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  • Patriote un jour, Américain pour toujours

    "Ladies and gentlemen, the President of the United-States !". Rien qu'en prononçant ces mots, la personne peut déclencher une hystérie de milliers de personnes. Alors que le pays connaissait depuis quelques mois une certaine instabilité politique, une certaine désunion entre ces habitants, une image déplorable dans le monde, la magie d'une élection a opéré. Avez-vous remarqué comment un pays peut se rassembler autour d'un homme en un coup de baguette magique ?

    Nous avons eu droit ce 20 janvier 2009 à une leçon de patriotisme dont seuls les Américains ont le secret. Tous les symboles que l'on connaît à travers le cinéma ou la télévision étaient réunis. Le drapeau américain à foison qui flotte sur les devantures, les façades, les voitures officielles et les défilés. Un drapeau qui rend fier tout Américain dès qu'il le regarde. La symbolique de la famille traditionnel : un papa, une maman, unis par le mariage, et deux enfants légitimes. Tous réunis avec le sourire devant les caméras. L'appel à la Nation avec des discours au patriotisme exacerbé qui réchauffe les cœurs. Les symboles historiques et ces références au passé, un passé récent car le pays est jeune, mais un passé fort en évènement. C'est par exemple très astucieux d'utiliser la Bible de Lincoln.

    Enfin, les prières avant de manger et avant de prêter serment. La séparation de l'Eglise et de l'Etat n'est pas possible aux Etats-Unis tellement le religieux est partie prenante jusqu'au représentation même du pays avec son billet vert marqué d'un "In god we trust". Une formule qui ne gêne pas les athées ou ceux d'une confession différente. Quand il s'agit d'argent, la tolérance peut être infinie ! Connaissez-vous un Etats-unien qui ne fasse pas partie d'une communauté (terme très utilisé outre-atlantique) et qui participe à des "messes" où un prêcheur distribue sa bonne parole, parfois dans les limites du politiquement correct ? Qui n'a pas entendu un Américain dire "grâce à Dieu" ? 

    Bref, tout ce qui peut servir à un chef d'Etat lorsqu'il a besoin de soutien populaire. Mais est-ce que ce sera suffisant pour tenir quatre ans ? La magie et l'état de grâce vont vite retombés. Rappelez-vous que le discours appellant aux valeurs de Bush sur les ruines du World Trade Center n'a pas tenu longtemps l'opinion défavorable. En l'espèce, le patriotisme n'a pas duré longtemps.

    Il va falloir maintenant convaincre par les actes. Les fibres et les valeurs américaines sont et resteront des valeurs sûres pour quiconque voudrait se faire une place sur le devant de la scène. Mais seules, elles ne retiennent pas longtemps les critiques et les détracteurs. Il faut aussi du talent et des réussites. La déception est proportionnelle à l'espoir suscité.

    Pour finir et puisque Obama a une certaine affection pour Lincoln, voici quelques citations de ce grand homme :
    "Mieux vaut ne pas changer d'attelage au milieu du gué",
    "Presque tous les hommes peuvent faire face à l'adversité ; mais si vous voulez tester la capacité de quelqu'un, donnez-lui le pouvoir",
    "Aucun homme n'a assez de mémoire pour réussir dans le mensonge",
    "Vous ne pouvez pas aider le pauvre en ruinant le riche",
    "Un bulletin de vote est plus fort qu’une balle de fusil".

  • Barack succède à Elisabeth

    Le 2 juin 1953, la princesse Elisabeth est couronnée reine d'Angleterre et succède à son père George VI sous le nom de Elisabeth II. Evènement planétaire du fait que c'était le premier couronnement diffusé à la télévision dans le monde. Depuis, aucun évènement n'avait marqué le paysage audiovisuel de cette manière. Même l'avènement du prince Charles (probablement George VII) ou du prince William (hypothétiquement Guillaume V) n'aura pas le même retentissement sauf à être le premier couronnement anglais du XXIème siècle.

    Ce 20 janvier, l'arrivée de Barack Obama, après des années troublées de George W. Bush, va connaître la même révolution qu'en 1953. A double titre.

    Premièrement, parce que c'est le premier président américain de couleur. C'est la grande révolution que va connaître cette puissance. Il a fallu attendre 144 ans depuis l'abolition de l'esclavage par le 13ème amendement pour voir se concrétiser ce pourquoi tant de gens se sont battus depuis des années, notamment avec Martin Luther-King (dont le 19 janvier est le jour férié en sa mémoire). Cela nous semble distant, à nous autres européens, mais de l'autre côté de l'Atlantique c'est un vrai bouleversement, et dans les mentalités, et dans la culture. Le nouveau président sera d'ailleurs très attendu sur la question des droits des minorités encore malmenées comme on peut le constater dans les bavures ou les procès. Mais, alors que c'est seulement un président américain qui a été élu, toute l'Afrique est pendue aux actions et déclarations que fera Barack Obama au cours de son mandat. Cette pression sur ses épaules doit être terrible.

    Deuxièmement, parce qu'il prend la suite de huit années de gouvernance Bush, jugées comme les plus désastreuses. Tout est à refaire ou même à faire. Santé, social, éducation, justice, emploi et défense. Obama va avoir devant lui une rame de feuilles blanches sur lesquelles il va écrire l'avenir d'un pays. Ce qu'il écrira sera ce qui va déterminer la vie de plus de 305 millions de personnes directement et, ai-je envie d'ajouter, quelques milliards d'individus sur terre pour quelques années. Il a une occasion unique de construire un pays et de prouver que l'Amérique est un grand pays qui n'est pas le guerrier et le destructeur que l'on connaît. Le couple présidentiel en a bien conscience, c'est déjà ça. Dans ce pays où c'est "chacun pour soi et Dieu pour tous", l'inaction a des impacts sérieux. Le "laisser-faire" de Bush a permis de se mettre en place des habitudes et des irrespects des lois invraisemblables. Les lobbies sont tellement puissants que l'immobilisme est de mise pour ne pas froisser pétroliers, groupes industriels, pharamaceutiques et autres fabricants d'armes.

    Pour tout remettre à plat, il ne suffira pas de prier Dieu, mais bien d'agir au bénéfice de la collectivité. Barack Obama ne peut pas se permettre d'échouer et de trahir ceux qui lui ont fait confiance. Surtout qu'au cours de sa période d'état de grâce, il aura droit à une sorte de consensus avec les Républicains qui semblent prêts à le soutenir pour son plan de relance. Espérons que la Bible, qu'il a choisi, sur laquelle a juré Lincoln lors de son investiture en 1861, lui portera chance. Ca classe ou ça casse le Barack.

  • La normale réalité

    Vous avez remarqué quelque chose ce matin ? Comment ?? Vous n'avez pas fait attention ! Vous n'avez pas constaté le changement ?! Pas celui promis par un candidat, non non non. On ne parle plus des élections américaines !!! Ou presque plus…

    D'un coup de baguette magique, les média sont passés à autre chose. Finie l'euphorie, la liesse populaire autour d'un espoir et d'un avenir meilleurs. C'est comme si rien ne s'était passé. Une parenthèse invraisemblable de mois auréolés de bandes et d'étoiles bleues blanches et rouges s'est brusquement refermée. Comme diraient les Guignols de l'info, vous pouvez reprendre une activité normale. Les rêves drainés par cette période électorale ont éclaté comme des bulles de savon. C'est le paradoxe virtuel de notre temps numérique : alors que la Terre tourne pendant un cycle bien défini et perpétuellement, le monde connaît parfois lui aussi quelques révolutions qui suspendent le temps : 11 septembre, 4 novembre. Nous voici retombés dans le quotidien des lendemains qui déchantent. Ce qui nous rappelle bien que le futur président Obama a une pression terrible pour faire en sorte que la déception ne soit pas proportionnelle à l'enthousiasme suscité mais la plus modérée possible.

    Alors, nous revoici dans la normalité des informations. Bataille du PS, économie en crise, guerre civile au Congo, intempéries, Pakistan, Afghanistan, Israël, pouvoir d'achat, Ferrara, logement, etc. Il faut laisser travailler le nouvel élu, lui laisser quelques mois avant de le harceler à nouveau. Occupons nous un peu de nous et de ce qui nous préoccupe. Faut-il pour autant tout abandonner et oublier ? Je pense que non. Nous devons garder un œil sur ce qui se passe ailleurs, suivre l'actualité. Cela garde un intérêt. Surtout après ce que l'on vient de vivre, tout ne peut plus redevenir comme avant, c'est indéniable. Cela a tellement bouleversé le monde et ses mentalités que l'on ne peut plus reprendre totalement le cours du temps là où on l'avait laissé.

    Je finirai par une citation de Chateaubriand qui s'adapte bien au moment je crois, au vu de tous ces espoirs nés ces derniers mois : "Le monde ne saurait changer de face sans qu'il y ait douleur".

  • Souvenir souvenir (sur un air de Country...)

    Cette élection américaine me rappelle, qu'autrefois à l'école pour se rappeler des présidents des États-Unis, j'avais un moyen mnémotechnique :

    Treikejonifocarebu
    prononcez rapidement [trèkéjonifokarébu]

    C'est-à-dire :

    TRuman
    EIsenhower
    KEnnedy
    JOhnson
    NIxon
    FOrd
    CArter
    REagan
    BUsh (père)

    Pour retrouver les années, je partais de la mort de Kennedy en 63 et le reste découlait. Ca n'a pas l'air simple de prime abord mais on s'y habitue à la longue.

    Mais depuis, y'en a eu d'autres et ça devient compliqué.

    Mais pourquoi je raconte ça moi ??

  • USA 2008 : ô temps suspends ton vol

    Est-ce que vous sentez comment le monde retient son souffle ? Plus que quelques heures et tout bascule. Jamais une élection n'aura provoqué autant d'enthousiasmes, autant de craintes, autant d'influences sur le reste du monde. Les records de participation des précédentes élections vont également être battus.

    Les Américains sont donc pris d'un soudain espoir de changement. Le ticket Obama-Biden semble invincible et l'entrée à la Maison blanche est presque acquise. Mais la majorité veut tellement qu'Obama gagne qu'ils savent qu'un renversement de la situation est toujours possible. Le ticket McCain-Palin est toujours à l'attaque et milite jusqu'à la dernière seconde. Alors, peut-on y croire ? Alors, va-t-on passer d'une ère de Busherie à une ère de Obamania ?

    Quoi qu'il adviendra, cette présidentielle 2008 est historique. Soit un métis l'emporte, soit une femme accède pour la première fois à la vice-présidence. Un tournant pour ce pays. Cette union d'Etats a tellement été le symbole du racisme pendant de nombreuses décennies que cela semble inouï que l'on en arrive à une telle situation. Tout est permis désormais. Les futures élections suivront le même modèle. Plus rien ne sera comme avant.

    Et, qui sait, peut-être qu'un jour, les premiers habitants de ce territoire massacrés et ghettoisés, les indiens d'Amérique, accèderont au bureau ovale.

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