de "pantalonnade", rigole. L'important est de sauver la façade : dans les coulisses, il y a tellement de courants de pensée différents. Le PS "parle d'une seule voix", martèle-t-elle devant les micros, comme si elle essayait de s'en convaincre.

    Son problème, c'est que son amie Ségolène fait encore trop parler d'elle. Une Ségolène qui a assisté à l'investiture de Barack Obama et qui a rencontré des acteurs de la vie économique et sociale. Chacune, à sa manière, prépare le prochain grand rendez-vous politique avec les Français. Alors c'est la guerre des images : Martine devant son pupitre ou Ségolène sur le terrain ? Ou la guerre des miss : rigueur de Martine contre sourire de Ségolène ? Les prochaines années, à court terme, nous diront qui a gagné.

  • La course à l'échéancelotte

    C'est une véritable envolée de moineaux à laquelle on assiste depuis quelques temps. Après le départ de Jean-Luc Mélenchon du Parti socialiste pour créer le Parti de gauche, voilà Robert Hue qui se dirige tout doucement vers la sortie en créant l'association "Le nouvel espace progressiste" (NEP) qui deviendra à terme un parti politique. Et puis, à droite, il y a Xavier Bertrand qui devient le nouveau patron de l'UMP pour nettoyer le plancher de Patrick Devedjian, fraîchement nommé Ministre de la relance (disons le tout net, une marionnette). Le nommer Ministre, c'est ni plus ni moins l'écarter des prétendants au trône pour laisser l'ambitieux Ministre du travail se placer comme candidat à la candidature. Je ne sais pas quel coup a fait Patrick à Nicolas mais il le paye cher. Et puis, il y a la nouvelle tête de Lutte ouvrière avec le remplacement de Arlette Laguiller.

    Ca ressemble au mercato, ça a la médiatisation du mercato mais ce n'est pas du mercato : c'est seulement une redistribution de la carte politique en vue des échéances présidentielles. Car, tout ça n'a qu'un but, c'est de se positionner comme candidat à l'élection de 2012. Oui, ils y pensent déjà, j'ai même envie de dire qu'ils n'ont pas arrêté d'y penser sitôt l'élection de Nicolas Sarkozy officialisée. Comme ils ne pourront pas tous se présenter au nom d'un seul parti, ils préfèrent jouer les dissidents, à l'instar de Ségolène Royal, de jouer la nouveauté partisane, comme Robert Hue ou Jean-Luc Mélanchon, ou de distribuer les rôles comme à l'UMP. Et puis, il ne faut pas oublier le facteur le plus célèbre de France, si tant est qu'il ait encore le temps de distribuer le courrier.

    La place la plus convoitée de France fait toujours l'objet de remue ménage. C'est plus fort qu'eux, ça les excite. Les girouettes s'agitent et les peaux de banane sont expédiées. L'idée aussi qu'il y aura moins de publicités sur France Télévisions et donc plus de place pour les temps de paroles leur laisse entrevoir une occupation médiatique jusqu'à plus soif. Comme je le dis et je le répète, les problèmes des Français passent largement en second plan, voire même en troisième. La pauvreté, le manque de pouvoir d'achat, le manque de logement, c'est le gagne-pain des politiques, leur fond de commerce. Enlever tout ça, à quoi servent-ils ? Ils n'ont donc pas intérêt à ce que les solutions soient trouvées. Mais je m'égare.

    Ils se préparent donc tous à 2012. On pourrait presque faire une esquisse de liste de candidats. En partant de l'extrême droite vers l'extrême gauche, on a Marine Le Pen (en froid avec son ami Carl), Philippe de Villiers, Xavier Bertrand (à moins que le petit Nicolas…), François Bayrou, Ségolène Royal, Martine Aubry, Marie-Georges Buffet, Robert Hue, Nathalie Arthaud et Olivier Besancenot. Voilà pour les principaux. Il y aura sans doute Corinne Lepage et Christine Taubira. Bon ça ne fait que 12, mais je ne connais pas les "petits" candidats de Chasse et pêche ou d'autres partis folkloriques. De toute façon, il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus (sans mauvais jeu de mots), même qu'un seul élu. Tout ça me fait penser aux déménagements que connaissent certains animaux du zoo de Vincennes qui va fermer pour rénovation. On dispatche de ci de là les pensionnaires du zoo.

    Et pour parfaire le jeu des chaises musicales, un remaniement gouvernemental va être opéré début 2009 : départ de Rachida Dati (en congé maternité mais il est peu probable qu'elle revienne), arrivée de Claude Allègre (de plus en plus pressenti), changement de poste de Brice Hortefeux, entre autres. Il y a toujours des surprises.

    Par contre, on a du mal à décoller Robert Mugabe de son siège, je crois qu'il va falloir une intervention des GI : un dictateur persiste…

  • La politique ça les excite

    Ce congrès de Reims n'aura donc pas servi à grand-chose à part faire ressortir les incompatibilités d'humeur entre les différents candidats. La place doit être bien bonne pour se battre autant à coups de hache et de lance-pierres. Au fond, pourquoi tant de haines ? Car la question n'est pas de se demander ce qu'est le socialisme mais la question est de savoir ce que sera le socialisme demain.

    Quand on regarde de plus près quelques thèmes abordés par les motions proposées par chacune des parties, on observe qu'il y a peu de points de différence. Sur l'identité du parti, tous disent la même chose : un parti de progrès. Tous ne le disent pas de la même façon ni avec les mêmes mots mais c'est le même résultat. Sur l'organisation, ils pourraient également parler d'une seule voix : c'est le consensus pour impliquer les militants dans les décisions et les idées. Sur le rassemblement, il y aurait peut-être des différences. Alors que Ségolène Royal reste ambiguë en voulant rassembler tous les démocrates, Martine Aubry n'est pas contre d'élargir à d'autres démocrates mais c'est la gauche qui reste prioritaire. Benoît Hamon est clair, le rassemblement ne concerne que les forces de gauche, pas de débordement vers le Centre. Sur l'Europe, la fiscalité, le logement, ..., les divergences ne sont pas flagrantes.

    Ces quelques exemples pour démontrer que le problème n'est pas de trouver des idées et un programme mais bien de désigner une personne à la tête de ce parti qui donne un triste spectacle depuis quelques semaines. Il y a quelques siècles, ces comportements auraient fini par des drames et des assassinats ! Ils se veulent démocrates mais ils n'acceptent pas de travailler ensemble.

    Ce que je leur suggère, c'est dès aujourd'hui de désigner un candidat pour 2012 et un Premier secrétaire qui travailleront ensemble pour reconstruire un parti et le moderniser. Quand on les interroge sur le "présidentiable", ils disent tous (ou presque) "on verra plus tard". Je pense qu'il est normal d'en parler maintenant, de voir à long terme l'avenir de chacun. Les concurrents d'en face y pensent déjà ! En mettant tout à plat maintenant, ce sera plus clair, moins hypocrite et plus serein pour avancer une opposition à la majorité. Une majorité qui doit bien rigoler et profiter de cette cacophonie. Oh ! Mais ils ne devraient pas autant rire car de leur côté, les tensions existent. Notre Président aura bien du pain sur la planche pour s'imposer en 2012 et étouffer les ambitions d'un Copé ou d'un Fillon.

    Mon dieu ce que le pouvoir peut rendre l'Homme mauvais et peau de vache !

    Source : Comparatif des motions socialistes du Nouvel Obs

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