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télévision

  • La tête de l'emploi visuel

    A la télévision, il faut aussi avoir la tête de l'emploi. Vous avez remarqué comment la majorité des animateurs et présentateurs du petit écran sont bien assortis avec la chaîne pour laquelle ils travaillent ?

    Par exemple, on ne pourrait pas concevoir de voir Claire Chazal ailleurs que sur TF1, cela serait surprenant. Son image ne fait qu'un avec la chaîne, on sent qu'elle est bien dans la politique de l'entreprise. Elle colle avec la ligne directrice. C'est pareil avec Carole Rousseau, Jacques Legros ou Arthur.

    Sur le service public, on retrouve le même principe. Laurent Delahousse ou Marie Drucker sont des personnalités complètement en phase avec la chaîne et les valeurs qu'elle représente. Laurent Delahousse était pressenti pour partir sur la Une mais je n'y croyais pas une seconde, il n'est pas fait pour cette chaîne.

    Sur Canal+, Michel Denisot est son digne représentant. Il était d'ailleurs là au début de la chaîne dans les années 80. Ce serait une trahison de sa part de partir vers d'autres horizons. Il est désormais un pilier de la chaîne. Sur M6, autre "grande" chaîne, l'exemple typique c'est Mac Lesgy. Il ne pourrait quitter la petite chaîne qui monte sans provoquer l'étonnement, voire même la déception. Il est l'un de ceux qui font le succès de la sixième chaîne.

    Il y aurait plein d'exemples comme ça. Mais, ces constats ne se mettent en place qu'après plusieurs années. La communion entre l'identité d'une chaîne de télévision et l'identité d'un présentateur se construit avec le temps. On ne pourrait pas par exemple constater ce principe avec les jeunes animateurs qui font leur apparition de temps en temps. N'ayant pas encore fait leur trou, ils peuvent à tout moment changer. C'est d'ailleurs à ça, entre autres, que le mercato de l'été sert. Il sert aux vedettes du petit écran à trouver leur voie.

    On ne peut pas rester à un endroit si on ne s'y plait pas, si on est en désaccord avec les objectifs fixés. Il y a un bel exemple pour illustrer mon propos, c'est le cas Julien Courbet. Pendant des années, il a aidé des gens sur la première chaîne avec des affaires complexes entre voisins ou victimes d'arnaques et autres litiges épineux. Et un jour, il en a eu marre de cette pression du chiffre et de l'audimat. Il est parti sur la Deux. Pourtant, je suppose qu'il gagne un peu moins, mais son éthique a été plus forte. Maintenant, il doit se sentir plus apaisé, plus à l'aise et plus libre de ses actes et paroles. D'ailleurs, il fait beaucoup plus le guignol qu'avant, il se lâche, son bonheur est visible.

    En fait, nos présentateurs préférés sont comme la plupart des salariés, il faut avoir l'esprit "corporate" pour rester dans une entreprise, aimer y travailler et être fier d'en faire partie. Mais c'est aussi un luxe. Nombre de nos concitoyens ont un travail alimentaire, ils n'ont pas le choix et le mercato, en dehors du sport et du showbiz est beaucoup plus casse-gueule.

  • Le top 13 du PAF

    En ce mois de juin, période qui sonne la fin de saison télévisuelle, j'ai trouvé intéressant d'établir un palmarès des émissions qui vont prendre congé de nous. Vous n'y trouverez pas trace de TF1 car cette chaîne ne propose que racolages et futilités, et très peu de chaînes du câble et du satellite car celles-ci ne sont pas toutes accessibles à tous les téléspectateurs et rares sont celles qui proposent une programmation riche.

    1. Cash investigation (France 2, vendredi vers 22h50), pour Elise Lucet et son équipe qui met le doigt là où ça coince et les pieds dans le plat là où ça trompe. La bonne surprise de la saison.

    2. Infrarouge (France 2), pour le ton solennel du commentateur qui marque le respect des sujets traités et la rigueur du travail rendu.

    3. Des racines et des ailes (France 3, mercredi vers 20h35), pour voyager et apprendre sans frais.

    4. C'est pas sorcier (France 3, dimanche vers 11h), pour la pédagogie efficace.

    5. C dans l'air (France 5, vers 17h50), pour les débats constructifs et instructifs.

    6. 100% Mag (M6, vers 18h50), pour la variété et l'intérêt des sujets.

    7. On n'est pas couché (France 2, samedi vers 23h), pour le ton incisif, bon enfant mais sans concession.

    8. Boulevard du palais (13è Rue, samedi vers 20h50), pour le jeu entre Anne Richard et Jean-François Balmer.

    9. Belle toute nue (M6, mercredi vers 23h), pour le positivisme dégagé.

    10. Soeur Thérèse.com (TV Breizh, mercredi vers 20h50), pour Dominique Lavanant et son rôle irrésistible de bonne sœur.

    11. Scènes de ménage (M6, vers 20h), pour le couple Huguette et Raymond.

    12. L'école des fans (Gulli, samedi vers 20h50), pour la nostalgie même si le charme n'opère plus.

    13. Les guignols (Canal+, vers 20h), pour la seule émission de Canal qui vaille la peine d'être regardée.

  • Du sport à bout de bras

    Ce soir sur France 3, un nouvel opus du jeu Mission Millenium. Ce jeu fait opposer des équipes de trois candidats qui doivent souvent courir pour arriver à chaque fois les premiers à l'objectif : retrouver Jamy l'animateur à un point précis. On voit tout de suite que les participants ne font pas sembler d'être essoufflés. Les épreuves ne les épargnent pas au niveau effort physique. C'est comme pour Koh-Lanta ou Pékin Express. Des jeux télé qui demandent beaucoup d'efforts pour remporter le but ultime en fin de saison : une forte somme. Ca court, ça saute, ça monte, ça descend, ça nage même.

    Mais quand vous regardez ces moments intenses, il n'y a rien qui vous saute aux yeux ? Quand un candidat court comme un dératé par exemple, comment est l'image ? La plupart du temps, l'image de votre écran bouge et pourtant elle est très bien réglée. Là où je veux en venir, c'est que si l'image bouge autant c'est parce qu'il y a un homme ou une femme qui porte une caméra sur son épaule, les bras pliés pour bien la tenir. Une caméra qui vaut plusieurs centaines de milliers d'euros.

    Je veux rendre ici une sorte d'hommage à ces travailleurs de l'ombre, qu'on ne voit jamais, et pour cause, nous sommes assis sur leur épaule ! Finalement, ça revient à ça. Quand vous portez cet appareil pendant des heures et des heures, au bout d'un moment, vous pourriez avoir l'impression de porter un éléphant.

    Pensez la prochaine fois à ces personnes qui méritent notre respect, surtout quand ils suivent les candidats au sommet d'une colline en courant, à monter et descendre des centaines de marches d'escaliers, à courir dans tous les sens au milieu de nulle part ou de la circulation. On est là devant notre télévision à admirer peut-être les efforts des candidats d'un jeu télé éprouvant mais il ne faut pas oublier que derrière chaque candidat ou équipe, il y a deux, trois ou quatre personnes (cadreurs, preneurs de son et autres perchistes) qui les suivent sans rechigner, sans se plaindre, à accomplir leur travail.

    Mesdames et messieurs de l'audiovisuel, je vous tire donc mon chapeau et admire votre endurance et votre force. Vous êtes les dignes successeurs du dieu grec Atlas, qui portait les cieux sur ses épaules.

  • L'affaire est dans le PAF

    L'autre jour, j'ai zappé sur une émission de télévision, je ne sais plus laquelle, et c'était la dernière de la saison 2009-2010. Nous sommes en juin, et comme tous les ans, les présentateurs vont faire leur "au revoir" et laisser place aux programmes de l'été. Enfin, quand je dis programme, je parle des rediffusions et des émissions à série de l'été. Une année de télé est déjà passée. Mon Dieu que ça passe vite ! Ca devient presque de la robotique. Finalement, il s'installe comme une routine même dans le petit écran. On prend nos marques, nos habitudes et on s'installe devant le poste les mêmes jours aux mêmes heures. C'est le conditionnement médiatique. Oh, il y a bien de temps en temps un OVNI dans le paysage audiovisuel mais c'est sur une durée restreinte et cela ne fait que passer, d'ailleurs on oubli vite pour se concentrer à nouveau sur nos séries et émissions préférées. Heureusement qu'il y a une trêve estivale, ça repose les cerveaux. Et puis la presse et les émissions spécialisées ne vont pas tarder à nous rendre compte des mouvements de personnels. Untel qui va partir dans telle chaîne, unetelle qui va le remplacer, etc. Cela dit, je pense que cette année, il devrait y avoir moins d'échanges qu'il y a un an ou deux. Une année où il y a eu tellement de va-et-vient que l'on pouvait se demander si ce n'est pas les chaînes qui déménageaient. Alors, la grande question est : sur quelle chaîne va-t-on voir pour la première fois cette chère, très chère, Zahia ?

  • Pour un public Averty

    L'autre jour dans l'émission Mots croisés présentée par Yves Calvi, j'écoutais attentivement les intervenants débattrent du droit de grève puis ensuite des salaires mirobolants des grands patrons quand je me surpris à décrocher un peu de leurs propos. Mes yeux se mirent à errer dans l'arrière plan de cette image animée et sonore. Derrière, le public installé écoutait, tous ces gens avaient les yeux braqués sur les invités. Certains avaient l'air hagard, d'autres discutaient entre voisins de chaises. Je ne réfléchissais plus sur les sujets intéressants du débat mais sur ce que pouvaient vivre ou subir ces hommes et ces femmes triés sur le volet. Ecoutaient-ils réellement ce qui se disait ou leurs pensées s'attardaient-elles sur les quelques célébrités qui s'y trouvaient ? Parfois ils souriaient, parfois ils présentaient le masque du clown triste, mais jamais un tic ou une mimique du visage qui pouvait les trahir sur leurs opinions. On ne pouvait pas savoir avec qui ils étaient d'accord.

    Remarquez, ce n'était peut-être pas la seule émission de télévision à laquelle ils participaient. Il existe aussi dans ce domaine des habitués, des personnes qui en font leur passion. On peut les imaginer aller d'un plateau à l'autre, d'une émission de variété à une émission politique. Du coq à l'âne. La plupart des plateaux étant situés à la plaine Saint-Denis, il est facilement possible de passer la journée à applaudir et de rester assis des heures durant. Mais, n'est-il pas incongru de pratiquer un tel marathon ? On doit ressortir dans un drôle d'état après avoir enchaîné une émission débattant des femmes battues, puis d'applaudir les bonnes réponses d'un candidat puis d'écouter religieusement l'invité principal politique démontrer par A+B que son plan de contre relance est le meilleur. Tout doit sûrement se mélanger dans la tête. Dans la nuit qui suit, les rêves commencent à broder d'invraisemblables situations avec une Martine Aubry répondant aux questions de culture générale de Julien Lepers !

    Finalement, faire partie d'un public à la télévision doit être assez épuisant aussi bien du côté cerveau que du côté fesses.

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